:storygreen: :intro: De l’Ombre à la Lumière

La Turbie — Fin de saison 2023-24

L’été approchait.

Dès le matin, la chaleur commençait déjà à peser sur La Turbie et, alors qu’on préparait notre dernier match avec les U19, le thermomètre affichait déjà 25 degrés à 11 heures.

Qui disait chaleur et arrivée de l’été disait aussi fin de saison.

Et quelle saison…

On avait terminé quatrièmes de notre groupe de National U19, malgré un effectif constamment chamboulé.

Beaucoup de nos jeunes avaient navigué entre les U19, le Groupe Elite, voire même l’équipe première. Il fallait sans cesse adapter les séances, recomposer, trouver des équilibres… mais au final, le travail avait payé.

Personnellement, cette année m’avait énormément apporté.
J’avais travaillé régulièrement avec les U19 mais aussi avec le Groupe Elite, ce qui m’avait permis de transmettre un peu de mon vécu : mes années en Ligue 2, ma saison en Ligue 1, mais aussi mes passages plus discrets en Grèce, en Suisse et en Italie.

J’avais également eu la chance de participer à plusieurs entraînements de l’équipe première dirigée par Adi Hütter.
Une expérience précieuse, qui m’avait permis de terminer ma formation et d’obtenir mes diplômes UEFA. Peut-être le début d’une vraie carrière d’entraîneur.

Notre dernier match, on l’avait disputé à Bastia. 15 heures. Une chaleur étouffante.
Et après douze minutes, on était déjà menés 2-0.

Puis quelque chose s’était déclenché.

On avait accéléré le rythme, étouffé leur milieu, imposé notre intensité. Plus le match avançait, plus eux reculaient.
Résultat final : 7-2.

Une manière parfaite de terminer la saison.

Dans le vestiaire, après le match, je les avais regardés quelques secondes avant de prendre la parole.

— Les gars, la saison est terminée… mais vous avez bossé jusqu’au bout, et ça s’est encore vu aujourd’hui. Être menés de deux buts après douze minutes et revenir comme ça, ce n’est pas donné à tout le monde.

Je marquai une pause.

— Maintenant, profitez des vacances. Respectez le programme, amusez-vous aussi, reposez-vous. Certains seront encore là la saison prochaine, d’autres monteront avec les groupes au-dessus, et certains partiront vers une nouvelle aventure. Mais quoi qu’il arrive, j’ai aimé vous entraîner… et je serai heureux de recroiser votre route.

Petit à petit, le vestiaire s’était vidé.

Le lendemain, j’étais revenu au centre d’entraînement pour récupérer quelques affaires avant de partir en vacances.
Le responsable de la formation et le directeur sportif étaient également présents. On s’était installés avec un café au bord des terrains d’entraînement.

Le calme était presque étrange. Les terrains vides, les bâtiments silencieux… comme si le club respirait enfin après dix mois sous tension.

Au début, on avait parlé des vacances.
Pour ma part, quelques jours en famille, une semaine en Corse, puis deux semaines en Italie avant de revenir préparer la pré-saison.

Puis la conversation avait changé de ton. Ils voulaient me confier le Groupe Elite la saison suivante.
Le club souhaitait nommer un autre entraîneur avec les U19 afin qu’il fasse ses armes, comme moi auparavant.

Une petite promotion, en quelque sorte, même si, au fond, j’espérais intégrer le staff de l’équipe première.

Mais j’avais vite compris que ce n’était pas dans leurs plans. Hütter avait déjà son équipe, son fonctionnement, et le club ne voulait pas ajouter davantage de monde autour du groupe professionnel.

Dommage.

Peut-être la saison prochaine.

4 « J'aime »

Quelque chose me dit qu’il ne va pas rester longtemps avec le groupe Elite.

1 « J'aime »

La Turbie — Fin de saison 2024-25

Une nouvelle saison venait de s’achever.

Cette fois, j’étais à la tête du Groupe Elite.

Grâce à ma bonne relation avec Adi Hütter, j’avais continué à participer, quand les emplois du temps le permettaient, à quelques séances de l’équipe première.

Rien d’officiel, mais suffisamment pour continuer à apprendre au contact du très haut niveau.

La saison avait été longue… mais passionnante.

Avec le Groupe Elite, nous avions remporté le tout premier Challenge Espoirs, une compétition réservée aux équipes réserves professionnelles.
On avait aussi disputé la Premier League International Cup en Angleterre, découvert d’autres contextes, d’autres styles de jeu, puis enchaîné avec la Youth League.

À cela s’ajoutaient les “Performance Games” : des matchs amicaux uniquement sur le papier, mais joués avec l’intensité de vraies rencontres officielles.

Par moments, j’avais également récupéré des joueurs du groupe professionnel en reprise après blessure.
Des joueurs comme Folarin Balogun ou George Ilenikhena étaient venus travailler avec nous pendant plusieurs semaines.

Et à ma surprise, ils avaient réellement joué le jeu : impliqués à l’entraînement, sérieux dans les matchs, exemplaires avec les jeunes.

Forcément, après une telle saison, j’avais demandé un entretien avec la direction pour parler de mon avenir.

Avec l’expérience accumulée ces dernières années, mon objectif restait clair : devenir un jour entraîneur numéro un dans un club professionnel.
Mais à court terme, j’espérais au moins intégrer le staff de l’équipe première comme adjoint dès la saison suivante.

Le rendez-vous avait été… flou.

Pas de refus.
Pas d’accord non plus.

Ils voulaient réfléchir, en discuter avec Adi Hütter… même si son avenir à lui aussi semblait incertain. Plusieurs clubs s’intéressaient à lui.

Dans un sourire, j’avais lancé :

— En cas de départ, vous avez déjà son remplaçant sous la main.

Mais contrairement à moi, eux n’avaient pas ri.

Et c’est à ce moment-là que quelque chose avait changé dans mon esprit.

Pour la première fois, j’avais eu la sensation qu’il serait difficile d’aller plus haut au sein du club.
Parce qu’au fond, je savais qu’Hütter n’était pas opposé à mon intégration avec les pros.

Le blocage venait d’au-dessus.

Je n’avais rien laissé paraître, mais cette discussion m’était restée dans un coin de la tête.

Alors, quand les vacances sont arrivées, j’en avais réellement besoin.
Besoin de couper. De me vider l’esprit. De réfléchir à la suite.

Une nouvelle saison avec le Groupe Elite ne m’aurait pas dérangé, loin de là.

Mais pour la première fois depuis longtemps, je commençais à me demander si mon avenir se trouvait vraiment à Monaco…

1 « J'aime »

Bah ce serait cool de rester , t’es à côté de chez moi , donc apéro le soir :grinning_face:

1 « J'aime »

Je suis intrigué :slight_smile:

1 « J'aime »