Réponses aux lecteurs
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Dans les travées encore embaumées de fraîcheur de la toute nouvelle Arena do Viana, la tension était presque palpable ce soir-là. Un silence respectueux avait gagné le centre d’entraînement des Cavaleiros. Devant les écrans installés dans l’auditorium, dirigeants, staff, joueurs et quelques jeunes du centre de formation retenaient leur souffle. Le tirage au sort de la phase de poules de l’Europa League venait d’avoir lieu, et Vianense, novice à ce niveau, s’apprêtait à découvrir son sort.
Le verdict fut sans appel. Levski Sofia, Olympique Lyonnais, Bayern Munich, Atalanta, Qarabag, Celtic Glasgow, Real Sociedad et Shakhtar Donetsk. Un tirage d’une densité rare, presque cruel pour un club qui découvrait à peine les joutes européennes. Aníbal Guimarães, assis au premier rang, n’avait pas sourcillé. L’homme savait que ce genre de moment n’offrait jamais de répit aux nouveaux venus. L’Europe, ce n’était pas un conte de fées, c’était un rite initiatique, et Vianense s’apprêtait à en franchir le premier seuil.
Le Bayern. La Real. L’Atalanta. Trois clubs taillés pour la Champions League, trois styles, trois philosophies. Des voyages à haut risque, des confrontations où la moindre erreur se paierait cash. Et pourtant, au fond de la salle, Sergio Mata esquissait un sourire discret, le genre de rictus que seul un joueur impatient d’en découdre pouvait se permettre. À ses côtés, Pedro Tiba, dix-sept ans à peine, pianotait nerveusement sur son téléphone. Dans le groupe, tous avaient compris : ce n’était pas qu’une compétition, c’était une vitrine, une ascension, un test.
Le staff, lui, avait déjà commencé à bosser. Hugo Viana, directeur sportif aux nerfs d’acier, parlait de “groupe de la vie” plutôt que de “groupe de la mort”. Une manière habile de désamorcer la pression, de transformer l’impossible en tremplin. Car même si la qualification semblait un Everest, il y avait plus à tirer de cette aventure que de simples points. Chaque minute sur le terrain, chaque duel gagné, chaque soirée à l’étranger comptait double pour cette jeune meute qu’Aníbal avait forgée à l’image d’un football fidèle à ses principes : audacieux, formateur, fougueux.
Dans un coin de son nouveau vestiaire, Altair, désormais au Bayern mais toujours suivi avec émotion par les supporters, envoya un message au groupe WhatsApp des anciens. Il y glissa une phrase simple :
“Faites-moi rêver, mes frères.”
Et à Viana do Castelo, on commençait à croire que, même au cœur de l’Europe, les anges bleus pouvaient voler plus haut qu’on ne l’imaginait.