:storyred: :s3: đŸŽó §ó ąó „ó źó §ó ż :truro: A Truro Story

Réponse aux lecteurs

@CaptainAmericka ah c’est clair que c’est un sacrĂ© dilemme

@sythax oui y’a un cĂŽtĂ© pragmatique, et en mĂȘme temps, un cĂŽtĂ© sentimental

@alexgavi pour l’instant pas d’offre, il est observĂ©.

La Confession




Volus Colomba s’affala lourdement dans le fauteuil de cuir du cabinet de Sarah Fowler, relĂąchant un profond soupir. Son regard dĂ©riva un instant sur l’immense bibliothĂšque derriĂšre elle, comme s’il cherchait Ă  s’accrocher Ă  autre chose qu’à ses propres pensĂ©es.

— « J’vais ĂȘtre honnĂȘte, Sarah, j’ai pas envie d’ĂȘtre ici aujourd’hui. Â»

Elle haussa un sourcil, amusée.

— « Et pourtant, te voilĂ . Ça m’émeut toujours quand un homme va Ă  l’encontre de ses dĂ©sirs pour moi. Â»

Il esquissa un sourire en coin.

— « Tu sais que c’est pas ce que je voulais dire. Â»

— « Bien sĂ»r. Mais si moi je devais Ă©viter tout ce que je n’ai pas envie d’entendre, tu serais dehors Ă  l’heure qu’il est. Â»

Volus secoua la tĂȘte avec un rire bref, mais son sourire s’effaça rapidement. Il passa une main lasse sur son visage.

— « C’est cet article de Sillifant ? Â» demanda Sarah en croisant les jambes, carnet posĂ© sur ses genoux.

— « Je devrais m’en foutre. Â» Il marqua une pause, avant d’admettre : « Mais j’y arrive pas. Ce qu’il a Ă©crit, ça me ronge plus que je veux bien l’admettre. Â»

Sarah tapota son stylo sur le bord de son carnet.

— « Alors dis-moi pourquoi. T’as peur qu’il ait raison ? Â»

Volus serra la mĂąchoire. Elle l’avait percĂ© Ă  jour trop vite.

— « J’en sais rien. Peut-ĂȘtre. Â» Il se redressa lĂ©gĂšrement, comme si le simple fait de prononcer ces mots l’agaçait. « J’ai l’impression de me battre contre tout et tout le monde. L’équipe tourne, mais dans le vestiaire, c’est l’enfer. Â»

Elle l’écouta sans l’interrompre, le regard attentif.

— « Riley-Lowe accepte son nouveau rĂŽle, mais Ryan Law, lui, c’est plus compliquĂ©. Il a Ă©tĂ© l’un des piliers de notre montĂ©e, et cette annĂ©e, il est relĂ©guĂ© sur le banc. Il est venu me voir la semaine derniĂšre. Je voyais bien qu’il en avait gros sur le cƓur, mais il a mis des gants pour le dire. ‘Je comprends ton choix, coach, mais
’. Et ce ‘mais’ voulait dire qu’il n’acceptait pas vraiment. Â»

— « Ă‰videmment qu’il n’accepte pas. Â» Sarah haussa les Ă©paules. « Qui accepterait de passer de joueur indispensable Ă  figurant ? Â»

— « Justement. J’ai rĂ©ussi Ă  lui faire comprendre qu’il aurait un rĂŽle Ă  jouer, mĂȘme si ce serait diffĂ©rent. Mais ça m’a pris des jours, et je sais que c’est fragile. Maintenant, c’est Hasani qui dĂ©barque pour me dire qu’il veut plus de temps de jeu. Et comment tu veux que je lui dise qu’il n’a pas le niveau sans le casser ? Â»

— « T’as essayĂ© avec un PowerPoint ? Avec les jeunes, faut du visuel. Â»

Il leva les yeux au ciel.

— « Merci du conseil, Steve Jobs. Â»

Sarah lui lança un sourire narquois avant de redevenir sérieuse.

— « T’es toujours en train d’équilibrer des ego. T’essaies d’ĂȘtre juste, de garder tout le monde concernĂ©, mais tu sais quoi, Volus ? Parfois, y a pas de bonne rĂ©ponse. Y a juste toi, qui fais au mieux, et eux, qui dĂ©cideront si ça leur suffit ou pas. Â»

Volus souffla, son regard fixé sur un point imaginaire au sol.

— « J’ai pas envie d’entendre ça. Â»

— « Et pourtant, te voilĂ . Â»

Il rit doucement, et Sarah sourit, satisfaite.

Mais son visage se referma aussitĂŽt.

— « Et maintenant, y a Kabia
 Â»

Sarah leva un sourcil.

— « Les rumeurs de Leyton Orient ? Â»

— « Ouais. C’est pas qu’une rumeur, Sarah. Ils sont vraiment sur lui. Et putain, il mĂ©rite un contrat pro. Je le sais, il le sait, tout le monde le sait. Si je suis honnĂȘte avec moi-mĂȘme, je peux pas lui en vouloir s’il veut partir. Il a bossĂ© comme un dingue pour en arriver lĂ . Â»

— « Mais toi, tu le perds. Â»

— « Et ça, c’est un cauchemar. Jaze, c’est mon meilleur joueur, mon buteur, mon finisseur. Le mec qui transforme notre jeu en victoires. Comment je le remplace ? On a pas un rond, et la moitiĂ© des clubs de League One ont dĂ©jĂ  un Ɠil sur lui. Â»

— « Volus, tu savais que ce moment arriverait. T’as pris un gars qui crevait de faim, qui rĂȘvait d’ĂȘtre pro, et tu l’as transformĂ© en tueur devant le but. Tu croyais vraiment qu’il allait rester Ă©ternellement ? Â»

Volus baissa les yeux.

— « Non. Mais ça fait chier. Â»

Sarah lui laissa quelques secondes de silence avant de relancer, piquante.

— « Bon, et ce rencard alors ? T’y vas pas parce que t’en as pas envie, tu prĂ©fĂšres passer du temps avec ta psy ? Â»

Il ne répondit pas tout de suite.

Sarah, elle, l’observait. Son air pensif. Son visage marquĂ© par la fatigue, les doutes, les combats qu’il menait seul.

Un instant, elle sentit quelque chose. Rien qu’une ombre fugace, un frisson imperceptible. Puis elle se rĂ©installa dans son rĂŽle, dans son cadre.

— "Allez, file. Et fais-moi plaisir : si tu vas à ce rencard, essaie de ne pas t’auto-saboter, pour une fois. "

Volus se leva, esquissant un sourire.

— « Vous ĂȘtes vraiment un cauchemar, Sarah Fowler. Â»

— « Et pourtant, te voilĂ . Â» murmura-t-elle, juste avant qu’il ne franchisse la porte.

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