:storygreen: :s5: 🇾🇼 :ilirija: From Hell to Heaven

- La porte écossaise -

L’entretien avec Tommi Vijanen se dĂ©roula dans une salle sobre, loin des grandes mises en scĂšne que Marvin avait parfois connues durant sa carriĂšre de joueur. Le prĂ©sident finlandais de Motherwell n’avait pas besoin d’en faire trop. Il parlait calmement, avec cette prĂ©cision froide des dirigeants qui avaient dĂ©jĂ  identifiĂ© leur problĂšme : le club s’était endormi trop longtemps. Encore en premiĂšre division dix ans plus tĂŽt, Motherwell avait glissĂ© saison aprĂšs saison, jusqu’à s’installer dans une troisiĂšme division qui ne devait ĂȘtre qu’un accident et qui entamait pourtant dĂ©jĂ  sa quatriĂšme annĂ©e. Vijanen voulait relancer la machine, rendre au club un cadre, une exigence, une direction. Et le travail de Marvin Ă  la RAAL l’avait marquĂ© : un club instable, peu de moyens, des joueurs Ă  reconstruire, puis deux titres.

Marvin Ă©couta sans se laisser porter par le compliment. Il connaissait dĂ©sormais les projets qui promettaient une renaissance mais cachaient surtout des ruines encore chaudes. Motherwell l’intĂ©ressait, Ă©videmment. L’Écosse reprĂ©sentait une porte d’entrĂ©e diffĂ©rente, un football plus direct, plus rude, un environnement oĂč il pourrait bĂątir sans ĂȘtre Ă©crasĂ© par son passĂ© de joueur. Mais il ne chercha pas Ă  flatter son interlocuteur.

« Je vais ĂȘtre honnĂȘte, prĂ©sident. Votre projet a du sens, mais l’effectif me paraĂźt limitĂ©. La derniĂšre saison le montre. Je ne sais pas si Ă  ce stade j’ai envie de replonger dans un contexte comme celui lĂ . On peut parler d’ambition, de remontĂ©e, d’identitĂ©, mais si je viens, il faudra corriger certaines choses vite. Â»

Vijanen hocha la tĂȘte, sans se vexer.

« C’est justement pour cela que nous voulons un entraĂźneur capable de voir clair. Pas quelqu’un qui nous dira seulement ce que nous avons envie d’entendre. Â»

Marvin posa alors ses conditions avec la mĂȘme prudence qu’à La LouviĂšre. Il ne rĂ©clamait pas une rĂ©volution, ni un mercato impossible pour un club de troisiĂšme division Ă©cossaise, mais il voulait pouvoir ajouter deux ou trois profils capables de rapprocher l’équipe de son idĂ©e du jeu : un joueur pour stabiliser l’entrejeu, un Ă©lĂ©ment offensif avec de la vitesse, peut-ĂȘtre un dĂ©fenseur plus Ă  l’aise dans la relance. Sans cela, il risquait de devenir seulement un nom sur un banc, pas un entraĂźneur avec une vraie prise sur son groupe. Vijanen rĂ©pondit qu’il n’avait pas des moyens illimitĂ©s, mais qu’il Ă©tait prĂȘt Ă  lui ouvrir une marge de manƓuvre raisonnable. En quittant la piĂšce, Marvin ne savait pas encore s’il venait de trouver son prochain club. Mais pour la premiĂšre fois depuis longtemps, un projet Ă©tranger ne lui paraissait pas seulement risquĂ©. Il lui paraissait vivant.

11 « J'aime »

Hyper intéressant comme projet :smiley:

1 « J'aime »

J’aurais quand mĂȘme l’impression d’un petit sentiment d’inachevĂ© si ça s’arrĂȘtait lĂ  Ă  la Raal, mais si tu veux refaire revenir @celiavalencia dans tes followers, partir en Ecosse est un beau projet !

2 « J'aime »
Réponses aux lecteurs

@HellToHeaven

@CaptainAmericka le projet est intéressant mais repartir en D3 :sadpepe:

@volatil moi aussi aprĂšs ça peut ĂȘtre une stratĂ©gie pour nĂ©gocier avec la RAAL.

