:storygreen: :s1: La page blanche

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Reservé

Ca c’est de l’intro !

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ça va commencer par le chômage ?

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Chapitre 1 Le train du hasard

Vingt-cinq ans. C’est l’âge auquel on croit encore que tout est écrit d’avance, que la vie qu’on a construite l’appartement, le boulot, la fiancée va simplement continuer, année après année, sans qu’on ait à se poser trop de questions.

Et puis un soir, tout s’effondre.

Elle est partie sans vraiment d’explication. Une valise, une porte qui claque, et ce silence qui reste après, plus assourdissant que n’importe quelle dispute. J’étais coach sportif à Paris, un métier que j’aimais, des clients réguliers, un rythme de vie qui me convenait. Mais dans les jours qui ont suivi, plus rien de tout ça n’avait de sens.

J’ai démissionné. Sur un coup de tête, sans plan B, sans réfléchir aux conséquences. J’ai rendu mon appartement, vendu ce qui pouvait l’être, mis le reste dans deux sacs. Et je suis allé à la Gare Montparnasse, sans destination précise, juste avec l’idée de partir. J’ai regardé le tableau des départs comme on regarde un ciel étoilé, sans repère, et j’ai pris le premier train qui m’a semblé aller assez loin pour que Paris devienne un souvenir.

Biarritz.

Je ne connaissais rien de cette ville. Je descends du train et l’air a déjà un goût différent iodé, plus doux, porté par l’océan qu’on devine avant même de le voir. Les premiers jours, je marche. Beaucoup. Sans but précis, juste pour remplir le vide. Je visite Biarritz, ses plages, son casino, ses rochers battus par les vagues. Puis je pousse jusqu’à Saint-Jean-de-Luz, son port de pêche, ses maisons aux volets rouges et verts. Bayonne ensuite, ses arcades, ses remparts, l’odeur du chocolat qui flotte dans les rues du centre. Un détour par Espelette, ses guirlandes de piments rouges suspendues aux façades. Et enfin Anglet, entre les deux, plus discrète mais tout aussi attachante.

Et là, sans prévenir, ça arrive : le coup de cœur. Cette lumière particulière du Pays Basque, ce mélange de montagne et d’océan, cette identité si forte, ces gens qui semblent vivre à un rythme différent du mien. Pour la première fois depuis des semaines, quelque chose en moi se détend.

Je décide de rester.

Je trouve une chambre de bonne, coincée sous les toits d’un vieil immeuble, dans les combles. Ce n’est pas grand à peine de quoi tenir debout sous la partie la plus haute du plafond mais c’est propre, lumineux grâce à une fenêtre de toit, et surtout : ce n’est pas cher. Avec mes économies qui fondent à vue d’œil depuis Paris, c’est exactement ce qu’il me faut. Je pose mes deux sacs, je m’assois sur le matelas posé à même le sol, et je regarde par la fenêtre les toits de tuiles qui descendent vers l’océan.

Il va falloir vivre. Et pour vivre, il va falloir travailler.

Je n’ai qu’une compétence, qu’une passion aussi : le sport. A la base, j’aidais les gens dans leurs pertes de poids, désormais je veux me lancer dans ma passion le football. L’entraînement, la tactique, le fait de faire progresser des gens, une équipe. Je commence à me renseigner, à frapper aux portes, à éplucher les petites annonces et les clubs locaux. Le Pays Basque, terre de rugby avant tout mais aussi de football, avec ses clubs de village, ses structures amateurs, parfois plus ambitieuses qu’il n’y paraît.

Je ne sais pas encore où cette recherche va me mener. Mais pour la première fois depuis longtemps, j’ai l’impression de choisir quelque chose plutôt que de le subir.

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Je suis curieux de lire la suite

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Je suis fan…

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Résumé

Merci beaucoup

Chapitre 2 Le déclic

Les premières semaines de recherche se passent mal. Très mal, même.

