Réponses aux lecteurs
@CaptainAmericka sur le plan sportif on est au max ! Hâte qu’on joue cette finale entre couilles portugaises. Lamar c’est pas un sujet

@Rhino l’effectif est concentré au max. La fin de saison est plus dure mais on gagne encore. Et on gagne enfin le championnat.
@toopil je l’a veut aussi.
@alexgavi et elle est pas encore finie. Va falloir finir en beauté pour FM26 ![]()
Les feuilles du mois de mai, encore timides, se balançaient mollement dans l’air tiède de Jamor. L’atmosphère était lourde, presque irréelle. Les nuages semblaient suspendus, comme s’ils avaient choisi d’attendre le dernier acte. Dans l’antique écrin du Estádio Nacional, Vianense et Benfica s’apprêtaient à livrer un combat de titans, une finale de Taça do Portugal qui ne se résumait pas à un simple match de gala.
Non. C’était un règlement de comptes à haute altitude, une revanche attendue, un épilogue de saison entre deux géants que tout opposait — la tradition contre l’élan, la domination contre l’ascension.
Et AnĂbal GuimarĂŁes, sur le bord de la pelouse, le regard droit, en Nike noir et bomber roi frappĂ© de l’écusson bleu et blanc, savait que ce n’était pas un match comme les autres. En face de lui, Andriy Shevchenko, digne et glacĂ©, portait la noblesse des champions dans le sang. 842 matchs sur le banc de Benfica.
Une lĂ©gende en veste anthracite, silencieuse, stratège comme un gĂ©nĂ©ral de l’ancienne Ukraine, regard d’acier plantĂ© dans celui d’AnĂbal.
Ils s’étaient tant de fois croisés. Ils savaient tous deux que cette finale serait une guerre d’ego, d’espace et de nerfs. Et dès le coup d’envoi sifflé, on comprit que ce match ne ferait aucun cadeau.
Les contacts furent rugueux, les duels tendus, le rythme frénétique. Et à la 59e minute, tout bascula. Dmytro Didenko, solide comme un bloc de granite, découpa littéralement Mamadú sur une sortie mal maîtrisée à hauteur de la ligne médiane. L’arbitre, sans trembler, sortit le rouge.
Benfica allait finir à dix. Mais paradoxalement, c’est dans cette minute de flottement que les Aigles piquèrent en premier. Sur un ballon gratté au milieu, Raul Calvo lança dans l’intervalle Tiago Luis, l’éternel revenant, 35 ans au compteur, qui surgit entre Carlos et Luvanor.
Un contrôle parfait, un crochet court pour effacer Vieitas sorti trop tôt… Et une frappe croisée du gauche, à ras de terre, qui transperça les filets. Benfica 1 – 0 Vianense. Minute 64.
Le banc rouge sauta. Shevchenko serra les poings. Le plan avait failli tomber à l’eau, il remontait à la surface. Mais Vianense, cette saison, n’avait jamais baissé la tête.
Deux minutes et quarante-neuf secondes plus tard, Adilson Gomes, le minot au regard brûlant, surgissait à l’angle de la surface après une remontée fulgurante. Il fixa son vis-à -vis, s’arrêta, fixa à nouveau… puis envoya un centre fuyant au second poteau. Sérgio Mata, récemment devenu international, qu’on disait sur le départ, reprit d’un intérieur du droit tout en maîtrise. La balle toucha le sol avant de heurter la barre et de finir au fond.
BOUM. 1 – 1.
Il leva les bras au ciel, les larmes aux yeux. Lui aussi voulait laisser une trace, avant de partir ? Il venait peut-ĂŞtre de sauver son empreinte au club.
Le temps passa, lent, vicieux. Les minutes ajoutées semblaient voler à Vianense ce qui lui était promis. Et puis, à la 92e minute, dans un ultime débordement, Marcos Paulo — 17 ans, fierté de l’académie, gauche soyeux — déborda côté fermé et distilla un centre chirurgical entre les deux centraux. Mamadú, au timing parfait, s’éleva dans les airs comme un archange. Sa tête fracassa la lucarne.
Le stade explosa. Le banc devint un champ de bataille d’embrassades et de cris.
Vianense 2 – 1 Benfica.
Au coup de sifflet final, AnĂbal GuimarĂŁes s’effondra sur ses genoux. Pas de douleur. Juste l’ivresse d’un rĂŞve devenu rĂ©alitĂ©.
Le SuperTaça. Le championnat. Et désormais, une troisième Taça d’affilée.
Un exploit rarissime dans l’histoire du football portugais.
Ses joueurs pleuraient. Hugo Viana serrait les poings. Le staff s’embrassait.
Et au loin, Shevchenko, impassible, lui envoya un regard plein de respect. Les deux coachs se donnèrent une accolade sincère et l’ukrainien promis à son homologue de livrer de nouvelles batailles dès la saison prochaine.
En confĂ©rence de presse, le champagne dĂ©goulinait encore sur son bomber.Mais AnĂbal, comme souvent, coupa court Ă l’émotion.
« On savourera plus tard. Il reste une finale. Une très grande finale. Porto nous attend. Et moi… je veux le trophée qui manque à notre armoire. »
Silence dans la salle. Personne n’osa dire un mot. Car tout le monde savait que si AnĂbal GuimarĂŁes voulait l’Europa League…
Il irait la chercher.