- Un pari peut en cacher un autre -

Marvin avait acceptĂ© d’étudier toutes les options avec sĂ©rieux. AprĂšs Motherwell, il se rendit donc Ă  Bastia avec JosĂ© Soares, dans cette Corse oĂč le football semblait toujours contenir autre chose que du sport. Le rendez-vous avec Pierre-Paul Antonetti, directeur sportif du Sporting, se tint dans une atmosphĂšre plus chaude, plus directe, presque familiale. Bastia venait de tomber en Ligue 3, mais refusait de parler de fin de cycle. Le club voulait reconstruire autour de son nouveau centre de formation, relancer une gĂ©nĂ©ration, retrouver une identitĂ© plus claire, puis viser, Ă  moyen terme, ce retour en Ligue 1 qui obsĂ©dait tout un peuple bleu. Antonetti ne tourna pas longtemps autour du sujet.

« Ce qu’on a aimĂ© chez vous, Marvin, c’est que vous n’avez pas eu peur de vous salir les mains. La RAAL, ce n’était pas propre, pas simple, pas confortable. Vous avez gagnĂ© quand mĂȘme. Â»

Marvin hocha la tĂȘte, prudent.

« J’ai surtout appris que les projets difficiles ne pardonnaient rien. Il faut un cadre fort, sinon on passe son temps Ă  Ă©teindre des incendies. Â»

Antonetti insista aussi sur son passage à Cannes, pourtant compliqué, mais qui avait au moins prouvé que Marvin connaissait la réalité du football français hors des vitrines. Son aura faisait le reste. Double champion du monde avec les Bleus, ancien monument de la Juventus, entraßneur titré en Belgique : le mélange plaisait à Bastia.

« Ici, votre nom compterait Â» reprit le directeur sportif. « Pas seulement pour attirer des joueurs, mais pour convaincre les jeunes qu’un vrai chemin existe. On veut un coach capable de lancer un nouveau cycle. Pas un gestionnaire de plus. Â»

Marvin posa quelques questions sur l’effectif, le budget, les garanties sportives, le rĂŽle du centre de formation. Il resta courtois, impliquĂ©, mais JosĂ©, qui le connaissait trop bien, sentit vite que quelque chose ne prenait pas complĂštement. Bastia avait du poids, une Ăąme, une vraie chaleur populaire. Mais Marvin percevait aussi l’exigence immĂ©diate, les tensions possibles, et cette impression que le club voulait Ă  la fois reconstruire patiemment et remonter vite. Deux idĂ©es qui, souvent, finissaient par se contredire.

Sur le retour vers l’Italie, dans l’avion, Marvin resta silencieux une bonne partie du trajet avant de tourner son tĂ©lĂ©phone vers JosĂ©.

« J’ai vu quelque chose sur TransferRoom. Le Celtic cherche un coach. Â»

José releva les yeux, presque amusé.

« Marvin
 Â»

« Je sais ce que tu vas dire. Â»

« Alors je vais le dire quand mĂȘme. C’est trop tĂŽt. Le Celtic, mĂȘme malade, ça reste le Celtic. Ils n’ont plus gagnĂ© un titre depuis dix ans, ils ont Ă©chappĂ© de peu Ă  la relĂ©gation, mais ça reste un monstre. Tu sors d’une saison magnifique en Belgique, oui. Mais tu n’as pas encore la licence UEFA complĂšte, et tu n’as jamais entraĂźnĂ© dans un championnat de ce poids. Â»

Marvin sourit légÚrement, sans lùcher son idée.

« Justement. Ils ne sont plus en position de regarder tout le monde de haut. Et s’ils veulent reconstruire, ils auront peut-ĂȘtre besoin d’un profil diffĂ©rent. Â»

JosĂ© soupira, puis rangea ses lunettes dans la poche intĂ©rieure de sa veste. Il connaissait ce regard chez Marvin : celui de l’ancien joueur qui avait dĂ©jĂ  imaginĂ© la scĂšne avant mĂȘme que la porte existe.

