:storygreen: 🏈 :s25: Louisiana Lafayette Ragin Cajuns

*Ce rĂ©cit aura lieu sur Draft Day Sport College Football 20, un FM sur le College Football, l’ultra populaire niveau universitaire de football amĂ©ricain aux Etats-Unis. Grand fan de sport US, j’ai craquĂ© sur ce jeu durant le confinement et aprĂšs quelques parties de mon cĂŽtĂ©, j’ai dĂ©cidĂ© de monter un RDP dessus pour le forum.
Si vous n’ĂȘtes pas Ă  l’aise avec le football amĂ©ricain, pas de soucis, ce sera expliquĂ© dans les grandes largeurs tout au long de ce rĂ©cit.
Bonne lecture!

RÚgle du football américain

Football amĂ©ricain — WikipĂ©dia

1er janvier 2010, Rose Bowl 96, Pasadena, Californie.

Nous Ă©tions dans le 3Ăšme quart-temps d’un match disputĂ© entre les formations des Ducks de l’Oregon (7Ăšme au classement AP25) et des Buckeyes d’Ohio State (8Ăšme au classement AP25). Nous Ă©tions revenu dans le match aprĂšs un field goal de notre kicker Devin Baclay, et menions 19-17. La dĂ©fense avait fait le taff et nous avions la balle dans nos 42 yards, pour une troisiĂšme tentative Ă  seulement 3 yards de la nouvelle premiĂšre tentative. Il fallait avancer, on le savait tous et j’étais le premier concernĂ© Ă  ce moment-lĂ .

Je me prĂ©sente: DeMarcus Layola, 22 ans, senior (en 4Ăšme et derniĂšre annĂ©e) et running-back (celui qui coure avec la balle, un poste important en attaque). Originaire des quartiers mal famĂ©s de Milwaukee, dans le Wisconsin, j’ai Ă©chappĂ© au deal et aux petits larcins grĂące au football. Mes performances au lycĂ©e de South Milwaukee m’ont permis d’ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un des meilleurs prospects (espoirs) du pays et de recevoir une bourse de grandes universitĂ©s. Mon choix n’est pas allĂ© pour les Wisconsin Badgers (l’équipe de mon Etat de naissance) mais pour les Buckeyes d’Ohio State.
AprĂšs une premiĂšre saison 2006 Ă  jouer un rĂŽle secondaire dans mon Ă©quipe, j’ai pris le rĂŽle de premier running-back de l’équipe pour la saison suivante. Toujours haut placĂ© dans les classements, remportant toujours notre confĂ©rence de la Big Ten, l’équipe Ă©tait tout de mĂȘme sur 3 dĂ©faites de suite en off-season, avec deux dĂ©faites pour le titre national et une dĂ©faite au Fiesta Bowl la saison derniĂšre. Autant dire qu’on voulait tous mettre fin Ă  cette sĂ©rie trĂšs dĂ©shonorante pour un programme de notre stature.
J’étais devenu une vĂ©ritable star au pays, un des meilleurs running back universitaire grĂące Ă  ma vitesse et Ă  ma taille modeste (1m76) qui me permettait de me mouvoir au milieu des gĂ©ants de la trench, la zone d’affrontements entre les lignes offensives et dĂ©fensives. Tous les mĂ©dias me mettaient trĂšs haut dans la prochaine draft de la NFL et je me voyais dĂ©jĂ  sous les couleurs des Bills de Buffalo ou bien chez les Lions de DĂ©troit, qui avaient dĂ©jĂ  montrĂ© Ă©normĂ©ment d’intĂ©rĂȘt pour moi.

Mais pour le moment, il fallait aller chercher cette premiĂšre tentative dans un moment important du match. Il Ă©tait venu le temps de porter un gros coup aux Ducks de l’Oregon. La tactique fut rapidement annoncĂ©, mon quarterback Terelle Pryor annonçant un right sweep, c’est-Ă -dire une course de ma part vers la droite. Tout le monde comptait sur mes jambes de feu pour passer. J’étais bien dans le match et je savais que je pouvais faire le travail.

« Hut! Â» Le signal. Pryor reçut la balle et se tourna vers moi. Il me passa la balle directement sur mon torse et fit une feinte de passe vers la gauche. J’avais le ballon et accĂ©lĂ©ra aprĂšs le block de mon tackle droit. Il Ă©tait parfait et m’ouvrit la route vers la premiĂšre tentative. J’avais dĂ©passĂ© la ligne, le premier objectif Ă©tait rempli et maintenant il fallait aller chercher plus. La dĂ©fense s’était rapidement tournĂ© vers moi et je faisais face Ă  la secondary des Ducks.

Un coup sec
 Un black-out et un rĂ©veil en sursaut, le dos sur la pelouse du mythique Rose Bowl. Aucun souvenir de ce qui s’était passĂ© avant

Juste une douleur insupportable au genou gauche. TrĂšs vite, j’ai compris
 Le football amĂ©ricain est un sport incroyable mais qui demande un sacrifice physique de tous les instants. Le staff mĂ©dical des Ducks, l’équipe adverse Ă©tait dĂ©jĂ  autour de moi (j’étais proche de leur ligne) et ceux de mon Ă©quipe accourait dans ma direction. Je pouvais devenir au regard que tout le monde lançait dans ma direction que j’étais dans de beaux draps.

« -Ne regarde pas ton genou, kid. Â»

L’ordre venait d’un homme d’un certain Ăąge, dans un ensemble vert des Ducks. Il se voulait rassurant et on sentait l’expĂ©rience d’un homme habituĂ© Ă  soutenir des gamins dont la carriĂšre venait de prendre un tournant inattendu et pas forcĂ©ment positif.
Mais forcément, quand on demande de ne pas regarder
 Mon genou était en miette à en juger la direction que prenait la seconde moitié de ma jambe gauche.

