:storygreen: Des origines du Småland

Episode 1

Nous nous retrouvons avec mon ami Anders dans les ruelles de Kalmar pour profiter d’une douce soirée d’été. C’est au Krögers que nous nous rendons finalement pour profiter d’un très bon repas festif. Ici en Suède, pas de fermeture des bars et restaurants malgré la pandémie de la Covid-19 qui affecte durement la vie des habitants. Nous fêtons mon diplôme UEFA B obtenu auprès de la SvFF, la Fédération suédoise de football, qui me donne le droit d’entraîner un club semi-professionnel. Mon ambition d’ici la saison prochaine est de prendre la tête d’une des 84 équipes évoluant en 4ème division nationale, qu’on appelle la Division 2.

J’ai été formé à l’IFK Berga, un petit club du nord de Kalmar, j’y ai connu toutes les catégories jeunes avant d’atteindre le niveau senior sans jamais pouvoir jouer avec l’équipe première qui accédait en 4ème division en 2014. Je suis resté footballeur amateur ou « footballeur du dimanche » comme on aime l’appeler aussi. Je me suis alors tourné vers la formation, en passant un à un tous les diplômes requis pour entraîner les jeunes. A 35 ans, je dois désormais quitter mon club de toujours pour démarrer ma carrière de coach. J’ai toujours su que je me tournerai vers ce métier. Tous les éducateurs avec qui j’ai travaillé étaient convaincu par mon âme de leader de vestiaire, motivant sans cesse mes coéquipiers et toujours passionné par les discussions tactiques. Le temps est venu de me lancer pour espérer percer et me faire un nom.

Je vais donc maintenant observer jour après jour toutes les opportunités qui pourraient se présenter, mais je préfère rester patient et bien analyser chaque possibilité. Je ne souhaite en effet pas prendre le risque d’une mission sauvetage, juste avant les barrages de maintien, sous peine de me voir grillé d’entrée. La première mission est primordiale, c’est elle qui permet de prendre ses marques, pour ainsi gagner peu à peu en confiance. Des places vont bientôt se libérer, certainement d’ici deux mois, je dois bien analyser la situation du club qui pourrait être intéressé par ma candidature. En attendant, je contacte régulièrement mes anciens coéquipiers, j’ai en effet pu me constituer un petit réseau local tout au long de ma carrière de joueur, pour m’aider à rentrer dans ce milieu très fermé.

Mais quel Président d’un club de Division 2 serait assez fou pour prendre le risque d’engager un jeune entraîneur tout juste diplômé et totalement novice à ce niveau ? Un œil extérieur et neutre est souvent très utile pour l’analyse d’une situation difficile, ou pour rabattre toutes les cartes. On parle souvent d’un choc psychologique en cours de saison, d’un nouveau départ entre deux saisons en s’appuyant sur de nouveaux fondamentaux. En tout cas je souhaiterais m’inscrire sur la durée, et si possible avoir tout le temps nécessaire pour préparer au mieux la nouvelle saison. La trêve hivernale est très longue ici en Suède, et dure généralement d’octobre à mars. Largement de quoi préparer au mieux le prochaine saison.

Nous discutons de ma situation avec Anders, lui qui m’a connu comme coéquipier dans les catégories de jeunes à Berga avant de partir pour Lindsdals IF, un autre club un peu plus au nord, pour évoluer avec l’équipe première en Division 3. Il me conseille vivement d’éviter de prospecter actuellement, et d’attendre qu’un club stable, sain financièrement et assuré de se maintenir en D2, cherche un nouvel entraîneur afin de mieux préparer la saison 2021. La pandémie a durement affecté les finances des petits clubs amateurs et semi-professionnels du pays et il serait risqué de s’engager sans connaître véritablement l’étendue des dégâts financiers.

Le club phare et professionnel de la ville est le Kalmar FF. Les Röda Bröder (les « frères rouges ») ont été champions de Suède une seule fois, en 2008. Cela fait seize ans qu’ils évoluent en Allsvenskan et nous allons de temps à autre au GuldFågeln Arena, située au nord de la ville.

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Episode 2

La Covid-19 a profondément bouleversé la saison complète 2020. Au quatrième échelon national, donc en Division 2, la saison n’a démarré qu’à partir de juin, au lieu d’avril, et seule la phase aller est disputée. Pour chacun des six groupes, les équipes ne disputent donc que treize matchs de championnat, sans compter les matchs de barrages d’accession ou de relégation. Je scrute les éventuelles opportunités qui pourraient se présenter à moi mais les positions restent figées pendant tout l’été. Le président du club d’Eskilsminne IF (D1 Sud) me contacte le 12 septembre pour me sonder pour une éventuelle mission sauvetage pour éviter la relégation. Mais la situation du club est tendue à quelques matchs de la fin de saison, ce serait trop risqué de m’engager dans cette voie.

La situation globale se décante un peu début octobre à l’approche des derniers matchs de championnat. Plusieurs entraîneurs ont été licenciés et je commence à m’intéresser de près à la situation du FC Stockholm Internazionale et de l’IFK Östersunds, installés en milieu de classement mais pas encore assurés du maintien. Ils l’obtiendront à l’issue de l’avant-dernière journée, je dépose alors mes deux premières candidatures qui seront finalement rejetées car la période des entretiens venaient de se terminer. Dommage mais je ne perds pas espoir, d’autres opportunités se présenteront à l’issue de la clôture des matchs de championnat. Je prospecte le BK Olympic Malmö dès le 18 octobre mais aucune réponse dans les semaines suivantes.

Le temps que les clubs fassent le point sur la saison après les ultimes matchs de barrages, et tout se débloque début novembre avec pas moins de quinze clubs de la future Division 2 qui se séparent de leur entraîneur. Cette fois, je n’hésite pas et dépose ma candidature dans tous ces clubs. Je dois attendre le 6 décembre pour des premiers contacts avec les clubs de l’IS Halmia, Husqvarna FF, IFK Umeå et Dalstorps IF. Les jours suivants sont très chargés puisque je me déplace un peu partout en Suède pour passer des entretiens, en commençant par Halmstad, près de Malmö pour rencontrer le président de l’IS Halmia. Puis direction Jönköping pour l’Husqvarna FF, puis Dalstorp et enfin le train direction Umeå, tout au nord du pays.

