:storygreen: :intro: 🇫🇷 :marseille: De l’Ombre à la Lumière

La Turbie — Fin de saison 2023-24

L’été approchait.

Dès le matin, la chaleur commençait déjà à peser sur La Turbie et, alors qu’on préparait notre dernier match avec les U19, le thermomètre affichait déjà 25 degrés à 11 heures.

Qui disait chaleur et arrivée de l’été disait aussi fin de saison.

Et quelle saison…

On avait terminé quatrièmes de notre groupe de National U19, malgré un effectif constamment chamboulé.

Beaucoup de nos jeunes avaient navigué entre les U19, le Groupe Elite, voire même l’équipe première. Il fallait sans cesse adapter les séances, recomposer, trouver des équilibres… mais au final, le travail avait payé.

Personnellement, cette année m’avait énormément apporté.
J’avais travaillé régulièrement avec les U19 mais aussi avec le Groupe Elite, ce qui m’avait permis de transmettre un peu de mon vécu : mes années en Ligue 2, ma saison en Ligue 1, mais aussi mes passages plus discrets en Grèce, en Suisse et en Italie.

J’avais également eu la chance de participer à plusieurs entraînements de l’équipe première dirigée par Adi Hütter.
Une expérience précieuse, qui m’avait permis de terminer ma formation et d’obtenir mes diplômes UEFA. Peut-être le début d’une vraie carrière d’entraîneur.

Notre dernier match, on l’avait disputé à Bastia. 15 heures. Une chaleur étouffante.
Et après douze minutes, on était déjà menés 2-0.

Puis quelque chose s’était déclenché.

On avait accéléré le rythme, étouffé leur milieu, imposé notre intensité. Plus le match avançait, plus eux reculaient.
Résultat final : 7-2.

Une manière parfaite de terminer la saison.

Dans le vestiaire, après le match, je les avais regardés quelques secondes avant de prendre la parole.

— Les gars, la saison est terminée… mais vous avez bossé jusqu’au bout, et ça s’est encore vu aujourd’hui. Être menés de deux buts après douze minutes et revenir comme ça, ce n’est pas donné à tout le monde.

Je marquai une pause.

— Maintenant, profitez des vacances. Respectez le programme, amusez-vous aussi, reposez-vous. Certains seront encore là la saison prochaine, d’autres monteront avec les groupes au-dessus, et certains partiront vers une nouvelle aventure. Mais quoi qu’il arrive, j’ai aimé vous entraîner… et je serai heureux de recroiser votre route.

Petit à petit, le vestiaire s’était vidé.

Le lendemain, j’étais revenu au centre d’entraînement pour récupérer quelques affaires avant de partir en vacances.
Le responsable de la formation et le directeur sportif étaient également présents. On s’était installés avec un café au bord des terrains d’entraînement.

Le calme était presque étrange. Les terrains vides, les bâtiments silencieux… comme si le club respirait enfin après dix mois sous tension.

Au début, on avait parlé des vacances.
Pour ma part, quelques jours en famille, une semaine en Corse, puis deux semaines en Italie avant de revenir préparer la pré-saison.

Puis la conversation avait changé de ton. Ils voulaient me confier le Groupe Elite la saison suivante.
Le club souhaitait nommer un autre entraîneur avec les U19 afin qu’il fasse ses armes, comme moi auparavant.

Une petite promotion, en quelque sorte, même si, au fond, j’espérais intégrer le staff de l’équipe première.

Mais j’avais vite compris que ce n’était pas dans leurs plans. Hütter avait déjà son équipe, son fonctionnement, et le club ne voulait pas ajouter davantage de monde autour du groupe professionnel.

Dommage.

Peut-ĂŞtre la saison prochaine.

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Quelque chose me dit qu’il ne va pas rester longtemps avec le groupe Elite.

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La Turbie — Fin de saison 2024-25

Une nouvelle saison venait de s’achever.

Cette fois, j’étais à la tête du Groupe Elite.

