:storygold: :s25: 🇵🇹 :fpf: :vianense: O Leão de Lisboa

Réponses aux lecteurs

@FC_Guimaraes

@CaptainAmericka oui c’est une belle fin pour une fois un joueur part pas en boudant :sac:

@alexgavi C’est le sens de l’histoire en effet. Espérons qu’il cartonne, il pourra aider la sélection.

- L’Héritier au carrefour de la vie -

Le sable chaud de Copacabana n’avait pas changé. La mer léchait la plage avec ce même tempo éternel, et dans l’air flottait un parfum d’été, de sueur salée et de bonheur simple. Ganso, torse nu, short Nike relevé jusqu’aux cuisses, jouait avec insouciance au foot-volley avec ses amis d’enfance. Les rires fusaient, les gestes techniques enchaînaient les ohhh et les aplausos. C’était un moment suspendu. Un instant volé à la pression du monde.

Puis, soudain, le jeu s’interrompit.

Saldanha, son père, avança lentement depuis l’escalier de bois qui descendait de leur petite maison d’Itacaraí, téléphone toujours en main, visage grave. Il ne dit rien, juste un regard. Ganso le reconnut immédiatement. Ce n’était pas un de ces coups de fil banals du quotidien. C’était l’appel.

Son père le prit à part, l’éloigna du groupe de jeunes qui riaient encore en arrière-plan.

Fils, c’est tombé. Everton et Vianense ont trouvé un accord. 90 millions d’euros, plus vingt en bonus. Et ton contrat… six ans, dix millions par an. Net. T’as réussi, gamin.

Un long silence. Ganso baissa la tête. Pas un sourire. Pas une larme non plus. Mais ce silence pesait, comme une chape sur les épaules du garçon devenu homme.

Tu devrais être heureux, non ? hasarda Saldanha, posant doucement une main sur l’épaule de son fils.

Mais Ganso soupira.

Je le suis pas, pai. J’sais pas pourquoi… j’arrive pas à être heureux.

Il s’assit sur le sable, jambes croisées, fixant l’horizon brumeux. Son père s’installa à ses côtés, sans un mot. Puis, doucement, Ganso laissa échapper ce qu’il gardait en lui depuis des jours.

Si je dis oui, c’est la fin d’un chapitre. Je quitte Viana, je quitte… Ani. Tu sais ce qu’il représente pour moi. Ce qu’il m’a apporté. Il m’a vu grandir. J’avais cinq ans, je courais entre les chasubles quand t’étais son adjoint à Palmeiras. Il m’a offert mes débuts. Il m’a protégé. Je… j’ai peur, pai. Peur de me planter. Peur de ne plus avoir ce regard bienveillant au-dessus de moi. À Viana, je suis Ganso. À Liverpool, je serai juste un autre espoir brésilien qu’on attend au tournant.

Saldanha écouta en silence. Son regard était doux, mais ferme. Il avait vu trop de carrières se perdre, mais il savait aussi quand le doute n’était que le reflet d’un attachement profond, sincère, presque filial.

Tu sais, fiston… Ani t’a donné des ailes. Il t’a appris à voler. Mais un jour, tout oiseau quitte le nid. Ce n’est pas une trahison. C’est la suite logique. Ce que tu ressens, c’est normal. Tu quittes une famille. Mais parfois, on doit s’éloigner de ceux qu’on aime pour leur faire honneur.

Il marqua une pause, fixant l’horizon à son tour.

Tu crois qu’Aníbal n’a pas anticipé ça ? Il savait que ce jour viendrait. Il te l’a même dit, non ? Que si une offre record tombait, il ne retiendrait pas son “fils adoptif”.

Ganso hocha lentement la tête, les yeux embués.

Oui… il me l’a dit. Mais maintenant que c’est réel… j’sais pas. J’me sens comme un traître.

Saldanha éclata d’un rire franc, presque libérateur.

Un traître ? Tu crois que tu le trahis en réalisant ton rêve ? En allant plus haut ? Non, fiston. Ce serait une trahison de rester par peur. Ani est un homme fier. Il sera triste. Mais il sera surtout heureux. Parce qu’il saura que t’es prêt. Que ce qu’il t’a transmis est en toi pour toujours.

Un nouveau silence. Mais cette fois, plus léger. Comme si les mots avaient redonné de l’air.

Alors je devrais accepter ? demanda Ganso, la voix tremblante mais plus assurée.

Saldanha le regarda droit dans les yeux.

Non. Tu dois décider. Moi, je suis ton père. Ani est ton mentor. Mais c’est ta vie. Ton destin. Sois sûr de ce que tu veux. Et si tu veux encore parler… il est à un coup de fil.

Ganso sourit enfin. Un sourire vrai. Le genre de sourire qu’un enfant fait quand il comprend qu’il est prêt à devenir adulte.

Le soleil descendait lentement sur la baie, les ombres s’allongeaient, et les vagues continuaient leur danse éternelle. Ganso se leva, prit une profonde inspiration, et marcha lentement vers la maison.

Ce soir, il prendrait le téléphone. Il appellerait Aníbal Guimarães. Pas pour demander la permission.

Mais pour lui dire merci . Et peut-ĂŞtre, Ă  ce moment-lĂ , le vrai voyage commencerait.

- Chapitre 857 -
- les adieux de l’aigle -
- Chapitre 859 -
Coming SOON - 03/11
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