Tout est allĂ© trĂšs vite ensuite. Je fus Ă©vacuĂ© sur civiĂšre, les deux Ă©quipes ainsi que le stade m’ont applaudi et je me souviens Ă  peine de quelques mots que Pryor m’a glissĂ© « On va gagner pour toi, t’inquiĂšte pas frĂšre Â».

Les Buckeyes d’Ohio State remportĂšrent le Rose Bowl 2010 26-17, dans un match marquĂ© par la superbe performance de Terelle Pryor mais aussi par ma blessure.
Rupture des ligaments croisĂ©s antĂ©rieurs gauche Ă  la suite d’un double plaquage terrible. Le safety des Ducks m’avait arrĂȘtĂ© en me plaquant en haut tandis que le linebacker qui me poursuivait m’a fauchĂ© par les jambes.
TrĂšs vite, mon draft stock est descendu en flĂšche. Un an d’arrĂȘt et de ce fait aucune Ă©quipe n’a voulu prendre un choix de sa draft pour recruter un jeune joueur dont on ne sait pas s’il remettra le pied sur un terrain.
Un an d’arrĂȘt
 Un an de rĂ©Ă©ducation pour ĂȘtre prĂȘt. Mais j’avais ratĂ© mon opportunitĂ© de rentrer par la Draft. Pourtant je n’avais pas abandonnĂ© mon objectif: jouer en NFL.

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La dramatique story! Tu restera sur college football ou tu passera sur l’autre opus?

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Arizona Cardinals Summer Camp 2011 Ă  Flagstaff, Arizona.

AprĂšs un an de rĂ©Ă©ducation, j’ai annoncĂ© mon retour aux affaires au printemps 2011. TrĂšs rapidement, j’ai reçu des offres de franchises NFL pour participer au summer camp, la prĂ©paration estivale d’avant-saison (avec 4 matchs amicaux au mois d’aoĂ»t). C’est un moment important dans la saison d’une franchise, car c’est le moment oĂč les joueurs reviennent dans leur franchise, oĂč les rookies pris Ă  la Draft doivent dĂ©montrer leur valeur et oĂč beaucoup de joueurs non-draftĂ©s sont testĂ©s (ce qui Ă©tait mon cas).
Mon choix se porta sur les Cardinals de l’Arizona, une Ă©quipe avec du potentiel et dans lequel je pouvais avoir ma place.

Mes sensations Ă©taient revenues et je pensais de plus en plus pouvoir faire ma place.

J’étais en concurrence avec deux running backs, draftĂ©s cet annĂ©e; Ryan Williams de Virginia Tech et Anthony Sherman de Connecticut. Dans un autre univers, la question ne se serait pas posĂ©, mais voilĂ  j’étais un joueur qui revenait d’une grave blessure et qui devait prouver qu’il avait sa place parmi les grands.

Le coach Whisenhunt avait décidé que je jouerais le deuxiÚme et le quatriÚme match de la pré-saison.
AprĂšs une premiĂšre victoire de l’équipe contre les Raiders d’Oakland, c’était mon tour contre les redoutables Packers de Green Bay, champion en titre. Un bon match de ma part avec 97 yards Ă  la course en 14 tentatives et un TD (plus 2 rĂ©ceptions et 8 yards), mais une dĂ©faite Ă  l’arrivĂ©e. NĂ©anmoins, le coach semblait avoir apprĂ©ciĂ© ma performance et m’a confiĂ© qu’il comptait sur moi pour la saison Ă  venir.
Mais les vĂ©ritĂ©s du jour ne sont pas toujours celles du lendemain. Lors du quatriĂšme et dernier match de la prĂ©-saison contre les Denver Broncos, j’ai fumble (fait tomber la balle) et la balle a Ă©tĂ© perdu lors de ma 4Ăšme tentative Ă  la course (aprĂšs 18 yards Ă  la course dans le match). Une vraie dĂ©ception, surtout quand le coach a dĂ©cidĂ© de ne pas me remettre dans le match ensuite. J’ai assistĂ© Ă  notre seconde victoire de la prĂ©-saison depuis le banc et j’attendais avec crainte le fameux cut day, c’est-Ă -dire le lendemain de la derniĂšre journĂ©e des matchs de prĂ©-saison, durant lequel les 32 franchises doivent passer des 75 joueurs des summer camp aux 53 joueurs qui feront la saison. Une situation impossible Ă  vivre pour tous les joueurs qui savent trĂšs bien qu’ils sont sur la sellette. Seules les stars et les joueurs avec un contrat garanti dorment tranquillement ce jour-lĂ .
Pour tous les autres, c’est l’attente d’un coup de fil pour annoncer la terrible nouvelle.

« You’re cut DeMarcus. »

Un message froid et direct. Mon rĂȘve de NFL s’est Ă©croulĂ© le 2 septembre 2011, comme de nombreux autres joueurs.
Lors de l’interview du coach, pour expliquer les choix de cut, la dĂ©cision de me couper a Ă©tĂ© prise aprĂšs ma performance de la veille mais aussi le trĂšs bon niveau des deux jeunes rookies. Aussi, les mĂ©decins ont dĂ©tectĂ© un nouveau problĂšme au niveau du genou gauche.
J’étais dĂ©vastĂ© et en colĂšre. Je pensais avoir la confiance du coach et personne n’est venu me parler de mes soucis de santĂ©. J’avais un peu mal parfois au genou gauche mais les mĂ©dicaments contre la douleur qu’on me donnait attĂ©nuait la douleur.

