:storygreen: :s4: Le génie de Ma’areva 🇵🇫

Nga whakautu mo nga kaipānui

@Manthyz Haaaaa le Lilian de ce soir-là était… :heart_eyes:

@celiavalencia et oui, un titre de champion national à aller chercher

@gwendil35 Hoooo moi aussi :heart_eyes:

@CaptainAmericka Tu veux mettre le bordel dans sa vie :smirking_face:

@alexgavi On va savoir ça rapidement :smirking_face:

Chapitre 156: Le tournoi final

Septembre… Pour beaucoup, ce mois marque la rentrée scolaire. Pour les Western Suburbs, il signifie surtout le début de la phase finale du championnat de Nouvelle-Zélande. Les meilleurs clubs des trois ligues régionales s’y affrontent pour un seul objectif: le titre national.

Sur le papier, quatre équipes se détachent: Auckland City, Wellington Olympic, Cashmere Tech et Western Suburbs. Mais Ben Sippola le martèle avant le premier match: « À ce stade, il n’y a plus de petites équipes. Si on en sous-estime une, on est mort. »

Le tournoi débute face à Lower Hutt City. Teanuanua commence sur le banc. Sur le terrain, les Wests peinent à entrer dans leur match et se font surprendre. À la pause, ils sont menés 1-0.
Le coach tranche. Il change son organisation, injecte du sang neuf. Teanuanua est appelé.

Son entrée apporte immédiatement plus de percussion et de profondeur. Western Suburbs pousse, mais le temps file. Il faut attendre la 83e minute pour que la délivrance arrive. Lucca trouve Teanuanua d’un superbe ballon dans le dos de la défense. Contrôle, sang-froid, finition: égalisation.
1-1, score final.

Un résultat frustrant, surtout face à l’équipe supposée la plus faible de ce tour final. Une contre-performance qui fait mal, mais qui a au moins le mérite de réveiller tout le groupe.

La réaction est immédiate.
Lors du match suivant, sur la pelouse de Wellington Olympic, les Wests livrent une prestation bien plus aboutie. Teanuanua est titularisé. Dès la 11e minute, un tacle appuyé sur lui vaut l’expulsion d’un milieu de terrain adverse. Wellington Olympic se retrouve à dix, mais ne renonce pas pour autant.

Le match reste accroché jusqu’à la pause. Puis, au retour des vestiaires, Western Suburbs accélère. Filip frappe le premier, Lelê enchaîne presque aussitôt. Deux buts en quelques minutes qui font basculer la rencontre. Wellington Olympic réduit l’écart, s’accroche jusqu’au bout, mais les Wests s’imposent 3-2.

Teanuanua dispute l’intégralité du match. Une victoire référence, celle qui peut lancer une équipe vers un nouveau sacre.

Le rendez-vous suivant a des allures de revanche: Cashmere Tech. Le remake de la finale de la Champions League. Les joueurs de Christchurch n’ont pas oublié leur défaite en compétition continentale et entrent fort dans la rencontre. Ils ouvrent le score et bousculent des Wests mis sous pression.

Western Suburbs souffre, recule parfois, mais ne rompt pas. En seconde période, l’équipe retrouve de l’équilibre. Teanuanua en profite. Sur une action bien construite, il se projette et parvient à égaliser, ramenant les siens à hauteur.

Cashmere Tech termine le match à dix après une expulsion, mais malgré leur supériorité numérique, les Wests ne parviennent pas à faire la différence. Score final : 1-1.
Un nul frustrant, mais un point important dans un tournoi où chaque détail compte.

Face à Melville United, Teanuanua retrouve le banc. Et cette fois, il n’entrera pas. Western Suburbs livre sans doute son match le plus abouti depuis le début de cette phase finale. Melville est étouffé, privé d’air, incapable d’exister. Si le score final n’est “que” de 2-0, Andy ouvre la marque avant que Lelê n’ajoute un nouveau but à sa collection, le chiffre le plus parlant reste ailleurs: aucun tir adverse durant toute la rencontre.
Un match référence… à l’extérieur.

