Réponses aux lecteurs
@Rhino c’est une question légitime. Tous le bordel autour de Lamar l’a épuisé. On peut le voir physiquement il a bien changé.
@Tiien @Rhino il a jamais entrainé en Angleterre en plus.
@CaptainAmericka c’est pas prévu pour l’instant mais qui sait.
@alexgavi mais en a t’il fini avec Vianense ? Voudrait il pas se consacrer à la sélection pour fini sa carrière ?
Un vent du nord soufflait sur le petit parking du centre d’entraînement du SC Vianense, soulevant des volutes de poussière et d’herbe sèche.
AnĂbal GuimarĂŁes referma le portail derrière lui, son sac en bandoulière, l’air fatiguĂ© mais la tĂŞte encore pleine de combinaisons tactiques et de visages de gamins obstinĂ©s. Il inspira profondĂ©ment, comme pour chasser les cris des entraĂ®nements, les Ă©chos du vestiaire, les doutes.
Il monta dans sa voiture. Le silence l’enveloppa un instant, avant qu’il ne tourne la clé. La radio grésilla, captant au hasard une station locale. La voix du journaliste claqua, sèche, coupant la musique :
« Flash info — tragédie au Qatar. un jeune footballeur portugais a été victime d’un grave accident de la route, ce matin, à Doha. Le joueur de vingt-trois ans est en réanimation avec pronostic vital engagé… »
AnĂbal fronça les sourcils. C’était le genre de nouvelles qu’il n’aimais pas entendre, surtout qu’il avait des connaissances Ă©voluant la-bas. Il appuya sur l’embrayage, prĂŞt Ă dĂ©marrer — puis sentit une rĂ©sistance sous son pied gauche. Quelque chose bloquait la pĂ©dale de frein.
Il se pencha. Une enveloppe blanche, froissée, presque collée contre le tapis de sol. Aucun nom. Aucun logo. À l’intérieur : une clé USB, noire, sans marque. Rien d’autre.
Le cĹ“ur d’AnĂbal battait plus fort. Il resta un instant immobile, la clĂ© posĂ©e dans sa main ouverte, les yeux perdus sur le pare-brise, avant de dĂ©marrer la voiture.
La route jusqu’à chez lui lui sembla interminable. Il roulait sans vraiment voir, une petite voix dans sa tête tournant encore et encore, comme un signal d’alarme mental..
Lorsqu’il entra enfin dans sa maison, le parfum familier du dîner et les rires d’enfants le ramenèrent à la réalité.
« Papa ! » s’exclama Beatriz, sa fille de dix ans, en accourant vers lui.
Elle se mit Ă raconter sa journĂ©e, ses copines, un dessin Ă l’école, mais AnĂbal n’écoutait qu’à moitiĂ©. La tĂ©lĂ©vision, dans le salon, attirait son attention.
Un bandeau rouge défilait au bas de l’écran :
“Le joueur portugais Vitoriano Pignatelli entre la vie et la mort suite à un accident à Doha.”
Il se figea. L’image du visage souriant du jeune homme s’afficha. Un souvenir le traversa; ce jour où il l’avait viré du club, après une dispute violente.
« Papa ? » murmura Beatriz, tirant doucement sa manche. Il tourna la tête vers elle.
« Qu’est-ce qu’il y a, chérie ? » lui répondit affectueusement son père
« C’est un monsieur, en sortant de l’école. Il m’a donné ça. Il a dit que c’était pour toi. »
Elle sortit de sa poche… une clĂ© USB. Identique Ă celle trouvĂ©e sous la pĂ©dale de frein. Le sang d’AnĂbal se glaça. Mais au mĂŞme moment, la porte d’entrĂ©e claqua.
Victor, son fils aîné, entra en trombe, son sac de sport jeté dans le couloir.
« Papa, t’as vu la nouvelle ? » AnĂbal hocha la tĂŞte vers la tĂ©lĂ©vision.
« - Oui… Vitoriano. »
« Non, pas lui. João Cardoso. » répondit Victor qui brandit son téléphone. « Il s’est pendu dans sa cellule, à Lisbonne. »
AnĂbal sentit ses jambes se dĂ©rober et s’effondra sur le canapĂ©. JoĂŁo Cardoso. Un autre proche du clan. L’entraineur des U19 de Viana jusqu’a peu. Celui qui avait trahi, celui qui avait vendu l’équipe Ă Lamar Jackson, sa nĂ©mĂ©sis. Deux morts. En une journĂ©e.
Quelques minutes plus tard, Yessica rentra du parc, les jumeaux endormis dans leur poussette. Elle posa les sacs, embrassa rapidement son mari, puis remarqua son air absent.
« AnĂbal, qu’est-ce qu’il se passe ? »
Il lui expliqua, confus, la clé, les nouvelles, les morts de Jackson et Cardoso, l’accident de Vito. Elle rangeait machinalement les affaires en l’écoutant quand un cri lui échappa.
« Quoi ? » demanda-t-il, sursautant.
Elle leva la main. Dans ses doigts, une troisième clé USB.
" Je l’ai trouvée dans le sac des jumeaux. Elle n’est pas à nous."
AnĂbal se prĂ©cipita, lui arracha presque la clĂ© des mains. Son souffle court, il monta Ă toute vitesse dans son bureau. Sur le bureau, il posa les trois clĂ©s cĂ´te Ă cĂ´te.
Ses mains tremblaient. Lorsqu’il les connecta à son ordinateur, un seul mot apparut sur l’écran :
“Fusionner.”
Il exécuta la commande. Un fichier unique se forma, lentement, ligne après ligne.
Nom du fichier : SUNNY_DAY.mp4. Il cliqua.
L’écran devint noir. Un léger grésillement. Puis une musique, ancienne, douce et terriblement anachronique :
« We’ll meet again
Don’t know where
Don’t know when
But I know we’ll meet again some sunny day… »
La voix de Vera Lynn résonna dans le silence de la maison.
Et, pour AnĂbal cette chanson ne pouvait signifier qu’une seule chose : c’est que son ancien ennemi Ă©tait toujours vivant, lĂ , quelque part dans l’ombre, prĂŞt Ă en dĂ©coudre une nouvelle fois … Ou alors il avait dĂ©cidĂ© de partir en hantant AnĂbal jusqu’au bout.