AprĂšs cet Ă©chec, j’ai reçu une proposition pour entrer dans le training roster des Buccaneers de Tampa Bay, en Floride. Faire parti du training roster veut dire qu’on ne jouera pas de la saison mais qu’on fait parti de l’entraĂźnement et qu’on reçoit un salaire pour cela. Aussi on peut se faire remarquer au cours de la saison et se voir proposer un contrat pour devenir un joueur Ă  part entiĂšre
 Ă  moins de ne pas passer le cut comme ce fut le cas au cours de la prĂ©-saison 2012. Toujours pareil, mes soucis au genou gauche semblait ne pas vouloir me quitter.
Encore une fois, j’ai trouvĂ© une place dans un training roster aux Seahawks de Seattle, dans l’Etat de Washington. Le voyage continuait et je ne fus pas conservĂ© Ă  l’issue de la saison 2012.
Un autre summer camp en 2013 avec les Titans du Tennessee. Cette fois-ci, j’ai Ă©tĂ© conservĂ© dans l’effectif mais je n’ai eu qu’un rĂŽle mineur dans l’équipe: punt returner, c’est Ă  dire que je devais retourner les coups de pieds de dĂ©gagement pour remonter le terrain.

Ça c’était les grands moments en punt return.

Pour ma part: une saison moyenne avec 426 yards parcourus en retour de punt, mais aucun TD pour moi. Durant le printemps 2014, on me signifia que mon contrat serait coupé.

Ainsi, aprĂšs 3 saisons Ă  Ă©cumer la NFL, je dĂ©cida de laisser derriĂšre moi ma carriĂšre de joueur et retourna dans mon quartier de naissance. Pour aider, comme mes coachs dans mes jeunes annĂ©es, les jeunes du quartier Ă  s’en sortir.

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South Milwaukee High School, 16 novembre 2018.

VoilĂ  maintenant 2 ans que j’étais le coach principal de l’équipe de South Milwaukee, mon ancienne Ă©quipe lycĂ©enne.
Au dĂ©but de l’annĂ©e 2014, j’avais posĂ© mes affaires dans le sud de la plus importante ville du Wisconsin, un Etat perdu au nord des Etats-Unis, pour devenir coach. J’ai approchĂ© mon ancien lycĂ©e et ils ont acceptĂ© de me donner un rĂŽle dans le coaching staff. J’ai d’abord commencĂ© en tant que coach des running backs (mon ancien poste) et en tant que mentor des jeunes. Mon expĂ©rience en College Football et aussi (malgrĂ© tout) en NFL Ă©tait trĂšs utile pour tous ses jeunes joueurs. La saison lycĂ©enne se dĂ©roulait d’aoĂ»t Ă  novembre et le reste de l’annĂ©e on Ă©tait auprĂšs des jeunes pour les aider Ă  rĂ©ussir leur annĂ©e et Ă  bien se prĂ©parer physiquement. Parmi eux, il y avait de toutes les origines sociales et ethniques. Je me retrouvais aussi bien dans le fils de redneck que dans le petit black des quartiers dĂ©favorisĂ©s de Cream City. Ils avaient tous envie d’apprendre et de rĂ©ussir, que ce soit dans leurs Ă©tudes ou dans le football. Pour certains, le football Ă©tait le moyen d’atteindre une bourse d’études dans une grande universitĂ©, ce qui aurait impensable sinon tant les coĂ»ts d’études sont Ă©levĂ©s dans ce pays.

AprĂšs deux saisons en tant que coach des running backs, je suis passĂ© coach de l’attaque pour la saison 2016 avant de me voir proposer le poste de coach principal Ă  seulement 29 ans.

Les résultats du lycée lors de mes trois premiÚres saisons:
2014: 8-2 (défaite au premier tour des play-offs contre Waterford).
2015: 4-5
2016: 3-7

Ma premiĂšre saison en tant que coach principal n’a pas Ă©tĂ© facile, avec de nombreux blessĂ©s et aussi mon inexpĂ©rience dans les moments chauds. On termine avec un bilan de 3 victoires pour 6 dĂ©faites.
La seconde saison fut plus intĂ©ressante, puisqu’on termine avec un bilan de 5-4 et une qualification pour les play-offs Ă  l’arrachĂ©e. Je commençais Ă  prendre goĂ»t au fait d’ĂȘtre le coach principal et mener mon bataillon de jeunes au combat Ă©tait sacrĂ©ment excitant. Surtout que le message Ă©tait passĂ© auprĂšs d’eux et je pouvais dĂ©velopper mon jeu basĂ© sur une course solide pour permettre ensuite Ă  la passe de se mettre en place. J’étais content de ce qu’on produisait sur le terrain et malgrĂ© notre dĂ©faite au premier tour des play-offs, j’étais confiant pour la suite, avec un groupe de jeunes attachants qui arrivaient Ă  son annĂ©e de terminales.

Ce 16 novembre, on terminait la saison avec un match honorifique contre Whitefish Bay pour la Milwaukee Axe, un trophée qui récompense la meilleure équipe de la ville. Un titre honorifique mais qui donnerait une autre saveur à la saison.
Le match avait commencĂ© sur les chapeaux de roues, avec 3 TD dans le premier quart-temps. C’était simple, facile, et notre meilleur match de la saison qui se dĂ©roulait sous mes yeux. Je n’avais rien Ă  faire quasiment, tous mes calls de tactiques qui passaient les uns aprĂšs les autres. Un rĂ©gal. J’en profitais pour regarder un peu le public dans la grande tribune derriĂšre nous. J’avais l’impression qu’on m’épiait grandement. Un peu trop mĂȘme
 J’eus rapidement la rĂ©ponse Ă  ma question: les yeux en question Ă©taient ceux d’un homme qui dĂ©notait complĂštement dans la foule. Il n’avait pas l’attitude des gens du Nord, habituĂ©s au climat rugueux du Wisconsin. Non, il semblait plutĂŽt venir du Sud, en tĂ©moignait la grosse doudoune qu’il portait sur le dos et la façon dont il Ă©tait emmitouflĂ© dans son Ă©charpe. Il ne faisait pas si froid pourtant.

