Réponses aux lecteurs
Poke @Manthyz
@Rhino ah ça on verra si y’a une offre. En l’état j’ai pas forcément de préférence sur quel gardien je vais garder.
@CaptainAmericka J’ai tendance a pas bloquer un joueur tant que j’ai une solution B qui me va. Chez les gardiens partir avec Vieitas ou Santana est largement acceptable donc un départ est possible pour l’un des deux. A voir lequel.
Le ciel de Viana do Castelo s’était chargĂ© d’un ton gris perle ce jour-lĂ , lourd et silencieux, comme si la ville elle-mĂŞme retenait son souffle. Sur la pelouse synthĂ©tique parfaitement entretenue du centre d’entraĂ®nement, Emmanuel Adjei venait de terminer une Ă©nième course diagonale, frappant avec une prĂ©cision chirurgicale dans le petit filet opposĂ©, sous l’œil exigeant d’un AnĂbal GuimarĂŁes concentrĂ©, le regard plissĂ©, les bras croisĂ©s dans une attitude quasi paternelle.
Le jeune buteur, tout juste 17 ans, luisait de sueur et de fiertĂ©. Il savait qu’il progressait. Et AnĂbal savait que lui, le gamin venu d’un barrio ghanĂ©en, n’était plus si loin de la Seleção. Il s’était battu pour s’extraire de la masse. Et cela, AnĂbal ne le perdait jamais de vue. C’était ce qui le rendait si diffĂ©rent des autres. Il ne cherchait pas la lumière, il la mĂ©ritait.
« Continue comme ça, Manu… Tu ne t’en rends pas encore compte, mais t’es déjà dans le viseur de la fédé. Reste toi-même. Garde cette humilité, ce feu dans les jambes. Le reste viendra. »
Mais alors qu’il s’apprêtait à lui taper sur l’épaule, une sonnerie retentit dans sa poche.
C’était une sonnerie qu’il avait lui-même assignée, un air de shamisen électronique mêlé à un gong sourd. Ichiban.
Sans un mot de plus, il s’éloigna, décrocha, et glissa d’un geste le téléphone à son oreille. Son visage changea presque immédiatement. Fermé. Inquiet. Concentré.
« Ani… Ce n’est pas Lamar. »
La voix était grave, presque rauque, comme si elle sortait d’une cave humide.
AnĂbal s’arrĂŞta net dans l’allĂ©e qui menait aux vestiaires, son regard fixant le vide au loin.
« Je croyais que tout concordait. Les mercenaires japonais, les liens avec la Colombie, les pressions sur les jeunes, les menaces sur ma famille… Tu m’as dit que tout pointait vers lui. »
Ichiban soupira longuement. Un silence s’installa. Puis la vérité tomba, froide et précise, comme un sabre de maître.
« J’ai retrouvé des documents. Des échanges codés, des virements dissimulés via des sociétés-écrans, des photos de réunions secrètes. Tout a été remis à Interpol. Et tout mène à une seule conclusion. Lamar n’est qu’un pion. Le véritable cerveau, c’est Andrew McHale. »
Le nom claqua comme une gifle. McHale. Le directeur sportif de Wrexham que Ryan Reynolds avait voulu placer fut un temps Ă Viana.
L’homme qui avait jadis posé la première pierre de la résurrection du club… mais aussi celui qui l’avait abandonné dans l’indifférence générale (au plus grand plaisir d’Anibal) pour se concentrer sur Wrexham, sa “nouvelle histoire à raconter”.
« Et il n’est pas seul. Il travaille main dans la main avec Glenn Williamson. »
Le cĹ“ur d’AnĂbal se serra. Glenn Williamson Un joueur historique de Wrexham. Symbole vivant d’un football gallois qui avait conquis l’Europe et divisĂ© les consciences.
Il avait été une idole… mais aussi un mystère. Ses prises de position ambiguës, sa loyauté indéfectible à Wrexham, son aura presque messianique.
« Je te le dis, Ani. Tout ce qui s’est passé depuis un an, les pressions sur Ganso, les embuscades contre ton staff, les tentatives de déstabilisation à l’UEFA, les affaires autour de Postobon, les manipulations de Lamar… tout a été orchestré par eux. Williamson et McHale. Je n’ai jamais rien vu d’aussi méticuleux. Et Interpol commence enfin à comprendre l’ampleur du réseau. »
AnĂbal resta silencieux, les yeux rivĂ©s sur l’horizon. Une nuĂ©e d’étourneaux passait dans le ciel de Viana, traçant des arabesques dĂ©sordonnĂ©es.
Son monde vacillait une fois encore. Quelques instants plus tard, dans le silence de son bureau, il s’assit. Il sortit son carnet de cuir noir, celui dans lequel il griffonnait ses pensées, ses doutes, ses plans.
Il écrivit simplement :
“L’ennemi est un fantôme aux multiples visages. Mais cette fois, je sais qui je chasse.”
Il referma le carnet, le posa sur le bureau, et se leva. Il avait une saison à finir. Un club à mener au titre. Une Seleção à bâtir.
Mais désormais, il avait aussi une guerre à préparer. Une guerre contre un empire de faux-semblants, de sourires hollywoodiens, et de ballon d’or tachés de sang.
Et comme toujours, il allait le faire à sa manière . Froidement. Lentement. Mais inéluctablement.
