:storygreen: :swe: :s1: Jitex BK, Vägen till topparna är ofta svår !

CHAPITRE 1 – Juillet 2025…

Au chômage depuis plusieurs mois désormais, je me ressource avec mon épouse Veronika dans notre villa des monts d’Or, au nord de Lyon. Une fois encore ma dernière aventure de coach m’a plus touché que je ne le pensais. Alors que joueur je passais plusieurs années au sein d’un même club comme Sochaux, Lyon ou la Juve, comme entraîneur je ne parviens pas à dépasser les deux ans, voir les deux ans et demi… Si les débuts sont souvent au beau fixe, assez rapidement, avec les résultats qui permettent au club de briller un peu, l’ambiance se désagrège et les dirigeants deviennent beaucoup trop ambitieux…

Tranquillement allongé au soleil au bord de la piscine, je consulte rapidement mes mails, et les dernières brèves footballistiques. Quelques clubs sans entraîneurs auraient pu m’intéresser en Angleterre ou en Suède, mais au final les dirigeants ont rapidement annoncé les arrivées des nouveaux coachs. J’ai passé presqu’une année comme consultant radio et j’ai même fait quelques piges au CFC, mais il faut se faire une raison, les vestiaires et le banc me manque plus que je ne veux bien me l’avouer…

J’aimerais trouver un club sain n’étant pas en difficulté et où il serait possible de construire. J’ai pu trouver mon bonheur dans les missions sauvetages, mais j’aimerais passer du rôle de pompier à celui de constructeur… Cependant, je suis conscient que je suis désormais étiqueté comme pompier après avoir participé au sauvetage de plusieurs clubs en difficulté en Suède, Norvège ou Ecosse. L’espoir faisant vivre j’espère toujours trouver le mouton à cinq pattes…

En cet été, c’est surtout les clubs scandinaves qui sont en recherche d’un nouvel entraîneur, ces championnats arrivants à mi-saison avec plus ou moins de réussite. Plus les jours avancent et plus les dirigeants tenteront des contacts avec les entraîneurs comme moi, sans emploi et capables de relever ce genre défi…

Veronika se doute bien qu’il y a baleine sous gravier, je passe de plus en plus de temps sur le net pour étudier les offres disponibles. Elle ne dit rien, mais n’en pense pas moins, surtout qu’elle sait pertinemment que les clubs libres vont nous éloigner de Lyon et de la France, une fois encore…

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C’est une expression Suèdoise? :sac:

Je suis, bien entendu!

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Il y a des soirs comme ça où le moral chute et où l’on se dit que rien ne va et que rien n’ira… Puis il y a des matins où le soleil brille et tout semble possible…

Ce matin-là devait être un matin comme ça… Après un léger footing à une allure de sénateur, je retrouve la maison qui s’éveille tout doucement. Veronika est déjà attablé sur notre terrasse sirotant un thé devant des tranches de pain grillé. Un rapide baiser déposer sur ses lèvres et je file sous la douche avant de la rejoindre sur notre terrasse pour avaler un petit déjeuner express.

« Kristo, ton portable a sonné à plusieurs reprises », me dit-elle au moment où je lui vole un morceau de pain grillé qu’elle a couvert de marmelade d’orange. Je consulte alors les appels en absence, le même numéro apparait à trois reprises. Ce numéro avait l’indicatif de la Suède, réveillant de vieux souvenirs du temps de mon passage à Brage ou à Gotne…

Je le repose quand il sonne une nouvelle fois. Je me lève en m’excusant et je décroche.


« Kristo, Patricia Nyeboe, présidente du Jitex BK, je souhaite m’entretenir avec vous, êtes-vous disponible pour nous rencontrer dans les prochains jours, je suis de passage sur Lyon si vous le souhaitez ». La voix est jeune, ferme, assurée, l’anglais avec un léger accent scandinave semble appartenir à une trentenaire sûr d’elle.

Je réponds pour tâter le terrain, tout en tentant de me rappeler de ce club, « C’est tout à fait possible, mais qu’elle est le sujet de cette rencontre ? ». La réponse est immédiate, « Je suis à la recherche d’un coach pour assurer le maintien du club. Nous sommes 14e et dernière en Elitettan à 4 points du maintien. Il reste 16 matchs pour y parvenir ».

Je fais les 100 pas au bord de la piscine, posant quelques questions en tentant en vain de me souvenir de ce club sans y parvenir jusqu’au moment où mon interlocutrice me dit, « Je ne vous l’avez pas encore dit… Le Jitex BK est un club féminin… Cela vous pose un souci ? ». Je m’arrête, étonné avant de répondre, « Non pas de soucis, je n’avais juste pas l’idée d’entraîner des joueuses. ». La réponse est immédiate et cinglante, « Vous savez, elles sont aussi professionnelles que les hommes ! ».