On a remportĂ© le match 48-24, grĂące Ă  une trĂšs bonne premiĂšre mi-temps et on a gagnĂ© le droit de brandir la Milwaukee Axe. Tous mes gamins Ă©taient en train de fĂȘter le titre avec leurs camarades quand je me dirigeais vers les vestiaires.

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C’est alors que le fameux homme en question m’interpella:

« -Monsieur Layola?! »

Son accent confirmait mes pensĂ©es: il n’était dĂ©finitivement pas du coin, encore moins du Nord des Etats-Unis.

« -Je me prĂ©sente: Mario Moccia, directeur athlĂ©tique des New Mexico State Aggies  »

« Les Aggies de New Mexico State? » pensais-je
 Une Ă©quipe de la premiĂšre division universitaire de football amĂ©ricain, la FBS.

C’est ainsi que mon aventure vers le College Football commença, par une simple discussion au milieu d’un couloir Ă©troit d’un lycĂ©e du Wisconsin.

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Il y a main la? :thinking: :joy: :joy: :joy: :joy: :joy: :joy: :joy: :joy: :joy:

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Pas mal cette petite story foot US ça Ă  l’air bien intĂ©ressant.
J’en ai fait durant quelques annĂ©es et ça fait plaisir que tu propose ce type de story :wink:

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Bien la story foot us, au vue de mon amour pour ce sport je vais suivre passionnément :+1:

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8 janvier 2019, Las Cruces, New Mexico.

Je n’avais jamais connu ça, un grand soleil en dĂ©but d’annĂ©e. HabituĂ© au climat rugueux du Nord, c’était la premiĂšre fois que je venais sous ses latitudes durant l’hiver (j’avais connu l’Arizona durant l’étĂ© mais je n’étais pas restĂ© quand l’hiver Ă©tait venu). Un bon point si je dois m’installer ici, pensais-je.

Mario Moccia Ă©tait sur le parking, devant le grand bĂątiment qui occupait la tribune sud du Aggie Memorial Stadium. Il s’amusa quand je lui fis remarquer qu’il faisait Ă©trangement bon pour un 8 janvier.

« -Vous allez devoir vous y habituer DeMarcus. »

Quelques semaines plus tĂŽt, Mario m’avait fait part de sa volontĂ© de faire de moi le nouveau head coach des Aggies de l’universitĂ© d’Etat du Nouveau-Mexique. Il avait dĂ©cidĂ© de remercier Doug Martin, coach depuis 7 saisons, pour repartir avec un jeune coach aux dents longues.
Il disait avoir Ă©tĂ© impressionnĂ© par mon parcours universitaire et qu’il avait Ă©tĂ© choquĂ© par ma blessure lors du Rose Bowl, neuf ans auparavant.

« -T’as une carriĂšre Ă  reprendre mon grand, et tu vas pouvoir te rappeler au reste du monde avec nous. »

Les Aggies de New Mexico State n’ont jamais Ă©tĂ© un grand programme de la FBS, la plus haute division de football universitaire.
Seulement quatre titres de conférences (1938, 1960, 1976, 1978), quatre participations à un bowl (3 victoires pour une défaite). Le bilan historique de cette équipe était de 436 victoires pour 649 défaites, avec 30 matchs nuls. Un petit programme qui avait connu deux grandes périodes:

  • les annĂ©es 20 et 30, avec notamment une saison invaincue en 1923 et un match nul contre la puissante Ă©quipe des Hardin-Simmons Cowboys lors du Sun Bowl 1936.
  • les saisons 1959 et 1960, avec deux victoires au Sun Bowl, dont la deuxiĂšme qui conclut une saison invaincue et qui termine Ă  la 17Ăšme place du classement AP25 qui dĂ©finit les 25 meilleures Ă©quipes du pays. Le plus haut classement de l’histoire du programme dans son histoire.

AprĂšs la saison 1960, c’est une longue et lente agonie, avec une petite embellie en 1976 et 1978, et une sĂ©rie incroyable de 57 ans sans participer Ă  un bowl. Cette sĂ©rie dĂ©shonorante a pris fin en 2017 oĂč les Aggies ont participĂ© Ă  l’Arizona Bowl contre Utah State. Un match incroyable avec une victoire dans les prolongations, alors que personne ne donnait cher de leur peau.
Mais cette incroyable victoire n’a pas eu les lendemains espĂ©rĂ©s et aprĂšs avoir quittĂ© la Sun-Belt Conference pour devenir indĂ©pendant, les Aggies ont terminĂ© avec un triste bilan de 3 victoires pour 9 dĂ©faites.
C’est la raison pour laquelle Mario veut relancer le programme en proposant les rĂȘnes Ă  un jeune coach qui a les dents longues comme moi.

Pour en savoir plus sur les Aggies

New Mexico State Aggies football - Wikipedia

Une dĂ©cision difficile Ă  prendre. Les Aggies sont un petit programme et il peut ĂȘtre pĂ©rilleux de mener ce genre de barque, car la noyade est possible Ă  tous les instants. Mais le directeur athlĂ©tique m’a promis que j’aurais aucune pression sur le rĂ©sultat.
J’en ai parlĂ© avec mes jeunes de South Milwaukee et ils m’ont tous soutenu: c’était une opportunitĂ© Ă  ne pas louper et ils espĂ©raient que je rĂ©ussirais Ă  me faire une place dans le College Football.
Ainsi j’ai dĂ©cidĂ© d’accepter l’offre de Mario Moccia.

