Résumé
@Rhino en effet et elles font du bien pour lancer la phase de qualifs.
@CaptainAmericka Groupe facile mais qui peut être piége.
Le mois de mars s’égrainait comme une prière muette, chaque victoire de Vianense résonnant comme une psalmodie de plus dans la cathédrale du football portugais. Vingt-neuf matchs. Vingt-neuf succès.
Le club de la côte atlantique fonçait vers un titre historique, les yeux rivés sur une promesse sacrée : celle de briser l’ordre établi.
Mais dans les coulisses, sous les chants des tribunes, les flashs des médias et les sourires d’après-match, il y avait aussi des silences lourds. Des tensions feutrées.
Et parmi elles, l’irrésolu duel entre deux hommes que tout opposait, sauf l’ambition : Bruno Santana et Diogo Vieitas.
Ce matin-là , le ciel était laiteux au-dessus de Viana, chargé d’une bruine fine qui semblait ralentir le monde.
Dans les bureaux de la Cidadela, Hugo Viana peaufinait les derniers éléments d’un projet classé confidentiel — un partenariat stratégique qui devait, selon ses mots, « redéfinir l’image du club dans les dix prochaines années. »
Il avait le regard plongé dans un dossier frappé du logo de Cupra, des croquis de futurs espaces d’accueil VIP et un schéma annoté d’un centre de formation flambant neuf.
Il ne vit pas tout de suite son téléphone vibrer. Mais quand le nom s’afficha à l’écran, il arqua un sourcil :Bukayo Saka., Directeur sportif de Crystal Palace Football Club .
Le ton fut immédiatement amical, mais la voix anglaise ne perdit pas de temps avec les mondanités.
« Hugo, je vais être direct. On suit Diogo Vieitas depuis plusieurs mois. Et la situation chez vous, on l’a lue comme tout le monde. On sait qu’il y a eu un accrochage. On sait aussi que Vianense n’est pas insensible aux offres. »
Hugo inspira longuement.
C’était dans l’ordre des choses. Le monde avait changé. Les clubs anglais n’attendaient plus les signaux, ils les créaient.
Il reposa son stylo, glissa sa chaise vers l’arrière et se leva, bras croisés face à la baie vitrée qui surplombait l’entraînement du jour. En contrebas, Vieitas s’étirait à l’écart, casque vissé sur les oreilles.
Santana, lui, riait avec le coach des gardiens.
« Il n’y a pas de dĂ©cision prise, Bukayo. AnĂbal n’a rien tranchĂ©. Et crois-moi, ce genre de dĂ©cision… il les prend seul. On ne vend pas un gardien sur un malentendu, ni sur un article de presse. »
Mais Bukayo Saka n’était pas homme à se démonter.
« Je comprends. Mais on est prêt à bouger vite. Trente, quarante, cinquante millions… On peut monter. C’est un profil parfait pour nous. »
Un silence pesa. Hugo ne répondit pas immédiatement. Il laissa les chiffres s’infiltrer dans son esprit comme une brise légère. Cinquant… millions.
Quand il raccrocha, il resta immobile quelques instants.
Puis il fit quelques pas dans son bureau, referma le dossier Cupra, et appela AnĂbal.
« Ani, j’ai eu Crystal Palace au téléphone. Pour Diogo. Ils sont prêts à mettre une somme indécente sur la table. »
Au bout du fil, le coach portugais resta de marbre .
« Rien ne sort du vestiaire tant que la saison n’est pas terminée. Je déciderai, Hugo. Tu le sais. Ce club fonctionne à l’instinct, pas aux chiffres. »
Mais dans les jours qui suivirent, la rumeur prit feu dans les tabloĂŻds britanniques.
« Palace target Portuguese starlet. »
« Vieitas, the next big name from Liga Portugal. »
« 50M deal in sight for London side. »
À Viana, les regards se firent plus appuyés. Bruno Santana ne disait rien, mais son sourire devenait plus large chaque jour.
Diogo, lui, se murait dans une concentration froide, livrant des prestations d’un niveau rare, comme pour prouver qu’on ne se séparait pas d’un roc au cœur de la tempête.
Mais AnĂbal voyait clair. Il savait. Il savait que ce genre de duel n’avait pas qu’une issue sportive. Il savait que tĂ´t ou tard, un choix s’imposerait.
Et il savait surtout que ce choix, aussi cruel fût-il, définirait la suite du projet Vianense. Pour l’heure, le club restait muet.
Mais dans l’ombre des travées, dans les conversations murmurées entre couloirs et tribunes, on ne parlait déjà plus de “si”, mais de “quand”.
Et à Viana, le compte à rebours avait commencé.
