Réponses aux lecteurs
Le dénouement n’est pas simple pour nous, mais nous venons de tenir tête à une équipe de Série A, nous pouvons donc être plus que fier !
Oui, les matchs s’enchainent au Brésil, très peu de temps pour souffler ou pour douter !
@Wasyl la défaite en finale semble jouer un peu sur le mental des joueurs, mais il faut pas se laisser abattre, la saison est encore trèèès longue…
Le mois de mai commença comme un matin clair après plusieurs semaines de pluie. Un ciel dégagé, mais encore humide, comme si le club lui-même hésitait à croire à cette acalmie. Retrô entama ce mois avec une forme de prudence nouvelle : un espoir discret, un souffle revenu, mais fragile, presque inquiet.
Raymond l’écrivait sans emphase : « Ils veulent y croire, mais ils n’osent pas encore. »
Le premier match, sembla pourtant, le temps d’un instant, dissiper les doutes. La réception de Tombense, pour la 5ème journée de Série C, fût une victoire méthodique, presque tranquille.
Retrô jouait avec une concentration sereine qu’on ne lui avait plus vue depuis longtemps : lignes serrées, gestes propres, domination calme.
2 - 0
, et la sensation, pour la première fois depuis des semaines, que les fondations tenaient.
Mais, comme souvent, chaque lumière, cette saison, venait avec sa part d’ombre. A l’heure de jeu, Vagner Love s’écroula, la main crispé sur sa cuisse. Trois semaines d’absence.
Le déplacement à Guarani, pour la 6ème journée, confirma que le club n’était pas encore sorti de ses fractures.
Retrô y joua comme une équipe fatiguée, privée de souffle, un peu lente dans les transitions, un peu lourde dans les duels.
2 - 0
une défaite sans scandale, sans injustice : simplement la trace d’une équipe encore trop vulnérable pour s’imposer loin de chez elle.
Raymond nota seulement : « Nous n’avons pas perdu pied, mais nous ne retenons pas nos erreurs. »
La 7ème journée ramena un peu de chaleur.
À l’Itaipava Arena Pernambuco, face à Itabaiana, Retrô retrouva une logique, une mécanique, une forme de patience presque clinique. Le ballon circulait avec un naturel réparé, les appels s’alignaient, les lignes se resserraient.
2 - 0
: une victoire sobre, presque sage, qui redonnait une respiration juste au club.
On sentait dans les vestiaires un calme étrange, comme si chacun avait besoin d’une victoire simple pour se rappeler que le chemin continuait.
Puis vint le retour du 3e tour de Copa do Brasil. Un déplacement lointain, aux allures de piège.
Retrô y joua serré, attentif, sans offrir un centimètre de trop.
Ce fut un match où chaque geste semblait peser lourd, où la moindre erreur aurait suffi à tout renverser. Mais Retrô tint.
Et sur un éclair, un geste propre, un centre bien senti : 0 - 1
, qualification assurée. Un pas immense en silence.
Mais dans le même souffle, Rodrigo Gueti s’écroula. Sept semaines de repos forcé. Encore un pan de l’équipe arraché.
La 8ème journée de Série C, sur la pelouse de ABC FC, apporta une victoire précieuse, presque minimaliste.
0 - 1
, un score froid, utile, décroché avec les dents. Le genre de match où l’on apprend davantage sur la solidité d’un club que lors d’un festival offensif.
Retrô n’était pas brillant, mais il tenait debout — et parfois, cet état-là suffit.
Puis arriva ce qui devint peut-être la soirée la plus étrange du mois : la réception de Figueirense, pour la 9ème journée. Un match débridé, imprévisible, presque irréel. Le ballon semblait animé d’une vie propre, les espaces s’ouvraient et se refermaient comme des portes mal huilées.
Un
6 - 3
volcanique, joyeux, farouche — un match où Retrô montra qu’il pouvait encore créer, encore dominer, encore faire lever un stade.
Mais ce fut aussi un match meurtri. Une victoire qui coûtait cher.
Pedro Lucas sortit le premier, visage serré.
Puis Jean Felipe, mains tremblantes.
Enfin, Matheus Cabral, le gardien, le pilier, celui dont la présence rassurait même les plus jeunes : huit semaines d’arrêt.
Le vestiaire, après le match, ressemblait à une pièce assombrie malgré la lumière.
La victoire ne produisait aucun rire — seulement des respirations lourdes.
Raymond ne chercha pas à embellir. Il écrivit : « La lumière est revenue, mais elle emporte beaucoup avec elle. »
Et tout était dit.
Mai ne s’achevait pas dans un triomphe, ni même dans un effondrement.
Il s’achevait dans cette zone grise, tendue, où les clubs apprennent leur vraie nature.
Retrô avançait sur une corde.
Et pour les semaines à venir, cette corde serait protégée par un enfant — Deivid, le gardien des U20 — chargé, soudain, de porter les rêves d’une équipe d’hommes blessés.