Je postule partout où je peux : des clubs de Départementale, quelques structures un peu plus huppées en Régional. Je rédige des lettres, je détaille mes années d’expérience comme coach sportif à Paris, ma passion pour la tactique, mon envie farouche de faire progresser un groupe. Je décroche quelques entretiens, parfois juste un échange de cinq minutes sur le bord d’un terrain, entre deux entraînements.

Et à chaque fois, le même refrain.

« Vous n’avez jamais entraîné une équipe de foot. »

« On cherche quelqu’un avec de l’expérience en club. »

« Désolé, on a déjà quelqu’un en tête. »

Un vent après l’autre. Je comprends la logique qu’coach sportif individuel et entraîneur d’un onze, ce n’est pas le même métier, pas le même rapport au collectif, à la tactique de groupe. Mais je sais, au fond de moi, que j’ai ce qu’il faut. Cette conviction-là ne me quitte jamais vraiment, même dans mes pires moments. Le problème, c’est que personne d’autre n’a l’air de la partager.

Les refus s’accumulent, et avec eux, quelque chose se fissure. Je commence à douter pas seulement de mes capacités d’entraîneur, mais de tout : ma décision de tout plaquer, ce train pris au hasard, cette chambre sous les toits qui, certains soirs, ressemble plus à une cellule qu’à un refuge. Les nuits deviennent plus longues. Je me réveille en sueur avec des images d’elle qui reviennent, cette rupture qui n’a jamais vraiment cicatrisé, juste mise de côté le temps d’un voyage. Je perds l’appétit. Je perds le sommeil. Ce n’est pas seulement de la déception professionnelle, c’est un épuisement plus profond, qui s’installe sans prévenir.

Un soir, je craque. Je descends dans un bar de Bayonne, un de ces établissements sombres près des arcades, et je commande un verre. Puis un autre. Puis je perds le compte.

C’est là que je le rencontre. Un homme âgé, le visage marqué, les mains abîmées, assis seul au bout du comptoir avec un verre qu’il ne finit jamais tout à fait. On ne se connaît pas, mais l’alcool et la nuit ont ce pouvoir étrange de faire tomber les barrières entre inconnus. Je lui raconte tout, en vrac : Paris, la rupture, le train, le Pays Basque, les refus, l’envie d’entraîner qui ne trouve nulle part où se poser.

Il m’écoute sans rien dire, hoche la tête de temps en temps. Et quand j’ai fini, il prend une gorgée, pose son verre, et me regarde droit dans les yeux.

« Si on t’offre pas la possibilité, crée-la toi. »

Une phrase simple. Presque banale, dite par un homme que je ne reverrai peut-être jamais. Mais elle me traverse comme un courant électrique.

Je rentre cette nuit-là en titubant dans les rues de Bayonne, la tête encore pleine d’alcool, mais avec une idée qui prend forme, de plus en plus nette à chaque pas. Personne ne veut me confier un club ? Très bien. Je vais en créer un.

Un club de football, ici, au Pays Basque. Le mien. Un projet à construire depuis rien, une page blanche mais au moins, cette fois, ce sera moi qui écrirai les règles.

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Le boulot semble titanesque mais si tu as la foi, alors rien ne t’arrêtera !

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Pas le barman, je t’assures :sac:

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Chapitre 3 Il était une fois

Le lendemain, la gueule de bois est là, tenace, mais l’idée, elle, n’a pas bougé. Elle est même plus claire que la veille. Je me lève tôt, je bois trois cafés coup sur coup, et je commence à chercher : il me faut un terrain.

Je passe les jours suivants à faire le tour des mairies du coin. Anglet, Bayonne, Boucau, Saint-Pierre-d’Irube, je frappe à toutes les portes, je demande s’il existe un terrain vague, une friche, un espace municipal inutilisé que je pourrais transformer en stade, même modeste. Partout, c’est le même mur : des délais administratifs interminables, des terrains déjà réservés à d’autres associations, des élus polis mais peu convaincus par ce jeune type débarqué de nulle part avec un projet de club de foot sorti de son imagination.

Refus après refus. Je commence presque à m’y habituer.

