:storygreen: :s1: đŸ‡«đŸ‡· :as_cannes: From Hell to Heaven

le foot du futur ? selon l’image

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Toujours sur le 24
 Why not. Je suivrais Ă©galement qu’importe le support

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Leeeeeeet’s goooooooooo !

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Et c’est parti :partying_face:

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Popcorn GIFs  Tenor

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Vas-y casse toi avec tes effets trop stylĂ© et tes images d’enculé  :sadpepe: Tu gĂšres trop t’es chiant en fait :sadpepe:
J’suis grave JALOUX mais je vais suivre quand mĂȘme parce que la mise en bouche me fait plus saliver que ma mĂšre la
 (terminez la phrase qu’on rigole) :sadpepe: :heart_eyes:

excited pelvic thrust GIF

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T’es du nord??? :sweat_smile:

@Groot tu vas envoyer Anibal entrainer en enfer pour ensuite lui offrir le paradis???
Fait gaffe en enfer, il parait qu’un certain Adolf a une Ă©quipe de tueurs devant et qui bĂ©tonne derriĂšre
 je dis ça je dis rien

Embarrassed Exit Strategy GIF

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Rennaise?

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Evidemment qu’on va suivre ! :fire:

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Sympa le fond, hate de voir ce que tu nous réserves

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Mon pÚre est né dans le 44
 Comme quoi


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Réponses aux lecteurs

@forumeurs Petite explication de contexte, je suis restĂ© sur FM24 et je pense y rester au moins jusqu’a FM27. Mon autre rĂ©cit approchant de son terme, une nouvelle aventure se prĂ©pare. Elle sera moins dense plus chill. Pas d’épisodes chaque jour ni forcĂ©ment 50 Ă©pisodes de drama. On va faire un truc posĂ©. On reste sur la mĂȘme timeline du coup mais il n’est pas forcĂ©ment prĂ©vu que beaucoup de personnages du rĂ©cit de base reviennent. On dĂ©bute donc en 2046.

@Wasyl ah te revoilà. J’espùre que celle ci te plaira :wink:

@gwendil35 va t’il te plaire autant que l’autre ? :thinking:

@toopil et non toujours pas :sac:

@Scala-manager merci mon ami mais on va rester sur FM24 :hoho:

@ozTao oui mon lapin ? Une demi molle ?

@quywix j’espùre que ça te plaira poteau. je vais pas spoiler enfin :hoho: Mais y’aura au moins un clin d’oeil au LOSC.

@celiavalencia 2046 fallait innover un peu. Mais j’ai du mal à imaginer le monde de 2046 :sac:

@kevos oui j’aime pas le 26. tu me diras si ça te plait.

@Pikouse ravis de te revoir copain

@Rhino Et c’est parti pour le choc !

@_verron trĂšs bonne ref le MJ

michael moonwalking GIF

@CaptainAmericka oh je t’ai enervĂ© mon lapin. Tu voudrais un design custom sur ton rĂ©cit bichon ? Ta mĂšre salive pas sa bouche est pleine :sac:

@Tiien :hoho: Pas d’Anibal dans ce rĂ©cit. Pas prĂ©vu d’aller en Autriche non plus :sac:

@alexgavi prends un pocorn, assis toi et profite.

@Kyristepiu ravi que cela plaise. Merci l’IA :hoho: J’espùre que cela te plairas.

- Le dernier printemps ? -

28 avril 2046

Le printemps avait ramenĂ© Ă  Montpellier cette chaleur douce qui transformait parfois la Mosson en vieux théùtre populaire, un endroit oĂč les souvenirs semblaient coller aux siĂšges orange et bleu. Marvin Wattiau connaissait ce stade par cƓur dĂ©sormais. Il connaissait ses silences, ses colĂšres, ses chants qui montaient trop vite, ses soupirs qui tombaient trop lourdement.

