Réponses aux lecteurs
@Nehoc ravi que tout cela te plaise. Je pense c’est mon meilleur récit d’entre tous. Et je te confirme que ce doublé historique n’est pas la fin du récit. Il reste encore quelques saisons.
L’été de Vianense, longtemps chargé d’incertitudes et de dossiers brûlants, bascula soudain dans une lumière plus douce, presque rassurante. Au milieu des rumeurs, des départs actés et des convoitises étrangères, le club annonça ce que beaucoup espéraient sans oser y croire pleinement : la prolongation de Francisco Maior. À vingt-trois ans à peine, le milieu international portugais, tout juste auréolé d’un doublé historique Ligue des Champions – Coupe du Monde, choisissait de lier un peu plus encore son destin à celui de la cité du Lima. Le communiqué tomba comme un soulagement collectif, presque comme une victoire silencieuse : quatre années supplémentaires jusqu’en 2051, assorties de deux années en option, et un salaire triplé atteignant désormais 5,7 millions d’euros par saison.
Pour Francisco, la décision n’avait pourtant rien d’un calcul froid. Elle s’imposait comme une évidence intime, presque viscérale. Vianense n’était pas un simple club à ses yeux, mais une dynastie, un foyer, un projet de vie. C’est là qu’il avait grandi, appris à perdre avant de savoir gagner, et construit une identité de joueur autant que d’homme. Il voulait marquer le football de son empreinte ici, entouré de ceux avec qui il avait partagé les vestiaires de la formation jusqu’aux plus grandes soirées européennes. Eli Patermeu, Antônio Carlos, Leandro Sendão, Bruno Santana, Renato Pacheco, Sérgio Mata, Mamadu, Carlos Simões… plus que des coéquipiers, ils formaient une fraternité forgée dans l’effort, les doutes et les triomphes.
La saison qui venait de s’achever avait définitivement consacré Francisco Maior comme l’un des cœurs battants de cette génération dorée. Soixante matchs disputés toutes compétitions confondues, onze buts inscrits, dix-sept passes décisives délivrées avec cette justesse qui semblait parfois hors du temps. À seulement vingt-trois ans, il totalisait déjà 262 apparitions sous le maillot de Viana, pour vingt-neuf buts et quarante-quatre passes décisives, devenant ainsi le neuvième joueur le plus capé de l’histoire du club. Des chiffres impressionnants, presque vertigineux, qui racontaient à eux seuls la précocité et la constance d’un joueur façonné pour durer.
Dans les couloirs du centre d’entraĂ®nement, AnĂbal GuimarĂŁes savourait cette nouvelle avec une Ă©motion difficile Ă masquer. Pour le coach, cette prolongation dĂ©passait largement le cadre sportif. Elle symbolisait la victoire d’un projet sur l’argent facile, la fidĂ©litĂ© sur l’errance, la construction patiente sur les raccourcis clinquants. Voir Francisco choisir Vianense après avoir tout gagnĂ©, après avoir touchĂ© le sommet du football mondial, Ă©tait une confirmation Ă©clatante : le club avait changĂ© de dimension sans perdre son âme.
Ce jour-là , Vianense ne s’était pas contenté de sécuriser un contrat. Il avait affirmé son identité, consolidé son héritage et envoyé un message clair au reste de l’Europe. Francisco Maior n’était pas seulement un joyau conservé ; il était le visage d’un avenir que le club entendait écrire avec ses enfants, pour ses enfants, dans la continuité d’une histoire devenue, saison après saison, de plus en plus grande.
