Réponses aux lecteurs
@Rhino oui beaucoup de blessés de dernière minute
@Manthyz Oui il va mieux et il me fallait un MDC ![]()
La saison de Vianense avait déjà basculé dans l’irréel bien avant cette nuit parisienne. Six trophées alignés comme des balises sur une route devenue mythique, Club Challenge, Supertaça, Allianz Cup, Liga Betclic, Supercoupe d’Europe et Taça do Portugal et pourtant, il restait encore l’inaccessible, le sommet absolu. La Champions League. Une première finale dans l’histoire du club, conquise au terme d’un parcours maîtrisé, presque méthodique : une phase de championnat dominée avec autorité, Monaco écarté sans trembler, Wolfsburg neutralisé avec maturité, puis la Juventus Turin, tenante du titre, renversée dans une demi-finale déjà entrée dans la légende.
Face à eux se dressait le SSC Napoli, machine italienne façonnée pour ces rendez-vous, dure, cynique, redoutable dans l’impact et la transition. Le Stade de France, ce soir-là , avait pourtant changé d’accent. Drapé de vert, de blanc et de rouge, il vibrait au rythme de la diaspora lusophone de la capitale. Des chants venus du Minho, de Lisbonne, de Porto, se mêlaient aux clameurs d’un peuple qui n’avait jamais cru devoir vivre cela un jour : voir Vianense disputer, et peut-être gagner, la Champions League.
Dès le coup d’envoi, le match prit des allures de combat de rue. Napoli pressait haut, cognait, testait les limites. Vianense acceptait l’affrontement sans se renier, jouant vite, vertical, avec cette insouciance propre aux équipes qui ne doutent plus d’elles-mêmes. À la 21e minute, cette audace fut récompensée. Sur une récupération haute, Francisco Maior trouva Emmanuel Adjei dans l’intervalle. Le jeune attaquant fixa, frappa du gauche, et le ballon fila au ras du poteau. Vianense menait, et le Stade de France explosa.
Napoli accusa le coup, mais ne rompit pas. Ă€ la 33e minute, sur un centre anodin, Luvanor dĂ©via maladroitement le ballon dans ses propres filets. Un silence lourd tomba sur le banc portugais. AnĂbal GuimarĂŁes resta figĂ©, mâchoires serrĂ©es, avant de taper dans ses mains, presque rageusement. Il n’était pas question de sombrer. Et Vianense rĂ©pondit avec caractère. Ă€ la 37e minute, Emmanuel Adjei, encore lui, jaillit au second poteau pour reprendre un centre tendu. 2-1. La finale venait d’entrer dans la folie.
La seconde période confirma cette impression de chaos contrôlé. Napoli revint avec d’autres intentions, plus direct, plus brutal. À la 58e minute, Federico Rinaldini arma une frappe sèche à l’entrée de la surface, hors de portée. Puis, à la 67e, Bernardo Diaz profita d’un flottement défensif pour donner l’avantage aux Italiens. En moins de dix minutes, tout avait basculé. Les tifosi napolitains reprenaient vie, pensant tenir le match.
Mais Vianense n’était plus une Ă©quipe qui pliait. Ă€ la 71e minute, MamadĂş provoqua un penalty après un duel âpre dans la surface. L’attaquant le transforma lui-mĂŞme, d’un contre-pied glacĂ©. 3-3. Les bras s’ouvrirent, les poings se levèrent, AnĂbal hurla sa joie comme un homme qui refusait que l’histoire lui Ă©chappe encore.
Le temps réglementaire s’acheva dans une tension presque insoutenable. Les joueurs marchaient, respiraient mal, les visages étaient marqués. En prolongation, Napoli sembla vouloir attendre les tirs au but. Vianense, au contraire, sentit que quelque chose était possible. Et ce quelque chose avait seize ans.
Ă€ la 96e minute, sur une action anodine, Ruben MaurĂcio rĂ©cupĂ©ra le ballon Ă trente mètres. Il leva la tĂŞte, hĂ©sita une fraction de seconde, puis accĂ©lĂ©ra. Un crochet, un deuxième, une frappe du droit, tendue, presque insolente. Le ballon heurta le poteau rentrant avant de mourir au fond des filets. Le Stade de France explosa littĂ©ralement. Les remplaçants envahirent la ligne de touche, AnĂbal tomba Ă genoux, les mains sur le visage.
Le reste n’était plus qu’une lutte désespérée de Napoli face à un destin déjà scellé. Le coup de sifflet final libéra tout un club, toute une ville, toute une génération. Vianense venait de remporter la Champions League. Sept trophées en une saison. Un septuplé inimaginable.
Sur la pelouse, AnĂbal GuimarĂŁes serra longuement Ruben MaurĂcio contre lui, comme un père qui venait d’assister Ă la naissance d’une Ă©toile. Quatorze ans après son sacre avec Valladolid, il soulevait Ă nouveau la coupe aux grandes oreilles, mais cette fois avec son Ĺ“uvre la plus intime, la plus personnelle.
En conférence de presse, la voix encore tremblante, il parla peu. Il évoqua le travail, la fidélité, la patience. Puis, presque déjà ailleurs, il conclut simplement :
Maintenant… on va penser à la Coupe du Monde.
La Corée du Sud l’attendait. Mais cette nuit-là , le monde appartenait à Vianense.


