:storygreen: :s3: 🇧🇪 :raal: From Hell to Heaven

Réponses aux lecteurs

@forumeurs Petite explication de contexte, je suis resté sur FM24 et je pense y rester au moins jusqu’a FM27. Mon autre récit approchant de son terme, une nouvelle aventure se prépare. Elle sera moins dense plus chill. Pas d’épisodes chaque jour ni forcément 50 épisodes de drama. On va faire un truc posé. On reste sur la même timeline du coup mais il n’est pas forcément prévu que beaucoup de personnages du récit de base reviennent. On débute donc en 2046.

@Wasyl ah te revoilà. J’espère que celle ci te plaira :wink:

@gwendil35 va t’il te plaire autant que l’autre ? :thinking:

@toopil et non toujours pas :sac:

@Scala-manager merci mon ami mais on va rester sur FM24 :hoho:

@ozTao oui mon lapin ? Une demi molle ?

@quywix j’espère que ça te plaira poteau. je vais pas spoiler enfin :hoho: Mais y’aura au moins un clin d’oeil au LOSC.

@celiavalencia 2046 fallait innover un peu. Mais j’ai du mal à imaginer le monde de 2046 :sac:

@kevos oui j’aime pas le 26. tu me diras si ça te plait.

@Pikouse ravis de te revoir copain

@Rhino Et c’est parti pour le choc !

@_verron très bonne ref le MJ

michael moonwalking GIF

@CaptainAmericka oh je t’ai enervé mon lapin. Tu voudrais un design custom sur ton récit bichon ? Ta mère salive pas sa bouche est pleine :sac:

@Tiien :hoho: Pas d’Anibal dans ce récit. Pas prévu d’aller en Autriche non plus :sac:

@alexgavi prends un pocorn, assis toi et profite.

@Kyristepiu ravi que cela plaise. Merci l’IA :hoho: J’espère que cela te plairas.

- Le dernier printemps ? -

28 avril 2046

Le printemps avait ramené à Montpellier cette chaleur douce qui transformait parfois la Mosson en vieux théâtre populaire, un endroit où les souvenirs semblaient coller aux sièges orange et bleu. Marvin Wattiau connaissait ce stade par cœur désormais. Il connaissait ses silences, ses colères, ses chants qui montaient trop vite, ses soupirs qui tombaient trop lourdement.

Trois ans plus tôt, il y était arrivé avec son nom, son passé, son statut de légende du football français et ce doute que les gens réservaient aux grands joueurs sur la fin. Trois saisons plus tard, malgré les résultats irréguliers du club, il avait laissé autre chose que des statistiques somme toute honorable. 42 buts, 15 passes décisives, 105 apparitions et surtout cette impression d’avoir parfois tenu Montpellier à bout de jambes, à bout d’orgueil.

Contre Marseille, quelques jours plus tôt, il avait encore rappelé à tout le monde qu’un vieux corps pouvait encore rendre service. Le match avait été dur, presque hostile, comme souvent lorsque l’OM venait respirer l’air de la Mosson. Marvin, lui, n’avait pas couru plus que les autres. Il avait couru plus intelligemment. À la 73ème minute, sur une passe verticale, il avait orienté son contrôle, effacé le défenseur, puis glissé le ballon au fond d’un plat du pied. Son 9ème but de la saison. À 37 ans.

Le lendemain, Tiago Dantas l’avait convoqué dans son bureau. Rien d’officiel mais Marvin avait compris. Il se savait en fin de contrat et en fin de carrière. Tiago avait 49 ans, c’était un coach calme et observateur qui ne levait jamais un mot plus haut que l’autre. Et cela même si le sujet l’exiger.

Marvin s’était assis de façon naturelle. Il avait posé son téléphone sur la table, croisé les mains, attendant de connaître la raison de cette convocation, entre assurance et lucidité.

« Je vais ĂŞtre direct, coach. Je veux continuer. Une saison encore Â».

Tiago avait longtemps redouté cette discussion. Pas par gêne. Plutôt parce qu’il cherchait la façon de tenir cette conversation qu’il savait injuste, quelle que soit sa forme. Marvin ne parlait pas comme un joueur cramé qui refusait de voir la vérité. Il parlait comme un joueur qui venait de marquer contre Marseille, qui se sentait encore capable d’apporter à un groupe au haut niveau.

« Je sais que tu peux encore jouer Â», avait fini par rĂ©pondre Tiago. « Le sujet n’est pas lĂ . Â»

Cette phrase avait suffi à durcir l’air entre eux.

« Alors quel est le problème coach ? Â»

Tiago s’était redressé, les coudes posés sur son bureau. Derrière lui, une photo de l’équipe prise en début de saison rappelait déjà une époque un peu floue, avec ses promesses trop grandes et ses blessures trop bêtes. Il avait pris le temps de regarder Marvin en face, parce qu’un joueur comme lui méritait au moins cela.

« Le sujet, c’est le club. C’est ce qu’on doit construire. On a Yanis Lamboley qui pousse derrière. Il a besoin d’espace, de minutes, de responsabilitĂ©s. Pas seulement de bouts de match quand le scĂ©nario est dĂ©jĂ  Ă©crit. Et toi, par ton statut, par ce que tu reprĂ©sentes, tu prends naturellement de la place. MĂŞme quand tu ne demandes rien, tu est un double champion du monde, une lĂ©gende. Â»

Marvin avait encaissé sans bouger. Il n’avait jamais été naïf. Il savait comment fonctionnait un vestiaire, comment un nom pouvait peser sur une feuille de match, comment un jeune pouvait apprendre autant qu’il pouvait s’éteindre aussi vite dans son ombre. Pourtant, entendre son propre poids décrit comme un obstacle lui avait laissé un goût amer. Il avait donné ses dernières grandes forces à Montpellier sans jamais tricher, sans jamais se cacher derrière son âge, sans jamais transformer son passé en passe-droit. Il avait accepté les critiques, les saisons moyennes, les soirs où l’équipe ne répondait pas, les décrassage les lendemains de défaites où ses muscles brûlaient plus longtemps que ceux des autres.

