Réponses aux lecteurs
@celiavalencia @Rhino Dur à dire le groupe est proche de celui du Mondial. Le principal absent est Eli Patermeu blessé au Real. Et Pedro Tiba qui était remplaçant. Je dirais que le groupe était encore la tête au Mondial quand les autres étaient plus pragmatique. Après sur la phase de Nation League précédente on a eu des matchs serré, qui basculé au bon moment. Pas cette fois.
La saison avait repris sous des auspices presque insolents. Les terrains rendaient à Vianense ce que le travail et la patience avaient semé : de la maîtrise, de la continuité, cette impression que le groupe avançait sans trembler, porté par l’élan d’une année où tout avait semblé possible. Puis, comme souvent lorsque la lumière est trop vive, l’ombre surgit sans prévenir. Un matin gris, sans éclat particulier, la nouvelle tomba, brutale, irrévocable : Afonso Ferreira était mort. Une overdose. Trois mots froids, administratifs, incapables de contenir la violence de ce qu’ils signifiaient réellement.
À Viana, le choc fut immédiat. Les couloirs du centre d’entraînement se vidèrent de leurs voix, les regards se fuyèrent. Afonso n’était plus seulement ce nom qui avait défrayé les chroniques, l’ancien prodige perdu dans ses démons ; il était redevenu, ces derniers mois, un garçon fragile que l’on avait vu sourire à nouveau.
Pour AnĂbal, le coup fut d’une brutalitĂ© rare. Il s’était obstinĂ© lĂ oĂą d’autres avaient renoncĂ©. Il l’avait accueilli chez lui, nourri, protĂ©gĂ©, surveillĂ© sans enfermer. Il avait cru, sincèrement, que la pente s’inversait. Afonso s’était sevrĂ©, avait repris l’entraĂ®nement, avait recommencĂ© Ă parler de demain. Il riait parfois avec les jumeaux, Ă©coutait Yessica comme on Ă©coute une grande sĹ“ur, et regardait AnĂbal avec cette gratitude silencieuse de ceux qui savent qu’on leur a tendu la dernière main possible.
C’est devant la Citadelle des Anges que le corps fut retrouvé, comme une mise en scène cruelle. Assis, inerte, entouré de bouteilles vides et de substances que l’on croyait reléguées au passé. Le stade, symbole de renaissance et de gloire, devenait soudain un décor funèbre. À ses côtés, une lettre.
Quelques mots seulement, tracĂ©s avec une sobriĂ©tĂ© glaçante : “We’ll meet again.” AnĂbal n’eut pas besoin de lire plus loin. Cette phrase, il la connaissait. Elle lui glaça le sang. Ce n’était pas un adieu au monde, ni une confession. C’était un message. Une signature. Et, au fond de lui, il sut que ce drame dĂ©passait Afonso, dĂ©passait mĂŞme Vianense. Mais il n’avait aucune preuve. Rien Ă brandir, rien Ă offrir Ă la justice, sinon son intuition et sa colère.
Ă€ la maison, Yessica Ă©tait effondrĂ©e. Elle tournait dans le salon comme si chaque mur s’était rapprochĂ©, rĂ©pĂ©tant le prĂ©nom d’Afonso Ă voix basse, cherchant dĂ©jĂ comment expliquer l’inexplicable. Comment dire aux enfants qu’un homme qu’ils avaient vu revenir Ă la vie venait de disparaĂ®tre ? Comment accepter que celui qui riait encore Ă table quelques jours plus tĂ´t ne franchirait plus jamais la porte ? AnĂbal, lui, restait silencieux. Abattu, vidĂ©, rongĂ© par une culpabilitĂ© sourde : celle de croire qu’on a sauvĂ© quelqu’un, puis de dĂ©couvrir que le combat n’était pas terminĂ©.
Ce jour-lĂ , Vianense perdit bien plus qu’un ancien joueur. Le club perdit une illusion, celle que la volontĂ© et l’amour suffisaient toujours. Et AnĂbal, pour la première fois depuis longtemps, sentit le poids de ses victoires se fissurer. Car mĂŞme les bâtisseurs de dynasties ne peuvent pas gagner toutes les batailles. Certaines se jouent loin des terrains, dans des nuits trop longues, et laissent derrière elles des silences que mĂŞme le football ne sait pas combler.