Car à domicile, décidément, quelque chose coince encore.
À l’Endeavour Park, face à Miramar Rangers, une équipe pourtant largement à la portée des Wests, le scénario se répète. Manque de justesse, précipitation, nervosité. Teanuanua entre à la 67e minute, mais ne parvient pas à faire basculer la rencontre. Score final : 1-1.

Peu à peu, une peur s’installe. La peur de se saborder à la maison.
Ben Sippola le sent. Il hausse le ton, mais sans casser son groupe. Il parle de confiance, de relâchement, de plaisir à retrouver. Le titre n’est pas perdu. Loin de là.
Et la réponse est éclatante.

Quand Christchurch United se présente à l’Endeavour Park, Western Suburbs déroule enfin: pressing, intensité, justesse. Christchurch repart avec une lourde défaite: 4-1. Lelê s’offre un doublé, Andy marque lui aussi, et Teanuanua, entré à la 80e minute, ajoute son nom à la liste des buteurs.

Pour la première fois depuis le début de cette phase finale, Western Suburbs prend la tête du championnat.

Mais le plus dur reste à venir. Direction Auckland pour affronter Auckland City.

La dernière fois que les Wests s’y sont déplacés, ils ont été éliminés de la coupe. Cette fois, l’enjeu est encore plus grand. Teanuanua est titulaire. Vatea, son ami, débute sur le banc côté Auckland City.

Le match commence sur un faux rythme, fermé, tactique, presque ennuyeux. Les occasions sont rares, les défenses prennent le pas. À la pause, le 0-0 est logique.

Puis, tout s’accélère.
65e minute. Auckland City ouvre le score sur un superbe coup franc. Le stade s’embrase.
67e minute. Vatea entre en jeu.
69e minute. Mauvaise passe en retrait de Vatea pour son gardien. Teanuanua anticipe, récupère le ballon et égalise. Un but cruel car il profite de l’erreur de son ami. Mais un but lourd de sens dans la course au titre.

Mais la joie est de courte durée.
74e minute. Auckland City reprend l’avantage sur un contre éclair.
75e minute. Sur le coup d’envoi, Western Suburbs bafouille son football. Perte de balle immédiate. Auckland City en profite et inscrit le troisième but.

Rideau! Défaite 3-1.

Western Suburbs chute à la troisième place du classement, désormais derrière Cashmere Tech et Wellington Olympic. Si ces derniers ne peut plus être champion, exempt lors de la dernière journée, le titre se jouera à distance entre les deux derniers finalistes de la Champions League.

À moins que Manurewa ne vienne coiffer tout le monde au poteau.
Le programme est simple, décisif:
ManurewaWestern Suburbs
Lower HuttCashmere Tech

Un final sous haute tension.



Date Compétition Match Stade Adversaire Score Perf’ de Teanuanua
04/09/2027 National League Journée 01 Endeavour Park Lower Hutt 1-1 Remplaçant, 45 minutes de jeu, 1 but
08/09/2027 National League Journée 02 Wakefield Park Wellington Olympic 3-2 Titulaire, 90 minutes de jeu
11/09/2027 National League Journée 03 Endeavour Park Cashmere Tech 1-1 Titulaire, 85 minutes de jeu, 1 but
18/09/2027 National League Journée 04 Gower Park Melville United 2-0 Non entré en jeu
21/09/2027 National League Journée 05 Endeavour Park Miramar Rangers 1-1 Remplaçant, 23 minutes de jeu
25/09/2027 National League Journée 06 Endeavour Park Christchurch United 4-1 Remplaçant, 10 minutes de jeu, 1 but
29/09/2027 National League Journée 07 Kiwitea Street Auckland City 1-3 Titulaire, 90 minutes de jeu, 1 but

NDLR: Fonctionnement du championnat. On commence par des poules régionales (j’évolue en Central League). Les deux derniers sont relégués en Central League 2. Les trois premiers de chaque poule régionale se qualifient en National League dont le vainqueur est le champion national. Les deux premiers de National League se qualifient en Champions League d’Océanie (voire le troisième si le vainqueur de Champions League finit dans les deux premiers).