Après chaque entretien, je me dis que j’ai peu d’espoir pour être l’élu. Quel président voudrait choisir un entraîneur totalement novice en sachant qu’à chaque fois la liste des candidats est importante et que les dirigeants ont beaucoup de temps pendant cette longue intersaison pour bien réfléchir et décider de leur futur coach. Mais je me dis aussi qu’ un jeune entraîneur ambitieux avec un regard neuf, externe au club, après une saison plus que compliquée en terme de résultats peut constituer une des solutions pour remettre le club sur de bons rails. J’essaye d’avoir des informations plus précises sur tous ces clubs et certains me semblent manquer de stabilité au niveau de l’effectif. Cela semble être le cas pour l’IFK Stocksund qui va devoir reconstruire son équipe première, mais aussi pour Enskede IF et le club assyrien de Göteborg, l’Assyriska FF. Malgré une masse salariale importante mise à disposition pour restructurer totalement l’effectif et le staff, c’est une situation qui ne me mettrait pas en confiance pour une première expérience.

Je privilégie donc les clubs avec un effectif stable et avec une ambition mesurée pour la saison prochaine, un objectif de milieu de tableau me conviendrait très bien. Ne pas me mettre une pression excessive dès ma première saison me permettrait de travailler sereinement à l’aide d’un staff suffisamment étoffé. Je me déplace à Ådvidaberg rencontrer le président du club d’Ådvidabergs FF, champion de Suède au début des années 70, pour un club très ambitieux, je pense même trop d’ambitieux au regard de l’effectif actuel. La situation est un peu similaire à Grebbestad, au nord de Göteborg et près de la frontière norvégienne. Les voyages ne sont pas terminés puisque je me rends à Malmö pour enfin rencontrer les dirigeants du club du BK Olympic, sollicité il y a près de deux mois. Ce club souhaite également jouer les premiers rôles en championnat dès la saison prochaine. Puis je me déplace à Vårgårda, un club familial qui me paraît tranquille avec une équipe bien équilibrée. Ängelholms FF est un club avec un peu plus de moyens mais deux jours après mon entretien j’apprends que c’est Jonathan Ederström qui est choisi pour le poste d’entraîneur principal.

A une semaine de Noël, je reçois un appel du président de l’IS Halmia qui me fait la surprise de me proposer le poste. Malgré l’excitation, je demande quelques jours de réflexion en attendant peut-être d’autres réponses positives. Le lendemain, c’est l’Husqvarna FF qui me sollicite pour me faire de leur intérêt pour mon profil, puis viendra la proposition de l’IFK Umeå. Avec le même budget salarial, l’effectif de l’Husqvarna FF me semble un peu plus costaud, avec des objectifs moins gourmands qu’Halmia. Umeå aura surtout l’objectif d’éviter la relégation avec un budget moins conséquent. Je décide donc d’accepter le poste d’entraîneur-manager d’Husqvarna FF.

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Bonne chance pour cette storie

Penses à aller te présenter dans la rubrique prévue à cet effet

Bienvenue sur le site

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Story suédoise, tu vas pouvoir marcher dans les traces d’autres comme @Wasyl ou @Guillaume. Bonne chance en tout cas :slight_smile:

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Je suivrai ! Comme dit @Rhino il y a d’excellents récits en terre Suédoise ( :angel: ), mais un récit de qualité est toujours le bienvenu. Et dans le cas présent, ça commence bien… :slight_smile:

merci à vous :slight_smile:

Episode 3

Mon plus cadeau de Noël sera donc la signature de mon premier contrat professionnel en tant qu’entraîneur, un 24 décembre à Huskvarna , petite ville de 24 000 habitants située à l’est de Jönköping (près de 100 000 habitants). Je ne quitte pas la province Småland mais je migre de l’est au nord-ouest, en partant de la côte Baltique aux bords du lac Vättern, le second plus grand lac du pays. Jönköping est une ville industrielle qui s’est fortement développée ces dernières décennies en raison de sa situation géographique centrale au sud de la Suède. La ville s’est tellement développée qu’elle a absorbé la ville d’Huskvarna qui fait désormais partie de la commune de Jönköping. Huskvarna possède une importante compagnie nommée Husqvarna (ancien nom de la ville) qui doit sa notoriété à ses tronçonneuses, tondeuses, machines à coudre et motos. Elle est le principal sponsor du club d’Husqvarna FF.

Le club a été fondé en 1987 par la fusion d’Husqvarna IF et Husqvarna Södra IS. En 1998, il accède au 3ème échelon national (En D1 Sud), puis au second niveau (Superetten) en 2012 mais n’y restera qu’une seule saison. En 2019, le club est relégué au 3ème niveau (D2) et se classe 3ème avant une décevante 8ème place cette année si particulière. Le principal club de Jönköping est Jönköpings Södra IF à l’ouest de la ville, qui évolue en Superetten (2ème niveau), Husqvarna luttera avec l’IK Tord pour la place de deuxième club de la ville, au sein de la Division 2 Norra Götaland. Cette année, Husqvarna s’est imposé 3-1 à domicile contre son rival local.


Les clubs de Jönköping

Husqvarna FF joue ses matchs au Vapenvallen qui a une capacité de 4 470 places. Mais il est loin d’être rempli lors des matchs de championnat, avec une centaine de supporters tout au plus, et environ 200 lors de la venue de Tord. Pas de pelouse synthétique ici contrairement à une majorité de clubs de ce niveau, ce qui peut perturber les séances d’entraînements à la reprise ou les matchs en fin de saison. Les conditions du centre d’entraînement et la qualité de formation du club doivent être améliorées car ils ne sont pas dignes d’un club de ce niveau. Si le club veut grandir, il devra obligatoirement faire des efforts dans ces deux domaines, avec l’appui du principal sponsor actuel, mais aussi avec d’autres entreprises de la région.


