:storygold: :s26: 🇵🇹 :vianense: O Leão de Lisboa

Réponses aux lecteurs

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- « Tu as vu le nouveau sponsor de Wrexham ? Â» -

Le moteur de la berline électrique fournie par la Federação Portuguesa de Futebol ronronnait doucement alors que le véhicule filait sur la nationale, entre Lisbonne et Viana do Castelo. Aníbal Guimarães, silhouette droite et regard perdu, fixait sans vraiment le voir le paysage nocturne qui défilait à travers la vitre teintée. Les pins, les falaises, l’Atlantique au loin… rien ne l’apaisait vraiment. Pourtant, sportivement, tout allait pour le mieux.

Le Portugal, dont il avait pris les rênes quelques mois plus tôt, avait remporté cinq de ses six premiers matchs de Ligue des Nations avec brio. À Vianense, la jeunesse flamboyante continuait d’illuminer les pelouses du pays. On murmurait déjà que cette génération-là serait l’héritière des Invincibles. Mais derrière le rideau des projecteurs, les choses se délitaient. La lumière de ses succès ne suffisait plus à faire disparaître l’ombre qui planait sur lui.

Quelques jours plus tôt, à Londres, Aníbal avait été entendu dans les bureaux feutrés de Scotland Yard. Une convocation officielle, transmise via Interpol, dans le cadre de l’enquête autour de la disparition puis réapparition violente de Lamar Jackson. Le coach de Wrexham avait été retrouvé errant, hagard, dans le nord de l’Angleterre, à proximité d’un entrepôt où la police avait découvert les corps de ressortissants japonais liés à un clan mafieux. Le lien avec l’affaire Jackson restait flou, mais les tabloïds, eux, n’avaient pas attendu. Le nom d’Aníbal avait ressurgi, encore une fois. Toujours ce passé qui collait, cette poussière qu’on croyait balayée mais qui revenait, par rafales.

Ce soir-là, alors qu’il cherchait un peu de silence dans les bruissements du soir portugais, son téléphone vibra. L’écran indiquait Juan Sebastián Anaya.

Aníbal décrocha aussitôt.

“Juanito, mon frère, que me vaut l’honneur ? Tu devrais être sur une plage à Rio ?”

Le latéral international, désormais cadre de Palmeiras et éternel protégé d’Ani, rit doucement.

“Je suis à Londres. J’ai profité de l’invitation de Simon pour voir un match. Chelsea – Wrexham, à Stamford Bridge.”

Le coach portugais haussa un sourcil, un sourire naissant sur le visage.

“Et donc t’as vu du football ? Ou tu veux juste me raconter les errances défensives de Lamar une fois de plus ?”

Le ton changea. Juan devenait plus grave.

“Non… c’est pas ça. Écoute, Ani… Tu sais que je suis attentif aux détails. Et là, j’ai vu quelque chose qui m’a mis mal à l’aise. Très mal à l’aise. Le sponsor maillot de Wrexham. C’est Postobón.”

Un silence tomba dans la voiture. Le genre de silence qui hurle. Aníbal fronça les sourcils.

“Postobón ? Tu es sûr ? Pas une publicité ponctuelle ? Une campagne caritative ?”

Juan insista.

“Non, bro. Flanqué dans le dos, en plein centre du maillot sous le numéro. L’accord a été annoncé pendant que j’étais en vol, je l’ai vérifié sur leur site. Sauf que tu sais aussi bien que moi ce qu’est Postobón en Colombie. Une façade. Derrière, il y a des intérêts très, très lourds. Des gens que ni toi ni moi ne voulons revoir sur notre chemin. Les frères Galindo, le clan Cruz, tous.”

Aníbal passa la main sur son visage, tiré par la fatigue.

“Putain de merde…”

“Tu vois où je veux en venir ?”, ajouta Juan. “Pourquoi une entreprise aussi locale, aussi… chargée, deviendrait sponsor d’un club gallois ? Ce n’est pas du hasard. Et si tu veux mon avis, ça n’a rien d’un geste commercial. C’est politique. C’est symbolique. Et ça te vise.”

Aníbal resta silencieux un moment. Tout s’imbriquait, encore. Le retour de Coco Cruz dans les radars. L’effacement progressif de certaines dettes au Brésil. Les étranges coups de fil passés depuis des téléphones jetables. Et maintenant, Postobón sur les maillots rouges de Wrexham. L’ancien ennemi redevenait une menace. Et Lamar, malgré ses délires paranoïaques, avait peut-être bien touché du doigt une part de vérité.

“Merci, Juan. Merci de me le dire. Rentre au Brésil. Ou va à Valladolid. Mais tiens-toi loin de cette merde. Dis à Saldanha que je vais avoir besoin de son flair bientôt. Je dois parler à Hugo. Et à Cristiano. On ne peut plus faire semblant.”

Juan hésita un instant.

“Et toi ? Tu vas faire quoi ?”

Le regard d’Aníbal se perdit dans l’horizon sombre, là où les montagnes de Viana se dessinaient à peine.

“Moi ? Je vais creuser. Et si c’est ce que je pense… alors ils ne sont pas prêts pour la tempête que je vais leur renvoyer.”

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