Et puis, contre toute attente, c’est à Biarritz que ça se débloque. Un adjoint aux sports, plus curieux que les autres, m’écoute vraiment. Il me parle d’un terrain vague en périphérie de la ville, à l’abandon depuis des années, que personne n’a jamais su comment exploiter. Après plusieurs échanges, plusieurs visites, plusieurs dossiers déposés, la mairie accepte de me le céder pour un euro symbolique. Un euro. Le prix d’un rêve qui devient officiellement possible.

Je reste un long moment seul sur ce bout de terrain, herbes hautes, terre irrégulière, à des kilomètres du terrain de mes rêves. Mais c’est le mien. Le premier pas concret vers quelque chose de réel.

Je sais qu’il me faut une structure juridique avant même de penser à taper dans un ballon. Je me renseigne, je passe des heures à éplucher les démarches : créer une association loi 1901, rédiger des statuts, organiser une assemblée générale constitutive, désigner un bureau, président, trésorier, secrétaire. Je découvre aussi tout ce que la Ligue impose pour l’affiliation : un dossier complet, une déclaration en préfecture, un numéro RNA, une demande d’affiliation à la Fédération Française de Football, l’inscription auprès du district, les normes minimales pour le terrain et les vestiaires, l’assurance obligataire pour les licenciés. C’est un mur de paperasse, mais chaque document coché est une victoire.

Reste un nom. Je sais qu’à Biarritz, il y a déjà un club connu Jeanne d’Arc de Biarritz le club évolue en régionale et si on amenait un peu de concurrence ? C’est précisément cette idée qui s’impose à moi : et si mon club devenait, un jour, plus célèbre que le club de rugby de la ville? Une revanche du ballon rond sur l’ovalie, sur cette terre qui ne jure que par les crampons et les mêlées.

Je décide de l’appeler FC Biarritz.

Simple, direct, sans fioritures. Un nom qui affirme d’emblée une ambition : exister, ici, sous ce nom-là, et un jour peut-être, faire vibrer la ville autrement.

Le terrain est là. L’association prend forme. Le nom est trouvé. Il ne me reste plus qu’à tout construire à partir de rien.

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Joli défi :smiling_face_with_sunglasses:

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un club proche de la mer , c’est cool

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jean-marie le pen citation GIF by franceinfo

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Un ‹ Olympique de Biarritz › pour faire chier le rugby ça aurait pu de la gueule !

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Chapitre 4 Tout construire à mains nues

Un terrain, un nom, une association. Sur le papier, ça ressemble déjà à un club. Dans la réalité, ce n’est qu’un rectangle de terre envahi d’herbes hautes, au milieu de nulle part. Il va falloir transformer cette friche en stade avec les moyens du bord, c’est-à-dire presque rien.

Je commence par l’essentiel : l’herbe. Direction Brico Dépôt, où j’engloutis une partie de mes économies restantes dans une tondeuse et une débrouissalleuse. Rien d’extraordinaire, mais suffisant pour dompter ce terrain à l’abandon. Je passe des journées entières à tondre, rang après rang, sous le soleil basque, les mains couvertes d’ampoules, mais avec la satisfaction de voir enfin apparaître la forme d’un vrai terrain de football sous les herbes folles.

Ensuite, la sécurité. Je récupère de vieilles barres de fer chez un ferrailleur du coin, et je bricole, tant bien que mal, une main courante tout autour du terrain. Ce n’est pas du travail de professionnel les soudures ne sont pas parfaites, certaines barres ne sont pas parfaitement alignées mais ça tient debout, et ça délimite enfin un vrai espace de jeu.

J’achète ensuite un produit pour tracer les lignes blanches. La première fois que je trace les lignes de la surface de réparation, à genoux dans l’herbe fraîchement coupée, j’ai un pincement au cœur. Ça y est. Ça ressemble à un terrain de foot.

Il me faut aussi du matériel de jeu. J’investis de ma poche pour acheter deux buts avec leurs filets, six ballons, et des jeux de coupelles pour les entraînements. Chaque achat grignote un peu plus mes économies, mais chaque objet qui arrive sur le terrain rend le projet un peu plus réel, un peu plus tangible.