Position
Club
Matchs Joués Victoire Nul Défaite Différence de buts Points
1 er :uclbadge: Cashmere Tech 7 4 2 1 +6 14 pts
2 ème :uclbadge: Wellington Olympic 8 4 1 3 +4 13 Pts
3 ème :uclbadge: Western Suburbs 7 3 3 1 +4 12 Pts
4 ème Manurewa 7 3 2 2 +1 11 Pts
5 ème Melville United 7 2 3 2 -1 9 pts
6 ème Auckland City 7 2 1 4 -3 7 pts
7 ème Christchurch United 7 2 1 4 -5 7 pts
8 ème Miramar Rangers 7 1 3 3 -3 6 pts
9 ème Lower Hutt 7 0 6 1 -3 6 pts
9 « J'aime »

Sportivement, ça ne se passe pas trop mal avec cette efficacité plutôt bonne pour le petit Teanuanua

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Période plutôt bonne pour Tea !
Ca va être serré jusqu’à la fin !

1 « J'aime »

Teanuanua est bon quand il est sur le terrain, mais son équipe n’a plus son destin entre les mains :grimacing:

1 « J'aime »
Nga whakautu mo nga kaipānui

@Rhino Oui, il est dans une bonne forme et se met à marquer régulièrement :heart_eyes:

@CaptainAmericka La dernière journée va être tendu du cul :hot_face:

@alexgavi Laisse-moi y croire un peu :pleading_face:

Chapitre 157: De Mangareva à Pékin

Elle est là. Maillot rouge sur le dos, n large PYF (Pour Polynésie Française) floqué sur le torse, le drapeau tahitien cousu sur le cœur. Autour d’elle, des noms qui résonnent comme des légendes: Peres Jepchirchir, Tigst Assefa, Dolshi Tesfu, Jackline Cherono.
Et pourtant, au milieu de ce peloton d’élite mondiale, il y a ce dossard que personne ne connait, qui fait ses premiers pas dans l’élite mondiale, un dossard presque trop discret avec un nom inconnu du grand public: Vahimena.

Elle, c’est Manava. Depuis Pékin, elle s’apprête à s’élancer pour son tout premier championnat du monde d’athlétisme après une lourde préparation. Un marathon, l’épreuve reine, la plus difficile, la plus cruelle.

Bien plus au sud, à des milliers de kilomètres de là, Teanuanua est debout devant sa télévision. Il a mis Tahiti Nui TV, seule chaîne à retransmettre l’événement. En Nouvelle-Zélande, Tita est dans la chambre. Lui est seul dans son salon… mais dans sa tête, il est avec Manava. Il imagine toute l’île de Mangareva derrière elle.
Et il n’a pas tort.

À Rikitea, dans le parc de la mairie, un écran géant a été installé. Le village entier est là: les anciens, les enfants, les familles. Tous les regards tournés vers la Chine.

Le marathon est lancé.
Manava n’apparaît pas à l’écran. Les caméras suivent les favorites, celles qui imposent déjà un rythme infernal. Les kilomètres défilent. Le peloton s’étire. Les corps commencent à payer.

Puis les premières lâchent.
Manava aussi, au 23e kilomètre.

Sa seule apparition à l’écran la montre se faire décrocher par un groupe d’une vingtaine de meneuses. Rien de dramatique… mais suffisant pour faire naître un doute.

Teanuanua se lève. Il va se doucher. Il se dit que la marche était peut-être encore trop haute, que ce monde-là n’est pas encore le sien. Rien d’étonnant pour une jeune femme de 22 ans.

Mais en sortant de la salle de bain, l’écran affiche le classement en direct. Il le regarde puis ouvre grand les yeux sur la 9e place! Manava est neuvième.

Loin des leaders, oui. Mais toujours là. Bien là.
C’est alors que la pluie commence à tomber sur Pékin. La course devient piégeuse. Le bitume luit. Les foulées se font plus prudentes.

Manava, elle, semble s’en accommoder sur ses rares apparitions à l’écran.
Kilomètre après kilomètre, elle grignote. Elle remonte. Elle s’accroche.

Au 30e kilomètre, le classement en direct est mis sur l’écran: 6e. Manava est 6e!
Et cette fois, la caméra la trouve.

Manava apparaît à l’écran, trempée de la tête aux pieds. Les traits tirés, mais le regard droit, fixe, déterminé. Ce regard de ceux qui savent pourquoi ils sont là.