Trois ans plus tĂŽt, il y Ă©tait arrivĂ© avec son nom, son passĂ©, son statut de lĂ©gende du football français et ce doute que les gens rĂ©servaient aux grands joueurs sur la fin. Trois saisons plus tard, malgrĂ© les rĂ©sultats irrĂ©guliers du club, il avait laissĂ© autre chose que des statistiques somme toute honorable. 42 buts, 15 passes dĂ©cisives, 105 apparitions et surtout cette impression d’avoir parfois tenu Montpellier Ă  bout de jambes, Ă  bout d’orgueil.

Contre Marseille, quelques jours plus tĂŽt, il avait encore rappelĂ© Ă  tout le monde qu’un vieux corps pouvait encore rendre service. Le match avait Ă©tĂ© dur, presque hostile, comme souvent lorsque l’OM venait respirer l’air de la Mosson. Marvin, lui, n’avait pas couru plus que les autres. Il avait couru plus intelligemment. À la 73Ăšme minute, sur une passe verticale, il avait orientĂ© son contrĂŽle, effacĂ© le dĂ©fenseur, puis glissĂ© le ballon au fond d’un plat du pied. Son 9Ăšme but de la saison. À 37 ans.

Le lendemain, Tiago Dantas l’avait convoquĂ© dans son bureau. Rien d’officiel mais Marvin avait compris. Il se savait en fin de contrat et en fin de carriĂšre. Tiago avait 49 ans, c’était un coach calme et observateur qui ne levait jamais un mot plus haut que l’autre. Et cela mĂȘme si le sujet l’exiger.

Marvin s’était assis de façon naturelle. Il avait posĂ© son tĂ©lĂ©phone sur la table, croisĂ© les mains, attendant de connaĂźtre la raison de cette convocation, entre assurance et luciditĂ©.

« Je vais ĂȘtre direct, coach. Je veux continuer. Une saison encore Â».

Tiago avait longtemps redoutĂ© cette discussion. Pas par gĂȘne. PlutĂŽt parce qu’il cherchait la façon de tenir cette conversation qu’il savait injuste, quelle que soit sa forme. Marvin ne parlait pas comme un joueur cramĂ© qui refusait de voir la vĂ©ritĂ©. Il parlait comme un joueur qui venait de marquer contre Marseille, qui se sentait encore capable d’apporter Ă  un groupe au haut niveau.

« Je sais que tu peux encore jouer Â», avait fini par rĂ©pondre Tiago. « Le sujet n’est pas lĂ . Â»

Cette phrase avait suffi à durcir l’air entre eux.

« Alors quel est le problĂšme coach ? Â»

Tiago s’était redressĂ©, les coudes posĂ©s sur son bureau. DerriĂšre lui, une photo de l’équipe prise en dĂ©but de saison rappelait dĂ©jĂ  une Ă©poque un peu floue, avec ses promesses trop grandes et ses blessures trop bĂȘtes. Il avait pris le temps de regarder Marvin en face, parce qu’un joueur comme lui mĂ©ritait au moins cela.

« Le sujet, c’est le club. C’est ce qu’on doit construire. On a Yanis Lamboley qui pousse derriĂšre. Il a besoin d’espace, de minutes, de responsabilitĂ©s. Pas seulement de bouts de match quand le scĂ©nario est dĂ©jĂ  Ă©crit. Et toi, par ton statut, par ce que tu reprĂ©sentes, tu prends naturellement de la place. MĂȘme quand tu ne demandes rien, tu est un double champion du monde, une lĂ©gende. Â»

Marvin avait encaissĂ© sans bouger. Il n’avait jamais Ă©tĂ© naĂŻf. Il savait comment fonctionnait un vestiaire, comment un nom pouvait peser sur une feuille de match, comment un jeune pouvait apprendre autant qu’il pouvait s’éteindre aussi vite dans son ombre. Pourtant, entendre son propre poids dĂ©crit comme un obstacle lui avait laissĂ© un goĂ»t amer. Il avait donnĂ© ses derniĂšres grandes forces Ă  Montpellier sans jamais tricher, sans jamais se cacher derriĂšre son Ăąge, sans jamais transformer son passĂ© en passe-droit. Il avait acceptĂ© les critiques, les saisons moyennes, les soirs oĂč l’équipe ne rĂ©pondait pas, les dĂ©crassage les lendemains de dĂ©faites oĂč ses muscles brĂ»laient plus longtemps que ceux des autres.