« Je ne te promets rien Â» dit-il enfin. « Mais je vais appeler. Â»

Quelques jours plus tard, contre sa propre logique, JosĂ© obtint un entretien. Marvin ne s’emballa pas, du moins pas devant lui. Mais l’idĂ©e avait dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  travailler son esprit. Motherwell reprĂ©sentait une porte d’entrĂ©e, Bastia une reconstruction française, mais le Celtic, mĂȘme dĂ©chu, mĂȘme cabossĂ©, portait une autre dimension. Ce n’était plus seulement choisir un projet. C’était se demander s’il Ă©tait prĂȘt Ă  tendre la main vers un gĂ©ant tombĂ© au sol, avec le risque Ă©vident de se faire Ă©craser en essayant de le relever.

10 « J'aime »

La belle saison avec la RAAL ouvre logiquement des portes. Bastia est une belle opportunité, mais le Celtic représente un autre monde, bien plus prestigieux :star_struck:

1 « J'aime »

Groot et le Celtic ?

Will Ferrell Dancing GIF

1 « J'aime »

Groot à Bastia pour enfin professionnaliser notre club avec son fonctionnement éternellement amateur.

D’ailleurs, il a dĂ©jĂ  pris la couleur.

1 « J'aime »

On te préfÚre à Peyrelade !

2 « J'aime »
Réponses aux lecteurs

@HellToHeaven

@alexgavi trois belles opportunités à voir ce que le coach va vouloir et faut pas négliger la RAAL.

@gwendil35 bandant n’est ce pas. Mais tu vas ĂȘtre déçu. Pour le coup j’ai vraiment Ă©tĂ© recalĂ© ingame :hoho:

@morlaye ça aurait de la gueule et y’aurais moyen de bien rigoler sur l’extra sportif :sac:

@Gattuso on respecte l’ancien lillois et oh :hoho:

- Le géant ne tendit pas la main -

Quelques jours plus tard, Marvin posa le pied Ă  Glasgow avec cette sensation Ă©trange de marcher vers une idĂ©e trop grande pour lui et pourtant impossible Ă  ignorer. Le Celtic n’était plus le Celtic des grandes annĂ©es, mais son nom continuait de remplir l’air avant mĂȘme qu’on ait franchi les portes du centre d’entraĂźnement. Club le plus titrĂ© de Premiership, institution populaire, machine historique du football Ă©cossais, les Bhoys n’avaient pourtant plus remportĂ© le championnat depuis 2040. Pire encore, la derniĂšre saison les avait laissĂ©s au bord du vide, tout prĂšs d’une relĂ©gation qui aurait achevĂ© de fissurer le mythe. Marvin savait tout cela. Il savait aussi qu’un club blessĂ© pouvait ĂȘtre plus dangereux qu’un club simplement ambitieux.

Face à lui, Adam Gray, le directeur sportif, se montra poli, attentif, mais jamais vraiment chaleureux. Il rappela le respect immense que le club portait à son passé de joueur, à ses titres avec la France, à ses années turinoises et au travail réussi à la RAAL. Puis le ton changea, presque imperceptiblement.

« Marvin, votre parcours est intĂ©ressant. Vraiment. Mais le Celtic n’a pas seulement besoin d’un entraĂźneur prometteur. Il a besoin de quelqu’un capable de porter un vestiaire sous pression dĂšs le premier jour. Â»

Marvin encaissa sans bouger.

« J’ai connu la pression. Comme joueur, Ă©videmment. Et comme entraĂźneur, j’ai repris des contextes loin d’ĂȘtre simples. Â»

« La RAAL n’est pas le Celtic Â» rĂ©pondit Gray sans agressivitĂ©. « Ici, chaque nul devient une crise. Chaque dĂ©faite devient une affaire nationale. On ne reconstruit pas dans le calme. Â»

Marvin tenta de dĂ©fendre son idĂ©e. Il parla de cadre, de jeunes Ă  relancer, de joueurs Ă  responsabiliser, de cette Ă©nergie qu’il avait su crĂ©er Ă  La LouviĂšre malgrĂ© les finances et les doutes. Mais il comprit assez vite que l’entretien ne basculerait pas. S’il avait Ă©tĂ© reçu, c’était autant grĂące Ă  son nom qu’à l’aura de JosĂ© Soares. Le Celtic voulait l’écouter, pas forcĂ©ment le choisir.

« Vous pensez que je n’ai pas les Ă©paules, c’est ça ? Â» demanda-t-il finalement.

Adam Gray prit quelques secondes avant de répondre.

