Réponses aux lecteurs
@Rhino il faut bien et puis les jeunes faut qu’ils se développent.
@CaptainAmericka il faut bien.
AnĂbal voulait que le premier signal soit clair. Fort. Symbolique.
Pas un recrutement de circonstance, pas une réponse paniquée à l’exode estival, mais un geste de sens. Une déclaration d’intention. Revenir à l’essentiel. À la famille.
Son choix s’était imposé presque naturellement : Ganso.
Ce n’était pas un nom parmi d’autres. C’était un lien. Une histoire tissĂ©e bien avant Viana, bien avant l’Europe. AnĂbal l’avait connu enfant, Ă Palmeiras, quand il n’était encore qu’un gamin maigrelet qui traĂ®nait derrière son père Saldanha, les yeux grands ouverts, fascinĂ© par tout ce qui ressemblait de près ou de loin Ă un terrain. Il l’avait vu grandir, douter, exploser. Il l’avait accueilli chez lui, Ă Viana, quand il avait fallu l’arracher au confort brĂ©silien pour l’immerger dans la rigueur europĂ©enne. Ganso avait mangĂ© Ă sa table, dormi sous son toit, partagĂ© la vie de Victor comme un frère.
Alors, en cet Ă©tĂ© lourd de cendres et de silences, AnĂbal s’était dit que ce retour-lĂ avait du sens. Plus que jamais.
Il n’avait pas appelĂ© un agent. Il avait appelĂ© le père. Saldanha n’avait pas hĂ©sitĂ© une seconde. Pour lui aussi, l’idĂ©e Ă©tait belle. NĂ©cessaire. Ganso voulait revenir. Il voulait ĂŞtre lĂ . Pour le club. Pour AnĂbal. Pour Victor. Pour ce que Vianense reprĂ©sentait dĂ©sormais bien au-delĂ du football.
Mais le football moderne ne se nourrit pas de symboles.
Leipzig, qui avait investi cinquante-cinq millions un an plus tôt pour arracher Ganso au Championship, ne voulait rien entendre. Le club allemand traversait une période instable, accroché de justesse à une qualification européenne. Perdre son maestro n’était pas une option. Pas maintenant. Pas même pour un prêt.
Ganso tenta. Il parla au vestiaire. Il parla à son entraîneur. Il parla au président.
Même Roberto De Zerbi, soixante-neuf ans, marqué par la perte de sa femme quelques années plus tôt, tenta d’intercéder. Il comprenait. Peut-être mieux que quiconque. Il savait ce que signifiait revenir vers les siens quand tout vacille. Mais lui aussi se heurta à un mur froid, rationnel, financier. Le propriétaire fut inflexible.
Pas de départ. Pas de prêt. Pas d’exception.
Quand la rĂ©ponse arriva Ă Viana, AnĂbal resta longtemps silencieux. Pas de colère. Pas d’amertume. Seulement cette fatigue sourde, celle de comprendre que mĂŞme les liens les plus forts peuvent ĂŞtre suspendus par des contrats.
Il appela Ganso. Ils parlèrent peu. Comme souvent entre eux. Il n’y eut ni reproches ni promesses en l’air. Juste des mots simples.
« Travaille » lui dit AnĂbal. « Encore plus. Deviens incontournable. Notre chemin se recroisera. »
Il n’en doutait pas. Pas vraiment. Ce retour ratĂ© n’était pas un Ă©chec. C’était un rendez-vous repoussĂ©. Et dans cette saison qui s’annonçait comme la dernière, AnĂbal savait dĂ©sormais une chose : tout ne pouvait pas ĂŞtre rĂ©parĂ© tout de suite. Mais tout n’était pas perdu.
Pas encore.
