Le score était sans appel. Vianense venait de s’imposer avec autorité contre Estrela Amadora, dans une prestation aboutie, pleine de maîtrise.
Mais au coup de sifflet final, personne ne souriait. Sur le banc, le regard d’AnĂbal GuimarĂŁes Ă©tait restĂ© figĂ©. Sur la pelouse, un nom ne rĂ©sonnait plus.
Luis Almeida .
À la 68e minute, alors qu’il éliminait un adversaire d’un crochet sec suivi d’une accélération, le jeune ailier s’était effondré. Sans contact. Juste un cri.
Un silence.
Et cette sensation que quelque chose venait de rompre plus que le rythme du match. Le diagnostic ne tarda pas à tomber : Rupture du tendon rotulien. Absence estimée jusqu’à la trêve hivernale.
Luis, 19 ans, meilleur espoir du championnat la saison précédente, pièce maîtresse du couloir droit, voyait sa progression stoppée net.
Et voilà qu’il devait désormais l’éteindre pour des mois.
AnĂbal fut sobre en confĂ©rence de presse :
« C’est un coup dur. Pas seulement pour l’équipe. Pour lui. Luis n’est pas qu’un talent. Il est un exemple. On l’attendra. Pas parce qu’on doit. Mais parce qu’on veut. »
Mais le football ne laisse jamais le vide longtemps. Et déjà , les regards s’étaient tournés vers Eli Patermeu. 17 ans.
Formé à la maison. Vitesse supersonique, dribbles courts, regard franc. Une promesse.
AnĂbal ne nia pas :
« Il va jouer. Pas pour combler. Mais pour exister. Il a du talent. Mais il va devoir apprendre vite. Très vite. »
Le vestiaire, de son côté, se referma autour du jeune. Pas de starisation. Pas de pression verbale. Juste des tapes sur l’épaule, des regards discrets, et un silence protecteur.
Dans un message posté depuis sa chambre d’hôpital, Luis Almeida écrivit simplement :
“Le chemin n’est pas fini. Juste interrompu.
Et si c’est Eli qui court à ma place, alors je lui ouvre le couloir.”
Ă€ Vianense, les ailes ne tombent jamais tout Ă fait .
Elles changent juste d’épaule. Et quand l’une se blesse, l’autre apprend à voler.
