:storygold: :s26: 🇵🇹 :vianense: O Leão de Lisboa

Réponses aux lecteurs

@FC_Guimaraes

@Rhino c’est l’idée et puis Bruno Santana pousse le salaud.

@VertPourToujours Les lumières attirent et créé de la jalousie. On verra si ça déborde hors des gardiens.

@toopil ah oui quand même. C’est tombé quand j’ai un peu ralenti ça tombe bien :sac:

@RedM1nd ah ça c’est bien possible. On verra bien.

@CaptainAmericka :sac:

- « L’ombre du rêve » -

La nuit était tombée depuis longtemps sur Viana do Castelo. Le vent qui s’engouffrait dans les ruelles de la vieille ville caressait les pavés froids comme une mémoire qui refuse de mourir. Au loin, la mer battait ses vagues contre la côte, en une symphonie sourde et régulière. Dans la villa d’Aníbal Guimarães, le feu crépitait dans la cheminée du salon d’hiver. L’air sentait le bois, la cannelle, et un soupçon d’agitation silencieuse.

Assis dans un fauteuil en cuir usé, Ganso, 19 ans, regardait le plafond avec des yeux de môme qui refusent de vieillir. Il portait un haut simple, une chaîne en or discrète, et un regard inquiet. En face de lui, Aníbal, avec sa veste nike qui ne le quitte jamais et pantalon de survêtement, terminait de verser deux verres de jus de maracujá dans des gobelets en porcelaine dépoli. Un moment simple, presque banal, mais chargé d’électricité. Le genre de scène qui ne dit rien, mais qui dit tout.

« T’es bien silencieux, gamin… » lança finalement Aníbal, sans le regarder, les yeux fixés sur la cheminée.

Ganso ne répondit pas tout de suite. Il posa les coudes sur ses genoux, pencha la tête et soupira longuement.

« Ani… Je voulais pas t’en parler ici. C’est pas le bon endroit. Mais j’ai besoin de te le dire. »

Aníbal tourna lentement la tête vers lui. Il savait. Il avait lu entre les lignes depuis des semaines. Les coups d’œil vers le banc. Les agents trop présents à l’entraînement. Les regards fuyants. Les likes sur Instagram aux posts d’Arsenal, Liverpool ou Newcastle. Il savait.

« Vas-y, crache le morceau. » souffla-t-il.

Ganso prit une inspiration, comme pour se donner du courage.

« J’ai parlé avec mon père. Et avec ma mère aussi. Tu sais, cette maison… ce calme… ce luxe… ça me dépasse parfois. Je viens de là-bas, tu sais ? Du vrai Brésil. Pas celui des plages de Copacabana. Celui des favelas, des nuits sans lumière, des repas qu’on saute pour payer le loyer. J’ai bossé dur, coach. Très dur. Et je suis pas venu ici pour regarder les autres faire carrière. Je veux jouer. Plus. Être titulaire tout le temps. Me montrer. »

Il s’interrompit. La voix tremblait. L’émotion était là, brute, sincère.

« Et j’ai eu des touches. Des clubs immenses, coach. Everton. Aston Villa. Et même Arsenal. Des offres sérieuses. »

Le silence s’épaissit. Dans l’âtre, une bûche se fendit en deux dans un craquement sec. Aníbal se redressa, posa son verre sur la table basse, et se pencha vers Ganso, les coudes sur les genoux, les yeux dans les siens.

« Tu sais ce que tu es en train de me dire, là ? Que tu veux partir ? Ou que tu veux grandir trop vite ? »

« Je dis que j’ai un rêve, Coach. La Premier League. Et que je sens que c’est le moment. »

Aníbal sourit. Tristement. Il avait eu cette même conversation, ou presque, avec Gabriel, avec João Carvalho, avec Altair… Et il savait comment cela se terminait.

« Écoute, Ganso. T’as fait 29 apparitions cette saison. À ton âge. Dans un club qui joue le titre. Qui va en Europe. Qui mise sur toi. Tu crois vraiment que ce sera mieux ailleurs ? En Angleterre, t’auras peut-être un salaire doublé, triplé. Mais t’auras aussi trois mecs devant toi, dix derrière. Et personne pour te couvrir quand tu feras une erreur. Ici, tu bosses avec des gens qui t’aiment. Qui te protègent. Tu veux tout, tout de suite. Mais le football, c’est pas Uber Eats. »

Ganso baissa la tête. Il savait qu’Aníbal avait raison. Mais son cœur battait au rythme d’un autre tambour, celui de l’ambition brûlante, de la revanche sociale, de la fierté de sa mère qui l’appelait « meu campeão » même après un match sur le banc.

« J’ai pas dit que je partais demain. J’ai juste dit que je veux plus. »

Aníbal se leva. Il s’approcha de la baie vitrée et regarda la mer noire au loin.

« Je comprends. Mais moi aussi, j’veux plus. Plus de respect, plus de patience. Tu sais ce que j’ai vécu. Ce que j’ai dû sacrifier. T’as encore rien vu, Ganso. Et t’es déjà une star. Reste. Prends ton temps. T’auras ton heure. Mais pas maintenant. Pas comme ça. »

Le jeune brésilien hocha lentement la tête. Puis se leva à son tour.

« Merci pour le jus, coach. Je vais aller me reposer. »

« Tu veux que je te raccompagne ? »

« Non. Je vais marcher un peu. J’en ai besoin. »

La porte se referma dans un cliquetis discret. Aníbal resta seul dans le salon. Le match du Real passait toujours en sourdine sur la télévision. Mais il ne le regardait plus. Il pensait à Ganso. À cette jeunesse insatiable, impatiente, qui refusait d’attendre. Il savait que le lien était fragile, désormais. Qu’un souffle pourrait tout faire éclater. Il fallait agir vite. Ou perdre une autre pépite.

Et dehors, la nuit s’étirait, longue et froide, comme un avertissement muet.

- Chapitre 826 -
- Une tempĂŞte hivernale -
- Chapitre 828 -
Coming SOON - 01/10
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