« Donc tu ne comptes plus sur moi
 Â» avait-il soufflĂ©.

Tiago avait immĂ©diatement secouĂ© la tĂȘte.

« Non. je veux le meilleur pour toi. Et si tu veux plus que ce que le club a Ă  offrir je veux t’offrir une sortir digne de ce que tu reprĂ©sente. Mais si tu restes, je veux ĂȘtre honnĂȘte avec toi. Je peux te proposer une saison de plus, mais pas avec le rĂŽle que tu imagines. Tu serais remplaçant. Un cadre, oui. Un relais, oui. Mais avec peu de temps de jeu. Je ne peux pas te promettre plus. Et je ne veux pas te mentir, je te respecte. Â»

Le silence qui avait suivi n’avait rien eu de confortable.

« J’ai encore une vraie saison dans les jambes coach. Pas une saison hommage. Une vraie saison. Â»

« Je le sais Marvin. Mais peut-ĂȘtre pas ici. Pas dans ce qu’on veut mettre en place. L’institution avant tout. Â»

Cette fois, la phrase avait Ă©tĂ© nette. Pas brutale, mais nette. Marvin compris qu’il n’y aurait pas de retour en arriĂšre. Il aurait pu se vexer, rappeler son but contre Marseille, ses neuf rĂ©alisations, son influence, les points qu’il avait rapportĂ©s. Il aurait pu se rĂ©fugier dans les chiffres, parce que les chiffres Ă©taient de son cĂŽtĂ©. Mais il avait plus de dignitĂ© que cela.

Tiago avait alors changĂ© lĂ©gĂšrement de ton. Il n’était plus seulement l’entraĂźneur, il redevenait l’homme qui le coachait depuis trois ans.

« Tu m’avais dit un jour que tu pensais entraĂźner aprĂšs ta carriĂšre. Â»

Marvin avait esquissé un sourire presque méfiant.

« J’ai dit ça aprĂšs une dĂ©faite. Je devais ĂȘtre dĂ©pressif. Â»

« Peut-ĂȘtre. Mais tu le pensais. Â»

Tiago s’était levĂ©, avait contournĂ© son bureau, puis s’était appuyĂ© contre le meuble bas prĂšs de la fenĂȘtre. Sa voix Ă©tait devenue plus douce.

« J’aimerait te garder. Pas comme une mascotte, pas pour vendre des abonnements, pas pour faire joli sur les photos. Les U16 auront besoin d’un entraĂźneur la saison prochaine. Si tu arrĂȘtes, le poste est pour toi. Tu connais le haut niveau, tu connais l’exigence, tu connais aussi l’échec. Et surtout, les gamins t’écoutent. Ce n’est pas donnĂ© Ă  tout le monde. Â»

Marvin avait baissĂ© les yeux. L’offre l’avait touchĂ© plus qu’il ne voulait le montrer. Il s’était imaginĂ©, parfois, de l’autre cĂŽtĂ© de la ligne blanche. Mais pas tout de suite. . Mais il y avait pensĂ©. Il avait mĂȘme surpris certains jeunes Ă  venir lui demander des conseils aprĂšs l’entraĂźnement. Peut-ĂȘtre que quelque chose l’attendait lĂ , dans cette transmission plus discrĂšte, mais plus durable.

Seulement, il n’était pas encore prĂȘt Ă  ranger ses crampons dans une vitrine.

« J’apprĂ©cie, vraiment Â», avait-il rĂ©pondu aprĂšs un long moment. « Mais pas maintenant. Je ne veux pas passer de titulaire en Ligue 1 Ă  changer les couches des jeunes de la formation. Ce serait mentir Ă  tout le monde. À eux, Ă  toi, au club, et Ă  moi surtout. C’est trop tĂŽt Â»

Tiago avait compris. Il n’avait pas cherchĂ© Ă  le convaincre davantage.