Je garde le silence un très court instant avant de répondre à mon tour, « Je n’en doute pas, je n’avais juste pas imaginé entrainer des filles, je suis surpris que vous veniez vers moi… ». La réponse toujours immédiate mais plus calme, « J’ai besoin d’un coach expérimenté, capable d’imposer sa discipline et de faire progresser les filles. J’ai surtout besoin d’un coach qui nous sauve et votre cv parle pour vous… Mais si vous n’êtes intéressé je ne vous dérange pas plus… ». Je réponds sans vraiment réfléchir, « Si je suis intéressé, c’est un challenge que je n’avais pas imaginé mais il est tentant. Quand pouvons-nous nous rencontrer ? ».

La conversation se poursuit, je reprends mes cent pas au bord de la piscine, écoutant les réponses, reposant d’autres questions sur le staff et le groupe. Du coin de l’œil j’observe Veronika, à ses réactions je sais qu’elle se doute de ce qui se trame. La convaincre va être un sacré défi, déjà repartir à l’étranger et en plus pour entraîner des jeunes femmes…

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le retour de @Kristo :star_struck:

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Un lecteur en plus !

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une équipe féminine, on va suivre ça

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Je monte dans le train :saluting_face:

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Hello, il reste une place à côté de toi @Rhino ? :smiley:

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Oh, intéressant de voir les féminines à l’œuvre, je suis le mouvement !

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Cheers Cowboy GIF by Busch Beer

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J’en suis !

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En vue de la rencontre avec la présidente Nyeboe, je reçois par mail les dossiers du staff et des joueuses, je veux être au niveau lors de cette entrevue quelques jours après son premier appel. Nous avons convenu de nous rencontrer sur Lyon où il y avait un salon professionnel à Eurexpo. En parallèle du salon, nous nous rencontrons dans un salon privé en tête à tête.

En anglais la plupart du temps, avec quelques tentatives de suédois pour moi et de français pour elle, nous faisons le point de la situation du club. A la mi-saison le club pointe à la 14ème place avec 0 victoires, 5 nuls et 5 défaites. Des stats qui de mon point de vue, mettent en avant des manques en attaque et peut-être même au milieu du terrain pour approvisionner l’attaque en ballons exploitables.

Le club est assez jeune, créé au début des années 70, par le passé il a remporté 6 titres en OBOS Damallsvenskan, la 1ère division féminine mais depuis 2015, le club ne fait que chuter au classement à chaque saison.

Côté staff, mon analyse est simple, il faut tout construire pour la cellule recrutement et la cellule médicale. La présidente m’écoute, prend quelques notes sur son téléphone, hoche la tête par moment.

Côté joueurs A, un groupe de 28 joueuses majoritairement suédoises allant de 18 à 27 ans. J’explique à la présidente que le groupe, bien que montrant un certain potentiel pour certaines joueuses, montre aussi une faiblesse en termes de niveau détenu. « Président, je pense que ce groupe a le niveau pour se sauver cette saison, à condition de tout donner sur les 16 derniers matchs, tout donné au niveau des joueuses et du staff. ». Mon analyse est sans concession et surtout sans fioritures aucunes, la situation me semble l’exiger. « J’en déduis, Kristo, que vous acceptez le poste », me répond la présidente calmement mais avec un sourire aux lèvres. Après deux secondes de réflexion, je réponds à mon tour, « Tout va dépendre des conditions… ».

La présidente se penche vers moi et met en avant les finances du club, les moyens qu’elle peut avoir de par son entreprise, mettant surtout en avant des moyens solides mais limités. Je lui coupe la parole, « Président, je parle de la durée du contrat. L’aspect financier n’est pas primordial pour moi à ce niveau de compétition ». Son visage s’illumine, « Je n’irais pas au-delà d’un contrat de deux ans pour commencer », annonce la présidente. Après quelques secondes de réflexion, même si mon choix est déjà fait depuis quelques jours en fait, « Disons, un contrat pour la fin de cette saison et en fonction des résultats et du moment on reparle d’une prolongation, ça nous laisse le choix à tous les deux de nous quitter bons amis ou de poursuivre l’aventure ». L’affaire se conclue sur une poignée de main…

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Discussion claire et limpide. Les bases sont bonnes

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On aime ce qu’on voit!!!

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Les conditions sont posées, y a plus qu’à !

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Chaque partie sait à quoi s’attendre, ça parait gagnant-gagnant :smiley:

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Si @Kristo est de retour, on peut monter !