Vapenvallen

Après la signature du contrat, le président Stefan Axelsson et le directeur sportif Alessandro Severino avaient organisé une conférence de presse. Je n’étais pas surpris de la méfiance et de l’incompréhension des journalistes. Rien de surprenant, j’arrive de nulle part, je ne connaissais pas grand chose du club, mais je suis serein et confiant quant à mes capacités à aborder la future saison. Je ne sais pas s’ils ont réellement été emballé par mon discours, mais c’est à moi de m’imposer au sein de mon staff et du vestiaire tout en restant à l’écoute de tout ressentiment. Le défi est excitant à relever d’autant que mes responsabilités sont élargies par rapport à mon prédécesseur Daniel Culha. Un groupe est bien établi mais l’équipe première mais n’a pas vraiment répondu aux attentes des dirigeants, c’est à moi de trouver des solutions pour faire progresser cette équipe. Je n’ai pas la pression d’un objectif d’accession à l’échelon supérieur. L’objectif sera la première partie de tableau en 2021. En fin d’après-midi, je pars vite rejoindre mes proches pour le réveillon chez moi à Kalmar, profiter des fêtes de fin d’année avant de revenir ici dès le 2 janvier pour démarrer une nouvelle vie, celle dont j’ai toujours rêvée.

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Il y a du boulot ! :slight_smile:

Episode 4

Le premier gros chantier était celui du staff. Entre les envies de départ de certains et la volonté du président de le réorganiser en se séparant de quelques membres, le staff fut finalement totalement remodelé. Certaines fonctions n’ont pas été jugées indispensables comme le chercheur en sciences du sport, l’analyste de recrutement ou le directeur technique. Il a été décidé que le préparateur Jimmy Berestål (38 ans) s’occuperait de l’aspect offensif ainsi que des gardiens. Pour sa première expérience, Jon Forsberg (30 ans) vient pour s’occuper de la condition physique des joueurs en priorité mais gardera un œil et un avis sur l’ensemble des ateliers d’entraînement. Mon adjoint Simon Nuay m’aidera à monter les ateliers, lui qui vient des catégories de jeunes. Victor Almqvist (41 ans)à reste dans le staff en tant que responsable de la formation des jeunes.

La cellule de recrutement sera supervisée par le directeur sportif Allesandro Severino, et ne contient pour le moment qu’un seul recruteur, Mikael Martinsson (54 ans). Nous aimerions en attirer un nouveau, mais les annonces n’ont pour l’instant rien donné. Enfin le centre médical compte deux très bons kinés : la jeune Emma Palovaara (29 ans) et le nouveau venue Tor Opdahl (40 ans). Gustav Oskarsson (23 ans) s’occupera de l’équipe B et Anders Nyqvist prendra en charge l’équipe U19. Un staff qui me paraît bien équilibré en attendant la signature d’un ou deux recruteurs supplémentaires pour cibler deux arrivées dans l’équipe première. L’effectif de l’équipe A ne devrait pas beaucoup changer puisqu’elle paraît assez homogène et nous approchons déjà le plafond de la masse salariale fixé par le président, à savoir 3900 € mensuel. Les trois départs devraient être remplacés par deux nouveaux joueurs aux postes de latéral droit et d’avant-centre.

Le groupe de l’équipe première est composé de 21 joueurs dont 2 gardiens, auxquels viennent s’ajouter 3 joueurs de l’équipe B et 2 joueurs U19 qui se joindront à nous pour le stage de pré-saison. Le statut des gardiens est bien établi avec Hamzi (25 ans) titulaire, et Dorji (23 ans) en doublure. La paire Didric Andersson (29 ans) – Elvis Acuña (30 ans) forme une charnière centrale solide et expérimentée, peut-être même la plus grande force de cette équipe. Jesper Lernesjö (25) est un suppléant de luxe dans l’axe mais peut tout aussi bien évoluer côté gauche. Un côté où peuvent jouer les chiliens Julio Inai (30) et Michael Silva (25). Le groupe possède en effet trois joueurs chiliens qui sont venus il y a maintenant deux ans, parfaitement intégrés ici mais Acuña a récemment émis le souhait de partir pour un plus gros club, entraînant dans sa roue ses deux compères. Je ne compte absolument pas les voir partir, et j’espère que de bons résultats dès l’entame du championnat permettront d’atténuer leurs velléités de départ. Nous ciblons notre recrutement sur le poste de latéral droit où Linus Torstensson (31 ans) me semble trop un peu faible. Enfin Adam Bengtsson (24) complète le poste axial.

La polyvalence est très appréciée dans ce groupe, je dispose de plusieurs joueurs capables d’évoluer à différents postes. C’est le cas de Julio Inai qui peut évoluer sur le côté gauche ou devant la défense, voir un peu plus haut. C’est le cas également de Malek Iskander (25), autre cadre de l’équipe, récupérateur de formation, mais qui peut dépanner en défense, dans l’axe ou côté droit. La pépite du club est le tout jeune relayeur William Lind (16) qui a disputé les 13 matchs de championnat la saison écoulée et qui possède une grosse marge de progression. C’est un joueur technique doté d’un bon volume de jeu. Victor Kalasho (25) et le plus offensif Daniel Koutcho (22) se présentent plus comme des joueurs de soutien.

Je ne dispose que du jeune Lukas Larsson (20) comme véritable attaquant de formation, mais il semble un peu trop tendre pour la Division 2. La saison passée, ce poste était donc le plus souvent occupé par l’ailier et cadre de l’équipe, Petrus Kocadag (24) avec un bilan plus que mitigé (3 buts / 1 passe). Le technique ailier droit Hadi Wahedi (22) est également souvent amené à jouer dans l’axe. Le plus expérimenté Philip Bernholtz (29) est aussi un joueur de couloir, au club depuis huit ans. Un effectif trop léger sur les postes offensifs. Il nous faut absolument un vrai attaquant, dans un rôle de pivôt de préférence, ou bien dans un registre de finisseur type.

En attendant le retour des joueurs le 15/02, nous multiplions les essais de joueurs au centre couvert de la ville d’Huskvarna, le Vapenvallen étant impraticable tout l’hiver. Nous espérons trouver les deux joueurs recherchés avant la reprise de l’entraînement, nous aurons ensuite deux mois de préparation avant le premier match officiel prévu le 10 avril au Vänersborgs FK.


