:storyred: :s3: đŸŽó §ó ąó „ó źó §ó ż :truro: A Truro Story

Réponse aux lecteurs

@CaptainAmericka Bon, ça va, j’ai les mĂȘmes constats, mĂȘme si Baker fait le taf que je lui demande.

DerniÚre séance


Volus s’installa dans le fauteuil en cuir qu’il connaissait par cƓur. Il en connaissait chaque craquement, chaque pli, et le simple fait de s’y asseoir dĂ©clenchait une mĂ©canique bien huilĂ©e dans son esprit : parler, s’ouvrir, se dĂ©voiler. Pourtant, cette fois, une sensation Ă©trange flottait dans l’air. Quelque chose de diffĂ©rent.

Sarah, assise en face de lui, croisa les jambes et le fixa de ses yeux clairs, son Ă©ternel stylo coincĂ© entre ses doigts. Un sourire en coin, un peu plus crispĂ© qu’à l’accoutumĂ©e.

— Tu sais pourquoi on est là, Volus ?

Il haussa lĂ©gĂšrement les Ă©paules, une ombre d’amusement sur le visage.

— Je pensais qu’on Ă©tait lĂ  parce que c’était lundi. Et que je viens toujours le lundi.

Sarah secoua la tĂȘte, souffla du nez, puis planta son regard dans le sien.

— Justement. C’est bien ça le problùme.

Le silence s’étira entre eux, juste ce qu’il fallait pour que Volus sente la lĂ©gĂšre tension lui picoter la nuque.

— Tu n’as plus besoin de venir.

Il hocha lentement la tĂȘte, comme si les mots mettaient du temps Ă  se frayer un chemin dans son esprit.

— Tu en es sĂ»re ?

— Plus sĂ»re que jamais. Je te l’ai dit, Volus. La thĂ©rapie, ce n’est pas un club oĂč on renouvelle l’adhĂ©sion chaque saison. C’est censĂ© avoir une fin. Et toi, tu l’as atteinte.

Il se passa une main sur la mùchoire, le regard baissé vers la table basse.

— C’est marrant. Je devrais ĂȘtre soulagĂ©. Mais


— Mais ça te fout la trouille, complĂ©ta-t-elle.

Il esquissa un sourire fugace.

— Peut-ĂȘtre un peu, ouais.

Sarah s’appuya contre le dossier de son fauteuil, son stylo tapotant nerveusement sur l’accoudoir.

— Tu as fait un travail incroyable, Volus. Tu as creusĂ©, tu as affrontĂ© ce que tu devais affronter. Tu t’es reconstruit. Tu as compris ce que tu voulais et surtout, ce dont tu n’avais plus besoin. Moi comprise.

Il la fixa un instant.

— J’aime bien venir ici.

— C’est bien ça le problĂšme, rĂ©pĂ©ta-t-elle avec un sourire en coin.

Un lĂ©ger silence les enveloppa. C’était Ă©trange. Presque solennel.

— Si jamais


Sarah leva une main, l’arrĂȘtant dans sa phrase.

— Si jamais tu ressens le besoin, tu sais oĂč me trouver. Mais pas avant d’avoir vraiment une bonne raison, d’accord ?

— D’accord.

Un dernier Ă©change de regards. Un mĂ©lange de gratitude, de cette comprĂ©hension silencieuse qui n’a plus besoin de mots.

Puis Volus se leva.

— C’était un plaisir, Sarah.

Elle esquissa un sourire avant de répondre, moqueuse, mais avec une ombre de sincérité dans la voix :

— Moi, j’en suis pas aussi sĂ»re.

Il rit une derniĂšre fois avant de quitter la piĂšce.

La porte se referma derriÚre lui. Et dans le silence du cabinet, Sarah Fowler resta assise quelques secondes, le stylo figé entre ses doigts.

Avant de le poser doucement sur son carnet.

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