« Je pense que vous les aurez peut-ĂȘtre un jour. Mais aujourd’hui, pour ce chantier-lĂ , nous avons besoin de garanties que votre parcours ne nous donne pas encore. Â»

La phrase resta dans la piĂšce plus longtemps qu’elle n’aurait dĂ». Marvin serra la main du directeur sportif avec dignitĂ©, remercia le club pour l’entretien, puis quitta les lieux sans un mot de trop. Dehors, Glasgow avait ce ciel bas qui semblait appuyer sur les Ă©paules. JosĂ© marcha Ă  cĂŽtĂ© de lui, silencieux, respectant la blessure. Le refus Ă©tait rude parce qu’il ne venait pas d’un petit club trop frileux, mais d’un gĂ©ant tombĂ© qui, mĂȘme Ă  genoux, ne l’estimait pas encore assez fort pour le relever. Marvin avait dĂ©jĂ  connu les dĂ©faites, les portes fermĂ©es, les humiliations dĂ©guisĂ©es en formules polies. Mais celle-ci piquait autrement. Elle lui rappelait qu’il avait beau gagner, progresser, convaincre ici ou lĂ , le trĂšs haut niveau le regardait encore comme une promesse incomplĂšte.

10 « J'aime »

Les dirigeants ne savent pas que Marvin a été façonné par le plus grand ?? :absolute_guimaraes:

2 « J'aime »

Marvin a Bastia, on veut des étincelles !!

1 « J'aime »

Une étape intermédiaire semble nécessaire pour notre jeune coach

1 « J'aime »
Réponses aux lecteurs

@HellToHeaven

@CaptainAmericka ça commence à remonter pour Anibal mine de rien :absolute_guimaraes:

@Pikouse ce serait beau. Mais j’ai trouvĂ© plus fou.

@Rhino tu me diras ce que tu en penses :sac:

- La folie de PortoroĆŸ -

Marvin avait trois chemins devant lui et aucun ne lui semblait vraiment simple. Motherwell lui offrait l’Écosse et un club Ă  relever, Bastia lui proposait la France, la ferveur et un cycle Ă  reconstruire, tandis que la RAAL lui tendait encore la main aprĂšs l’avoir usĂ© jusqu’à la corde. Il voulait prendre quelques jours, rĂ©flĂ©chir proprement, peser les risques avec JosĂ© Soares, faire pour une fois un choix d’entraĂźneur adulte. Puis son tĂ©lĂ©phone vibra. Le nom de Veronika apparut Ă  l’écran, comme un souvenir d’étĂ© revenu frapper au mauvais moment.

« Je suis Ă  PortoroĆŸ, si tu veux te dĂ©tendre. » Marvin ne rĂ©flĂ©chit pas. Il demanda un jet privĂ©, coupa les notifications et partit vers la SlovĂ©nie avec l’idĂ©e stupide, mais terriblement humaine, de disparaĂźtre trois jours avant de dĂ©cider de sa vie.

PortoroĆŸ l’avala dans une brume de champagne, de musique trop forte, de rires Ă©trangers et de nuits sans horaires. Veronika Ă©tait lĂ , belle Ă  en rendre les conversations inutiles, entourĂ©e de gens dont Marvin oubliait les prĂ©noms aussitĂŽt qu’on les lui prĂ©sentait. Les trois jours devinrent trois nuits, puis une seule longue dĂ©rive oĂč les verres se mĂ©langeaient aux lumiĂšres, oĂč les dĂ©cisions semblaient toujours appartenir au lendemain. Au troisiĂšme matin, il se rĂ©veilla dans une suite trop blanche, la bouche sĂšche, le crĂąne lourd, incapable de remettre les Ă©vĂ©nements dans l’ordre. Des sous-vĂȘtements fĂ©minins traĂźnaient au sol, une chemise Ă©tait pendue sur une lampe, mais Veronika avait disparu. Son tĂ©lĂ©phone, lui, hurlait en silence : quarante-cinq messages de JosĂ©.

Avant mĂȘme qu’il ait le courage de les ouvrir, le tĂ©lĂ©phone fixe de la suite sonna. Marvin dĂ©crocha avec la lenteur d’un homme qui savait dĂ©jĂ  que la journĂ©e serait mauvaise.

