Résumé des lecteurs
@Rhino ouais ça me saoule un peu on prends souvent des petits buts dont on pourrais se passer. Après on est très offensifs.
@Tilo82 sur le terrain c’est pas mal oui.
@celiavalencia On est pas la pour niaiser, Champion d’Europe en titre bébé ![]()
@CaptainAmericka j’aime bien être invaincu
Le championnat portugais en vrai quand t’es au dessus y’a que les trois gros qui peuvent te faire tomber. T’es sans coeur avec la doublure mdrrrrr

La pluie tombait doucement sur Porto ce soir-lĂ , une pluie fine et patiente, comme si la ville elle-mĂŞme retenait son souffle. Dans les couloirs feutrĂ©s du centre d’entraĂ®nement du FC Porto, Victor ValdĂ©s venait de s’asseoir face aux journalistes. Trois saisons sur le banc des Dragões, une carrière d’entraĂ®neur bâtie dans l’exigence et l’orgueil, et surtout une rivalitĂ© devenue presque organique avec AnĂbal GuimarĂŁes. Quinze annĂ©es Ă se croiser, Ă se dĂ©fier, Ă s’observer sans jamais vraiment se parler. Et pourtant, ce jour-lĂ , quelque chose avait changĂ©.
Valdés n’avait pas le visage d’un homme contraint. Il semblait au contraire apaisé, presque lucide, comme si le temps avait enfin fait son œuvre. La question arriva, inévitable, presque rituelle.
« Coach, après tant d’annĂ©es de confrontations, que vous inspire aujourd’hui AnĂbal GuimarĂŁes ? »
Il y eut un silence. Un vrai. Pas celui qu’on meuble, mais celui qu’on assume. Puis l’ancien gardien du Barça leva les yeux, esquissa un sourire discret et répondit d’une voix calme.
« J’ai longtemps cru que le football se gagnait uniquement dans la confrontation, dans l’ego, dans le rapport de force permanent. AnĂbal m’a appris, sans jamais me parler directement, que la vraie domination Ă©tait ailleurs. »
Les mots surprirent. Dans la salle, certains échangèrent des regards. Valdés poursuivit, sans emphase, presque comme une confession.
« Quand on l’affronte, on ne joue pas seulement contre une équipe. On joue contre une vision, contre une idée du jeu, contre une cohérence qui ne tremble jamais. »
Il se remémorait ces soirs de Leiria, de Dragão, d’Europe aussi. Ces matchs où Porto avait tout donné, parfois mieux joué, parfois mieux souffert, mais toujours fini par plier face à Vianense.
« J’ai dĂ©testĂ© perdre contre lui, je ne vais pas mentir. Mais avec le recul, je comprends que ces dĂ©faites m’ont rendu meilleur. Elles m’ont forcĂ© Ă me remettre en question, Ă Ă©voluer. AnĂbal n’a pas seulement gagnĂ© des trophĂ©es, il a Ă©levĂ© le niveau de tous ceux qui l’ont affrontĂ©. »
La rivalité, si longtemps nourrie par le silence et la tension, se transforma peu à peu en hommage. Valdés évoqua leurs trajectoires parallèles, ces bancs opposés**, ces regards échangés sans un mot**, cette guerre froide permanente qui les liait presque malgré eux.
« Nous nous sommes construits l’un contre l’autre. Quinze ans à se croiser, à se jauger. Aujourd’hui, je peux le dire sans détour : le football portugais, et même européen, lui doit beaucoup. »
Puis vint la phrase qui fit basculer l’interview dans autre chose, dans une forme de reconnaissance définitive.
« Il y a des entraĂ®neurs qui gagnent parce qu’ils ont de grands joueurs. AnĂbal gagne parce qu’il transforme des joueurs en hĂ©ritiers. Il laisse une trace. Et ça, c’est plus rare que n’importe quel titre. »
Ă€ Viana do Castelo, l’interview tourna en boucle dès le lendemain. AnĂbal, lui, la regarda seul, tard dans la nuit. Il n’y eut pas de sourire triomphant, pas de commentaire public. Juste un long soupir, presque imperceptible. Dans ce monde oĂą les rivalitĂ©s finissaient souvent dans le ressentiment, Victor ValdĂ©s venait de lui offrir ce que mĂŞme les trophĂ©es ne donnaient pas : le respect d’un Ă©gal. Et pour AnĂbal GuimarĂŁes, qui avait tant vĂ©cu dans l’ombre des combats, c’était peut-ĂŞtre la victoire la plus silencieuse et la plus durable.