« Alors on fait comme ça Â», avait-il dit. « Je ne te ferme aucune porte. Si tu trouves un dernier challenge, tu le relĂšves. Le club ne te bloquera pas. Et le jour oĂč tu sentiras que c’est fini, vraiment fini, tu m’appelles. Que je sois encore ici ou non, je ferai en sorte que Montpellier se souvienne de ce qu’il te doit. Â»

Marvin avait souri, mais cette fois sans ironie. Il s’était levĂ© lentement. Les deux hommes s’étaient serrĂ© la main, puis Tiago l’avait retenu une seconde de plus.

« Je veux juste que tu partes par la grande porte. Â»

Marvin avait regardĂ© cette main posĂ©e sur la sienne, puis le bureau, puis la fenĂȘtre, puis les terrains. Il avait pensĂ© aux supporters de la Mosson, Ă  ceux qui avaient scandĂ© son nom aprĂšs Marseille, Ă  ceux qui n’avaient jamais vraiment cru qu’un joueur comme lui pouvait finir par aimer leur club autrement que par contrat. Il avait pensĂ© Ă  Yanis Lamboley, aussi, Ă  ce gamin qui n’avait rien demandĂ© sinon le droit d’exister. Puis il avait hochĂ© la tĂȘte.

« Alors je vais essayer de ne pas la rater. Â»

En sortant du bĂątiment, il avait senti l’air tiĂšde du printemps lui frapper le visage. Montpellier continuait de vivre, bruyante, lumineuse, imparfaite. Il n’avait pas encore choisi sa prochaine destination, il ne savait pas quel maillot il porterait pour sa derniĂšre bataille, ni mĂȘme si son corps accepterait de lui offrir cette saison qu’il rĂ©clamait avec tant d’entĂȘtement.

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Gare Ă  la saison de trop, il faut savoir soigner sa sortie !

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Le choix est dur
 Il peut aller faire une saison ailleurs mais aura-t-elle de la saveur et lui paira-t-elle ?

Ne peut-il pas accepter ce rîle de remplaçant de luxe s’il aime vraiment le club et souhaite autant rester ?

En tout cas cool pour les prĂ©cisions du rĂ©cit ! :smiley: J’adore le concept bordel :heart_eyes:

Oh je ne sais pas si je le mérite :roll_eyes:

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On semble parti sur une Last Dance. C’est dommage car le climat de Montpellier est plutĂŽt sympa Ă  l’annĂ©e :grin:

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Choix compliqué, mais je pense que tu vas partir pour une saison de plus (qui risque de capoter) avant de passer coach

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Montpellier, c’est le coeur et la fausse piste. Nan nan.
Marvin, ce joueur que j’ai choppĂ© en Ă©quipe de france il y a quelques annĂ©es, persuadĂ© de disposer d’un newgen alĂ©atoire, Marvin, ce mec de club façon Yohan Gatien Ă  Niort et Clermont, ou Benjamin Nivet Ă  Troyes, Marvin et sa gouaille, ils vont aller laisser dĂ©filer la premiĂšre saison sur FM24, et voir quels coaches se font virer. Rien de prĂ©destinĂ©. Il va postuler lĂ  oĂč il peut, et te bĂątir un putain de club de Ligue des Champions Ă  partir de rien.
Marvin n’est pas le foot. C’est le foot qui est Marvin.

chuck norris deal with it GIF

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Réponses aux lecteurs

@HellToHeaven

@Guillaume c’est l’objectif aussi.

@CaptainAmericka l’avenir nous le dira.

@alexgavi j’aime pas trop la chaleur perso :hoho:

@Kyristepiu l’avenir nous le dira.