« Monsieur Wattiau ? Ici la rĂ©ception. Monsieur Zubčić vous attend au centre d’entraĂźnement. Â»

Marvin fronça les sourcils, encore assis au bord du lit.

« Qui ? Quel centre d’entraĂźnement ? Â»

« Monsieur Zubčić, rĂ©pĂ©ta le majordome avec une politesse mĂ©canique. Votre rendez-vous est prĂ©vu dans une heure. Le chauffeur vous attendra devant l’hĂŽtel. Â»

Il prit une douche longue, presque froide, en essayant de reconstituer les morceaux : un dĂźner, un homme en costume, Veronika qui riait, un document ouvert sur une tablette, peut-ĂȘtre une poignĂ©e de main. Rien ne tenait vraiment. Il appela enfin JosĂ©, qui rĂ©pondit aprĂšs une demi-sonnerie, la voix tendue comme un string d’une des nombreuses femmes passĂ©s par sa chambre ces derniĂšres nuits.

« Marvin, dis-moi que tu n’as rien signĂ©. Â»

« SignĂ© quoi ? Â»

Un silence tomba de l’autre cĂŽtĂ© de la ligne.

« TransferRoom vient d’enregistrer un contrat de deux ans Ă  ton nom. En SlovĂ©nie. Qu’est ce que tu as foutu encore. Je t’avais demandĂ© une seule chose, une seule. Ne rien faire de stupide
 J’arrive au plus vite
 Â»

Marvin resta immobile, l’eau coulant encore dans ses cheveux. Motherwell, Bastia, la RAAL : tout semblait soudain trĂšs loin. Quelque part, dans cette nuit de PortoroĆŸ qu’il ne parvenait plus Ă  retrouver, il avait peut-ĂȘtre choisi son prochain club sans mĂȘme s’en souvenir. Et pour la premiĂšre fois depuis longtemps, Marvin ne se demanda pas quelle dĂ©cision il devait prendre. Il se demanda simplement ce qu’il avait fait.

12 « J'aime »

libĂ©rĂ© d’un petit club , vacances sous l’alcool et hop dans un autre club :rofl:

1 « J'aime »

Bien jouĂ© l’ivresse !! :rofl:
Let’s go Slovenia !! Forza Gorica !

1 « J'aime »

Incroyable, j’étais pas prĂȘt Ă  ça :rofl:

1 « J'aime »

Putain j’suis mort :joy::joy::joy:

AprĂšs franchement, un conseil : qu’il passe la saison entiĂšre beurrĂ© comme pas possible, ça passera peut-ĂȘtre + vite comme ça :joy: Et puis comme on dit : il faut boire pour oublier !

1 « J'aime »

Un putain de génie ce Marvin :clap::flexed_biceps:

1 « J'aime »
Réponses aux lecteurs

@HellToHeaven

@celiavalencia tu fais donc officiellement ton retour :pasrire:

@Alexmilano l’appel des femmes :hoho: reste Ă  voir oĂč il va atterir :hoho:

@Pikouse tu m’étonnes :rofl:

@CaptainAmericka je pense c’est un de mes meilleurs arc en vrai.

@volatil j’imagine ta surprise devant le post :hoho:

- La fourberie de Veronika -

Marvin passa la premiĂšre demi-heure Ă  parler par morceaux, comme un homme qui tentait de reconstruire une scĂšne Ă  partir de photos brĂ»lĂ©es. Il se souvenait de Veronika, Ă©videmment. La mannequin slovĂšne, croisĂ©e l’étĂ© prĂ©cĂ©dent en Croatie, lui avait Ă©crit avec cette lĂ©gĂšretĂ© dangereuse des gens qui savaient arriver au bon moment. Elle Ă©tait en SlovĂ©nie, Ă  PortoroĆŸ, elle voulait le voir, l’aider Ă  couper, Ă  oublier Motherwell, Bastia, la RAAL et toutes ces dĂ©cisions qui lui mangeaient la tĂȘte. Marvin l’avait rejointe sans rĂ©flĂ©chir. Ensuite, tout devenait flou : les restaurants en bord de mer, les soirĂ©es chemsex qui n’en finissaient plus, les verres qu’on remplissait avant qu’il les ait terminĂ©s, les rires trop beaux pour ĂȘtre honnĂȘtes, les femmes qui s’enchainaient et cette sensation d’avoir glissĂ© trois jours durant dans une vie qui n’était pas vraiment la sienne.