Grâce à ma bonne relation avec Adi Hütter, j’avais continué à participer, quand les emplois du temps le permettaient, à quelques séances de l’équipe première.

Rien d’officiel, mais suffisamment pour continuer à apprendre au contact du très haut niveau.

La saison avait été longue… mais passionnante.

Avec le Groupe Elite, nous avions remporté le tout premier Challenge Espoirs, une compétition réservée aux équipes réserves professionnelles.
On avait aussi disputé la Premier League International Cup en Angleterre, découvert d’autres contextes, d’autres styles de jeu, puis enchaîné avec la Youth League.

À cela s’ajoutaient les “Performance Games” : des matchs amicaux uniquement sur le papier, mais joués avec l’intensité de vraies rencontres officielles.

Par moments, j’avais également récupéré des joueurs du groupe professionnel en reprise après blessure.
Des joueurs comme Folarin Balogun ou George Ilenikhena étaient venus travailler avec nous pendant plusieurs semaines.

Et à ma surprise, ils avaient réellement joué le jeu : impliqués à l’entraînement, sérieux dans les matchs, exemplaires avec les jeunes.

Forcément, après une telle saison, j’avais demandé un entretien avec la direction pour parler de mon avenir.

Avec l’expérience accumulée ces dernières années, mon objectif restait clair : devenir un jour entraîneur numéro un dans un club professionnel.
Mais à court terme, j’espérais au moins intégrer le staff de l’équipe première comme adjoint dès la saison suivante.

Le rendez-vous avait été… flou.

Pas de refus.
Pas d’accord non plus.

Ils voulaient réfléchir, en discuter avec Adi Hütter… même si son avenir à lui aussi semblait incertain. Plusieurs clubs s’intéressaient à lui.

Dans un sourire, j’avais lancé :

— En cas de départ, vous avez déjà son remplaçant sous la main.

Mais contrairement à moi, eux n’avaient pas ri.

Et c’est à ce moment-là que quelque chose avait changé dans mon esprit.

Pour la première fois, j’avais eu la sensation qu’il serait difficile d’aller plus haut au sein du club.
Parce qu’au fond, je savais qu’Hütter n’était pas opposé à mon intégration avec les pros.

Le blocage venait d’au-dessus.

Je n’avais rien laissé paraître, mais cette discussion m’était restée dans un coin de la tête.

Alors, quand les vacances sont arrivées, j’en avais réellement besoin.
Besoin de couper. De me vider l’esprit. De réfléchir à la suite.

Une nouvelle saison avec le Groupe Elite ne m’aurait pas dérangé, loin de là.

Mais pour la première fois depuis longtemps, je commençais à me demander si mon avenir se trouvait vraiment à Monaco…

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Bah ce serait cool de rester , t’es à côté de chez moi , donc apéro le soir :grinning_face:

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Je suis intrigué :slight_smile:

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Playa del Carmen

J’avais décidé de couper complètement.

À l’origine, on devait partir en Croatie avec des amis. Finalement, on avait changé nos plans au dernier moment : direction le Mexique.

Playa del Carmen.

Plages, chaleur, longues journées à ne penser à rien.
On visitait des cénotes, des temples Mayas, la réserve de Sian Ka’an et sa biosphère…
Tout ce qu’il fallait pour se sentir loin de Monaco, loin du football, loin de cette sensation de tourner en rond.

Et puis un matin, à cause du décalage horaire, je m’étais réveillé très tôt.
C’est là que j’avais appris le départ d’Adi Hütter.
Contrairement aux rumeurs, il ne rejoignait aucun club. Une “rupture d’un commun accord”, selon le communiqué officiel.
Mais au fond de moi, j’étais persuadé qu’on l’avait poussé dehors.

J’avais également reçu un message du directeur sportif me demandant de le rappeler.
Je m’étais isolé sur la terrasse de l’hôtel pour passer l’appel.
La discussion avait été rapide.
Avec le départ du coach et les échanges en cours avec le futur entraîneur, il n’y aurait finalement pas de place pour moi dans le nouveau staff professionnel.
En revanche, le club me garantissait mon poste Ă  la tĂŞte du Groupe Elite pour la saison suivante.
Et “on referait un point dans un an”.