Pour ranger tout ce matériel, je bricole une cabane en bois avec de vieilles palettes récupérées derrière un supermarché. Quelques heures de perçage, de vissage, d’improvisation le résultat n’est pas très esthétique, mais robuste. Je pose un cadenas sur la porte. C’est modeste, mais c’est le premier local du club.

Côté financement, la mairie m’a été claire : pas de subvention cette année, le club est trop jeune, trop récent. Peut-être l’année prochaine, si le projet tient la route. En attendant, je me débrouille seul. Pour habiller l’équipe première sans vider complètement mon compte, je commande des maillots sur un site chinois pas la qualité d’un équipementier officiel, mais un prix imbattable, et au moins, mes joueurs porteront quelque chose sur le dos.

Pour le logo, pas de budget non plus pour un graphiste. Je passe plusieurs soirées à générer des dizaines de propositions avec une intelligence artificielle, en cherchant à intégrer les couleurs basques: le rouge, le vert, le blanc dans un emblème qui représente le club. Après de nombreux essais, j’en retiens un qui me plaît enfin : simple, mais qui a une identité, qui raconte déjà quelque chose de cette terre et de ce projet né de rien.

Le terrain est prêt. Le matériel est là. Le club a enfin un visage.

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Toi tu es un grand malade…

Chapitre 5 Un staff, des réseaux, et le vide à remplir

Un stade, du matériel, un logo, un nom. Il me manque encore l’essentiel : des hommes pour porter ce projet à mes côtés, et des joueurs pour le faire vivre sur le terrain.

Je commence par le staff. Seul, je sais que je ne pourrai pas tout gérer la tactique, les entraînements, la connaissance du terrain local, l’administratif. Je me mets en quête d’un adjoint. Après plusieurs rencontres décevantes, je tombe sur un éducateur du coin, quelqu’un qui connaît le Pays Basque comme sa poche, ses clubs, ses joueurs, ses réseaux locaux. Il accepte de me rejoindre gratuitement, séduit par le projet un peu fou que je lui présente, et par l’idée de repartir de zéro avec quelqu’un d’aussi motivé que moi. Ce n’est pas grand-chose sur le papier un seul adjoint, aucun salaire à lui offrir pour l’instant mais c’est le premier maillon d’une équipe humaine autour du club. Il s’appelle Antoine Peixas un basque qui a 25 ans le même âge que moi, Antoine était au centre de formation de la Real Sociedad il y a 10 ans mais son ménisque à péter un jour à l’entrainement et il ne retrouva jamais le haut niveau lui qui était considéré comme un grand espoir.

Reste le plus dur : trouver des joueurs.

Nous sommes début juillet. La plupart des clubs ont déjà bouclé leur effectif depuis des semaines, parfois des mois. Moi, je pars de zéro, avec un effectif totalement vide. Pas un seul joueur sous contrat, pas une seule licence signée. Le vide total.

Je sais que je ne peux pas compter uniquement sur le bouche-à-oreille ou les traditionnels appels aux anciens joueurs libres des clubs voisins. Il me faut une vitrine, un moyen de faire connaître le club, vite, et à moindre coût. Alors je me lance sur les réseaux sociaux. Je crée un compte TikTok, un compte Instagram, et une chaîne YouTube, tous au nom du FC Biarritz, pour raconter en temps réel la naissance du club : le terrain retapé à la tondeuse, la cabane en palettes, le logo généré par IA, les maillots commandés en ligne. Je poste une annonce claire : un club tout juste créé cherche des joueurs libres, toutes tranches d’âge, pour construire un projet ambitieux depuis la base.

Les premiers jours, silence radio. Quelques vues, quelques likes polis, rien de concret. Mais je continue à poster, à documenter chaque étape, avec l’espoir que quelqu’un, quelque part, aura envie de tenter l’aventure avec moi.

Le club existe sur le papier, sur le terrain, sur les réseaux. Il ne lui manque plus que des joueurs pour exister vraiment.

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J’adore le concept !

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c’est dingue creer un club comme ça

ça me donne même l’idée pour le club disparu du village de mon enfance
peu être dans le futur en story

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