@Scala-manager tu sembles bien me connaitre copain nous verrons bien. Toi aussi tu as eu mon newgen en mode GOAT ? :hoho:

- Un dernier au revoir -

La saison s’était achevĂ©e comme certaines histoires que l’on n’avait pas su rendre grandes, mais auxquelles on avait tout de mĂȘme offert une sortie propre. Montpellier avait terminĂ© dixiĂšme de Ligue 1, dans ce ventre mou un peu frustrant oĂč les regrets se mĂ©langeaient aux raisons d’espĂ©rer, oĂč chaque victoire semblait rappeler les points abandonnĂ©s plus tĂŽt dans l’annĂ©e. La Mosson avait pourtant chantĂ© ce soir-lĂ  avec une ferveur particuliĂšre, presque instinctive, comme si le public avait senti que quelque chose dĂ©passait largement le simple classement. Le MHSC venait de battre Le Havre un but Ă  zĂ©ro, sans Ă©clat excessif, sans envolĂ©e collective, mais avec ce supplĂ©ment d’ñme que les fins de saison peuvent parfois arracher aux organismes fatiguĂ©s. Et, comme un symbole trop Ă©vident pour ĂȘtre innocent, le seul but de la rencontre avait Ă©tĂ© inscrit par Marvin Wattiau.

Il y avait eu dans cette rĂ©alisation tout ce que Montpellier avait appris Ă  aimer chez lui en trois ans. Rien d’explosif, rien de spectaculaire au sens vulgaire du terme, mais une intelligence de dĂ©placement que les dĂ©fenseurs semblaient comprendre toujours une seconde trop tard. Un ballon mal repoussĂ©, une hĂ©sitation dans la surface, puis Marvin avait surgi, non pas vite, mais juste. Son pied avait accompagnĂ© le ballon avec cette douceur de vieux maĂźtre qui ne frappait plus pour impressionner, mais pour conclure. La Mosson avait alors rugi, moins pour le score que pour l’homme, comme si chacun dans le stade avait compris que ce but-lĂ  risquait de compter autrement dans les souvenirs.

Quelques dizaines de minutes aprĂšs le coup de sifflet final, Marvin s’était prĂ©sentĂ© en confĂ©rence de presse. Il portait encore sur le visage cette fatigue particuliĂšre des derniers matchs, celle qui ne venait pas seulement des courses, des duels et des chocs, mais aussi de toutes les pensĂ©es qu’un joueur tentait de garder loin de lui pendant quatre-vingt-dix minutes. Il s’était installĂ© derriĂšre le pupitre, une bouteille d’eau devant lui, les micros alignĂ©s comme de petits juges silencieux. Il avait saluĂ© la salle d’un signe de tĂȘte, sobrement, avant de rĂ©pondre aux premiĂšres questions avec le professionnalisme tranquille de ceux qui avaient vĂ©cu mille fois ce dĂ©cor.

On lui parla d’abord du match. De cette victoire courte, de la difficultĂ© Ă  dĂ©sĂ©quilibrer Le Havre, de son but, encore un, le dernier peut-ĂȘtre sans que personne n’osĂąt encore le formuler trop directement. Marvin avait rĂ©pondu avec prĂ©cision, presque mĂ©caniquement, expliquant que l’équipe avait su rester patiente, que Le Havre avait bien fermĂ© les espaces, que Montpellier avait manquĂ© parfois de vitesse dans la derniĂšre passe, mais que l’essentiel avait Ă©tĂ© fait. Il avait glissĂ© un mot pour les milieux, pour le travail dĂ©fensif, pour le gardien qui avait sorti une parade importante en fin de rencontre. Il parlait comme il jouait dĂ©sormais : sans gaspillage, avec une Ă©lĂ©gance contenue, en donnant Ă  chacun sa part.

Puis une main s’était levĂ©e un peu plus au fond de la salle. Le journaliste avait attendu qu’on lui tende le micro, puis il avait posĂ© la question que tout le monde portait depuis plusieurs semaines sans parvenir Ă  lui donner une forme dĂ©finitive.

« Marvin, vous ĂȘtes en fin de contrat. AprĂšs ce but, aprĂšs cette soirĂ©e, est-ce qu’on peut dire que c’était votre dernier match avec Montpellier ? Â»

Il y eut alors une infime cassure. Rien de théùtral, rien qui eĂ»t ressemblĂ© Ă  un effondrement. Simplement, Marvin avait clignĂ© des yeux plus lentement. Son regard s’était dĂ©crochĂ© du journaliste pour venir se perdre quelque part devant lui, entre les micros et le bois clair du pupitre. Pendant une seconde, il n’avait plus semblĂ© ĂȘtre en confĂ©rence de presse. Il avait semblĂ© revoir trois ans Ă  la fois : son arrivĂ©e, les premiers doutes, les chants descendus des tribunes, les soirs oĂč la Mosson l’avait portĂ©, ceux oĂč il avait quittĂ© la pelouse avec la colĂšre lourde des matchs ratĂ©s. Trois saisons magnifiques et imparfaites, exactement comme pouvait l’ĂȘtre un passage Ă  Montpellier.