Ce dernier me fit entrer dans le stade. D’entrĂ©e j’ai Ă©tĂ© marquĂ© par sa simplicitĂ©. C’était un stade rond comme on trouve beaucoup dans le pays. Mais j’aime ce genre de stade, qui respire l’authenticitĂ© et qui porte une histoire.

30000 places, une tribune herbeuse d’un cĂŽtĂ©, pas de toit. On ne se sentait pas oppressĂ© sur le terrain et je pouvais dĂ©jĂ  imaginer l’ambiance chaleureuse, entre les barbecues d’avant matchs sur le parking, les Ă©tudiants qui viennent supporter leur Ă©quipe et les familles qui viennent passer un bon moment dans ce stade qui Ă©tait la fiertĂ© de la ville de Las Cruces.
Cette derniĂšre se trouvait Ă  quelques kilomĂštres de la frontiĂšre mexicaine, mais aussi de la frontiĂšre texane. C’était une grande ville au milieu du dĂ©sert, habitĂ©e par 100000 personnes.

Mario Moccia m’expliqua un peu l’ambiance ici, les valeurs des habitants et de l’équipe
 Mais aussi qu’il y avait deux matchs Ă  gagner Ă  tout prix chaque saison: la rivalitĂ© contre les New Mexico Lobos pour la suprĂ©matie dans l’Etat, et contre les Miners d’UTEP, l’universitĂ© d’El Paso dans le Texas (pas trĂšs loin d’ici).
Il m’a aussi donnĂ© les ambitions qu’il avait avec moi Ă  sa tĂȘte:

  • redevenir une Ă©quipe capable de jouer des bowls chaque annĂ©e
  • intĂ©grer la confĂ©rence de la Mountain West, dans laquelle se trouve les New Mexico Lobos d’ici 10 ans
  • intĂ©grer une confĂ©rence Power 5 (les 5 confĂ©rences les plus puissantes de la FBS) d’ici 20 ans (prĂ©fĂ©rence pour la Pac-12 ou la Big XII).

Une mission difficile mais il m’a signifiĂ© que je ne serais jamais menacĂ© Ă  mon poste.

« - Avant vous, on était nul, si avec vous on le reste ça changera rien. »

Il Ă©clata de rire avant de m’emmener dans son bureau. Ma nouvelle aventure allait dĂ©buter.

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Yo!
La longue introduction à mon récit est terminée et au prochain post, on pourra rentrer dans le vif du sujet.
Mais avant, je vais vous raconter un peu comment fonctionne la FBS, la premiĂšre division du football universitaire, une sorte d’anti-chambre de la NFL oĂč tous les futurs joueurs font leurs preuves.

Il y a 130 Ă©quipes dans cette division
 Oui 130!!! :fearful: :fearful: :fearful:

Mais pas de panique.

Parmi ses 130 Ă©quipes, il y a actuellement 6 Ă©quipes qui ne font partie d’aucunes confĂ©rences (les Aggies en font parti!).
Les 124 autres équipes sont donc partagées parmi 10 conférences. Ce sont ces conférences qui définissent beaucoup de choses pour les équipes.
Un calendrier d’une Ă©quipe se composent de 12 matchs, de septembre Ă  fin novembre. Chaque Ă©quipe doit jouer 4 Ă©quipes qui ne sont pas de sa confĂ©rence (ce sont souvent des choix de chaque Ă©quipe) et joue ensuite 8 matchs contre les Ă©quipes de sa confĂ©rence.
A part la Big XII, toutes les confĂ©rences sont divisĂ©es en deux divisions, ce qui fait que chaque Ă©quipes doit jouer toutes les Ă©quipes de sa division et ensuite jouer 2 ou 3 Ă©quipes de l’autre division (ça tourne chaque annĂ©e).
Deux bilans sont Ă  prendre en compte: le bilan global (les 8 matchs de confĂ©rence et les 4 matchs) et le bilan de confĂ©rence. C’est ce dernier qui compte pour dĂ©finir le classement dans chaque division.
Ensuite, début décembre les deux premiers de chaque division se jouent dans un match pour le titre de conférence.
Fin dĂ©cembre enfin, durant les vacances (ça commence souvent vers le 20 dĂ©cembre) et jusqu’à la premiĂšre semaine de janvier, on a la saison des bowls qui sont des matchs de gala. Il y a des bowls trĂšs prestigieux (Cotton, Rose, Peach, Sugar, Fiesta et Orange) qui sont jouĂ©s lors du 1er janvier, et d’autres beaucoup moins prestigieux (Bahamas Bowl par exemple). Chaque bowl a ses propres critĂšres de sĂ©lection et invitent les deux Ă©quipes qui se battront pour son titre selon ses derniers.

Comment participer Ă  un bowl? Il faut tout simplement atteindre les 50% de victoires sur une saison (c’est-Ă -dire 6 victoires). Parfois, il arrive que des Ă©quipes en 5-7 soient invitĂ©es s’il n’y a pas assez d’équipes qui valident ses critĂšres.

VoilĂ  pour le fonctionnement de la saison.

