Réponses aux lecteurs
@toopil Merci chef, bon Lisbonne avait beaucoup fait tourner donc bon. Mais on prends.
Finale Allianz Cup 2041 â EstĂĄdio Municipal de Leiria.
Les soirs de gloire ne prĂ©viennent jamais Ă lâavance. Ils surgissent. Ils sâimposent. Et ce 30 janvier 2041, lâhistoire du SC Vianense venait dâenrichir son palmarĂšs dâune page aussi inattendue que flamboyante.
Le coup dâenvoi nâavait pas encore retenti que les travĂ©es de Leiria vibraient dâun vent venu du Nord. Celui de Viana do Castelo, chargĂ© de chants, dâespoir, et de ces frissons quâon ne ressent quâune fois dans une vie. Face Ă eux, un Salgueiros courageux, venu de Liga Portugal 2, qui nâĂ©tait pas lĂ par hasard. Lâhistoire avait ramenĂ© deux outsiders jusquâau sommet. Mais seul lâun dâeux allait y rester.
Et pourtant, tout avait mal commencé .
Une frappe sĂšche. Pure. Un ballon relĂąchĂ© aprĂšs un corner mal dĂ©gagĂ©. Et Bento, lâailier virevoltant de Salgueiros, surgissait Ă lâentrĂ©e de la surface pour envoyer une demi-volĂ©e croisĂ©e sous la barre. Le stade chavirait. Le banc de Salgueiros exultait. La finale venait Ă peine de commencer⊠et Vianense courait dĂ©jĂ aprĂšs le score. (1 - 0, 3â)
Mais les Lions de Viana nâĂ©taient pas venus pour se coucher.
AnĂbal GuimarĂŁes, impassible sur le bord du terrain, restait droit, les bras croisĂ©s. Il avait vu des tempĂȘtes plus grandes. Il savait. Ses joueurs savaient.
Tout partit dâun ballon rĂ©cupĂ©rĂ© haut par Raimundo, encore une fois monumental. Une passe tranchante vers Elton Duarte, lancĂ© cĂŽtĂ© droit. Le feu follet ghanĂ©en crocheta, leva la tĂȘte, et glissa une offrande au second poteau pour Luis Almeida. ContrĂŽle en pleine course, intĂ©rieur du pied, petit filet. Clinique. ĂgalitĂ©. (1-1, 10â)
Le match venait de changer.
Corner obtenu, main dans la surface, pas de contestation. Le ballon fut posĂ© avec assurance par Mamadu ManĂ©, lâhomme des grands rendez-vous. Il ne trembla pas. Contre-pied parfait. Vianense passait devant, les supporters explosaient. AnĂbal serra le poing discrĂštement. Son Ă©quipe venait de faire basculer la finale. (1-2, 21â)
La confiance coulait dĂ©sormais dans chaque passe. Almeida, encore lui, perfora la ligne mĂ©diane sur une chevauchĂ©e rageuse. Ă lâangle des 16 mĂštres, il servit ManĂ© en retrait, qui contrĂŽla, se dĂ©gagea un angle dans un mouchoir de poche et frappa au sol, au ras du poteau. DoublĂ©. Le break Ă©tait fait. La finale semblait pliĂ©e⊠mais Vianense ne voulait pas sâarrĂȘter lĂ . (1-3, 38â)
Au retour des vestiaires, Salgueiros tenta bien de rĂ©agir, poussant par intermittence, mais la dĂ©fense centrale menĂ©e par Tonel Junior tenait bon. Dans lâombre, Victor Khutsishvili, entrĂ© Ă la pause, illuminait les relances de sa justesse prĂ©coce. Le gamin de 16 ans ne tremblait pas. DĂ©jĂ .
Le coup de grĂące vint dâun pressing haut. Raimundo, infatigable, intercepta une relance molle et lança SĂ©rgio Mata dans la profondeur. Lâattaquant nâavait plus marquĂ© depuis deux mois. Mais cette fois, il ne rata pas : une frappe sĂšche entre les jambes du gardien, et les bras vers le ciel. Le peuple bleu et blanc pouvait commencer Ă chanter. (1 - 4, 73â)
Un trophée, oui. Mais bien plus que ça. Un symbole.
Celui dâun club qui, en quelques mois, avait dĂ©fiĂ© toutes les attentes. Qui avait Ă©liminĂ© Sporting, Coimbra, puis un Benfica, certes remaniĂ©, mais toujours redoutable. Et qui venait dâĂ©craser Salgueiros avec la mĂȘme sĂ©rĂ©nitĂ© quâun grand.
Sur la pelouse, AnĂbal GuimarĂŁes souleva la coupe. Il ne cria pas. Il ne sauta pas. Il regarda seulement le ciel de Leiria, comme on regarde quelque chose quâon a longtemps espĂ©rĂ© sans jamais oser y croire.
Et dans sa main gauche, il serrait un petit mot quâun joueur lui avait glissĂ© avant le match. Ce dernier le remercier de la confiance quâil avait mis dans ses jeunes.


