Réponses aux lecteurs
@toopil toujours le plus important de renflouer le club !
@alexgavi Everton est pas qualifié cette saison
Par contre si on fait un bon parcours son seum sera beau.
@Rhino oui il manquera après j’ai encore plein de chouchous ![]()
@CaptainAmericka ravi de te faire chialer devant le récit ![]()
Sous le ciel dense et brĂ»lant de Seville, un parfum de fĂŞte planait sur le mythique Estadio Ramon Sanchez Pizjuan. Ce lieu chargĂ© d’histoire, théâtre des plus grandes joutes du football espagnol, accueillait pour la toute première fois la finale du Challenge UEFA–CONMEBOL, cette passerelle moderne entre les deux hĂ©misphères, entre deux mondes, deux Ă©coles de jeu, deux continents porteurs d’âme. D’un cĂ´tĂ©, le Club AtlĂ©tico LanĂşs, joyau de la banlieue sud de Buenos Aires, aurĂ©olĂ© de son triomphe en Copa Sudamericana. De l’autre, le SC Vianense, ce club du Minho devenu gĂ©ant, dĂ©barquĂ© en pĂ©ninsule ibĂ©rique avec l’étiquette de champion d’Europa League et l’aura grandissante d’un football portugais rĂ©inventĂ© par un homme : AnĂbal GuimarĂŁes.
La rencontre, disputée devant un public en feu mêlant chants criollos et drapeaux bleus venus du nord du Portugal, allait tenir toutes ses promesses. Car dès les premières secondes, les intentions étaient claires : pas de calcul, pas de prudence excessive, mais du jeu, de l’attaque, du panache. Et au milieu de ce chaos ordonné, c’est Vianense qui frappa le premier.
22e minute. Corner repoussé par la défense argentine, ballon gratté par Gilson au second rideau, puis redonné dans le bon tempo à João Tiba. Le grand défenseur central, monté sur l’action, leva la tête. Il vit l’appel de Sérgio Mata dans le dos de son vis-à -vis. Passe tendue. Contrôle parfait de l’ailier lusitanien qui, d’une feinte de frappe, effaça le dernier défenseur avant de placer le cuir au ras du poteau opposé. 0-1. L’élégance dans la fulgurance. Mata avait encore frappé.
Mais Lanús, bousculé mais jamais résigné, allait répondre. Leur pressing s’intensifia, leur jeu entre les lignes devint plus précis, et c’est à la 62e minute que la faille apparut. Ballon mal renvoyé par Marcos Paulo sur une ouverture diagonale. Pierroni, le meneur de poche argentin, jaillit comme un éclair, récupéra aux abords de la surface et arma une frappe tendue qui frôla les gants de Santana avant de faire trembler les filets. 1-1. Le stade chavirait.
Mais AnĂbal, fidèle Ă sa philosophie, ne renonça pas au jeu. Il fit reculer lĂ©gèrement Gilson pour mieux exploiter les espaces en transition. Et dix minutes plus tard, la rĂ©ponse fut limpide. 71e minute. PercĂ©e de Luis Almeida sur la droite, dĂ©bordement tonique, centre en retrait Ă ras de terre, parfaitement dosĂ©. ArrivĂ© lancĂ©, Gilson Silva frappa sans contrĂ´le. Un missile pur, tendu, qui vint lĂ©cher la lucarne gauche du portier argentin. 1-2. Vianense reprenait les devants. L’émotion de Gilson, en pleurs après le but, tĂ©moignait de l’intensitĂ© du moment. Pour lui, nĂ© Ă Fogo au Cap-Vert, marquer dans ce temple, c’était toucher les Ă©toiles.
Mais Lanús n’avait pas dit son dernier mot. Sur un temps fort argentin, à la 80e, Jonathan Muñoz profita d’un second ballon mal renvoyé après un corner pour ajuster Santana d’un tir croisé. 2-2. Les prolongations semblaient inévitables. Le public retenait son souffle.
Et pourtant, le football, dans toute son cruauté parfois poétique, allait offrir une fin de match improbable.
85e minute. Contre supersonique de Vianense mené par Emmanuel Adjei. Le Ghanéen, dans une course folle de quarante mètres, s’ouvrit une fenêtre de tir à l’entrée de la surface. Frappe lourde. Barre transversale. Le ballon rebondit, haut, très haut, avant de heurter violemment le dos de Maximiliano Diez, malchanceux défenseur central argentin, revenu en catastrophe. Le cuir glissa lentement, douloureusement, franchissant la ligne malgré les tentatives désespérées du gardien. 2-3. Silence abasourdi, puis rugissement des 2 000 Vianenses présents. Un but venu d’ailleurs. Un coup du destin.
AnĂbal GuimarĂŁes, stoĂŻque sur son banc durant tout le match, leva enfin les bras au ciel. Ce n’était pas leur match le plus maĂ®trisĂ©. Ce n’était pas leur plus grand chef-d’œuvre. Mais c’était une victoire, une de plus, une victoire dans un match de prestige, symbole d’un club dĂ©sormais Ă l’aise partout, contre tous.
Ce trophée – le premier du club dans cette jeune compétition intercontinentale – venait s’ajouter à une armoire à trophées déjà bien garnie. SuperTaça. Challenge UEFA–CONMEBOL. Deux sur deux. Une saison qui démarrait sur les mêmes bases que la précédente. Une saison qui sentait déjà l’histoire en marche.