Vapenvallen

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Dorji (23 ans) en doublure

@Wasyl ? J’avais pas souvenance que tu avais envoyé « magic Dorji » à Husqvarna, et encore moins qu’il était devenu gardien ! :joy:

Étonnant cette colonie Chilienne…

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Qu’est ce que des chiliens vont foutre dans le froid polaire de la Suède ? :joy:

Episode 5

La recherche de joueurs s’est avérée plus difficile que prévu. Nous avons fait venir des dizaines de joueurs à l’essai pour au final peu de bons candidats qui répondent réellement à notre besoin. Certains avaient le niveau mais ne rentraient pas dans notre budget salarial. Il faut dire que les moyens financiers sont relativement bas pour un club de Division 2. Les joueurs ont le statut semi-professionnel mais sont réellement amateurs puisque la rémunération maximale s’élève à 625 € mensuel pour Didric Andersson, sans compter les primes qui peuvent atteindre 30 € par match. La moitié du groupe de l’équipe première reçoit une rémunération de 100 € mensuel. Tous les joueurs ont un emploi plein temps à côté, tout en bénéficiant d’horaires aménagés. Difficile donc dans ces conditions d’attirer un joueur ne résidant pas dans la région.

Mais nous avons tout de même fait signer deux joueurs, quelques jours avant la reprise des entraînements. Tout d’abord Alhajie Drammeh (25 ans) , un défenseur droit au profil plutôt physique qui arrive de Järfälla (Division 3) mais avec de l’expérience en D1 Norra dans le club de Team TG FF. Ensuite, l’attaquant Alan Naib (23 ans) possède encore une petite marge de progression. Formé à l’AIK Stockholm, il a déjà connu quatre clubs de Division 2 mais sa dernière saison fut moins réussie à Kungsängen. Il vient ici pour se relancer. Doté de bonnes qualités de dribbles et assez solide sur ses jambes, c’est un joueur qui aime prendre la profondeur.

Impossible pour nous de faire signer d’autres éléments car nous dépassons déjà le plafond de la masse salariale. On devra donc se contenter de l’effectif actuel pour cette saison. Les joueurs ont donc fait ma connaissance à la reprise le 15 février. Au programme, deux semaines intensives de préparation physique, avant d’entamer notre série de huit matchs amicaux. J’ai déjà réfléchi à deux tactiques différentes qui correspondent selon moi au groupe à ma disposition. La première est une tactique en 4-4-2 en ligne basée sur la construction, en s’appuyant sur Kocadag pour les phases offensives axiales, mais avec une orientation basée sur des animations latérales. La seconde tactique est une configuration plus défensive, plus attentiste en 4-2-3-1 avec Inai et Iskander plus proches de la défense pour fermer les espaces, le jeune Lind occupant un poste un peu plus libre devant eux. Et une animation basée sur des contres rapides, toujours principalement orientée sur les ailes. Les deux tactiques ont en commun la possibilité pour Michael Silva de monter sur le côté gauche, le joueur offensif sur ce côté s’animant comme un ailier repiquant vers l’axe pour lui laisser l’espace.

Nous avons aussi signé un partenariat d’affiliation avec le club de Kalmar FF, un club que je connais bien puisque j’allais régulièrement voir des matchs au Guldfågeln en Allsvenskan. Cela nous permettra, je l’espère en tout cas, d’attirer de jeunes joueurs en prêt gratuit pour renforcer un peu l’équipe première. Pour le moment, nous avons ciblé trois joueurs qui seraient prêts éventuellement à venir nous aider mais, en concertation avec Kalmar, nous sommes en train d’étudier leur profil pour savoir si réellement ils pourront nous apporter quelque chose, et si ce serait bénéfique dans le cadre de leur formation.

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Episode 6

Lowe Ohlander

La veille de notre premier match de préparation, nous accueillons Lowe Ohlander (22 ans) qui est prêté gratuitement par le club d’Ängelholms FF (D2 Västra Götaland). Il vient pour se relancer et ne nous coûte absolument rien puisque son salaire est payé intégralement par son club. C’est un vrai renard des surfaces, très habile et efficace devant le but, un finisseur assez technique au petit gabarit (1,69m) mais pas très rapide. Il complète notre panoplie d’attaquants en tant que joueur de soutien.

Direction maintenant Kristianstad, une ville de 40 000 habitants située dans le sud en allant vers Malmö. Reléguée de D1 Södra, les orange et noir du Kristianstad FC ont lutté pour le maintien la saison dernière en finissant 10ème et devrait une nouvelle fois prendre place en bas de classement cette année selon les médias locaux. Un bon premier match pour nous étalonner avant de recevoir pour le prestige le club d’Örebro SK, pensionnaire de l’Allsvenkan, plus haute division suédoise. J’aligne ce qui ressemble à une équipe-type en 4-2-3-1 pour évoluer bas et dans le but de nous projeter rapidement vers l’avant en contres. Notre début de match est compliqué, nous subissons beaucoup sans parvenir à tenir le ballon pour sortir un peu la tête de l’eau. Je modifie mon schéma en montant d’un cran Iskander aux côtés de Lind pour éviter qu’Inai et lui ne se marchent dessus. Sur un long ballon, Naib prend la défense de vitesse et ouvre le score dès la 14ème minute. Pour éviter les pertes de balles rapides, nous passons en un jeu plus lent et plus court. Nous réussissons enfin à garder la balle, à construire sur les ailes et à nous montrer dangereux par séquences.

Je suis très exigeant sur le replacement défensif. Mes ailiers doivent faire l’effort de revenir marquer les milieux excentrés, mes milieux défensifs (Inai et Iskander) sur les deux buteurs adverses. De cette façon, nous fermons tous les espaces. Dès la récupération du ballon, mes joueurs doivent bénéficier de temps avant de reprendre leur position en phase offensive, nous tenterons d’utiliser un jeu posé. Je privilégie donc désormais la possession. Ma charnière centrale est restée vigilante et a repoussé tous les longs ballons aériens. Une prestation solide défensivement ponctuée de deux ou trois petites occasions adverses qui viennent surtout des côtés où mes latéraux ont manqué de rigueur. Les remplaçants, principalement des jeunes pour les vingt dernières minutes, ont bien respecté les consignes de placement pour tenir ce score. Bernholtz marquera même un second but au bout du temps additionnel sur un centre en retrait d’Ohlander (0-2). Une première confrontation intéressante qui bouleverse tout de même les principes dans lesquels je souhaitais faire jouer mon équipe (contres rapides, Iskander en MDC).