« Donc tu ne comptes plus sur moi… Â» avait-il soufflĂ©.

Tiago avait immédiatement secoué la tête.

« Non. je veux le meilleur pour toi. Et si tu veux plus que ce que le club a Ă  offrir je veux t’offrir une sortir digne de ce que tu reprĂ©sente. Mais si tu restes, je veux ĂŞtre honnĂŞte avec toi. Je peux te proposer une saison de plus, mais pas avec le rĂ´le que tu imagines. Tu serais remplaçant. Un cadre, oui. Un relais, oui. Mais avec peu de temps de jeu. Je ne peux pas te promettre plus. Et je ne veux pas te mentir, je te respecte. Â»

Le silence qui avait suivi n’avait rien eu de confortable.

« J’ai encore une vraie saison dans les jambes coach. Pas une saison hommage. Une vraie saison. Â»

« Je le sais Marvin. Mais peut-ĂŞtre pas ici. Pas dans ce qu’on veut mettre en place. L’institution avant tout. Â»

Cette fois, la phrase avait été nette. Pas brutale, mais nette. Marvin compris qu’il n’y aurait pas de retour en arrière. Il aurait pu se vexer, rappeler son but contre Marseille, ses neuf réalisations, son influence, les points qu’il avait rapportés. Il aurait pu se réfugier dans les chiffres, parce que les chiffres étaient de son côté. Mais il avait plus de dignité que cela.

Tiago avait alors changé légèrement de ton. Il n’était plus seulement l’entraîneur, il redevenait l’homme qui le coachait depuis trois ans.

« Tu m’avais dit un jour que tu pensais entraĂ®ner après ta carrière. Â»

Marvin avait esquissé un sourire presque méfiant.

« J’ai dit ça après une dĂ©faite. Je devais ĂŞtre dĂ©pressif. Â»

« Peut-ĂŞtre. Mais tu le pensais. Â»

Tiago s’était levé, avait contourné son bureau, puis s’était appuyé contre le meuble bas près de la fenêtre. Sa voix était devenue plus douce.

« J’aimerait te garder. Pas comme une mascotte, pas pour vendre des abonnements, pas pour faire joli sur les photos. Les U16 auront besoin d’un entraĂ®neur la saison prochaine. Si tu arrĂŞtes, le poste est pour toi. Tu connais le haut niveau, tu connais l’exigence, tu connais aussi l’échec. Et surtout, les gamins t’écoutent. Ce n’est pas donnĂ© Ă  tout le monde. Â»

Marvin avait baissé les yeux. L’offre l’avait touché plus qu’il ne voulait le montrer. Il s’était imaginé, parfois, de l’autre côté de la ligne blanche. Mais pas tout de suite. . Mais il y avait pensé. Il avait même surpris certains jeunes à venir lui demander des conseils après l’entraînement. Peut-être que quelque chose l’attendait là, dans cette transmission plus discrète, mais plus durable.

Seulement, il n’était pas encore prêt à ranger ses crampons dans une vitrine.

« J’apprĂ©cie, vraiment Â», avait-il rĂ©pondu après un long moment. « Mais pas maintenant. Je ne veux pas passer de titulaire en Ligue 1 Ă  changer les couches des jeunes de la formation. Ce serait mentir Ă  tout le monde. Ă€ eux, Ă  toi, au club, et Ă  moi surtout. C’est trop tĂ´t Â»

Tiago avait compris. Il n’avait pas cherché à le convaincre davantage.

« Alors on fait comme ça Â», avait-il dit. « Je ne te ferme aucune porte. Si tu trouves un dernier challenge, tu le relèves. Le club ne te bloquera pas. Et le jour oĂą tu sentiras que c’est fini, vraiment fini, tu m’appelles. Que je sois encore ici ou non, je ferai en sorte que Montpellier se souvienne de ce qu’il te doit. Â»

Marvin avait souri, mais cette fois sans ironie. Il s’était levé lentement. Les deux hommes s’étaient serré la main, puis Tiago l’avait retenu une seconde de plus.

« Je veux juste que tu partes par la grande porte. Â»

Marvin avait regardé cette main posée sur la sienne, puis le bureau, puis la fenêtre, puis les terrains. Il avait pensé aux supporters de la Mosson, à ceux qui avaient scandé son nom après Marseille, à ceux qui n’avaient jamais vraiment cru qu’un joueur comme lui pouvait finir par aimer leur club autrement que par contrat. Il avait pensé à Yanis Lamboley, aussi, à ce gamin qui n’avait rien demandé sinon le droit d’exister. Puis il avait hoché la tête.

« Alors je vais essayer de ne pas la rater. Â»

En sortant du bâtiment, il avait senti l’air tiède du printemps lui frapper le visage. Montpellier continuait de vivre, bruyante, lumineuse, imparfaite. Il n’avait pas encore choisi sa prochaine destination, il ne savait pas quel maillot il porterait pour sa dernière bataille, ni même si son corps accepterait de lui offrir cette saison qu’il réclamait avec tant d’entêtement.

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