Réponse aux lecteurs
@CaptainAmericka Bon, ça va, jâai les mĂȘmes constats, mĂȘme si Baker fait le taf que je lui demande.
DerniÚre séance |
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Volus sâinstalla dans le fauteuil en cuir quâil connaissait par cĆur. Il en connaissait chaque craquement, chaque pli, et le simple fait de sây asseoir dĂ©clenchait une mĂ©canique bien huilĂ©e dans son esprit : parler, sâouvrir, se dĂ©voiler. Pourtant, cette fois, une sensation Ă©trange flottait dans lâair. Quelque chose de diffĂ©rent.
Sarah, assise en face de lui, croisa les jambes et le fixa de ses yeux clairs, son Ă©ternel stylo coincĂ© entre ses doigts. Un sourire en coin, un peu plus crispĂ© quâĂ lâaccoutumĂ©e.
â Tu sais pourquoi on est lĂ , Volus ?
Il haussa lĂ©gĂšrement les Ă©paules, une ombre dâamusement sur le visage.
â Je pensais quâon Ă©tait lĂ parce que câĂ©tait lundi. Et que je viens toujours le lundi.
Sarah secoua la tĂȘte, souffla du nez, puis planta son regard dans le sien.
â Justement. Câest bien ça le problĂšme.
Le silence sâĂ©tira entre eux, juste ce quâil fallait pour que Volus sente la lĂ©gĂšre tension lui picoter la nuque.
â Tu nâas plus besoin de venir.
Il hocha lentement la tĂȘte, comme si les mots mettaient du temps Ă se frayer un chemin dans son esprit.
â Tu en es sĂ»re ?
â Plus sĂ»re que jamais. Je te lâai dit, Volus. La thĂ©rapie, ce nâest pas un club oĂč on renouvelle lâadhĂ©sion chaque saison. Câest censĂ© avoir une fin. Et toi, tu lâas atteinte.
Il se passa une main sur la mùchoire, le regard baissé vers la table basse.
â Câest marrant. Je devrais ĂȘtre soulagĂ©. MaisâŠ
â Mais ça te fout la trouille, complĂ©ta-t-elle.
Il esquissa un sourire fugace.
â Peut-ĂȘtre un peu, ouais.
Sarah sâappuya contre le dossier de son fauteuil, son stylo tapotant nerveusement sur lâaccoudoir.
â Tu as fait un travail incroyable, Volus. Tu as creusĂ©, tu as affrontĂ© ce que tu devais affronter. Tu tâes reconstruit. Tu as compris ce que tu voulais et surtout, ce dont tu nâavais plus besoin. Moi comprise.
Il la fixa un instant.
â Jâaime bien venir ici.
â Câest bien ça le problĂšme, rĂ©pĂ©ta-t-elle avec un sourire en coin.
Un lĂ©ger silence les enveloppa. CâĂ©tait Ă©trange. Presque solennel.
â Si jamaisâŠ
Sarah leva une main, lâarrĂȘtant dans sa phrase.
â Si jamais tu ressens le besoin, tu sais oĂč me trouver. Mais pas avant dâavoir vraiment une bonne raison, dâaccord ?
â Dâaccord.
Un dernier Ă©change de regards. Un mĂ©lange de gratitude, de cette comprĂ©hension silencieuse qui nâa plus besoin de mots.
Puis Volus se leva.
â CâĂ©tait un plaisir, Sarah.
Elle esquissa un sourire avant de répondre, moqueuse, mais avec une ombre de sincérité dans la voix :
â Moi, jâen suis pas aussi sĂ»re.
Il rit une derniĂšre fois avant de quitter la piĂšce.
La porte se referma derriÚre lui. Et dans le silence du cabinet, Sarah Fowler resta assise quelques secondes, le stylo figé entre ses doigts.
Avant de le poser doucement sur son carnet.