Teanuanua se lève d’un bond. Il la trouve impressionnante.
Il voit ses jambes travailler, ses muscles répondre, son corps encaisser l’impensable. Chaque foulée est un combat. Chaque mètre est une victoire.
Et à cet instant précis, il comprend une chose: Manava est en train d’écrire quelque chose.

À cet instant précis, Tita arrive dans le salon. Elle hésite une seconde pour annoncer sa grossesse à Teanuanua, puis se lance: « Tea… écoute-moi. Faut qu’on parle, faut que je te dise un truc. »

Teanuanua grogne, sans quitter l’écran des yeux: « Pas maintenant. Tu vois bien que je regarde le marathon. »

La phrase claque, sèche, injuste.
Tita reste figée une seconde, blessée. Puis elle s’éloigne, en silence. Le moment était important. Il est raté.

Pour Teanuanua, plus rien n’existe que cette course.
Manava est redescendue à la 10e place après un ravitaillement. Mais ce n’est qu’une illusion statistique. Après le 35e kilomètre, un gros groupe s’est reformé. Huit femmes, huit nations, un seul combat: Magdalyne Masai (Kenya), Manon Trapp (France), Kana Kobayashi (Japon), Julia Paternain (Uruguay), Shitaye Eshete (Bahreïn), Susanna Sullivan (États-Unis), Alisa Vainio (Finlande) et Manava Vahimena (Polynésie Française)

Manava semble bien. Trop bien, peut-être pour que ce soit vrai. Le rythme est élevé. Teanuanua serre les poings devant son écran.

33e kilomètre: Magdalyne Masai accélère. Une vraie attaque que personne ne peut suivre. Les espoirs de médaille semblent s’éteindre pour Manava. Mais elle, ne panique pas.

35e kilomètre: Manava prend la tête du groupe, amputé de Manon Trapp, et allonge la foulée. Elle mène. Elle impose. Les autres s’accrochent, refusent de lâcher. Elles perdent du temps sur les trois premières, mais ce qu’elles jouent désormais, c’est la gloire.

38e kilomètre: Julia Paternain hausse le ton avec une accélération sèche. Une seule est en mesure de répondre à l’attaque: Manava.

Les deux femmes s’arrachent. Le reste du groupe explose. Manava est 5e, derrière l’explosive Uruguayenne.

Puis la réalisation change. Les caméras se braquent sur Magdalyne Masai, alors en 3e position. Et là, le drame…
La Kenyanne glisse. Elle tombe lourdement. Sa cheville s’est tordue. Elle se relève difficilement, boîte, tente de repartir, fait quelques centaines de mètres… puis s’arrête. Les larmes envahissent son visage. Son rêve vient de s’effondrer sur l’asphalte détrempé.

Dans le fond du plan, presque par hasard, on voit deux silhouettes passer: Paternain et Manava.

Devant, la course est pliée. Peres Jepchirchir s’impose et devient championne du monde pour la deuxième fois consécutive. Tigst Assefa suit, à 25 secondes.

Derrière, à deux minutes, la lutte est totale.
Dernier kilomètre…
Paternain accélère. La foule hurle.
Manava s’accroche, concède quelques mètres. Elle vacille mais refuse de lâcher.

La ligne est là. La foule s’excite.
Paternain force encore… puis son pied droit glisse sur le bitume mouillé. Elle manque de tomber mais se rattrape. Quelques secondes perdues malgré tout… Des secondes fatales.

Manava en profite et dépasse son adversaire, à quelques mètres de la ligne d’arrivée.

Elle passe la ligne en troisième position. Troisième… Médaille de bronze… 2h26’49’’…

Les commentateurs sont en transe. Record personnel. Et surtout, avec ce chrono, qualification olympique pour les Jeux de Los Angeles 2028, qu’elle disputera sous les couleurs Françaises, la Polynésie Française n’étant pas membre du CIO.

La caméra la montre au sol, en larmes, épuisée, brisée mais heureuse.

Dans son fief, à Mangareva, c’est une explosion de joie. Les premiers pétards sont lancés.

À l’autre bout de l’Océanie, Teanuanua danse dans son salon. Il crie, il rit, il saute. Il attrape son téléphone et lui envoie un message, les mains tremblantes, la félicitant et la qualifiant de championne.