(Cette jolie vanne de merde ne sera pas validée mais je l’assume)

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Moins d’une semaine après s’être serré la main, je suis à pied d’œuvre à Mölndal. Étonnamment je pensais y arriver en solitaire car Veronika n’avait pas été particulièrement favorable à quitter une nouvelle fois Lyon. Mais au final, elle a choisi de m’accompagner, une fois encore. Mölndal est une ville située dans le sud-ouest de la Suède, tout près de Göteborg, dans la région du Västra Götaland. Elle est traversée par la rivière Mölndalsån, qui a longtemps été un moteur économique pour la région. La ville est entourée de collines et de forêts, offrant un cadre naturel agréable propice aux activités sportives.

Me concentrant sur le club et le groupe en vue du prochain match, Veronika se charge de trouver un logement en périphérie de la ville et de le meubler à son goût. Mölndal est un mélange harmonieux de patrimoine traditionnel en briques rouge, d’urbanisme moderne fonctionnel, de design nordique contemporain et de solutions innovantes pour s’adapter au climat. Elle illustre bien la capacité des sociétés nordiques à allier histoire, nature et modernité.

Dès les premières heures de présence au club et après avoir investi mon bureau, la présidente et le directeur sportif me fixe les objectifs de la saison, à savoir terminer en milieu de tableau, « possible mais difficile… » sera ma réponse et les objectifs pour les cinq prochaines années, à savoir finir en milieu de tableau en 2026, puis en première partie de tableau en 2027.

Après avoir rencontré le staff et leur avoir présenter ma vision de la fin de la saison, je rencontre les joueuses après deux séances d’entraînement afin de me faire une idée précise de ce que je pense d’elles et de leur niveau. Habituées à jouer en 4-4-2 basculant au besoin en 4-3-3, j’annonce aux joueuses le passage en 4-2-3-1 avec 2 milieux défensifs assurant la sécurité de la défense et 2 ailiers, que je veux rapides et travailleurs, pour approvisionner en balle l’unique buteur. Unique buteuse qui sera appuyée par un milieu offensif capable de frapper de loin.

Auréolé des montées que j’ai obtenu avec d’autres clubs suédois, je sens bien que j’ai immédiatement une certaine crédibilité dans mes discours avec le staff et les joueuses. A moi de confirmer avec le premier match sous mes commandes face au Bollstanäs SK, actuel 13ème d’Elitettan, le candidat parfait pour mon premier match.

Les journées passent à toute vitesse, présent au club dès 7h00, j’en repars très souvent après 20h00, après avoir vu la présidente pour faire le point de la journée et des avancées. Notre plus gros dossier est celui des renforts pour le staff et voir s’il n’y a pas une opportunité à saisir pour renforcer le groupe joueuses.

Chaque soir, je retrouve Veronika dans la maison en bois qu’elle a déniché, maison qui se meuble de jour en jour comme si elle avait envie de s’installer sur le long terme… Nous parlons peu du club, je sens bien que Veronika a du mal avec le fait que j’entraîne des jeunes femmes.

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L’histoire commence bien et nous allons avoir « un point commun » en plus :stuck_out_tongue:
J’ai hâte de voir ce que tu vas nous réussir dans le très très au nord :slight_smile:

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Nous y sommes, enfin…

Je l’ai attendu avec impatience cette première rencontre, le onze de départ a été annoncé la veille du match lors d’une cérémonie simple mais emprunte de solennité. Après quelques minutes où j’ai pris la parole, entouré du staff, nous avons visionné le dernier match de notre adversaire du lendemain.

En vue de cette rencontre ultra importante pour tout le monde, j’ai beaucoup discuté avec le groupe des attaquantes et surtout avec Ida Kjellman que j’ai choisi de titulariser en pointe. Cette jeune joueuse de 20 ans a joué tous les matchs de championnat avec peu de réussite, seulement 3 buts d’inscrits.

A la pause je laisse les joueuses souffler un peu, les premières 45 minutes ont été intenses avec 8 tirs pour nous contre 4 pour nos adversaires, mais comme je l’avais ressenti, la finition nous fait défaut avec un seul tir cadré. C’est dommage, la gardienne adverse étant fébrile nous aurions pu prendre l’avantage…

Au coup de sifflet final, c’est la déception qui domine dans le groupe, 19 tirs pour seulement 4 cadrés, c’est vraiment trop faible pour espérer l’emporter. Tout n’est pas à jeter sur cette rencontre, j’ai pu apprécier l’engagement physique et l’investissement des joueuses durant 90 minutes. Il va falloir continuer à travailler ça et à progresser devant le but…

C’est tard dans la nuit que je rentre à la maison, j’ai visionné le match avec le staff pour mettre en avant ce qui ne m’a pas forcément plu durement le match. Veronika dort déjà et ne se réveille pas quand je me glisse sous les draps après une longue douche. Sur ma table de nuit repose mon carnet et un stylo, j’y note des idées durant la nuit quand elles me traversent l’esprit…

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