Réponses aux lecteurs
@CaptainAmericka des ténèbres jaillissent la lumière. On va essayer de continuer le carton.
@Sythax
Car Lamar cristallise l’attention ces temps ci. Anibal a vrillé. Et oui c’est aussi une possibilité et s’il avait sombré depuis un moment ?
@VertPourToujours de temps en temps le sport deviens secondaire. L’avenir nous le dira chef. Et t’inquiète aucune chance que tu spoiles.
C’était l’ultime chapitre d’une saison dĂ©jĂ majuscule pour le SC Vianense. Une dernière danse pour une Ă©quipe qui, dans le sillage de son mentor AnĂbal GuimarĂŁes, n’avait cessĂ© de repousser ses limites. En ce soir tiède de mai, l’Estádio Nacional du Jamor s’était transformĂ© en théâtre de rĂŞves, aux premières loges d’un affrontement qui sentait la poudre : le Vianense, rĂ©cent vice-champion du Portugal et laurĂ©at de la Super Taça, face Ă un Benfica en quĂŞte de rĂ©demption continentale, guidĂ© par le lĂ©gendaire Andrei Shevchenko.
Mais tout rêve rouge fut broyé en moins d’un souffle.
À peine 35 secondes de jeu que déjà , l’équilibre vacillait. Une récupération autoritaire de Diogo Vieitas dans le cœur du jeu lança Pedro Tiba sur le couloir droit. Le vétéran, tout en vista, ajusta un centre tendu au second poteau. Sérgio Mata, oublié par Morato, surgit et d’un plat du pied droit rageur, envoya le cuir sous la barre de Trubin. 1-0. Un uppercut fulgurant.
Le Benfica tenta de se réorganiser, mais fut cueilli une nouvelle fois sur son vice le plus tenace : la transition défensive. Sur un corner mal négocié, Carlos Simões intercepta un centre flottant, élimina deux hommes sur un dribble court avant de lancer Mamadu Mané dans la profondeur. Le Bissau-Guinéen, en pleine course, laissa sur place João Neves et crucifia le gardien d’un intérieur pied gauche tout en contrôle. 2-0. 14e minute. Le silence des Aguias pesait déjà lourd.
Et l’écart allait se creuser encore. À la 19e minute, Francisco Maior obtenait un coup franc excentré à 30 mètres. Dans une position que beaucoup auraient joué en retrait, le stratège opta pour la malice : un ballon flottant au second poteau que Gabriel, monté aux avant-postes, domina dans les airs. Sa tête décroisée ne laissa aucune chance au portier. 3-0. Un cauchemar.
La pause n’était pas encore sifflée que Shevchenko avait déjà quitté son banc, l’âme en feu. Son discours fut court mais incendiaire. Et à la reprise, Benfica sembla une autre bête. Plus agressive, plus tranchante. À la 47e, l’ailier ukrainien Dmitri Didenko, servi par un João Mário retrouvé, s’infiltra dans l’espace entre Sanches et Gabriel avant d’enrouler un tir sublime au ras du poteau. 3-1.
Le courant tournait. Ă€ la 59e minute, une attaque placĂ©e conclue par une combinaison Ă trois voyait Tiago LuĂs tromper Jorge Costa sur un centre au cordeau de Nuno Moreira. Benfica revenait dans le match. 3-2. L’espoir renaissait.
Mais Vianense avait gardé une dernière cartouche. Et comme souvent cette saison, elle portait le nom de Mamadu. À la 68e minute, après une percée d’Almeida côté gauche, ce dernier servit Mamadu à l’entrée de la surface. Contrôle, petit crochet intérieur, et frappe croisée limpide. Le geste d’un patron. 4-2. Le coup de grâce.
Le Benfica, assommĂ©, ne s’en relèvera jamais. MalgrĂ© un dernier quart d’heure Ă tout tenter, jamais les hommes de Shevchenko ne parvinrent Ă recoller. AnĂbal, fidèle Ă lui-mĂŞme, Ă©tait restĂ© debout tout le match, les bras croisĂ©s, les yeux rivĂ©s sur chaque mouvement. Il savait que ce soir-lĂ , il avait triomphĂ© d’un rival qu’il n’avait que trop rarement domptĂ©.
Ce second doublé consécutif – Taça et Super Taça – consacrait définitivement une ère, celle d’un Vianense conquérant, stratège, redouté. Et celle d’un entraîneur devenu bien plus qu’un meneur d’hommes : une légende vivante du football portugais.