Il est fier. Immensément fier. Manava Vahimena vient de faire une entrée fracassante dans le monde de l’athlétisme. Sur le podium, enroulée dans le drapeau Tahitien, elle a fière allure.

Teanuanua se met à siffler avec ses doigts.

Dans un coin de la pièce, pourtant, une autre scène se joue.
Tita est assise, silencieuse, une main posée sur son ventre.
Des larmes coulent.
Elle porte une vie.
Mais, à cet instant, elle est seule.

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Autant je supporte Tea, même lorsque c’était un boulot au début de son aventure, autant là c’est un tocard :sac:

ON NE VEXE JAMAIS UN FEMME ENCEINTE BORDEL TEANUANUA !!! T’ES DANS LA MERDE MON VIEUX !! :anguished_face:
Et puis c’est pas cool en vrai de la recaler comme ça.. Surtout pour supporter son plan cul :joy:

Il a merdé le petit ^^

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Ca sent la clim!!!

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L’ascenseur émotionnel est prêt à s’élancer :sweat_smile:

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Tu prevois l’annonce autrement que quand il est occupé, tu prevois un petit resto ou alors au lit :smiley:

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Voilà ce que mériterait ce petit con :

bitch slap GIF

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Je n’arrive pas à m’émouvoir pour Tita, j’ai toujours été team Manava moi :sac:

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Aie, les orages ne sont pas loin… :slightly_smiling_face:

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Nga whakautu mo nga kaipānui

@CaptainAmericka Sauf qu’il ne sait pas qu’elle est enceinte :sac:

@Rhino En même temps, il était occupé :sac:

@Tiien Comme celle que Marseille a pris cette semaine? :sac:

@alexgavi Prends les pop-corn, ça peut clasher!

@Tilo82 Exactement! Elle ne sait pas y faire aussi…

@Manthyz Le pauvre, il voulait juste mater du sport :pleading_face:

@Julian-m A cause du physique avantageux? :sac:

@Patrik69 Toi aussi tu peux préparer le pop-corn :smirking_face:

Chapitre 158: La fin d’une histoire

C’est le grand jour, celui de la dernière journée de championnat.

Trois équipes peuvent encore être sacrées championnes: Cashmere Tech, Western Suburbs et Manurewa. Et le destin a choisi une affiche brûlante pour décider de tout: Manurewa contre Western Suburbs, au Memorial Park d’Auckland, l’antre des Rewa.

Dans le vestiaire des Wests, du rap américain résonne à plein volume. Les basses font vibrer les murs, mais personne ne danse. Les regards sont sérieux, concentrés. Chacun sait ce qui est en jeu.

Teanuanua, lui, vit ce moment à sa manière. Son rituel est immuable: du métal dans les oreilles avant chaque match qui compte vraiment. Il est titulaire. Et il le sent au fond de lui: c’est sans doute son dernier match avec Western Suburbs. Une fois son prêt terminé, il retournera probablement à Perth Glory. Alors s’il doit partir, ce sera avec un titre.

Quand vient le moment de quitter le vestiaire, il inspire profondément, puis souffle longuement pour faire redescendre la pression. Le tunnel, le bruit du stade, la pelouse, tout est là.

Lelê donne le coup d’envoi. Le match est lancé.

Et il ne traîne pas à s’emballer. Dès la 7e minute, Lelê harcèle la défense adverse, récupère un ballon haut sur le terrain. Il sert Bento, qui lui remet instantanément. Sans réfléchir, Lelê frappe. Le ballon fuse et termine au fond.
Il part célébrer en mimant une samba brésilienne, sourire éclatant. Ses coéquipiers, emportés par l’euphorie, l’imitent dans un joyeux désordre.

Sur la touche, Ben Sippola ne savoure pas longtemps. Il demande de continuer, de ne surtout pas lever le pied.

Les Wests étouffent Manurewa. Le pressing est constant, les duels gagnés, les vagues rouges et noires s’enchaînent. À la 22e minute, Lelê est fauché dans la surface. L’arbitre désigne le point de penalty sans hésiter.
Filip s’élance et transforme avec calme. 2-0.

