Réponses aux lecteurs
@alexgavi la série prends fin en effet mais elle aura bien duré. reste encore des titres à jouer.
@toopil c’était de la folie. Et c’est pas fini chef.
Le printemps portugais touchait à son paroxysme lorsque Vianense se présenta une nouvelle fois au rendez-vous de l’histoire. Déjà auréolé de cinq trophées; Club Challenge, Supertaça, Allianz Cup, Liga Betclic et Supercoupe d’Europe; le club cavalier s’offrait une sixième finale nationale cette fois, au terme d’un parcours presque irréel. Mortágua, Famalicão, Alcains, puis les deux géants lisboètes, Sporting et Benfica, avaient successivement chuté, laissant place à un dernier obstacle : le FC Porto, chez lui, dans l’antre du Dragão, ce stade où tant de rêves s’étaient fracassés.
Dès l’entame, la rencontre prit la tournure annoncée. Le match fut âpre, dense, presque brutal par séquences. Porto chercha à imposer sa loi, poussé par un public incandescent, tandis que Vianense acceptait le combat sans jamais renier son identité. Les duels se multipliaient, les fautes s’enchaînaient, et chaque ballon semblait peser une tonne. Mamadú bataillait dos au but, Eli Patermeu tentait de provoquer malgré les prises à deux, Renato Pacheco grattait des mètres dans l’ombre, et la ligne défensive résistait comme une forteresse assiégée.
Les occasions furent rares mais brûlantes. Porto frappa le premier, contraignant le portier de Vianense à une parade réflexe sous la barre. En réponse, un centre tendu de Victor Guimarães trouva la tête de Mamadú, mais le ballon passa à quelques centimètres du poteau. Le match avançait, tendu comme une corde prête à rompre. À mesure que les minutes s’écoulaient, la peur de perdre prit le pas sur l’envie d’attaquer. Les prolongations, disputées sous une pluie fine, ne firent que renforcer cette impression de duel à couteaux tirés, sans qu’aucune des deux équipes ne parvienne à faire la différence.
Il fallut donc en arriver à l’ultime épreuve : la séance de tirs au but. Un silence irréel s’abattit sur le Dragão, seulement troublé par les chants nerveux des supporters. Mamadú s’élança le premier pour Vianense et transforma son tir avec autorité. Porto répondit immédiatement. Eli Patermeu, calme comme un vieux routier malgré son jeune âge, ajusta le gardien. Renato Pacheco fit de même, imperturbable. Les portiers se jaugeaient, les regards se croisaient, chaque pas vers le point de penalty semblait interminable.
Puis vint le moment de bascule. Leandro Sendão, pourtant irréprochable toute la saison, manqua sa tentative. Un frisson parcourut le banc de Vianense. Le Dragão crut sentir le vent tourner… mais Porto échoua également dans la foulée. Le sort hésitait, suspendu entre deux mondes. António, Gilson Silva, puis Victor Guimarães transformèrent leurs tentatives avec sang-froid, tandis que Porto avançait au même rythme, sans parvenir à décrocher l’avantage décisif.
Et puis survint l’instant fatal. Magomedov s’élança pour Porto. Le stade retint son souffle. La frappe fut puissante… mais le gardien de Vianense Bruno Santana plongea du bon cĂ´tĂ© et dĂ©tourna le ballon. L’explosion fut immĂ©diate. Les joueurs s’effondrèrent, les remplaçants envahirent la pelouse, AnĂbal GuimarĂŁes leva les bras vers le ciel avant d’être englouti par ses adjoints.
Vianense venait de s’imposer aux tirs au but, dans l’un des stades les plus hostiles du pays, au terme d’une finale irrespirable. Ce succès offrait au club un sixième trophée cette saison, un sextuplé historique qui dépassait tout ce que le football portugais avait connu jusque-là .
Sur la pelouse, AnĂbal resta quelques instants seul, le regard perdu vers les tribunes. Il savourait Ă peine. Très vite, son visage se referma, dĂ©jĂ happĂ© par l’horizon suivant. Dans quelques jours, une autre montagne se dresserait devant lui : la finale de la Champions League face au Napoli. Mais ce soir-lĂ , au cĹ“ur du DragĂŁo, Vianense avait Ă©crit une nouvelle page Ă©ternelle de sa lĂ©gende.