Mais comment définir le champion national, le meilleur programme du pays?
Cela a longtemps Ă©tĂ© la grande question du football universitaire. Vu que les 130 Ă©quipes ne se jouant pas toutes sur une saison, que certains ont des confĂ©rences plus simples que d’autres
 Alors les amĂ©ricains ont dĂ©cidĂ© de crĂ©er un top 25 des meilleurs programmes de la saison. Ce classement, dont le principal est tenu par l’AP Press, est crĂ©Ă© avec Ă©normĂ©ment de critĂšres: nombres de victoires, forces des adversaires affrontĂ©s, Ă©cart des scores
 Tout est calculĂ© pour dĂ©finir une hiĂ©rarchie.
Avant, on estimait que le numĂ©ro un de ce classement Ă©tait le champion national (c’était souvent dĂ©fini aprĂšs une victoire importante dans un grand Bowl). Puis on a dĂ©cidĂ© de crĂ©er un match pour le titre entre les deux premiers du classement.
Depuis 2013, c’est le systĂšme du CFP qui est mis en place: les 4 meilleures Ă©quipes du pays aprĂšs les finales de confĂ©rences participent Ă  des play-offs (1 vs 4 et 2 vs 3) et les deux vainqueurs s’affrontent en finale.
Ce systĂšme a permis de crĂ©er une meilleure hiĂ©rarchie et le champion national est un peu moins contestĂ© mĂȘme si le systĂšme n’est pas parfait et on estime parfois que ce ne sont pas toujours les plus mĂ©ritants qui font partie des 4 demi-finalistes, le prestige comptant beaucoup dans la tĂȘte des votants.

Pour finir, il y a 5 conférences trÚs puissantes, qui font parti du Power-5. Il est trÚs compliqué pour une équipe qui ne fait pas parti de ce groupe de se hisser en play-offs.
Le Power-5:
ACC (l’est)
SEC (le sud-est)
Big 10 (le nord)
Big XII (le mid-west et le Texas)
Pac-12 (l’ouest)

Celles qui sont hors du Power-5:
AAC (l’est)
MAC (la région des grands lacs)
Sun Belt (le sud-est)
USA (l’est et le sud-est)
MW (l’ouest)

Voilà pour ce grand pavé.

Si vous voulez comprendre un peu plus, voilà le récap de la saison qui vient de se terminer.

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Du coup elles affrontent qui elles veulent?

Exactement. AprĂšs elles ont des confĂ©rences de prĂ©lidection, par exemple Notre Dame qui est trĂšs solide va pas jouer contre des Ă©quipes de petites confĂ©rences. Les Aggies jouent pas mal d’équipes de la USA ou de la Sun-Belt (leur ancienne confĂ©rence qu’ils ont quittĂ© en 2018)

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27 avril 2019, Las Cruces, New Mexico.

Le soleil commençait Ă  dĂ©cliner dans la plaine de Las Cruces. Les jeunes gens en Ă©quipement de football amĂ©ricain Ă©taient en train d’effectuer les derniers Ă©tirements, aprĂšs un entraĂźnement trĂšs intense.
On Ă©tait Ă  la fin de la deuxiĂšme semaine des Spring Training, la pĂ©riode de remise en forme des Ă©quipes universitaires. C’était le moment oĂč les freshman, c’est-Ă -dire les premiĂšres annĂ©es, faisaient leurs preuves et essayaient de marquer les esprits, tandis que les seniors, les derniĂšres annĂ©es, profitaient de ces moments au maximum. C’est un moment important dans la construction d’une saison, puisqu’on remet les corps en place, on forme les nouveaux au playbook (le plan de jeu, lĂ  oĂč toutes les tactiques de l’équipe sont consignĂ©es) et on forme un groupe qui devra ĂȘtre uni et solidaire.

Les jeunes ont d’abord Ă©tĂ© surpris Ă  l’annonce de ma nomination. En effet, ils pensaient repartir avec leur ancien coach et certains ont Ă©mis des doutes sur mon Ăąge (seulement 31 ans, j’étais le head coach le plus jeune de la FBS). La plupart des gamins ici n’avaient pas connu mes exploits, il y a maintenant dix ans. PremiĂšrement car ils Ă©taient jeunes mais aussi car ils sont tous originaires du SouthWest, entre Nouveau-Mexique, Arizona, Nevada et Texas, et que leurs Ă©quipes favorites Ă©taient celles du coin.
Mais la confiance est arrivĂ©e assez rapidement, et dĂ©sormais je faisais parti de la famille. MĂȘme si je savais que seuls les rĂ©sultats allaient dire si j’étais Ă  ma place ici.

Je faisais un tour de l’effectif. On pouvait pas dire que j’avais une grande Ă©quipe, loin de lĂ . Il n’y avait aucun prospects 4 Ă©toiles, et les meilleurs joueurs Ă©taient sur leur derniĂšre annĂ©e. ConcrĂštement aucun d’entre eux ne peut espĂ©rer ĂȘtre pris dans une Ă©quipe NFL, mĂȘme dans un roster d’entraĂźnement.

Note de l'auteur pour expliquer le statut des Ă©tudiants-athlĂštes:

PremiĂšrement ils ne sont pas payĂ©s et il est interdit pour eux de recevoir de l’argent, que ce soit d’amis, de sponsors ou de l’universitĂ©.
Les joueurs sont classés selon leur année:
1Úre année: Freshman
2Úme année: Sophomore
3Úme année: Junior
4Úme année: Senior

Les joueurs ne sont autorisĂ©s Ă  se prĂ©senter Ă  la Draft qu’à partir de leur troisiĂšme annĂ©e. Une autre particularitĂ© existe en NCAA: le redshirt. Un joueur redshirt ne peut pas jouer durant une annĂ©e, mais il participe Ă  la vie de l’équipe sans consommer son annĂ©e. En gros un joueur redshirt peut donc faire 5 annĂ©es dans une Ă©quipe. C’est une façon de protĂ©ger un jeune joueur qui vient d’arriver mais qui n’est pas encore prĂȘt pour le niveau universitaire.

