Réponses aux lecteurs
@Rhino Oui assez logique en effet et puis Wrexham ![]()
@CaptainAmericka
j’en peux plus de toi, tu me tues.
@alexgavi revenir d’entre les morts ?
@VertPourToujours il place personne au final ![]()
Le soleil dĂ©clinait doucement sur la baie d’Acapulco, laissant derrière lui un camaĂŻeu de teintes orangĂ©es et pourpres qui baignaient la terrasse de la villa louĂ©e par la famille GuimarĂŁes. L’air salĂ© portait encore les Ă©chos lointains des rires de Beatriz, qui barbotait dans la piscine Ă dĂ©bordement, sous la surveillance bienveillante de Yessica, allongĂ©e dans un hamac, son verre de horchata glacĂ©e Ă la main. L’étĂ© Ă©tait doux, la saison avait Ă©tĂ© longue, mais AnĂbal n’avait jamais Ă©tĂ© de ceux qui savaient dĂ©crocher vraiment.
Le téléphone vibra contre le bois nu du guéridon. L’écran affichait un nom familier. Hugo Viana.
Il soupira, attrapa son appareil, et répondit d’un ton paisible :
Dis-moi Hugo, t’as réussi à prendre des vacances, ou t’es comme moi, tu dors avec la liste des transferts sous l’oreiller ?
Au bout du fil, le rire de son directeur sportif résonna brièvement, un rire sec, nerveux, presque gêné.
Pas vraiment, Ani. Je voulais te parler de deux dossiers chauds. Crystal Palace vient de monter son offre pour Vieitas. Bukayo veut faire sauter la clause morale, comme il dit. Ils proposent 62 millions d’euros. Et ils veulent conclure cette semaine.
Un silence s’installa. AnĂbal leva les yeux vers l’horizon, oĂą les vagues lĂ©chaient les falaises en contrebas. Il prit une longue inspiration avant de rĂ©pondre.
Il n’y a plus de clause morale, Hugo. Tu le sais. Il a brisé ce lien dans le vestiaire avant la finale. Le groupe l’a vu. Et moi aussi. On ne revient pas en arrière sur ce genre de chose.
Donc tu valides ? hasarda Hugo.
Oui. Tu peux lui ouvrir la porte. Mais fais-le proprement. On le remercie publiquement, on reste dignes. Et prolonge Santana. Avec une belle prime. Il nous l’a mérité.
Hugo hocha la tĂŞte, mĂŞme si AnĂbal ne pouvait le voir.
C’est noté. L’autre dossier, c’est Ganso. Everton insiste. Ils sont montés à 67 millions. Le gamin est au Brésil, en famille. Saldanha est resté vague, mais je sens que le clan pousse doucement.
AnĂbal se redressa dans son transat. Le nom de Ganso provoquait toujours en lui une onde d’émotion mĂŞlĂ©e de fiertĂ© et de responsabilitĂ©. Il avait vu grandir ce gamin-lĂ . L’avait façonnĂ©. L’avait protĂ©gĂ©. Et maintenant, l’Europe l’appelait.
Avec Ganso, c’est différent. J’ai fait une promesse. À lui, mais aussi à son père. J’ai dit que si une offre record arrivait… on l’écouterait. Mais on ne le brade pas. Et surtout, il faut qu’il soit prêt. Physiquement, émotionnellement. C’est pas juste un transfert, c’est une rupture.
Hugo murmura un “je comprends” sincère.
Alors continue à discuter. Pousse jusqu’à 70-80 si tu peux. Et surtout, assure-toi qu’Everton prépare un plan clair pour lui. S’il part, c’est pour être une star. Pas un nom sur une feuille A4.
Un court silence s’installa Ă nouveau, avant qu’AnĂbal ne reprenne, plus doux :
Je t’enverrai une vidéo demain pour dire au revoir à Diogo. J’ai pas envie de lui parler en direct. Pas encore. Il y a trop de rancune entre nous. Trop de regrets aussi, peut-être.
Je gère ça, coach. Profite de ta famille. Tu le mérites.
AnĂbal sourit. Un vrai sourire, rare ces derniers mois.
Merci Hugo. Et n’oublie pas : dans deux semaines, on repart au front. Prépare-moi une armée.
Puis il raccrocha, posa le téléphone sur la table et laissa son regard se perdre dans l’océan. Il y avait des adieux qui ne faisaient pas de bruit. Mais qui résonnaient longtemps, très longtemps.
Ainsi allait Vianense, entre fidĂ©litĂ© et ambition, loyautĂ© et rupture. Dans le calme d’Acapulco, AnĂbal comprenait que chaque Ă©tĂ©, dĂ©sormais, serait un deuil dĂ©guisĂ©. Celui d’un groupe, d’une Ă©poque, d’une gĂ©nĂ©ration. Mais il restait le capitaine. Et demain, il lèverait de nouveau les voiles.