Toujours dans un an.

Quand l’appel s’était terminé, quelque chose s’était clarifié dans ma tête.
Je savais désormais qu’il n’y aurait aucun avenir pour moi plus haut dans ce club.
Si je voulais devenir entraîneur principal un jour… ou simplement intégrer un staff professionnel… il faudrait partir.

Au lieu de rejoindre les autres à la plage, j’avais préféré rester seul.
Besoin de silence.
Besoin de réfléchir.

Puis…

Black-out.

Je m’étais réveillé dans mon lit avec une barre au milieu du crâne et la bouche complètement sèche.
En me levant pour ouvrir la baie vitrée, une vague de nausée m’avait obligé à courir jusqu’aux toilettes.

Après une longue douche froide, j’avais essayé de reconstituer ma soirée.
Je pris mon téléphone.
Des appels manqués.
Des messages de mes amis demandant où j’étais passé, si tout allait bien, pourquoi je ne répondais plus.
Apparemment, j’avais donné quelques nouvelles dans la nuit… mais rien de très cohérent.

Dans mes poches, je retrouvai plusieurs tickets de bars de la Quinta Avenida, l’artère touristique de Playa del Carmen remplie de restaurants, de boutiques et de bars.
Un peu plus tard, je finis par retrouver mes amis.

Ils étaient à moitié inquiets… et morts de rire.

À priori, ils avaient fini par me récupérer au beau milieu de la nuit en compagnie d’un Irlandais et d’un Américain encore plus ivres que moi…

En fin de journée, alors que j’étais assis au bord de la piscine, les pieds dans l’eau, mon téléphone sonna.
C’était David.
Un ami du milieu du football.
On se connaissait depuis le centre de formation. Lui n’avait jamais réussi à percer comme joueur, principalement à cause d’un physique trop léger. Alors il s’était reconverti dans l’analyse de joueurs avant de devenir agent.
Contrairement à beaucoup d’autres, il n’avait jamais essayé de profiter de nos relations dans le football.
Jamais tenté de me faire passer un joueur “par obligation” ou demander de le mettre en avant pour que des jeunes signes avec lui.
Et au fond, c’était sûrement pour ça qu’on était restés proches.

Je décrochai.

— Alors mon Ju… on profite bien des vacances à ce que j’ai compris ?

Je restai silencieux quelques secondes.
Lui éclatait déjà de rire au téléphone.

— Euh… oui, ça se passe bien. Il fait beau, c’est vraiment sympa ici…

— Oh ça, j’en ai bien eu l’impression vu le message vocal que tu m’as laissé. Franchement, j’ai dû le réécouter trois fois pour comprendre. Tu parlais français, anglais… avec un peu d’espagnol au milieu, je crois.

Je fermai les yeux de honte.

— Merde… je suis désolé mon pote. Sincèrement. J’espère que j’ai pas raconté trop de conneries parce que je me souviens absolument de rien…

David rigola encore plus.

— De ce que j’ai compris, ça donnait à peu près : “J’en ai ras le cul de rester dans l’ombre ! J’veux montrer au monde le talent que j’ai ! Et toi t’es mon zami… mais c’est quand que tu me fais signer au Real ?!”

Il marqua une pause avant d’ajouter :

— Et t’as fini par : “Besos mon amigos.”

Je passai une main sur mon visage.

— Non… la honte absolue. Je suis vraiment désolé.

— T’inquiète. On se connaît depuis longtemps. J’ai surtout senti que t’avais besoin d’évacuer un peu tout ce que t’avais sur le cœur.

Son ton redevint plus sérieux.

— Bon, je vais devoir te laisser, le mercato est en train d’exploser. Mais appelle-moi quand tu rentres en France. Faut qu’on parle de ton avenir.

