Réponses aux lecteurs
@gwendil35 les plus grand qu’il a eu sous ses ordres j’aurais adoré mais la plupart qu’il a croisé sont désormais à la retraite ou pas forcément dans un état compatible avec ce qu’est devenu Vianense. Par contre tenter de faire revenir ceux parti trop tôt de Vianense c’est fort probable.
@Rhino comme souvent sur la scène nationale.
@CaptainAmericka C’est vrai qu’on est sur une grosse domination.
@alexgavi il a eu une belle carrière brésilienne. Palmeiras n’a jamais voulu le lâcher. On verra ce que ça donne la saison prochaine.
L’hiver 2048 avait installé une atmosphère étrange autour de Vianense.
Sportivement, tout semblait suivre son cours. Le club dominait encore, les adversaires continuaient de tomber, et l’Europe observait avec ce mélange d’admiration et de fatigue réservé aux dynasties qui durent trop longtemps. Pourtant, derrière cette façade de puissance tranquille, une tension plus sombre circulait dans les couloirs du club.
AnĂbal GuimarĂŁes n’en parlait jamais publiquement. Mais depuis les fĂŞtes de NoĂ«l, une ombre pesait sur lui.
Ce soir-là , il avait été invité sur un plateau de télévision à Lisbonne. Une émission de football comme il en existait des dizaines, où anciens joueurs, journalistes et consultants refaisaient le monde autour de quelques images et de débats plus ou moins passionnés. L’ambiance, au départ, était presque détendue. Les images de la dernière victoire de Vianense tournaient encore sur les écrans, et les intervenants évoquaient la domination du club portugais avec ce mélange d’admiration et de lassitude que provoquent les équipes trop fortes.
Ă€ la table, il y avait notamment Renato Sanches.
Ancienne Ă©toile de Valladolid, ancien pilier de la sĂ©lection portugaise, Renato avait connu AnĂbal au prĂ©mices de sa carrière. Leur relation dĂ©passait largement le cadre d’un simple entraĂ®neur et de son joueur. Il y avait entre eux une forme de respect brut, forgĂ© dans les batailles espagnoles et les nuits de vestiaire oĂą l’on se disait la vĂ©ritĂ© sans dĂ©tour.
Pendant une bonne partie de l’émission, Renato resta silencieux, observant son ancien coach avec attention. Puis, au moment oĂą l’on Ă©voqua les incidents rĂ©cents autour du club et les Ă©vĂ©nements inquiĂ©tants qui avaient touchĂ© l’entourage d’AnĂbal ces derniers mois, il finit par prendre la parole.
Il ne le fit pas comme un journaliste. Il le fit comme quelqu’un qui s’inquiète.
Ani… je vais te poser la question directement.
Il marqua une pause, regardant AnĂbal droit dans les yeux.
Avec tout ce qui se passe autour de toi… tu n’as pas peur d’être la prochaine cible ?
Sur le plateau, le silence tomba immédiatement.
Les camĂ©ras se tournèrent vers AnĂbal. Le coach portugais resta immobile quelques secondes. Son regard se perdit un instant dans le vide, comme s’il pesait chaque mot. Puis son visage se durcit lĂ©gèrement.
Il ne parla pas des menaces reçues à Noël. Pas directement.
La peur… commença-t-il calmement, ça existe pour tout le monde. Mais il y a une différence entre avoir peur et accepter d’être intimidé.
Il croisa les mains sur la table.
J’ai parlé de tout ça avec ma femme, Yessica. Nous sommes alignés. Complètement.
Il expliqua que la famille bénéficiait déjà d’une protection policière renforcée. Mais il ajouta une information qui fit immédiatement redresser plusieurs journalistes autour de la table.
Et Simon Moya… dit-il en esquissant un léger sourire.
Vous vous souvenez de Simon ?
Bien sûr qu’ils s’en souvenaient. Ancien joueur de Valladolid lui aussi, devenu un proche de la famille, et surtout un des plus anciens amis de Yessica. Un homme discret, mais dont les connexions en Colombie n’étaient un secret pour personne.
Simon a activé quelques contacts là -bas pour s’assurer que certaines choses restent… sous contrôle.
Il haussa légèrement les épaules.
Je ne peux pas en dire plus.
Sur le plateau, les regards changèrent. Les journalistes comprirent que le sujet dépassait largement le football.
AnĂbal continua alors, la voix plus ferme.
Ce n’est pas une question de savoir si ma famille est plus importante que le football. Bien sûr qu’elle l’est. Mais ce genre d’intimidations… si on les accepte une fois, elles ne s’arrêtent jamais.
Puis, lentement, il se tourna vers la caméra principale. Ce geste n’était pas prévu dans le déroulé de l’émission.
Mais personne ne tenta de l’interrompre. Son regard se fixa dans l’objectif.
À la personne qui pense pouvoir jouer à ça…
Il marqua une pause.
Si tu es un homme… un vrai…
Le plateau était devenu totalement silencieux.
Alors tu viens me voir moi. Pas ma famille.
Ses mots tombèrent comme des pierres.
Tu viens régler tes comptes en personne.
Personne ne parla pendant plusieurs secondes. Puis le présentateur tenta maladroitement de relancer l’émission, mais le moment était passé. Tout le monde savait que ce qui venait d’être dit dépasserait largement les limites de ce plateau.
Le lendemain matin, toute la presse européenne ne parlait plus que de ça.
Les chaĂ®nes sportives repassaient l’extrait en boucle. Les journaux titraient sur « le dĂ©fi d’AnĂbal », « La lĂ©gende craque en direct », « la guerre invisible autour de Vianense ». Certains y voyaient un geste courageux. D’autres une imprudence.
Mais pour ceux qui connaissaient vraiment AnĂbal GuimarĂŁes, ce n’était ni l’un ni l’autre.
C’était simplement un homme qui refusait de courber l’échine.