Mais l’euphorie est de courte durée. Sur le coup d’envoi, l’équipe se relâche. Manurewa en profite et réduit le score. 2-1.
Ben Sippola explose de colère sur le banc. Il hurle, gesticule, remet ses joueurs face à leurs responsabilités.

Heureusement, les Wests ne paniquent pas.
À la 40e minute, sur un contre parfaitement mené, Lucca trouve Teanuanua. Il élimine son vis-à-vis d’un crochet, lève la tête et aperçoit Filip qui part dans la profondeur côté droit. La passe est millimétrée. Filip ajuste le gardien et signe un doublé. 3-1.

Le score ne bougera plus jusqu’à la pause.
Dans le vestiaire, Ben Sippola annonce la nouvelle: Cashmere Tech est tenu en échec à Lower Hutt. À cet instant précis, Western Suburbs est champion.
Mais le coach ne s’enflamme pas. Il insiste. Il martèle un seul message: tenir cet écart, rester sérieux, finir le travail.
Rien n’est encore gagné.

Le fait de connaître le score de Cashmere Tech redonne de l’élan aux Wests. Tout est encore possible.

Manurewa revient de la pause avec d’autres intentions. Ils confisquent le ballon, tentent d’imposer leur rythme. Mais ils se heurtent à un Western Suburbs solide, compact, parfaitement organisé. Les lignes sont resserrées, les duels sont gagnés, chaque ballon est disputé comme si c’était le dernier.

Le temps passe.
À la 71e minute, Teanuanua est remplacé par Landry. Il le sait. Ce sont sans doute ses dernières secondes sous ce maillot. Alors il ne sort pas en courant. Il marche. Il regarde une dernière fois la pelouse, ses coéquipiers. Puis il s’assoit sur le banc.

À côté de lui, un membre du staff tient un téléphone. Les yeux sont rivés sur l’écran. Toujours 0-0 dans l’autre match.
Comme tous les remplaçants, Teanuanua ne cesse de demander des nouvelles. Chaque minute paraît une éternité.

Puis le couperet tombe.
88e minute.
Cashmere Tech ouvre le score.

Le silence s’abat sur le banc. Personne ne parle. Chacun comprend immédiatement. Même si les Wests s’imposent ici, le titre s’envole.

Sur le terrain, le match se termine. Les têtes sont basses. Teanuanua enfouit son visage dans son maillot. Il ne repartira pas avec ce titre qu’il espérait tant.

Dans le vestiaire, Ben Sippola prend la parole. Il remercie les joueurs. Il parle du chemin parcouru, des efforts fournis, de la saison exceptionnelle avec cette victoire continentale. Puis il leur donne rendez-vous dans quelques mois.
Ce sera sans Teanuanua.

Quelques jours plus tard, la confirmation tombe. Le coach de Perth Glory l’appelle. Il lui demande de s’entretenir physiquement jusqu’en janvier. À ce moment-là, il faudra être prêt. La saison australienne sera à mi-parcours.
D’ici là, Teanuanua est en vacances. Perth Glory ne peut inscrire de nouveau joueur avant le 5 janvier.

Chaque soir, il retourne sur son petit bout de plage, toujours le même. Il regarde l’océan, nostalgique.
Son aventure néo-zélandaise touche à sa fin.

Il pense à ses coéquipiers: Lelê, Lucca, Filip, Bento, Luiz.
Des hommes qu’il ne reverra sans doute jamais.
Les larmes coulent.

Il aurait voulu finir sur un titre. Mais le destin en a décidé autrement.
Déjà, un autre chapitre s’ouvre.



Date Compétition Match Stade Adversaire Score Perf’ de Teanuanua
02/10/2027 National League Journée 08 Memorial Park Manurewa 3-1 Titulaire, 71 minutes de jeu, 1 passe décisive

NDLR: Fonctionnement du championnat. On commence par des poules régionales (j’évolue en Central League). Les deux derniers sont relégués en Central League 2. Les trois premiers de chaque poule régionale se qualifient en National League dont le vainqueur est le champion national. Les deux premiers de National League se qualifient en Champions League d’Océanie (voire le troisième si le vainqueur de Champions League finit dans les deux premiers).