On trouva une date qui collait Ă  nos agendas avant de raccrocher.

Et pour le reste des vacances…
Je décidai de fortement ralentir sur l’alcool.

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Une réaction pas super professionnelle :sac:

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Curieux de voir où ça va le mener. La bonne nouvelle, c’est que ça n’a pas l’air de le perturber plus que ça :grin:

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Résumé

@Rhino rabajoie :sweat_smile:
@alexgavi C’est les vacances, faut pas se prendre la tête :wink:


Monaco — Un Rendez-Vous So British

On approchait déjà de la fin juin.

Les vacances au Mexique m’avaient fait du bien.
J’avais réussi à couper, à prendre du recul… même si certaines questions continuaient de tourner dans ma tête.
Mais comme toujours dans le football, les vacances ne durent jamais très longtemps.

J’étais revenu à La Turbie pour préparer la pré-saison du Groupe Elite, faire le point sur les joueurs qui allaient monter, ceux qui partiraient, et commencer à construire les programmes de reprise.

Comme prévu, David était passé chez moi quelques jours après notre retour en France.
Installés dans mon appartement avec plusieurs cafés et des feuilles remplies de notes étalées sur la table basse, on avait longuement discuté de mon avenir.
Il avait tout analysé.
Mon passé de joueur.
Mon parcours dans la formation.
Mon expérience avec les jeunes et les professionnels.
Mes diplĂ´mes.
Mes ambitions.
Il avait même étudié des matchs de nos équipes de jeunes.
Et plus la discussion avançait, plus je réalisais à quel point il prenait tout ça au sérieux.

Alors à un moment, presque naturellement, je lui avais demandé :

— Tu accepterais d’être mon agent ?

David avait souri avant de répondre immédiatement :
— Oui… à une condition.

Je m’étais attendu à parler pourcentage, exclusivité ou contrat compliqué.
Mais il avait simplement ajouté :
— Si un jour tu signes comme numéro un dans un club, je veux le pourcentage le plus bas possible. Juste de quoi couvrir la partie administrative.

Je l’avais regardé sans comprendre.
Il haussa les épaules.

— J’ai déjà largement assez de joueurs pour gagner ma vie. Toi, c’est différent. J’ai envie de t’aider parce que je crois sincèrement que t’as quelque chose.

Cette phrase m’était restée en tête.

Une semaine avant la reprise officielle, il m’appela.
Dès les premières secondes, j’avais senti que quelque chose avait changé.
Sa voix était plus sérieuse que d’habitude.
Derrière lui, j’entendais des annonces d’aéroport et des bruits de valises.

— J’ai besoin que tu me rejoignes à Londres demain.

Je fronçai les sourcils.

— Londres ? Pourquoi ?

— Je t’expliquerai sur place. Fais-moi confiance, j’ai bossé pour toi depuis une semaine…

Dans l’après-midi, je reçus des billets d’avion pour un aller-retour dans la journée.
J’avais réussi à m’arranger avec le staff du Groupe Elite pour qu’on me remplace temporairement.

Le lendemain matin, j’atterrissais à Londres.
David m’attendait directement à la sortie de l’aéroport.
On prit un taxi noir en direction du centre-ville avant d’arriver devant un hôtel aussi luxueux qu’impressionnant.
Sans vraiment m’expliquer quoi que ce soit, il m’accompagna jusqu’à un salon privé.
Deux hommes nous attendaient déjà à l’intérieur.
Et immédiatement, je reconnus l’un d’eux, le propriétaire.

La réunion dura près de deux heures.
On parla de tout.
Mon parcours comme joueur.
Mon évolution dans les staffs.
Ma vision du football.
La formation.
La gestion humaine.

À ma surprise, il connaissait énormément de choses sur moi.
David lui avait parlé de mon profil, eux avaient d’ailleurs travaillé ensemble par le passé sur certains dossiers de joueurs.

