Réponses aux lecteurs
@celiavalencia
l’alcool c’est mal ![]()
@Rhino bah oui faut qu’il construise sa carrière le petit Victor. Bientôt sera venu le temps pour lui de prendre son envol.
@CaptainAmericka oui, je pense qu’il fallait éclaircir le sujet. Façon il a jamais voulu répondre au Portugal. De base il représentait la Géorgie en revanche.
@alexgavi ça pourrait être pas mal pour son indépendance.
La maison Ă©tait pleine de vie, de rires maladroits et de papier froissĂ©. NoĂ«l avait cette manière bien Ă lui d’étirer le temps, de suspendre les urgences. AnĂbal observait la scène depuis le canapĂ©, un sourire discret figĂ© sur le visage. Isabella, dĂ©sormais adolescente, dĂ©ballait ses cadeaux avec cette fausse nonchalance qu’elle croyait maĂ®triser. Victor, son grand frère, jouait les protecteurs amusĂ©s, tandis que les jumeaux s’agitaient autour du sapin, incapables de tenir en place. Tout Ă©tait lĂ . Tout ce qui comptait.
Et pourtant, AnĂbal n’était pas vraiment prĂ©sent.
Il regardait, mais voyait autre chose. Des visages absents. Des silences trop longs. Des souvenirs qui refusaient de se ranger avec les décorations de saison. Yessica le remarqua immédiatement. Elle le connaissait trop bien pour ne pas sentir cette distance, cette tension imperceptible qui raidissait ses épaules.
« AnĂbal… » appela-t-elle doucement depuis la cuisine. « Tu peux venir deux minutes ? »
Il se leva sans un mot, traversa le couloir, laissant derrière lui les rires étouffés. Yessica lui tendit son téléphone.
« Quelqu’un veut te parler. Il dit que c’est à propos du club. »
Elle haussa les épaules, presque rassurée. Le mercato approchait. Chaque année, c’était la même chose. Un appel de la direction, un dossier à valider, une urgence déguisée en banalité.
AnĂbal prit le portable.
La voix qui répondit n’avait rien d’humain.
Métallique. Déformée. Calculée.
« Tu te souviens » dit-elle sans préambule, « des deux dernières années ? »
AnĂbal sentit son cĹ“ur se contracter.
« Keito. »
« Afonso. »
« L’accident sur le tournage de ta grognasse. »
« Sofia Felix et Coco Cruz. »
« Ichiban. »
Chaque nom tombait avec précision, comme une balle tirée à bout portant. Aucun tremblement. Aucun doute. Ce n’était pas une menace improvisée. C’était un inventaire.
« Tu as posé trop de questions » poursuivit la voix. « Tu as regardé là où tu n’aurais jamais dû regarder. »
AnĂbal resta silencieux. Dans la cuisine, Yessica observait son visage se vider de ses couleurs, sans comprendre.
« Alors voilà ta chance » reprit la voix. « Tu te tais. Tu oublies. Tu cesses de chercher. Tu prends ta retraite avant la Coupe du monde des clubs en fin de saison, tu ne vas pas à l’Euro, ne commet pas cette erreur. »
Un léger souffle, presque un rire étouffé.
« Tu t’avoues vaincu… ou tu perds tout ce qui compte pour toi. »
AnĂbal ouvrit la bouche. Aucun son ne sortit.
L’appel se coupa.
Le silence revint brutalement, plus violent que la voix elle-mĂŞme. AnĂbal resta immobile, le tĂ©lĂ©phone toujours Ă l’oreille. Puis il baissa lentement le bras. Yessica s’approcha, inquiète.
« C’était qui ? »
Il la regarda. Longuement. Derrière elle, la maison vibrait encore de la joie des enfants. Noël continuait, ignorant tout de ce qui venait de se jouer dans cette cuisine.
« Personne » répondit-il enfin.
Mais au fond de lui, AnĂbal le savait dĂ©jĂ . Ce n’était pas un appel. C’était un ultimatum. Et pour la première fois depuis longtemps, il comprit que le football, les trophĂ©es, mĂŞme la dynastie… tout cela pouvait devenir secondaire face Ă une question bien plus cruelle : jusqu’oĂą Ă©tait-il prĂŞt Ă aller pour protĂ©ger ceux qu’il aimait ?