Position
Club
Matchs Joués Victoire Nul Défaite Différence de buts Points
1 er :uclbadge: Cashmere Tech 8 5 2 1 +7 17 pts
2 ème :uclbadge: Western Suburbs 8 4 3 1 +6 15 Pts
3 ème :uclbadge: Wellington Olympic 8 4 1 3 +4 13 Pts
4 ème Manurewa 8 3 2 3 -1 11 Pts
5 ème Auckland City 8 3 1 4 -2 10 pts
6 ème Christchurch United 8 3 1 4 -4 10 pts
7 ème Melville United 8 2 3 3 -2 9 pts
8 ème Miramar Rangers 8 1 3 4 -4 6 pts
9 ème Lower Hutt 8 0 6 2 - 6 pts
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c’est toujours le plus triste, espérer et ça casse à la fin

Tea va pouvoir montrer ce qu’il vaut aux kangourous !

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Difficile quand on a pas son destin entre ses mains. Pas de regret pour le gamin, l’Australie l’attend de pied ferme

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Triste fin, c’est dommage ! Ils se seront donné le droit d’y croire jusqu’au bout au moins.

1 « J'aime »

La vie du joueur est faite ainsi, des liens qui font et se défont avec les clubs et ses membres. A moins de rester, mais sans la possibilité de viser beaucoup plus haut.
S’il performe avec Perth, Teanuanua pourrait attirer le regard des européens :smiley:

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Et il ne sait toujours pas qu’il va être père lol

Dommage pour le titre, ça arrive, maintenant l’Australie ça va être encore un step supérieur

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Nga whakautu mo nga kaipānui

@celiavalencia Je le voulais ce titre :sob:

@Rhino Il semble attendre l’Australie de pied ferme aussi :smirking_face:

@CaptainAmericka A Tahiti, dans le money time c’était passé mais pas là :sneezing_face:

@alexgavi L’Europe est un rêve pour lui!

@Tiien Et non, il ne le sait toujours pas :grin:

Chapitre 159: Manava à Wellington

Après une tournée triomphale en Polynésie pour célébrer sa troisième place aux Championnats du monde, Manava rentre en Nouvelle-Zélande. L’avion se pose à Wellington.
Teanuanua est là pour l’accueillir.
Il a dit à Tita qu’il allait simplement passer à l’aéroport pour la féliciter. Rien de plus.
Mais au fond de lui, il le sait: il compte l’embrasser.

Quand Manava apparaît dans le hall, elle affiche ce sourire qu’il connaît par cœur. Elle lâche ses bagages et se jette dans ses bras. Le temps s’arrête une seconde.
« Je te dépose et je rentre? » lui propose-t-il.

Elle a une chambre d’hôtel pour la nuit au Park Hotel de Wellington.
Arrivés sur place, elle lui demande de se garer pour l’aider à monter ses nombreux bagages. Il accepte, sans réfléchir.

Dans la chambre, alors qu’il s’apprête à repartir, elle le retient: « Attends… je veux te montrer ma médaille. »
Elle disparaît dans la salle de bain avec son sac à dos.
Quand elle en ressort, elle est nue. Seule la médaille brille contre sa peau.

Elle s’approche. Elle l’embrasse. Le reste appartient à l’intime, à un moment torride, l’un contre l’autre.

Plus tard, Teanuanua se rhabille. Il décide quand même de partir. Il se dit que c’est mieux ainsi, qu’il faut couper court.
Il ne peut pas prévenir Tita. Il a oublié son téléphone à l’appartement.
Manava, elle, ne le sait pas.
Une fois seule dans sa chambre, elle lui envoie un message:

« J’aime te faire l’amour. J’en ai des frissons de plaisir. Tu es vraiment l’homme de ma vie. »

À plusieurs kilomètres de là, Tita fait le ménage. Elle entend le téléphone de Teanuanua vibrer. Elle regarde l’écran pensant que c’est lui qui tente de la joindre.
Elle lit le message.

Les larmes montent immédiatement. Elle s’effondre à genoux. La honte, la trahison, tout se mélange. Elle aurait voulu ne jamais voir ce message. Et pourtant, il est là… Gravé.

Quand Teanuanua rentre, il agit comme si de rien n’était.
« Alors… elle fait mieux l’amour que moi? » lance Tita.