Et surtout… le courant passa immédiatement.
Les échanges étaient directs, sincères, presque naturels.
Mais malgré la qualité de l’entretien, rien n’était concret pour le moment.
Le club avait déjà un entraîneur en poste avec l’équipe première.
Simplement… la situation semblait tendue en interne, et plusieurs réflexions étaient en cours.

Puis, presque au détour d’une phrase, il me demanda :
— Un poste de responsable de la formation pourrait aussi vous intéresser ?

Je répondis immédiatement, sans hésiter.
— Oui.

En quittant l’hôtel, David me regarda avec un léger sourire.
— Ne t’emballe pas trop. Ça débouchera peut-être sur rien.

Il marqua une pause avant d’ajouter :
— Mais honnêtement… ça s’est vraiment très bien passé.

Et pour la première fois depuis longtemps, je ressentais quelque chose que je n’avais plus connu depuis un moment.
La sensation que mon profil pouvait réellement intéresser un club professionnel.

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Teanuanua ne serait pas choqué :sac:

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Si une nana est enceinte de lui à la suite de cette soirée, c’est qu’il est bien le frère sprirituel de Teanuanua ^^

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Eh bien j’avais pas vu passer cette story ! M’y voilà :smiling_face_with_three_hearts:

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Monaco — Début de Préparation

Depuis mon voyage à Londres, je n’avais eu aucun retour concret.
J’envoyais parfois un message à David, mais ses réponses étaient toujours les mêmes :

— Concentre-toi sur ton travail.
Ou :
— Pour l’instant, il n’y a rien de particulier.

Je m’en doutais.
Dans le football, beaucoup de discussions ne débouchent sur rien.
Pourtant, une petite voix au fond de moi continuait d’espérer.
Le poste de responsable de la formation m’intéressait réellement. Il y avait énormément de travail à accomplir, mais l’idée de bâtir quelque chose sur plusieurs années me plaisait.

Un mercredi de fin d’après-midi, je quittais La Turbie pour aller retrouver une amie autour d’un verre.
En montant dans ma voiture, je parcourus rapidement mes messages avant de lancer mon répondeur.
Le premier venait de mon amie. Elle me confirmait l’adresse du rendez-vous tout en m’indiquant qu’elle aurait près d’une heure de retard à cause d’un dossier qui traînait au bureau.
Puis je lançai le second.
Une voix d’homme, en anglais.
Rapide, très rapide.

Je ne compris presque rien lors de la première écoute.
Puis je relançai le message.
Et immédiatement, je reconnus la voix.
Le propriétaire rencontré à Londres.

Il me demandait de le rappeler dès que possible.
Je regardai quelques secondes mon téléphone.
Pourquoi m’appeler directement ?
Pourquoi ne pas passer par David ?
Comme j’avais largement le temps avant mon rendez-vous, je décidai de m’arrêter sur une petite aire ombragée au milieu des pins.

Moteur coupé, fenêtres ouvertes, je composai son numéro.

Après deux sonneries, il décrocha.

— Bonjour Ju, comment allez-vous ?

— Très bien merci. J’espère que vous aussi. Je vous avoue avoir été surpris par votre message.

— Je m’en doute.
Sa voix était calme, posée.

— J’ai beaucoup apprécié notre échange à Londres. Vos idées, votre franchise, votre vision du football… tout cela m’a fait réfléchir ces derniers jours.
Un silence s’installa. Puis il reprit.

— Vous savez, je suis un homme d’affaires. Toute ma vie, j’ai pris des risques. Des paris. La plupart ont fonctionné, sinon je ne serais probablement pas propriétaire d’un club de football aujourd’hui.
Sa voix devint plus grave.

— Mais j’ai le sentiment qu’aujourd’hui, mon investissement dans ce club ne produit pas ce qu’il devrait produire. J’ai investi énormément de temps, d’argent et de confiance. Et la saison dernière me reste encore en travers de la gorge.
Je l’écoutais attentivement. Sans comprendre où il voulait en venir.

— J’ai décidé de reprendre les choses en main. Et de prendre certaines décisions importantes.
Nouveau silence, Puis une question.