Il avait rapproché légÚrement le micro.

« Oui Â», avait-il fini par dire, d’une voix plus basse. « Oui, c’était mon dernier match avec le MHSC Â».

La phrase avait flottĂ© dans la salle avec une simplicitĂ© brutale. Elle ne surprenait vraiment personne, mais l’entendre dite ainsi, par lui, lui donnait une densitĂ© nouvelle. Marvin avait pris une inspiration, puis il avait continuĂ©, comme s’il avait besoin de maĂźtriser lui-mĂȘme l’émotion avant qu’elle ne dĂ©cide de parler Ă  sa place.

« J’ai passĂ© trois saisons magnifiques ici. Vraiment. Je sais que, collectivement, on aurait aimĂ© faire mieux. Moi le premier. Quand je suis arrivĂ©, j’avais envie d’aider le club Ă  retrouver quelque chose de plus haut, de plus fort, et je garde Ă©videmment une part de frustration parce qu’on n’a pas toujours eu les rĂ©sultats qu’on voulait. Mais humainement, sportivement, dans ce que j’ai vĂ©cu avec ce groupe, avec ce stade, avec ces supporters
 je ne peux qu’ĂȘtre reconnaissant. Â»

Il s’était interrompu un court instant. On entendait au loin quelques bruits de couloir, des portes qui claquaient, les derniĂšres voix du stade qui se vidaient. Marvin avait posĂ© ses mains Ă  plat sur la table, comme pour s’ancrer dans le prĂ©sent.

« Je veux remercier le staff, tous les gens qui travaillent au club et qu’on ne voit pas toujours, le coach, mes coĂ©quipiers, et surtout les supporters. La Mosson m’a donnĂ© beaucoup plus que ce que j’imaginais en arrivant. À mon Ăąge, on pense parfois qu’on a dĂ©jĂ  tout vĂ©cu, qu’on ne sera plus surpris par un stade, par un public, par une ville. Montpellier m’a prouvĂ© l’inverse. Et ça, je ne l’oublierai pas. Â»

Les journalistes notaient, certains relevaient la tĂȘte plus souvent que d’habitude. Il y avait dans ce moment une pudeur qui obligeait Ă  Ă©couter. Marvin ne cherchait pas Ă  fabriquer une sortie lĂ©gendaire. Il ne mettait pas en scĂšne son dĂ©part. Il disait simplement au revoir avec les mots d’un joueur qui avait assez vĂ©cu pour savoir que les grandes phrases sonnaient souvent plus creux que les vĂ©ritĂ©s simples.

Un autre journaliste avait repris la parole, relançant avec prudence.

« Quand vous parlez de dernier match avec Montpellier, est-ce que cela veut dire dernier match tout court ? Est-ce que vous envisagez la retraite ? Â»

Cette fois, Marvin avait souri. Un sourire léger, presque amusé, comme si cette question lui rendait un peu de contrÎle sur la scÚne.

« Non. Pas encore. Â»

Il avait laissé passer un petit murmure dans la salle avant de poursuivre.

« Je vais jouer encore une annĂ©e. C’est ce que je ressens aujourd’hui. Mon corps rĂ©pond encore, ma tĂȘte aussi, et je n’ai pas envie de terminer sur une sensation d’inachevĂ©. AprĂšs, je ne vais pas raconter d’histoires : je ne prendrai pas n’importe quoi. Je prendrai ma dĂ©cision en fonction des offres, du projet, du rĂŽle qu’on me proposera, et surtout de ce que je sentirai. À ce stade de ma carriĂšre, je n’ai plus besoin de courir aprĂšs quelque chose qui ne me ressemble pas. Â»

On lui demanda alors s’il Ă©tait ouvert Ă  une destination plus lointaine, Ă  un championnat exotique, Ă  une derniĂšre aventure financiĂšrement sĂ©duisante. Marvin avait secouĂ© la tĂȘte presque aussitĂŽt. Il n’y avait aucune arrogance dans son refus, seulement une clartĂ© trĂšs nette.

