Réponses aux lecteurs
@Rhino c’est une possibilité
@gwendil35 Oh wiiii un dragon ![]()
@CaptainAmericka plus ça deviens morbide plus tu kiffe ![]()
Le soleil s’était levé lourd, pesant, comme si le ciel lui-même avait compris qu’un poids invisible planait sur Vianense ce matin-là . Dans les couloirs du stade de Lisbonne, les visages étaient graves, concentrés. Ce n’était pas une finale comme les autres. Ce n’était pas une opposition classique contre le grand Benfica. C’était la première bataille sans leur capitaine de guerre.
Car ce jour-lĂ , AnĂbal GuimarĂŁes Ă©tait Ă des milliers de kilomètres, dans les montagnes glaciales du Japon, Ă honorer un mort, Ă soutenir un ami, Ă dĂ©fendre des promesses anciennes face Ă des ombres nouvelles. Et pendant ce temps, le Vianense orphelin de son stratège devait affronter un colosse, dans un stade comble, en finale de l**’Allianz Cup**.
Sur le banc, Ilaix Moriba et João Infante, deux lieutenants fidèles, portaient à contre-cœur les responsabilités d’un soir. Le poids du match. Le poids de l’absence. Et dans le vestiaire, avant le coup d’envoi, c’est Francisco Maior, brassard au bras, qui prit la parole. Pas pour haranguer. Pas pour motiver. Mais pour rappeler à tous qu’ils n’étaient pas seuls.
« Aujourd’hui, on joue pour le Mister. Mais on joue aussi pour Keito. Pour ce qu’il a transmis à Hiroto. Pour ce que ce club défend. Peu importe où il est, Ani regarde ce match. Alors montrons-lui que même sans lui, sa vision continue de vivre sur ce terrain. »
Le coup d’envoi venait à peine d’être sifflé que le ton du match fut donné.
Dès la 2e minute, sur un pressing haut, MamadĂş surgit comme une furie, rĂ©cupĂ©ra un ballon mal dĂ©gagĂ© dans les pieds d’un Didenko endormi, crocheta dans la surface et envoya un missile croisĂ© qui fila sous la barre de MatĂas Rocha. 1–0. Les joueurs du Vianense coururent vers le banc, bras tendus vers le ciel, mimant un sabre imaginaire. Le clin d’œil Ă©tait Ă©vident.
Mais Benfica ne se laissa pas dicter le tempo aussi longtemps. Ă€ la 37e, Tiago LuĂs, dĂ©chaĂ®nĂ© sur son aile, profita d’une relance approximative de JoĂŁo Tiba pour repiquer intĂ©rieur et dĂ©cocher une frappe rasante Ă l’entrĂ©e de la surface. Le ballon heurta le poteau et rentra avec la complicitĂ© du gardien. 1–1. L’équilibre Ă©tait rĂ©tabli, mais l’intensitĂ© ne baissa jamais.
Juste avant la pause, Anders Berch, le maestro scandinave du Benfica, reçut un centre millimétré de Victor côté droit et plaça une tête imparable au second poteau. 2–1. Vianense était mené à la pause, sans avoir à rougir.
En seconde période, le match devint rugueux. Les duels se multiplièrent, parfois à la limite. Ilaix Moriba se levait souvent pour hurler des consignes, Infante gribouillait frénétiquement sur son calepin, tandis que sur le terrain, Francisco Maior et Luis Almeida se battaient comme des lions pour gratter chaque centimètre carré.
Et puis vint la 90e+4. Le chrono tournait, les espoirs s’éteignaient. Mais sur un dernier corner obtenu de justesse par Mamadú, Francisco Maior envoya un ballon tendu au premier poteau. Là , surgissant entre deux géants, Andrès Moreno plaça une tête rageuse qui transperça la défense comme un cri. 2–2. Délivrance. Les joueurs s’embrassèrent comme des frères retrouvés. Et encore une fois, les bras se levèrent vers le ciel.
La séance de tirs au but fut une loterie cruelle.
- Tiago LuĂs s’élança en premier. Son tir s’écrasa sur le poteau.
- Mamadú rata également pour Viana après avoir ouvert le score en première période, équilibre rétabli.
- Raul Calvo marqua lui sa tentative sans trembler.
- Moreno, galvanisé par son égalisation, frappa mollement. Rocha repoussa.
- Berch glacials, transforma la sienne.
- Francisco Maior, pourtant si serein d’habitude, manqua l’immanquable, tirant au-dessus.
- Victor rata sa tentative alors qu’il pouvait offrir le titre à Benfica.
- Tiago Domingos fit renaître l’espoir
- Dmytro Didenko donna finalement le titre au Benfica avec une panenka pleine de classe.
2–2, mais victoire du Benfica aux tirs au but (3–1). La désillusion était là , mais elle n’écrasa pas la fierté.
Dans les tribunes, les supporters du Vianense chantèrent jusqu’à la dernière seconde. Pas pour un trophée. Pas pour un résultat. Mais pour une promesse. Celle d’un football fidèle à lui-même, même privé de son poète tacticien. Car dans cette défaite, il y avait de l’honneur.
Et Ă Tokyo, dans une chambre d’hĂ´tel silencieuse, AnĂbal GuimarĂŁes essuya une larme devant son Ă©cran. Pas de tristesse. De fiertĂ©. Et de la douleur aussi. Car mĂŞme absent, il avait ressenti chaque frisson, chaque dĂ©charge d’émotion.
L’histoire, elle, continuerait. Avec ou sans trophée.