La réception d’Örebro SK pour notre second match de préparation doit nous permettre de mesurer plus précisément la solidité de notre bloc. C’est un match de prestige face à un club d’Allsvenkan où le résultat n’a pas beaucoup d’importance mais le but est de tester la capacité de résistance de ma formation dans ce schéma tactique. Le temps glacial n’a pas empêché plus de 660 spectateurs de venir garnir les travées du Vapenvallen, une bonne nouvelle pour les finances du club en ces temps difficiles. Même si mes défenseurs ont encore trop tendance à allonger, je suis plus que satisfait de la première période. Beaucoup de fautes ont été commises sur Naib qui, bien qu’isolé en pointe, a pesé sur leur défense. Une faute sur lui dans la surface nous apporte un penalty transformé par Iskander (43’), puis Naib lui-même marque le second but, profitant d’une erreur de la défense adverse (45’). On mène 2-0 à la pause, c’est totalement inattendu et inespéré, avec une réussite maximale pour le coup. Mais notre replacement défensif fut très intéressant, on a fermé les espaces avec un premier pressing efficace de mes joueurs offensifs, et finalement peu d’occasions concédées.

Nous n’allons cependant pas tenir très longtemps en seconde période. Inai lâche son marquage sur Mehmeti sur un centre (56’) avant le but gag avec le dégagement d’Hamzi qui rebondit sur Inai, le ballon file dans le but… Örebro revient donc à 2-2 et marquera logiquement deux autres buts dans les dix dernières minutes, après avoir remplacé tous mes titulaires par des jeunes. On ne retiendra que la première mi-temps, on va s’appuyer encore sur ce positionnement et revoir le rôle d’Iskander. J’aimerais en effet que mon joueur prenne plus de poids dans le jeu vers l’avant, c’est pour l’instant Lind qui attire tous les ballons de transition, notre jeu penche clairement côté gauche. Autre axe de travail, les coups de pied arrêtés qui ne sont pour le moment pas du tout assimilés par mes joueurs.

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Episode 7

Le déplacement à Nosaby, près de Kristianstad, doit nous permettre de nous améliorer collectivement. Je demande à mes joueurs d’aborder cette rencontre comme un vrai match de championnat, face à une bonne équipe de Division 2 puisque le Nosaby IF a terminé 5ème l’année dernière. Sous un temps estival mais dans un stade déserté, nous essayons de varier nos offensives et ne plus nous focaliser sur les ailes. Placé dans l’entrejeu, Iskander doit s’affirmer dans ce contexte. Nous prenons rapidement l’avantage sur penalty après une faute sur Kocadag (4’). Les passes vers l’avant de Lind sont un régal et perturbent l’arrière-garde de Nosaby. Nous avons cependant trop tendance encore à allonger nos passes à partir de notre ligne défensive, ce qui est totalement improductif. Lors des prochaines semaines, nous nous efforcerons de travailler la conservation du ballon à partir de la défense.

Nosaby IF – Husqvarna FF

Nous contrôlons assez bien cette rencontre, avec un seul tir adverse en première période. La seconde manche fut plus compliquée, notamment le premier quart d’heure où nous avons beaucoup subi. Naib puis Iskander seront remplacés pour cause de blessure, mais les nouvelles seront rassurantes après le match. Nous avons eu beaucoup de mal dans la construction après la sortie de Naib, l’animation offensive doit être retravaillée car l’entente entre les joueurs est très perfectible. Les ententes Inai-Iksander au milieu, et Acuña-Andersson nous permettent une nouvelle fois d’être solide et de tenir ce score de 1 à 0.

Un match en milieu de semaine était organisé à Asarum pour que les joueurs secondaires, qui devraient évoluer principalement avec la réserve cette saison, puissent parfaire leur condition physique. Ils doivent également travailler dans ce système en 4-4-3 pour mieux l’appréhender quand ils viendront évoluer avec la A. Un score nul inespéré avec une égalisation de Bernholtz (1-1) malgré une nette domination des locaux.

Stade Victoriavallen (Nybro)

On se déplace ensuite à Nybro, à 30 kms à l’est de Kalmar pour y affronter le Nybro IF, tout juste promu en Division 2 Södra Svealand. Face à une formation qui devrait lutter pour le maintien cette saison, nous devrions pouvoir l’emporter en appliquant nos principes de jeu. Toute la semaine, nous avons travaillé ces principes basés sur le replacement défensif « en bloc « sitôt la perte du ballon. En étant compact, en resserrant les lignes avec un bloc bas, notre objectif est de fermer les espaces. Et dès la récupération, mes joueurs s’écartent pour utiliser tout l’espace, doivent jouer court sans prise de risque à partir de la ligne défensive, le temps pour les joueurs offensifs de prendre leur position cible. Puis la création et l’inspiration de Lind et des ailiers doivent permettre de trouver Naib dans de bonnes conditions, grâce à ses appels et sa vitesse.

Nous mettons en application ces principes à Nybro, avec une première période aboutie, presque parfaite. Je vois une nette amélioration dans les phases défensives mais aussi offensives. Les joueurs semblent trouver des automatismes, le replacement et les passes semblent plus précis. Un une-deux entre Kocadag et Naib nous permet d’ouvrir logiquement le score dès la 17ème minute. Avant de doubler la mise à la 35ème minute grâce à une subtile ouverture de Lind pour Naib. Rebelote juste avant la pause, Lind pour Naib (0-3). Une belle efficacité offensive doublée de beaucoup d’application dans les phases de transition. Pourquoi alors s’arrêter de jouer de la même façon en seconde période. Un relâchement coupable, des oublis de marquage, une perte de concentration, et la seconde période ne ressemblera pas du tout à la première. Nybro en profite pour marquer par Ahlgren de loin, lâché par Inai. Beaucoup de tentatives des locaux qui se sont aussi bien repris dans la combativité. Une victoire finale 3 à 1 à deux visages. De belles promesses mais attention à l’excès de confiance.

