:storygold: :s26: 🇵🇹 :vianense: O Leão de Lisboa

Réponses aux lecteurs

@FC_Guimaraes petite séquence émotion qui arrive. Oui j’ai chialé en relisant ce chapitre :sob:

@Rhino une quatrième magnifique Champion’s. La troisième raflée en prolongation si je dit pas de bétises :hoho:

@alexgavi bien vu :wink:

@toopil pas le temps de naiser le temps nous est compté.

@volatil pourquoi veux tu détester l’homme ? Son 3-4-3 quelle merveille :fap:

@CaptainAmericka il reste la CDM des clubs ! et après ce sera la retraite sous les cocotier pour Anibal.

@Frankie-McCluskey rhoooooo ça arrive de se tromper de cible :sac:

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- Les mots d’un père -

Quelques jours après la finale de Champions League, la maison retrouva un silence différent. Ce n’était plus celui du deuil brut, ni celui des premiers mois, froid, impossible à traverser. C’était un silence fragile, presque humain, comme celui qui suit les grandes tempêtes quand on n’ose pas encore croire que le vent s’est calmé.

Victor était assis dans le salon, le regard perdu vers l’océan derrière la baie vitrée. Aníbal entra sans bruit. Pendant quelques secondes, il resta debout, incapable de savoir comment commencer. Il avait parlé devant des stades entiers, dirigé des finales, affronté les micros les plus hostiles. Mais face à son fils, il ne trouvait plus aucune protection.

« Victor… je dois te parler. Â»

Le jeune homme releva les yeux. Il ne répondit pas, mais son visage disait qu’il attendait cette conversation depuis longtemps.

Aníbal s’assit en face de lui, lentement, comme un homme qui avait enfin accepté de ne plus fuir.

« Je suis dĂ©solĂ© Â» murmura-t-il. « Depuis cet Ă©té… je n’ai pas Ă©tĂ© lĂ  comme j’aurais dĂ». Â»

Victor baissa les yeux.

« Tu avais perdu Yessi. Isabel. LuĂ­sa. Pedro… Je ne pouvais t’en vouloir. Â»

AnĂ­bal secoua la tĂŞte.

« Si. Tu aurais pu. Et peut-ĂŞtre que tu aurais dĂ». Â»

Il inspira profondément.

« J’ai mis de la distance parce que je ne savais plus comment te regarder sans penser Ă  ceux qui n’étaient plus lĂ . Ce n’était pas juste. Tu Ă©tais vivant. Tu Ă©tais lĂ . Et moi, je t’ai laissĂ© seul avec ça. Â»

Victor serra les mâchoires. Tout ce qu’il retenait depuis des mois semblait remonter d’un coup.

« Je croyais parfois que tu m’en voulais Â» avoua-t-il. « Parce que je n’étais pas dans la maison. Parce que j’étais encore lĂ . Â»

AnĂ­bal ferma les yeux.

« Non, meu filho. Jamais. Â»

Sa voix trembla.

« Tu n’as rien volĂ© Ă  personne. Tu as survĂ©cu. Et j’aurais dĂ» te le dire tous les jours. Â»

Les larmes vinrent aux yeux de Victor, qu’il tenta d’essuyer trop vite. Aníbal poursuivit, plus bas.

« Après la Coupe du monde des clubs, je vais m’arrĂŞter. Vraiment. J’ai besoin de sortir du football. Pas parce que je ne l’aime plus, mais parce que si je continue, je vais disparaĂ®tre dedans pour de bon. Â»

Il regarda son fils avec une tendresse douloureuse.

« Et surtout, j’ai besoin de me concentrer sur toi. Sur nous. Â»

Victor ne répondit pas.

« Ă€ partir de juillet, je ne serai plus le coach, plus le sĂ©lectionneur, plus celui qui doit sauver un club, une saison ou une idĂ©e. Je veux juste ĂŞtre ton père. Â»

Le mot remplit toute la pièce. Victor baissa la tête. Ses épaules tremblèrent.

« Tu seras toujours plus que ça Â» rĂ©pondit-il dans un souffle. « Avant mĂŞme de savoir que tu Ă©tais mon père, tu Ă©tais dĂ©jĂ  mon hĂ©ros. Â»

AnĂ­bal resta immobile.

« Quand j’étais petit, je regardais tes matchs, tes interviews, tes Ă©quipes… Je voulais comprendre comment un homme pouvait avoir autant d’impact sur les autres. Et quand j’ai su qui tu Ă©tais pour moi, ça n’a pas effacĂ© le reste. Ça l’a rendu encore plus fort. Â»

AnĂ­bal passa une main sur son visage. Il voulait accueillir ces mots, mais ils lui faisaient presque mal.

« Victor… il y a des choses que tu ne sais pas. Â»

Le jeune homme releva les yeux.