Enfin j’ai parlĂ© de « prospects 4 Ă©toiles » plus haut: les joueurs au lycĂ©e sont classĂ©s chaque annĂ©e au moment de leur derniĂšre annĂ©e avec des Ă©toiles. Les meilleurs sont 5 Ă©toiles, ensuite on a les 4 Ă©toiles, puis 3, puis 2 et puis 1. Vous avez compris, un joueur 1 Ă©toile est trĂšs loin dans les classements des meilleurs lycĂ©ens. Les grands programmes se partagent les 5 Ă©toiles, alors qu’un programme comme le nĂŽtre va plutĂŽt attirer des 3 Ă©toiles ou des 2 Ă©toiles du coin.





Un aperçu de l’effectif au complet. Il va falloir faire des choix sur les joueurs qui seront titulaires et ceux qui seront redshirt pour cette saison. C’est un choix difficile Ă  faire, car l’effectif est assez homogĂšne (mais pas forcĂ©ment dans l’excellence).

VoilĂ  ma depth chart (ma composition) pour l’attaque. Bartholomew sera mon QB1 mais les places devront ĂȘtre chĂšrement dĂ©fendues et Buckley aura sa chance, tout comme McCune. Je suis aussi satisfait du reste de l’attaque mĂȘme si le cĂŽtĂ© droit de ma ligne offensive, qui doit dĂ©fendre le QB, est un peu plus faible.

Au niveau de la dĂ©fense, c’est surtout chez les CB (qui doivent dĂ©fendre les ailes) que j’ai de la qualitĂ©, ainsi que la DL (qui doit attaquer le QB adverse). Par contre, le fond de ma dĂ©fense laisse Ă  dĂ©sirer.

La Special Team, le repaire des nerds avec nos kickers et punters qui doivent marquer et dĂ©gager le ballon au pied. Un rĂŽle ingrat mais central dans une Ă©quipe. Pour le coup j’ai des bons joueurs qui feront le taf Ă  ce rĂŽle. Quant au retour de coups de pieds, j’ai mis les joueurs les rapides et les plus agiles.

Et voilĂ  l’analyse qu’ESPN fait sur mon profil. Il considĂšre que j’ai la personnalitĂ© pour entraĂźner et que je serais plutĂŽt un coach offensif qui saura tirer le meilleur des joueurs Ă  skill, c’est-Ă -dire les receveurs et les coureurs (ceux qui doivent faire avancer le ballon). Je suis assez d’accord avec cette analyse, en espĂ©rant pouvoir m’amĂ©liorer dans le domaine de la dĂ©fense pour devenir un coach complet.

Mon approche sera sur la course et sur un jeu agressif. On a pas le matos pour contrĂŽler le rythme d’un match donc autant tout donner et agresser l’adversaire Ă  tout-va. C’est mes dĂ©buts en coach et j’aurais le temps de dĂ©velopper un jeu plus mature.

Calendrier 2019

Le calendrier pour cette premiÚre saison. Il est assez équilibré.

Matchs qui apparaissent simples: New Mexico, Liberty, UTEP.
Matchs qui apparaissent impossibles: Penn State, Alabama, Washington State, Air Force.

On va jouer 2 Ă©quipes classĂ©es dans les trois premiĂšres semaines et enchaĂźner avec une belle Ă©quipe de Pac-12. Ensuite c’est des Ă©quipes qu’on peut accrocher, avant de finir la saison avec deux outsiders pour la saison Ă  venir. J’estime qu’on peut gagner 4 Ă  6 matchs, mais le dĂ©but de saison sera compliquĂ© car Ă  part le derby de New Mexico, on joue du trĂšs gros calibre.

Message Recrutement

Enfin, les espérances de la cellule de recrutement sont assez basses: on peut recruter 22 joueurs pour la saison prochaine, mais on risque de recruter du fond de panier au vu de la taille modeste de notre programme.

VoilĂ  tout ce que j’ai dans mes pensĂ©es au moment de mener ce Spring Training. Les mĂ©dias nous voient au-delĂ  de la 100Ăšme place dans le classement des franchises et on risque d’y rester. Mais l’objectif est de grandir Ă  notre rythme. On aura le temps de devenir un programme respectĂ© mais il faut prendre le temps.

Ma premiùre saison va bientît commencer et l’excitation est grande!

4 J'aimes

T’as quand mĂȘme des postes trĂšs fourni et d’autres plus faibles mais sur quoi se basent les Ă©toiles? Puisque, visiblement, c’est pas sur la notation Overall

T’es un coach offensif mais meilleur pour entrainer les lignes dĂ©fensives, c’est beau :kappa:

Y’a t’il un impact sur les infrastructures dans ce jeu ou pas d’ailleurs?

Sinon je table sur 6 Victoires en 12 matchs (T’as dĂ©jĂ  1W semble t’il en plus)

@BlackRabbit85: les Ă©toiles ce sont les classements du joueur selon les scouts, les fameuses Ă©toiles. Un joueur 3 Ă©toile est estimĂ© moins fort qu’un joueur 4 Ă©toile, mĂȘme s’il peut avoir un meilleur overall. Quand on recrute, cela indique Ă  peu prĂšs le niveau du joueur (mĂȘme s’il faut aussi regarder son classement dans les recrues puisque les 3 Ă©toiles ça va du 200Ăšme meilleur lycĂ©en au 2000Ăšme en gros).
Pour la ligne dĂ©fensive, c’est surtout car c’est tellement important dans le football moderne maintenant. Pas d’impact sur les infrastructures, c’est un truc qu’ils devraient ajouter au prochain opus. Et bien vu pour la petite coquille, j’avais oubliĂ© de prendre le calendrier alors que j’avais lancĂ© la saison :sweat_smile:

Mercredi 15 janvier 2020, Las Cruces, New Mexico.