J’ai un souci au niveau du poste de latéral droit. Drammeh ne me donne pas totalement satisfaction que ce soit en matchs en pendant les séances d’entrainement. Une mauvaise réaction du joueur suite à plusieurs remarques de ma part me fait maintenant réfléchir quant à la possibilité de titulariser Lernesjö à droite même si ce n’est pas son côté de prédilection. Une autre solution serait de tester Oliver Eisen (22 ans), tout juste arrivé en prêt gratuit de Sävedalen (Division 2 Västra Göteland), mais qui possède un profil un peu plus offensif.

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Episode 8

Le niveau de l’opposition monte avec la réception d’Åtdvidaberg FF, un des clubs favoris de la Division 2 Södra Svealand. C’est LE match test avant la reprise de la compétition puisque notre dernier match de préparation est déjà le prochain week-end avec une rencontre face à un club de niveau supérieur, Assyriska FF, pensionnaire de Division 1 Norra. Ådvidaberg était encore en Allsvenskan il y a six ans, avant de connaître trois relégations jusqu’à aujourd’hui. Après avoir terminé à la 4ème place la saison dernière, le club a l’ambition de remonter dès cette saison en D1. Bien que mécontent de jouer à un poste inhabituel, Lernesjö a été choisi pour remplacer Drammeh côté droit de la défense. Un mauvais alignement de sa part faillit nous coûter un but en début de match, mais je dois lui laisser le temps de prendre ses marques sur ce côté. Le pressing très haut d’Ådvidaberg nous contraint à jouer long de derrière, nous avons beaucoup de mal à construire. Mais la défense également haute de nos visiteurs du jour nous permet d’avoir des espaces dans lesquels s’engouffre Naib. Inai montre qu’il peut aussi jouer long, sa magnifique passe vers la reprise de Wahedi nous permet de prendre l’avantage dès la 5ème minute. Mais notre buteur est coupable de relâcher son marquage sur le brésilien Reidler de Moraes qui crucifie Hamzi d’une frappe lointaine en pleine lucarne (13’). Je préfère sortir Naib dès la 22ème minute, victime d’un coup à la cuisse, Kocadag passant en pointe. Pas le même profil mais ses qualités techniques nous apportent des solutions, ses décrochages et sa capacité à garder de ballon nous permettent de pouvoir remonter le bloc. Sur une nouvelle ouverture de notre récupérateur chilien Inai, Kocadag gagne son duel avec le gardien pour repasser devant au tableau d’affichage (2-1, 31’).

De nouveau un début de reprise difficile avec une opposition féroce et agressive, mon équipe concède trop de centres mais c’est de nouveau par son brésilien qu’Ådvidaberg recolle au score avec une frappe forte plein axe (50’). le match est serré et intense avec beaucoup de duels. Nous sommes contraints d’allonger sous la pression. Sur une montée de Silva encouragé à apporter plus de solutions offensives, Wahedi marque son second but sur une reprise pas évidente dans un angle fermé (3-2, 53’). Nous réussirons à garder notre mince avance, malgré la fatigue et les rushs adverses. La charnière centrale a encore montré toute sa solidité, notamment dans le domaine aérien. Je suis satisfait de la performance de Lernesjö, très propre dans ses relances et appliqué défensivement.

Ultime match de préparation au Vapenvallen devant à peine 50 supporters présents face à Assyriska FF qui vient d’être promu en Division 1 Norra. C’est le club de Södertalje, une cité industrielle située à 30 kms au sud-ouest de Stockholm. La ville compte environ 80 000 habitants dont près de 40% sont des réfugiés assyriens chrétiens. Certains districts de la ville ont été classés par la police suédoise dans la catégorie des zones urbaines les plus dangereuses du pays avec un taux de criminalité élevé. La ville a accueilli un grand nombre de réfugiés assyriens chrétiens. C’est club historique des assyriens, créé en 1971 et qui a gravi les différents échelons jusqu’à participer à l’Allsvenskan en 2005, en ayant également disputé une finale de Coupe de Suède. Depuis, beaucoup d’autres clubs assyriens ont été créés à travers tout le pays.

Le niveau monte donc encore d’un cran aujourd’hui. Mais comme d’habitude, nous démarrons le match sur les chapeaux de roue. Dès la 4ème minute, Wahedi trouve l’ouverture dans un angle fermé sur une passe bien dosée d’Iskander. Kocadag est très incisif sur le front de l’attaque, et nous arrivons à bien conserver le ballon au milieu avec quelques très belles séquences de jeu. Notre jeu gagne en fluidité depuis le début de la préparation. Assyriska tente de presser haut, Hamzi doit allonger, et sur deux longs dégagements, Naib est plus rapide que la charnière centrale adverse et s’en va remporter deux face à face avec le gardien (35’ et 37’). Une première mi-temps de haute volée, la meilleure depuis le début de la pré-saison, avec toujours un bloc solide et un seul tir pour nos visiteurs menés 3-0 à la pause.

Comme d’habitude également, un manque de vigilance à la reprise, Assyriska manque de peu de réduire le score. Puis Naib, bien lancé en profondeur par Lind, est l’auteur d’un hattrick (60’). Matti réduira le score en fin de match (84’), avant qu’Iksander ne manque son tir sur penalty après une faute sur Naib (85’). Victoire finale 4-1 avec plus de difficultés dans la seconde période mais je suis extrêmement satisfait de mon équipe, c’est très encourageant pour la saison. D’ailleurs, au niveau des pronostics, nous sommes maintenant classés 2ème dans les médias derrière Grebbestad, alors que notre objectif reste la première partie de tableau.

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Ca marche fort :slight_smile:

Episode 9

Vänersvallen

Direction Vänersborg, au bord du lac Vänern, à 2 h de route d’Huskvarna vers l’est, pour notre premier match officiel de l’année. Le Vänersborgs FK est désormais le club principal de la ville après la relégation de son rival, le Vänersborgs IF, en Division 3. Mais le VFK devrait faire partie de la seconde partie de tableau cette saison, ce sont en tout cas les prédictions des médias. Je suis pour ma part amputé de ma charnière centrale puisque Andersson et Acuña sont tous les deux suspendus pour ce premier match. J’aligne donc Lernesjö et Bengtsson, sans aucune certitude sur leur entente sur le terrain car ils n’ont jamais joué ensemble pendant cette préparation, et surtout ont peu joué, notamment Bengtsson.