Il reste figé. Elle lui montre le téléphone. Il comprend instantanément.

Il tente d’expliquer. Les mots s’emmêlent. Rien n’est clair. Rien ne sonne juste.
Alors Tita pose la seule question qui compte: « Tu l’aimes, elle… ou moi? Elle est juste un plan cul ou il y a quelque chose entre vous? »

Il baisse la tête.
« C’est plus compliqué que ça… »

Elle se met à hurler: « Non, Teanuanua. C’est pas compliqué. »

Puis après un silence qui a duré de trop longues secondes: « Tu l’aimes? »

Un petit « oui » sort de sa bouche… Presque inaudible.

Tita éclate en sanglots sur le canapé.
Teanuanua se réfugie dans la chambre. Il a honte. Il se déteste pour ce qu’il a fait.

Il se dit qu’il vaut mieux la laisser tranquille ce soir. Demain, il lui dira la vérité: qu’il la choisit, elle, qu’il mettra fin à tout avec Manava.

Au matin, Teanuanua se réveille difficilement. La nuit a été courte, hachée.
Il sort de la chambre. Tita n’est pas là.

Il se dit qu’elle est sûrement sortie prendre l’air, marcher, respirer après la veille.
Il se fait un café, s’assoit sur le canapé et fait défiler les réseaux sociaux sans vraiment regarder. Les minutes passent. Puis une heure. Toujours rien.

Il se lève pour aller se doucher. C’est là qu’il la voit: une lettre, posée sur un meuble du salon.

Il reconnaît immédiatement l’écriture. Son cœur se serre.Il la prend. Ses mains tremblent. Il lit.

Tu étais mon sauveur.
Celui qui m’a sortie des griffes d’un monstre à Marutea Sud.
Mais ce que je n’avais pas vu, ni prévu, c’est que je tombais dans les griffes d’un autre monstre: toi.
J’ai été heureuse avec toi.
Quand je suis venue à Porirua, j’imaginais un bel avenir ensemble.
Je suis tombée enceinte.
J’ai voulu te le dire plusieurs fois. Mais ce n’était jamais le moment.
L’accouchement est prévu pour le mois de mai.
Mais tu ne le verras pas.
Je suis partie.
J’ai vidé tes économies.
J’ai quitté le pays.
Ne me cherche pas. Je ne reste pas en Océanie.
Je veux être loin de toi. Sur un autre continent.
Ton enfant naîtra.
Il portera ton nom.
Je refuse qu’il porte le mien, hérité de parents qui m’ont battue et rejetée.
Si c’est un garçon, je lui donnerai le prénom de ton père: Tamatoa.
C’est un beau prénom.
Celui d’un père qui a sacrifié sa vie pour son fils.
Tu penses qu’il serait fier de ce que tu es devenu?
Moi, je ne crois pas.
Vis bien avec ta petite catin de princesse…
J’espère trouver le bonheur, loin de toi.
Adieu.
Ta famille me manquera.
Ton égoïsme, lui, non. Même si comme une idiote, je t’aime encore…

La lettre glisse de ses mains.
Teanuanua s’effondre. Les sanglots sortent sans retenue.
Est-ce vrai?
Il se relève péniblement et vérifie son compte en banque. Il est vide.
Alors c’est vrai… Elle est partie.

Il passe l’après-midi allongé sur le canapé, le regard perdu, ressentant un gros manque.
Puis, en fin de journée, on sonne à la porte.

Il se lève et ouvre, espérant voir Tita qui a changé d’avis.

Mais c’est Manava.
Tita a utilisé le téléphone de Teanuanua et l’a invitée. Elle a donné l’adresse.
Manava sourit. Elle ne sait rien. Elle ignore que Teanuanua était en couple avec Tita, qu’elle ne connait pas d’ailleurs. Elle ne sait donc pas que Teanuanua a mis une femme enceinte. Elle ignore tout, la rupture, la lettre, la fuite de Tita.

Teanuanua la regarde une seconde. Puis elle se jette dans ses bras. Il l’embrasse.

Il enfouit sa douleur au plus profond de lui. À cet instant, il ne veut qu’une chose: oublier.

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