« Non, ce n’est pas ce que je cherche. Je ne veux rien d’exotique. Je veux une derniĂšre annĂ©e de football, une vraie. Une annĂ©e avec du sens. IdĂ©alement en France, parce que c’est ici que j’ai construit la plus grande partie de mon histoire. Ou alors en Belgique. Genk reste un endroit particulier pour moi. C’est lĂ  que tout a commencĂ©, il y a plus de vingt ans. ForcĂ©ment, quand on arrive au bout du chemin, on repense au point de dĂ©part. Â»

Cette Ă©vocation avait adouci son visage. Pendant quelques secondes, il n’était plus seulement le vĂ©tĂ©ran du MHSC ou la lĂ©gende française en fin de cycle ; il redevenait le jeune Marvin Wattiau qui avait dĂ©couvert le monde professionnel en Belgique, avec ses rĂȘves trop grands, ses jambes fraĂźches et cette innocence que les carriĂšres finissaient toujours par user. Il y avait quelque chose de profondĂ©ment humain dans cette boucle possible, dans cette idĂ©e qu’un joueur pĂ»t chercher non pas le contrat le plus brillant, mais l’endroit oĂč son dernier souffle aurait une cohĂ©rence.

La confĂ©rence s’était poursuivie encore quelques minutes, mais l’essentiel avait Ă©tĂ© dit. Marvin avait rĂ©pondu Ă  deux ou trois questions supplĂ©mentaires, remerciĂ© une derniĂšre fois, puis s’était levĂ© avec cette lenteur digne des hommes qui savaient que chaque geste, ce soir-lĂ , pouvait devenir une image d’archive. Avant de quitter la salle, il avait adressĂ© un dernier regard aux journalistes, non pas pour ajouter une phrase, mais comme pour refermer proprement le chapitre.

Dans les couloirs de la Mosson, quelques membres du club l’attendaient. Des poignĂ©es de main, des accolades, des regards humides que chacun essayait de cacher derriĂšre une plaisanterie ou un mot rapide. Marvin avançait doucement, saluant les intendants, les attachĂ©s de presse, les salariĂ©s croisĂ©s pendant trois saisons, tous ces visages qui n’apparaissaient jamais sur les feuilles de match mais qui composaient la vraie mĂ©moire d’un club. Au bout du couloir, les derniers chants des supporters vibraient encore faiblement, comme une marĂ©e qui se retirait.

Il ne porterait plus le maillot de Montpellier. Il l’avait confirmĂ©. Mais il l’avait quittĂ© sur un but, sur une victoire, sur une parole propre. Et peut-ĂȘtre Ă©tait-ce cela, finalement, partir par la grande porte : ne pas prĂ©tendre que tout avait Ă©tĂ© parfait, ne pas réécrire l’histoire, mais laisser derriĂšre soi assez de respect, assez de sueur et assez de beautĂ© pour que les gens, plus tard, puissent dire sans mentir qu’ils avaient Ă©tĂ© heureux de l’avoir vu jouer chez eux.

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Rentrons, il pleut


Happy Cry GIF

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OĂč l’on Ă©voque la piste de Genk. Mais qui pourrait tirer le meilleur de Michal Skoras ?

Oui Marvin, tu fus mon GOAT de la ligne d’attaque de l’Equipe de France. Mais ça c’était avant. LĂ  tu te cherches un dernier dĂ©fi, mais je m’attends Ă  un rebondissement : une vilaine blessure au genou lors d’un match de charitĂ©, aprĂšs un contact Hilton, ou un accident de tracteur. Bref, un truc « terroir Â» qui prĂ©cipite la carriĂšre de coach !

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