« Des choses que j’ai faites. Des choix. Des dĂ©cisions que j’ai prises parce que je pensais protĂ©ger les miens, protĂ©ger mes Ă©quipes, survivre parfois. La Colombie… le Japon… mĂŞme ailleurs. Il y a des zones de ma vie dont je ne suis pas fier. Â»

Il parlait lentement, sans tout dire, mais avec cette gravité qui suffisait à faire comprendre qu’il ne parlait pas seulement d’erreurs sportives.

« Un jour, tu dĂ©couvriras peut-ĂŞtre tout cela. Peut-ĂŞtre par moi, peut-ĂŞtre par d’autres. Et ce jour-lĂ , j’espère seulement que tu comprendras que je n’ai jamais voulu devenir un homme mauvais. J’ai parfois fait des choses terribles en pensant qu’elles Ă©taient nĂ©cessaires. Ça ne les rend pas meilleures. Â»

Victor le fixa, bouleversé.

« J’espère que tu resteras fier de ton hĂ©ritage Â» ajouta AnĂ­bal. « MĂŞme si tu dĂ©couvres que ton père n’a pas toujours Ă©tĂ© l’homme que les gens racontent. Â»

Il y eut un long silence. Puis Victor se leva, contourna la table basse et vint s’asseoir près de lui. Pas en face. À côté.

« Papa… rien ne changera ce que tu es pour moi. Â»

Aníbal voulut protester, mais Victor l’arrêta.

« Non. Écoute-moi. Peut-ĂŞtre que tu as fait des choses terribles. Peut-ĂŞtre que je ne suis pas prĂŞt Ă  tout entendre aujourd’hui. Mais rien, mĂŞme les pires atrocitĂ©s, ne pourra effacer ce que j’ai vu de toi. Â»

Sa voix se brisa, mais il continua.

« Tu m’as sauvĂ© avant mĂŞme de savoir que j’étais ton fils. Tu as aimĂ© maman. Tu as Ă©levĂ© mes frères et sĹ“urs. Tu as donnĂ© une famille Ă  des gamins qui n’en avaient pas. Tu as construit des hommes. Tu m’as appris ce que c’était que tenir debout quand tout s’écroule. Â»

Victor posa sa main sur celle de son père.

« Tu peux avoir des ombres. Mais tu restes mon père. Tu restes mon hĂ©ros. Et ça, personne ne me l’enlèvera. Â»

AnĂ­bal craqua.

Pas d’un coup spectaculaire. Lentement. Profondément. Comme si quelque chose en lui cédait enfin. Les larmes coulèrent sans résistance. Victor le prit dans ses bras, et cette fois Aníbal s’y abandonna vraiment.

« J’aimerais que tu m’accompagnes Â» murmura Victor contre son Ă©paule. « Pas comme coach. Comme toi. Que tu me conseilles. Que tu m’aides Ă  choisir. Â»

AnĂ­bal hocha la tĂŞte.

« Je le ferai. Toujours. Â»

Puis il se redressa légèrement, retrouvant une voix de père.

« Mais tu devras prendre tes dĂ©cisions. Les tiennes. Si tu veux rester Ă  Vianense, tu resteras. Si tu veux partir Ă©crire ton histoire ailleurs, tu partiras. Et je serai lĂ  dans les deux cas. Â»

Il marqua une pause.

« Je veux que tu vives, Victor. Que tu profites. Que tu aimes. Que tu construises une famille si tu en as envie. Et que tu sois prĂ©sent pour elle. Pas comme moi. Â»

Sa gorge se serra.

« J’ai trop souvent choisi le football. Je disais que c’était pour vous offrir une vie meilleure, pour bâtir quelque chose, pour laisser un hĂ©ritage… mais aujourd’hui, je donnerais tous mes trophĂ©es pour une soirĂ©e de plus Ă  table avec eux. Â»

Victor le serra plus fort.

« On va apprendre Â» murmura-t-il. « Tous les deux. Â»

Ils restèrent ainsi longtemps, sans parler, secoués par des larmes qui n’avaient plus besoin d’être retenues.

Rien n’était réparé. Rien ne pouvait l’être totalement. Mais quelque chose venait de se remettre en mouvement. Une première pierre au milieu des ruines. Une promesse simple, immense pour eux.

À partir de juillet, Aníbal Guimarães ne savait pas encore comment vivre sans banc, sans vestiaire, sans cette guerre permanente qui l’avait porté pendant vingt-six saisons. Mais ce soir-là, pour la première fois depuis longtemps, il ne pensa pas à gagner.

Il pensa seulement Ă  rester.

- Chapitre 1059 -
- Keep Calm and four peat -
- Chapitre 1061 -
Coming SOON - 17/06
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