Beaucoup d’émotions pour ma première rencontre officielle en tant qu’entraîneur, dans un stade Vänersvallen plutôt bien rempli avec près de 200 spectateurs, et sous un temps doux mais très venteux. Malgré les absences en défense, j’attends de mon équipe qu’elle reproduise les performances de nos derniers matchs de préparation en s’appuyant sur une base solide et avec des joueurs offensifs inspirés. Une préparation de match compliquée puisque nous avions très peu d’informations sur cette équipe de Vänersborgs, mais le début de match nous conforte dans l’idée d’affronter une équipe très prudente, et qui prend son temps dans la construction, un peu à notre image. Nous n’étions pas confrontés à ce genre d’opposition pendant la phase de préparation, et nous avons donc plus de mal pour trouver des joueurs lancés, en particulier Naib. Le début de match est tendu, les deux équipes se craignent ou ont du mal à se libérer. De longues séquences de possession s’enchaînent des deux côtés. Les percées de Wahedi et de Kocadag enflamment quelque peu cette rencontre, nous obtenons des coups de pied arrêtés intéressants que nous n’arrivons pas à exploiter. Un terne 0-0 à la pause avec quasiment aucune occasion de part et d’autre.

On domine plus franchement dès la reprise avec des latéraux plus offensifs. Mais les blessures successives de Kocadag puis Inai nous handicapent fortement. Les locaux nous contrôlent sans grande difficulté avant d’accélérer après 70 minutes de jeu. Deux coups-francs dangereux côté gauche manquent de faire mouche, il faut notamment un bel arrêt de Hamzi (80’) pour préserver le score, sur la plus belle occasion du match. Le match se finit dans l’ennui avec un 0-0 décevant. Nous avons été solides grâce à un Bengtsson impeccable, mais nous n’avons pas retrouvé les enchaînements offensifs de nos derniers matchs. Seulement deux tirs pour nous, c’est très insuffisant. Je suis rassuré après la rencontre, les blessures d’Inai et Kocadag ne sont pas sérieuses, je les récupère donc pour la réception d’Heimer dans quatre jours.

Retour du chilien Elvis Acuña en défense centrale

L’IF Heimer fait partie des équipes de haut de tableau, c’est donc un match crucial dès ce début de saison. Nous aimerions effacer le « non match » de Vänersborg et montrer enfin notre vrai visage. Mais les trois matchs organisés en une semaine pour ce début de championnat complique la gestion. Je décide malgré tout d’aligner mon équipe-type, avec donc le retour de la charnière centrale. Eisen est préférée à Lernesjö et à Drammeh au poste de latéral droit pour apporter plus de soutien offensif à Wahedi. Mais le début de match ne se passe pas comme prévu pour notre premier rencontre officielle au Vapenvallen. Nous sommes surpris dès la 4ème minute par une passe plein axe d’Arakelyan pour Ayoub placé entre Eisen et Acuña, son tir instantané est parfaitement placé au ras du poteau. Trop de laxisme dans le marquage, et Andersson qui couvrait. On ne s’attendait pas du tout à cet entame, je sens mes joueurs assez nerveux mais heureusement nous recollons vite au score grâce à Wahedi, bien servi sur une passe longue d’Andersson, son contrôle de la poitrine met dans le vent le défenseur, et son tir croisé ne laisse aucune chance au gardien (13’). Après les congratulations, c’est la douche froide dès l’engagement. Norlin repique au centre et décroche une frappe puissante encore une fois au pied du poteau, Heimer reprend donc l’avantage aussitôt (1-2).

Je ne reconnais plus mes joueurs. Même si Heimer exerce un pressing assez haut, je ne vois pas de raison de balancer autant, alors que des solutions simples existent près du porteur. Assommés par ces deux buts encaissés, mes joueurs déjouent, oublient toutes les consignes et précipitent leurs actions. C’est la panique dans la défense et dans l’entrejeu. Le jeu est débridé et nous n’avons aucune maîtrise tant mon équipe paraît désorganisée. A une minute de la pause, on égalise à nouveau par Wahedi, cette fois servi au second poteau sur un centre haut de Silva (2-2). Mes joueurs ne sont pas sereins malgré tout en seconde période, nous concédons trop de centres et de tirs de loin. Inai détourne malencontreusement un tir adverse, ce qui prend Hamzi à contre-pied (63’, 2-3). Je décide alors de tout changer et de basculer en un 4-4-2 avec pressing très haut et la rentrée d’Ohlander pour tenter le tout pour le tout.

Le match devient hors de contrôle, les actions partent dans tous les sens de façon désordonnée. Nos ballons directs ne trouvent pas les attaquants, les passes restent imprécises mais sur un dernier ballon dans les arrêts de jeu, les rremplaçants finissent par faire la différence avec un centre de Koutcho pour la reprise d’Ohlander à bout portant, une égalisation in extremis (3-3). On évite le pire, mais on retiendra ce match catastrophique tant défensivement qu’offensivement. Tout a volé en éclat aujourd’hui alors qu’on s’appuyait sur les mêmes principes de jeu depuis le début de la préparation avec un certain succès. Comment se fait-il que l’on produise une première mi-temps de haut niveau contre un club de D1, Assyriska (4-1) et que l’on passe autant à travers ensuite sur ce match ?

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Débuts difficiles, mais au moins tu ne perds pas. C’est souvent le cas j’ai l’impression et ça m’a fait un peu la même de mon côté lors de mon début de partie : la préparation se passe assez bien, même face à de bonnes équipes, mais une fois en compétition mes joueurs ne parviennent plus à enchaîner et sont super nerveux !

Il va falloir essayer de les apaiser. La première victoire te lancera. Gare cependant à l’excès de confiance et à la chute qui risque d’aller avec. Je crois en toi !

Merci pour ton message. C’est vrai qu’on ne s’attendait pas du tout à voir ce genre de matchs pour l’entrée de la compétition, avec autant de difficultés et de perdre nos moyens comme ça … la suite ce soir !

