Quand tout commence loin des projecteurs
La Corogne, un club qui refuse le silence
Avant mĂȘme le premier ballon touchĂ©, un chiffre sâest imposĂ© comme un rappel puissant de ce quâest rĂ©ellement le Deportivo.
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En deuxiĂšme division.
Dans un club qui sort de saisons difficiles.
Dans un stade qui a connu bien plus grand.
Au Riazor, la ferveur nâa jamais disparu. Elle sâest faite plus discrĂšte, plus patiente, mais elle est toujours lĂ .
Ce public ne demande pas de promesses.
Il attend une direction, une identité, quelque chose à quoi se raccrocher.
Câest dans ce contexte que Juan DomĂnguez a entamĂ© son travail.
Reconstruire par le haut : le chantier du staff
TrĂšs vite, un constat sâest imposĂ© : le Deportivo ne pouvait pas prĂ©tendre se relever sans dâabord se structurer.
Le staff en place ne correspondait ni au standing du club, ni Ă ses ambitions Ă moyen terme.
Le premier chantier nâa donc pas Ă©tĂ© tactique.
Il a été humain.
Renforcer lâencadrement, professionnaliser les mĂ©thodes, remettre de la cohĂ©rence dans le quotidien.
Un travail discret, presque invisible, mais essentiel.
Et au cĆur de ce nouveau staff, un retour symbolique : Fran.
Ancien joueur du club, il revient à La Corogne en tant que préparateur.
Un choix qui dépasse largement le cadre sportif.
Fran connaĂźt le Riazor, ses exigences, son public.
Son retour incarne cette idée simple mais forte : le Dépor se reconstruira avec ceux qui savent ce que ce maillot représente.
Lucidité financiÚre et mercato mesuré
Sur le plan Ă©conomique, lâenthousiasme devait rester contenu.
La masse salariale du club dépasse actuellement le plafond autorisé, atteignant 106 %.
Impossible, dans ces conditions, dâenvisager un mercato ambitieux.
Il fallait dâabord stabiliser.
Point positif, le club nâa aucune dette, la montĂ©e en Liga devrait permettre dâengranger plus dâargent et avoir plus dâambition dans les annĂ©es Ă venir.
La volonté de dégraisser était bien réelle, mais dans les faits, les mouvements ont été limités.
Seul Charlie Patino a quittĂ© temporairement le groupe, prĂȘtĂ© afin de gagner du temps de jeu et dâallĂ©ger, modestement, les finances.
Un mercato frustrant pour certains, mais cohérent avec la réalité du club.
Yeremay, le prĂ©sent⊠et peut-ĂȘtre lâavenir
Dans cet effectif en quĂȘte de repĂšres, un joueur sâimpose comme une Ă©vidence.
Yeremay.
à seulement 22 ans, il est déjà le visage du Deportivo.
CrĂ©atif, imprĂ©visible, capable dâaccĂ©lĂ©rer le jeu et de faire basculer un match, il est le point de dĂ©part du projet DomĂnguez.
Le plan est clair : tant que Yeremay est Ă La Corogne, le jeu passera par lui.
Mais la situation financiÚre du club impose une certaine lucidité.
En cas dâoffre majeure, le DĂ©por pourrait ne pas ĂȘtre en position de force.
Pour lâinstant, il est lĂ .
Et tant quâil est lĂ , le club avance avec lui, pleinement.
Une premiÚre identité, simple et lisible
Sur le terrain, pas de révolution prématurée.
Juan DomĂnguez a optĂ© pour un 4-2-3-1, un systĂšme Ă©quilibrĂ©, capable de protĂ©ger un groupe encore fragile tout en mettant en valeur ses forces.
Ce choix répond à une logique simple :
donner des repĂšres, sĂ©curiser lâaxe, libĂ©rer les joueurs offensifs, notamment Yeremay, sans exposer lâĂ©quipe inutilement.
Lâobjectif nâest pas encore de sĂ©duire.
Il est de poser un cadre.
Une pré-saison flatteuse⊠à relativiser
Les matchs amicaux se sont conclus par une série de victoires larges, parfois sur des scores impressionnants.
Mais face Ă des adversaires trĂšs modestes.
Ces rencontres ont surtout servi Ă travailler les automatismes, Ă donner du rythme et Ă installer la confiance.
Les vĂ©ritables enseignements viendront lorsque le niveau sâĂ©lĂšvera.
Une direction, enfin
Pas de promesses irréalistes.
Pas dâobjectifs tapageurs.
Mais un club qui se structure, un staff qui retrouve du sens, un public toujours présent, et une identité qui commence à se dessiner.
Au Riazor, la reconstruction ne fait pas de bruit.
Mais elle a bel et bien commencé.

Le DĂ©por nâest pas un souvenir.

Il attend simplement quâon lui redonne une direction.