— Avez-vous déjà dirigé des séances de l’équipe première ?

— Oui. Grâce à Adi Hütter. J’ai animé plusieurs ateliers et dirigé quelques entraînements complets lorsque les circonstances le permettaient.

— Intéressant.
Il enchaîna immédiatement.

— Et vos diplômes ?

— Je possède toutes les qualifications nécessaires. J’ai terminé mon cursus et obtenu ma licence avec mention.

— Je sais.
Je fronçai les sourcils.

— Pardon ?

— Je connais déjà toutes ces réponses.
Un léger rire.

— Je voulais simplement entendre votre façon de répondre.
Puis il ajouta :

— J’ai parlé avec Adi Hütter récemment.
Mon cœur se serra légèrement.

— Il m’a dit beaucoup de bien de vous.
Je restai silencieux.

— Il m’a surtout confié qu’il avait demandé à plusieurs reprises votre intégration au staff professionnel.
Je sentis mon estomac se nouer.

— Et il regrette profondément que la direction ait refusé.

Le coup fut brutal. Pendant des mois, j’avais soupçonné cette réalité.
Mais l’entendre confirmé…C’était autre chose.
Tout devenait limpide.
On ne m’avait pas simplement expliqué qu’il n’y avait pas de place. On avait choisi de ne pas me faire monter.

— Ju ?

Je sursautai.

— Vous êtes toujours là ?

— Oui… pardon. J’ai dû avoir une coupure.

Premier mensonge. Je n’avais simplement plus écouté depuis plusieurs secondes.

— Mais du coup… qu’attendez-vous de moi ?

Il éclata légèrement de rire.

— Si vous posez cette question, c’est que vous n’avez effectivement pas entendu la suite.
Je souris nerveusement.
Puis il reprit.

— Comme je vous l’ai dit, je suis un homme de paris.
Nouvelle pause.

— Et j’ai envie d’en tenter un.
Je sentis mon cœur accélérer.

— Je souhaite vous nommer entraîneur de l’équipe première.
Le monde sembla s’arrêter.
Plus de bruit.
Plus de cigales.
Plus rien.
Juste cette phrase.

— Bien entendu, poursuivit-il, cela impliquera une énorme pression. La mienne. Celle des supporters. Celle des médias. Peu de moyens financiers cet été, j’ai assez donné.
Il marqua une pause.

— Et je suis convaincu que certains membres du club n’accepteront pas facilement cette décision. Des membres du staff. Peut-être même certains joueurs.
Je pris quelques secondes avant de répondre.

— Je ne m’attendais absolument pas à cette proposition.
Puis je souris.

— Mais je serais complètement fou de refuser.
Je regardai droit devant moi.

— Je connais la pression. Je connais l’exposition. Je sais que je vais devoir tout prouver.
Ma voix devint plus ferme.

— En tant que joueur, j’étais un chien sur le terrain. Je ne reculais devant personne.

— Et ça n’a pas changé ?

— Non.

— Très bien.
Sa réponse fut immédiate.

— Alors je vais contacter votre agent afin de finaliser les détails.

Puis il ajouta :
— Nous nous verrons bientôt au club.
Un léger silence.

— See you soon, Coach Ju.

L’appel prit fin. Je restai immobile plusieurs minutes.
Le téléphone toujours dans la main.
Ă€ regarder les pins bouger sous le vent.
Quand je rejoignis finalement mon amie, je ne dis rien.
Rien n’était encore signé. Rien n’était officiel.
Mais à l’intérieur…C’était un véritable feu d’artifice.