JosĂ© Soares, lui, ne mit pas longtemps Ă  recoller les morceaux. Il connaissait trop bien le football, ses coulisses et ses piĂšges pour croire longtemps au hasard. Veronika n’était pas seulement une femme apparue dans la mauvaise semaine. AprĂšs avoir appelĂ© quelques contacts il compris. Elle Ă©tait la fille d’Anej Dobaj, riche entrepreneur local de soixante-treize ans et prĂ©sident du ND Ilirija 1911. Tout prenait soudain une forme plus sale. Les invitations, les soirĂ©es, les rencontres prĂ©sentĂ©es comme anodines, cet homme aperçu en costume, cette tablette sur laquelle Marvin croyait avoir validĂ© une rĂ©servation ou signĂ© un simple document administratif. JosĂ© ne cria pas. Il n’en avait mĂȘme pas besoin. Sa voix basse suffisait Ă  rendre la situation plus grave encore.

« Tu as Ă©tĂ© manipulĂ©, Marvin. Proprement. ÉlĂ©gamment. Mais manipulĂ© quand mĂȘme. Â»

Marvin resta longtemps silencieux avant de poser la seule question qui comptait.

« Elle m’a bien baisĂ©e. Qu’est-ce qu’on peut faire ? Â»

JosĂ© soupira. Pour une fois, il n’avait pas de solution immĂ©diate, pas de contact Ă  activer, pas de porte dĂ©robĂ©e Ă  ouvrir. Le contrat avait Ă©tĂ© transmis, enregistrĂ©, validĂ©. Et surtout, la signature Ă©tait authentique. Pas imitĂ©e. Pas falsifiĂ©e. Celle de Marvin. Un contrat d’un an, avec une annĂ©e supplĂ©mentaire en option Ă  l’usage du club. Ilirija avait verrouillĂ© l’affaire avec une prĂ©cision presque insultante. La seule clause de sortie rapide ressemblait Ă  une mauvaise blague : Marvin pourrait se libĂ©rer s’il remportait la Coupe de SlovĂ©nie.

Autant dire presque rien. Le ND Ilirija 1911 Ă©voluait depuis trois ans en deuxiĂšme division slovĂšne, dans un cadre semi-professionnel, loin des projecteurs, loin des ambitions qu’il venait encore de discuter avec Bastia ou Motherwell. Marvin regarda JosĂ© comme s’il attendait encore que l’agent lui annonce que tout cela n’était qu’un cauchemar de lendemain de fĂȘte. Mais rien ne venait. Pas de retournement, pas d’erreur administrative, pas de miracle juridique. Il avait voulu fuir quelques jours pour ne pas choisir son avenir. Et voilĂ  que son avenir venait de lui ĂȘtre imposĂ© par une nuit qu’il ne se rappelait mĂȘme pas. La LouviĂšre elle avait dĂ©jĂ  tournĂ© la page en annonçant son dĂ©part non sans amertume.

les derniers Ă©changes entre Marvin et son agent traduisait l’ampleur du cauchemar en cours.

« En tout cas ça fait bien mal au cul cette affaire, je sais pas encore comment je vais me relever de ça. Â»

« Tu n’es pas le premier Ă  te faire avoir par une belle femme tu sais. Concentre toi sur ce que tu fais le mieux Â» lui rĂ©pondit JosĂ© en tentant de l’apaisĂ©e avec fatalisme.

Mais la réponse de Marvin le laissa sans voix.

« Ah mais non ne te mĂ©prends pas je me suis bien amusĂ© avec Veronika et puis ce sera une expĂ©rience d’entrainer ici. Mais j’ai vraiment mal au cul. Impossible de m’asseoir avec ces conneries. Je sais plus trop ce que j’ai fait hier soir mais je crois que j’ai un peu abusé  Â»

wahbi khazri grimace GIF by AS Saint-Etienne

11 « J'aime »

normal que je revienne, plus de raal ( plus besoin de raaler :rofl: )

1 « J'aime »