Réponses aux lecteurs
@Tilo82 oui dommage mais Benfica est tellement au dessus ![]()
@CaptainAmericka plus que le Benfica a poutrer. J’espère les battre à la régulière sur la durée. Sequeira j’ai pas trop regardé mais il a reculé je crois dans sa carrière.
@Rhino on commence vraiment Ă ĂŞtre au top.
@Tiien espérons que ça dure.
La saison n’avait pas encore atteint son premier tournant qu’un parfum d’optimisme flottait déjà autour du Vianense. Le club, porté par une jeunesse insolente, avait démarré tambour battant, enchaînant victoires et prestations convaincantes. Le public vibrait devant les chevauchées d’Emmanuel Adjei, la vista de Francisco Maior, ou encore les montées rageuses de Victor Guimarães. La presse nationale s’émerveillait d’un Vianense au jeu total, symbole d’un renouveau lusitanien. Pourtant, derrière l’euphorie, une inquiétude sourde gagnait certains cadres, ceux qui avaient jadis porté le projet à bout de bras.
Luis Almeida et Sérgio Mata en faisaient partie. Les deux ailiers, longtemps les dynamiteurs du couloir, voyaient leurs minutes s’étioler semaine après semaine. Anibal, fidèle à sa philosophie, faisait tourner, donnait du temps aux jeunes, cassait les hiérarchies établies. Sur le papier, la concurrence devait stimuler chacun. Dans la réalité, elle réveillait aussi des frustrations.
Un soir, après une séance intense, Anibal convia les deux hommes dans son bureau. La lumière tamisée contrastait avec les cris des gamins qui jouaient encore sur le terrain d’entraînement. Le coach, assis derrière son bureau, les fixa longuement avant de parler d’une voix posée.
« Je sais ce que vous ressentez. Vous avez été mes armes offensives pendant des saisons entières, vous avez fait trembler les défenses et écrit des pages mémorables de ce club. Mais regardez autour de vous : Vianense grandit. Les jeunes frappent à la porte et je dois leur ouvrir, comme je vous ai ouvert la mienne autrefois. »
Luis Almeida hocha la tête. Ses yeux brillaient d’un mélange de respect et de reconnaissance.
« Mister, tant que vous comptez sur moi, je donnerai tout. Même si je joue moins, je suis prêt à me battre pour aider l’équipe. »
Anibal esquissa un sourire. Il savait qu’Almeida avait l’âme du soldat, prêt à sacrifier son confort pour le collectif. Sérgio Mata, lui, resta silencieux plus longtemps, les bras croisés, le regard fuyant. Puis il lâcha, d’un ton un peu sec :
« Je comprends, Mister. Mais moi, je n’ai pas envie de regarder ma carrière défiler depuis le banc. Je n’ai pas trente ans, je ne veux pas devenir un figurant dans cette histoire. »
Le coach le fixa, sans chercher Ă le convaincre davantage.
« Sérgio, tu es un joueur majeur. Tu l’as toujours été et tu le resteras si tu me fais confiance. Cette émulation, c’est ce qui nous permettra de viser plus grand. On a les moyens de marquer une génération, mais seulement si chacun accepte de jouer le jeu. »
La discussion dura encore de longues minutes, entre promesses, silences lourds et non-dits. Luis sortit du bureau apaisé, déterminé à se battre. Sérgio, lui, repartit songeur, la mâchoire crispée. Dans son esprit, l’idée d’une prolongation avec Vianense, évoquée depuis des mois, semblait désormais s’éloigner.
Les jours suivants, ses proches lui répétèrent qu’il avait le niveau pour briller ailleurs, dans un club où il serait une pièce maîtresse et non une option parmi d’autres. Et chaque fois que son nom disparaissait du onze titulaire, la graine du doute s’enracinait un peu plus.
À Viana, l’air restait euphorique, mais dans l’ombre, une fracture se dessinait. Car si les jeunes loups dévoraient tout sur leur passage, certains anciens lions n’étaient plus sûrs de vouloir rester dans la meute.