Les jours suivants passèrent à une vitesse folle.
Je quittai l’AS Monaco avec reconnaissance pour tout ce que le club m’avait apporté.
La séparation avec les dirigeants ne me fit ni chaud ni froid.
En revanche, dire au revoir aux jeunes fut beaucoup plus difficile.
Puis vint la signature. L’étude de l’effectif. Les premiers dossiers. Les premières réunions téléphoniques avec le propriétaire.
Et avant même mon arrivée officielle, une conséquence inattendue apparut.
L’annonce de ma nomination en interne avait déjà provoqué une véritable vague de départs au sein du club. Il ne restait que 4 recruteurs et 1 kiné…

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Oh que c’est mesquin de nous laisser sans le nom du club !
Sympa l’agent de ne prendre aucune com :grin:

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Un rude coup, il sait ménager le suspense

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J’avoue le salaud il nous donne pas un indice si ce n’est qu’on est en Angleterre et probablement à Londres. J’espère juste que c’est pas en PL ou Championship histoire de galérer un peu :sac:

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Haha je reconnais la maîtrise du suspense là ! :joy:
Allez balance nous que c’est Tottenham :joy:

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@alexgavi @Groot @volatil @CaptainAmericka On va partir en appel, contre appel… Je vais sûrement en perdre certains et j’ai failli changer au dernier moment ma partie et je me suis dit que non, fallait que je reste sur mon idée.
J’ai essayé de nombreux clubs ( Sevilla, West Ham, Fiorentina, Eintracht, etc…) écrivant à chaque fois les 6 premiers mois mais à chaque fois je m’arrêtais…
Du coup, retour à mon premier amour…


Introduction — Conférence de Presse

Ce 7 juillet marquait mon premier jour en tant qu’entraîneur principal.

Et autant dire que j’arrivais en pleine tempête.

La décision de Franck McCourt de reprendre personnellement la main sur le sportif et d’imposer certains choix avait provoqué de nombreuses tensions en interne.

Plusieurs départs avaient déjà été enregistrés et les médias spéculaient depuis des jours sur les véritables raisons de ce remaniement.

Lorsque nous entrâmes dans la salle de conférence de presse de La Commanderie, les journalistes étaient déjà nombreux.

Franck McCourt prit la parole.

« Nous sommes réunis aujourd’hui pour vous présenter le nouvel entraineur de l’Olympique de Marseille pour les 2 prochaines saisons.
Comme vous le savez, depuis que j’ai acheté le club, j’ai toujours tout fait pour tenter de lui redonner son lustre d’antan. J’ai dépensé beaucoup d’argent, fait confiance à certaines personnes, parfois aveuglement pour gagner des titres, mais en vain.
Du coup, j’ai décidé qu’il était temps que je me mêle encore plus personnellement du sportif.

C’est pourquoi, j’ai imposé Ju Tiien en tant qu’entraineur de l’OM.

Il n’a pas le nom ou l’expérience de certains prédécesseurs, mais je crois en lui et en son discours. Je suis persuadé qu’il saura nous guider vers la victoire.
Et si je me trompe, alors j’en assumerai les conséquences.
Oui ça n’a pas plu en interne, mais certaines personnes qui étaient encore au club hier, ont oublié à qui appartenait le club et que ce n’est pas un jouet.
Ce n’est pas moi qui ait voulu leur départ, c’est leur choix, c’est dommage, mais parfois le changement a du bon.

Maintenant je vais laisser le coach répondre à vos questions, Merci! »

Puis vint le moment que tout le monde attendait.

Les questions au coach.

Un journaliste de La Provence fut le premier Ă  lever la main.

— Coach, soyons honnêtes. Une grande partie des supporters ne connaissait même pas votre nom il y a encore une semaine. Pourquoi devraient-ils croire en vous ?

Je souris légèrement.

— Ils ne doivent pas croire en moi aujourd’hui.

Quelques regards surpris dans la salle.

— Ils doivent croire en l’Olympique de Marseille. Moi, je suis simplement là pour travailler. Les supporters jugeront sur les résultats, sur l’état d’esprit de l’équipe et sur ce qu’ils verront sur le terrain. Et c’est parfaitement normal.

Une journaliste de Canal+ enchaîna.

— Vous passez d’un groupe Elite à l’un des clubs les plus exposés de France. N’avez-vous pas peur que l’écart soit trop important ?