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Episode 10

Stade Tånga Hed (Vårgårda)

Nous n’avions que trois jours pour digérer avant de nous déplacer à Vårgårda pour y rencontrer le Vårgårda IK, auteur d’une victoire (1-0) et d’un nul (2-2) jusqu’à présent, après avoir terminé 9ème l’an passé. Malgré le risque de blessures pour ce 3ème match en une semaine, j’aligne mon équipe-type face à une équipe solide et bien organisée dans un schéma compact en 4-1-4-1. Les consignes sont claires : écarter au maximum et passer par les ailes. Nous avons également travaillé la hauteur de la défense pendant la semaine Je souhaite voir mon équipe jouer un peu plus haut sur le terrain, et plus resserrée dans la largeur pour éviter les tirs plein axe devant la surface. Krasniqi est le buteur du Vårgårda IK, un joueur bien connu par la plupart de mes joueurs car il a évolué deux ans sous les couleurs du Husqvarna FF.

Une victoire nous permettrait d’accrocher la première partie de tableau et de sauver quelque peu ce début de saison difficile. Tout autre résultat révélera un échec et il faudra se poser les bonnes questions. Le match démarre bien avec, dès la 3ème minute, un long ballon d’Eisen pour Naib qui ouvre son compteur-but cette saison d’une subtile pichenette juste devant le gardien sorti à son encontre. Vårgårda pousse et profite d’une faute stupide de Wahedi dans la surface pour égaliser sur penalty (10’). Nous ne parvenons pas à garder le ballon très longtemps, nous avons trop de déchets techniques et les longs ballons sont vite perdus. Nous commettons aussi trop de fautes, le jeu est physique, avec très peu d’occasions de part et d’autre. Un bien piètre spectacle pour les 200 spectateurs du Tånga Hed. Avec des latéraux plus offensifs, nous essayons en seconde mi-temps de déstabiliser cette arrière-garde solide et rugueuse. Petit à petit, nous gagnons en possession mais les actions aboutissent rarement. Kocadag ne parvient pas à exploiter pleinement les phases arrêtées. Naib se créé toutefois quelques opportunités. Nous passons en 4-4-2 pour le dernier quart d’heure pour tenter de forcer la décision. Mais cette stratégie ne fonctionne pas, c’est l’équipe locale qui se montrera même la plus dangereuse par Krasniqi (83’ et 92’) en profitant des espaces libres.

Un troisième match nul (1-1) qui n’est guère satisfaisant, autant au niveau du résultat que du contenu. Les centres dangereux restent rares, et la complicité entre Naib et les deux relayeurs reste à trouver. Nous avons une semaine pour réfléchir à adapter notre tactique ou à changer totalement d’approche pour enfin nous créer des occasions nettes. Les joueurs n’ont pas encore assimilé notre travail de construction basé sur la patience et les passes courtes, mais il manque aussi certainement de la créativité au milieu. La polyvalence de nombreux joueurs nous apporte peut-être des pistes de réflexion.

La semaine fut propice à réflexion, et finalement nous avons opté pour une seconde tactique moins attentiste. Nous avons travaillé sur une formation classique en 4-4-2 avec Kocadag épaulant Naib sur le front de l’attaque. Kocadag se montre décevant depuis le début de saison, et ce poste devrait mieux lui convenir, c’est d’ailleurs dans ce système et à ce poste qu’il a joué toute la saison dernière. L’avantage de ce schéma est aussi de trouver une solution au poste de latéral droit en repositionnant Iskander sur ce côté. Elle offre donc normalement plus de créativité offensive avec Kocadag plus en retrait que Naib, et davantage de poids offensif sur les ailes avec les montées des latéraux Silva et Iskander. En contrepartie, elle nous offre moins de garantie dans la solidité défensive axiale avec Inai positionné plus haut, et donc sans joueur positionné juste devant la défense.

Au Vapenvallen face à un des favoris du championnat, Stenungsund IF (3ème actuellement), j’opte pour démarrer dans notre classique 4-3-3 mais pouvant basculer en 4-4-2 à tout moment. Nos adversaires évoluent dans un système peu courant en 3-1-4-2, ce qui nous amène à d’interminables discussions avec mon adjoint et mes joueurs pour contrecarrer leur plan. Lernesjö est de nouveau convoqué pour jouer à droite. Jouant très haut avec un pressing intense, Stenungsund nous empêche de relancer proprement, nous sommes contraints d’allonger. Mais la vitesse de Naib est intéressante dans ce contexte, nous permettant d’avoir des situations intéressantes. Cependant, c’est grâce à une belle séquence de passes plein axe que nous parvenons à ouvrir le score, avec Iskander décalant parfaitement Wahedi qui trompe le gardien sur une frappe croisée (12’).

Nous nous montrons très solides, avec Stegnunsund abusant du jeu long sur notre ligne défensive très efficace dans le domaine aérien. Les relances longues profitent à Naib qui gâche cependant beaucoup de duels avec le gardien (4’, 10’ et 33’). Les spectateurs doivent être déçus de ne pas pouvoir apprécier des séquences de passes et de combinaisons, et doivent s’en remettre à une multitudes de fautes et de touches. Le jeu est haché mais nous rentrons aux vestiaires à la pause avec beaucoup de satisfaction, un but d’avance et une prestation défensive sans erreur.

Naib a encore l’occasion de tuer le match (46’ et 57’) mais n’est pas en confiance. Stegnungsund adopte un jeu très direct et tente d’accélérer le rythme du match. Elle s’offre sa première vraie occasion à la 57ème minute, Kjellström profite d’une relance de la tête mal ajustée pour tenter sa chance, le tir est bien capté par Hamzi. Malheureusement il suffit d’un seul duel aérien perdu avec Silva devancé par Linus Andersson dont la tête lobe Hamzi (66’). Nous décidons alors de passer en 4-4-2 et un jeu plus direct. Mais ce système permettra à Stegnungsund de se montrer le plus dangereux, avec Lindback qui trouve le poteau (73’), puis Linus Andersson signalé de peu hors-jeu suite à son but (86’). Kocadag se montrera très actif, mais butera face à gardien (71’) avant d’offrir plusieurs situations intéressantes à ses coéquipiers, en particulier Naib trop souvent en position de hors-jeu. Un nul 1-1 frustrant tant que nous avions le sentiment de maîtriser ce match. Nous avons eu beaucoup de situations intéressantes devant le but mais le réalisme offensif a fait défaut. Quatre nuls en quatre rencontres, ce n’est pas du tout le début de saison espéré.

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Décidément, ça ne veut pas ! Tu es prévu à quelle place en championnat normalement ?