Chapitre 4 Le bruit et le doute
Quand ma nomination a été officialisée par l’AJ Auxerre, le téléphone n’a pas arrêté de vibrer.
Les médias locaux ont parlé de “pari audacieux”.
Certains consultants ont dit “trop jeune”, comme Jérome Rothen, Daniel Riolo où encore Laure Boulleau sur Canal +.
D’autres ont insisté sur le côté économique du choix validé par Baptiste Malherbe et James Zhou.
« Un major UEFA Pro, oui… mais aucune expérience au haut niveau. »
Je lisais tout.
Je disais que ça ne m’atteignait pas.
Mais ça m’atteignait, j’écoutais des podcasts, je lisais la communauté auxerroise sur twitter, j’écoutais les radios.
Un départ… fragile
Après huit matches :
3 victoires.
3 nuls.
2 défaites.
Ce n’est pas catastrophique mais ce n’est pas encore flamboyant.
Le groupe jouait avec retenue. Comme s’il avait peur de quelque chose. Et je savais quoi.
La relégation de la saison passée.
On sentait encore la cicatrice. Dans les duels évités. Dans les passes assurées plutôt que risquées. Dans ces regards après chaque but encaissé.
Ce n’était pas un problème tactique.
C’était mental.
Je pouvais parler pressing et transitions toute la journée…
Mais tant que la peur était là , on ne serait jamais vraiment libres.
L’idée de Jubal 
C’est là que le déclic est venu.
Pas de salle vidéo.
Pas de discours compliqué.
Mais un barbecue organisé chez notre défenseur central et capitaine Monsieur Jubal

Jubal, c’est le roc. Le leader naturel. Celui qui a vécu la descente comme une blessure personnelle.
On s’est retrouvés chez lui, loin du centre d’entraînement.
Pas de staff. Pas de journalistes.
Juste des braises.
De la viande qui grille, de la bière malgré la diet
Et des joueurs qui recommencent à rire, la soirée s’est prolongée avec un jeu de belotte et du poker.
Je les ai laissés parler, de la saison passée.
De la honte ressentie, des critiques et des familles touchées.
Puis j’ai pris la parole.
« On ne peut pas effacer la relégation. Mais on peut décider qu’elle ne nous définit pas. »
Ce soir-là , j’ai vu quelque chose changer.
Les épaules se redresser.
Les regards devenir plus durs.
Plus solidaires.
On n’était plus un groupe traumatisé.
On devenait une équipe, comme quoi une partie d’UNO répare le mental plus facilement qu’un stage de mise au vert couteux.
Les médias continuaient à douter.
Les statistiques restaient moyennes.
Mais moi, je savais une chose :
Le vrai tournant de la saison ne s’était pas joué sur un terrain.
Il s’était joué autour d’un barbecue.