— Si j’avais peur, je ne serais pas assis ici.

Quelques sourires apparurent.

— J’ai passé plusieurs années à me préparer. J’ai travaillé avec des jeunes, avec des professionnels, j’ai observé différents staffs et différentes méthodes. Je sais que j’ai encore énormément à apprendre, mais je sais aussi que je suis prêt à relever ce défi.

Un journaliste anglais prit ensuite la parole.

— Monsieur McCourt parle d’un pari. Est-ce que cela ne vous dérange pas d’être présenté comme un pari ?

— Dans le football, chaque entraîneur est un pari.

Je marquai une pause.

— Certains sont simplement des paris à 50 millions d’euros et d’autres beaucoup moins chers.

Quelques rires fusèrent.

— Au final, seul le terrain décide.

Cette fois, un journaliste plus agressif de RMC intervint.

— Beaucoup de supporters pensent que vous êtes ici uniquement parce que vous coûtez moins cher qu’un grand entraîneur. Que leur répondez-vous ?

La salle se tendit.

— Je leur réponds qu’ils ont le droit de le penser.

Le journaliste sembla surpris.

— Je comprends les interrogations. Si j’étais à leur place, j’en aurais probablement aussi. Mais mon salaire ne marquera aucun but et ne gagnera aucun match. Ce qui compte, c’est le travail que nous allons produire.

Une autre main se leva.

— Quel est votre style de jeu ?

Cette question me fit sourire.

— Celui qui permet de gagner des matchs.

Les rires détendirent légèrement l’atmosphère.

— Plus sérieusement, je veux une équipe intense, courageuse, agressive à la récupération et capable de jouer vers l’avant. Les supporters de Marseille doivent reconnaître leur équipe lorsqu’ils la regardent.

Le journaliste de L’Équipe prit alors la parole.

— Plusieurs membres du staff ont quitté le club après l’annonce de votre arrivée. Cela vous inquiète ?

— 90% vous voulez dire, mais non.

Réponse courte.

— Parce que je ne peux pas contrôler les décisions des autres. Ceux qui veulent participer au projet seront les bienvenus. Ceux qui ne souhaitent pas en faire partie ont le droit de partir.

Le silence s’installa quelques secondes.

Puis vint la question que tout le monde attendait.

— Coach, où pensez-vous pouvoir emmener l’OM cette saison ?

Je pris quelques secondes avant de répondre.

— Aujourd’hui ? Je n’en sais rien.

Des murmures parcoururent la salle.

— Parce que je n’ai pas encore dirigé un seul entraînement. Je n’ai pas encore parlé individuellement à tous les joueurs. Je n’ai pas encore vécu un seul match avec eux.

Je regardai les journalistes.

— Ce que je peux promettre en revanche, c’est que personne ne travaillera plus dur que nous.

Une dernière question arriva du fond de la salle.

— Si dans six mois les résultats ne sont pas là, ne craignez-vous pas d’être considéré comme l’une des plus grandes erreurs de l’ère McCourt ?

Je souris.

— Dans ce métier, si vous avez peur d’échouer, vous êtes déjà battu.

Je regardai brièvement le propriétaire.

— Monsieur McCourt prend un risque.

Puis je reportai mon attention sur les journalistes.

— Maintenant, c’est à moi de faire en sorte qu’il ait eu raison.

La conférence prit fin quelques minutes plus tard.

À peine sorti de la salle, j’avais l’impression que tout Marseille parlait déjà de ma nomination.

Je savais que beaucoup de supporters rêvaient d’un nom plus prestigieux. Un Zidane. Un Conceição, ou n’importe quel entraîneur à la réputation déjà établie.

Mais au fond de moi, une seule pensée occupait mon esprit.

Ils avaient peut-être choisi un pari, mais j’avais bien l’intention de leur prouver que ce pari pouvait devenir une évidence.

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Oh la petite bite il est reparti Ă  Marseille :pasrire:

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Dans Canebière, y’a bière ! :clinking_beer_mugs:

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