Réponses aux lecteurs
@CaptainAmericka oui il a déconné alors qu’il faisait un sacré début de saison.
@alexgavi si si justement et il était entrain de le faire justement. C’est vraiment dommage.
La salle de presse vibrait encore des Ă©chos du match lorsque AnĂbal prit place devant les micros. Les visages Ă©taient connus, les questions aussi. Vianense venait de gagner, encore, et pourtant l’air n’était pas Ă la cĂ©lĂ©bration. Il y avait cette curiositĂ© insistante, presque impatiente, qui accompagne toujours les dynasties quand elles durent trop longtemps.
Les premières questions furent convenues. Le contenu du match. Les choix tactiques. Les ajustements Ă la pause. AnĂbal rĂ©pondit avec prĂ©cision, sans dĂ©tour, puis un silence s’installa. Celui qui prĂ©cède les questions que l’on prĂ©pare depuis plus longtemps que la rencontre elle-mĂŞme.
Un journaliste, au troisième rang, se pencha vers son micro.
Coach, Vianense continue de tout gagner, mais on voit aussi partir vos stars les unes après les autres. Antônio, Patermeu, Adjei… Est-ce que vous ne craignez pas que ce soit le début de la fin ? Et, si vous me permettez, avec votre âge, est-ce que la dynastie que vous avez créée ne touche pas à sa conclusion ?
Un murmure parcourut la salle. AnĂbal leva les yeux, puis Ă©clata de rire. Un rire franc, presque dĂ©sarmant. Il prit le temps de boire une gorgĂ©e d’eau avant de rĂ©pondre.
Mon âge ? dit-il en souriant. Vous savez, tant que je me lève le matin avec faim et soif de trophées, l’âge reste un chiffre sur un papier.
Il se pencha légèrement vers l’avant.
Je sais exactement quand je prendrai ma retraite. Très exactement. Vous pouvez l’écrire. Et je peux vous assurer d’une chose : ce moment-là n’est pas encore arrivé, même s’il approche irrémédiablement.
Les regards se firent plus attentifs. AnĂbal poursuivit, la voix posĂ©e, mais ferme.
J’entends beaucoup parler de fin de cycle, de déclin annoncé. C’est normal. Quand un club gagne autant, on attend sa chute avec impatience. Mais ceux qui pensent que Vianense est sur le déclin vont être très surpris.
Il marqua une pause, puis enchaîna.
Oui, des stars partent. Antônio est parti. Patermeu aussi. Adjei également. C’est la réalité du football moderne. Mais ce que beaucoup oublient, c’est que si un joueur part, c’est aussi parce que le club le décide. Rien ne se fait contre Vianense.
Un autre journaliste tenta de relancer.
Vous voulez dire que Vianense anticipe toujours ces départs ?
AnĂbal hocha la tĂŞte.
Toujours. Vianense a toujours une longueur d’avance. Sur le marché. Sur la formation. Sur la planification. Nous ne subissons pas. Nous choisissons.
Il esquissa un sourire plus discret.
Les joueurs passent. Le projet reste. Et tant que ce projet sera là , Vianense restera compétitif, ambitieux, et dangereux pour tous ses adversaires.
La confĂ©rence toucha Ă sa fin sur ces mots. En quittant la salle, AnĂbal laissa derrière lui une impression familière : celle d’un homme parfaitement conscient du temps qui passe, mais encore plus sĂ»r de ce qu’il lui restait Ă accomplir. La dynastie, loin de s’éteindre, semblait une fois de plus se nourrir des doutes qu’on projetait sur elle.