J’étais dans mon bureau, qui surplombe l’Aggies Memorial Stadium. Les mains occupĂ©es Ă  faire tourner un stylo au-dessus de la table, mĂąchouillant Ă©nergiquement un chewing-gum, je prenais un moment pour repenser Ă  la saison qui venait de s’écouler, ma toute premiĂšre en College Football. Elle n’avait pas Ă©tĂ© de tout repos et si j’avais Ă©tĂ© optimiste et prĂȘt Ă  en dĂ©coudre au dĂ©but, j’ai eu beaucoup plus de mal que je ne le pensais Ă  ĂȘtre efficace dans mon coaching.

Calendrier

La saison avait pourtant si bien commencĂ© avec une victoire convaincante sur les voisins d’Albuquerque, les New Mexico Lobos. En remportant le Rio Grande Game (aussi nommĂ© la Bataille de l’I-25, le nom de la route qui relie Las Cruces et Albuquerque), j’avais dĂ©jĂ  rempli un des objectifs de la saison.
Mais le retour Ă  la rĂ©alitĂ© est arrivĂ© dĂšs la deuxiĂšme semaine, avec deux sĂ©vĂšres dĂ©faites contre Penn State puis Alabama, avec seulement 3 points marquĂ©s dans les deux rencontres. Je savais qu’on Ă©tait Ă  des annĂ©es-lumiĂšres de ses deux Ă©quipes, mais je ne pensais pas prendre deux grosses branlĂ©es comme ça. Aussi, je n’ai pas Ă©tĂ© satisfait par les performances de mon QB1 Bartholomew et j’ai lancĂ© Buckley qui a Ă©tĂ© un peu plus actif Ă  la passe. MalgrĂ© tout, contre Washington State, ce fut la troisiĂšme dĂ©faite de la saison.
Heureusement, mes joueurs ont trĂšs bien rĂ©agi avec une victoire sur le fil contre San Diego State. Je pensais qu’on pouvait continuer sur cette victoire et essayer d’enchaĂźner mais Liberty, UTEP, Fresno, Louisiana-Monroe, Middle Tennessee et Air Force (auteur d’un excellente saison) nous ont battus, dans des matchs oĂč on a peinĂ© Ă  exister.
On termine sur une bonne note en battant Florida Atlantic.

Un premier bilan de 3-9. Pas suffisant pour moi, mais Mario Moccia m’a annoncĂ© qu’il s’y attendait. Je suis inexpĂ©rimentĂ©, l’effectif n’est pas assez fort et nos adversaires Ă©taient de qualitĂ©.

Au niveau du classement (pris avant les Bowls) parmi les Ă©quipes indĂ©pendantes, on se classe comme la plus mauvaise avec Army. On doit aussi noter notre trĂšs mauvais rĂ©sultat Ă  l’extĂ©rieur puisqu’on n’a gagnĂ© aucun match loin de Las Cruces.
Parmi nos compĂšres indĂ©pendants, Liberty surprend les analystes en faisant une saison d’un bon calibre, BYU est lĂ  oĂč on l’attendait et Notre Dame est classĂ© au terme d’une excellente saison. Les cancres sont donc UMass, Army et nous.

En jetant un oeil sur les statistiques de la saison, j’ai eu un rictus d’énervement.
L’attaque a Ă©tĂ© notre point faible, puisqu’on est la pire attaque en terme de points marquĂ©s de la FBS. 130Ăšme! Inadmissible. On a jamais rĂ©ussi Ă  trouver le bon QB et mes plans de jeu n’ont pas Ă©tĂ© efficaces.
Je suis un peu plus satisfait de la dĂ©fense, qui est dans la moyenne au niveau des points encaissĂ©s, mĂȘme si on a concĂ©dĂ© beaucoup de yards.
Il va falloir amĂ©liorer l’attaque, c’est le chantier numĂ©ro un pour le camp de printemps. En football amĂ©ricain, il faut pouvoir espĂ©rer marquer au moins 28 points chaque soir si on veut gagner des matchs.

Je regarde ensuite sur le site de la NCAA. Le classement officiel de la saison vient de tomber. Au niveau des PO, cela s’est dĂ©roulĂ© de cette façon:

Oklahoma, Mississippi State, Georgia et Minnesota Ă©taient les 4 Ă©quipes qualifiĂ©es en PO. Le vainqueur de la Big XII, celui de la Big Ten, de la SEC et son finaliste. Dans le rematch de la finale de la SEC, c’est encore les Bulldgos de Mississippi State qui l’ont emportĂ© avec une domination dans le quatriĂšme quart-temps. Dans l’autre demi-finale, Oklahoma a oblitĂ©rĂ© Minnesota.
La finale a été gagné par les Sooners dÚs le second quart-temps, avec un 28-3 qui a mis un terme au suspense, malgré le retour des Bulldogs dans les 15 derniÚres minutes. Oklahoma remporte donc le titre national.

Au niveau du classement final:

Top 25 I

Top 25 II

N’espĂ©rez pas trouver trace des New Mexico State Aggies, vous ne les trouveriez pas. On est loin, trĂšs loin, vers la 97Ăšme place (au moins on est dans le top 100). J’espĂšre que je pourrais admirer un jour un classement avec notre nom dedans.

Mais pour ça, il faut une meilleure Ă©quipe et c’est ce qui me tracasse. Je prends la liste des joueurs qui ont quittĂ© notre programme Ă  l’issue de la saison:

Quasiment tous nos meilleurs joueurs partent, puisqu’ils ont terminĂ© leur cursus universitaire. Quelques-uns peuvent espĂ©rer participer Ă  la prochaine prĂ©-saison de la NFL, je leur souhaite de se faire une place, mais la concurrence est rude.
En tous cas, pour nous, c’est une mauvaise nouvelle car il va falloir reconstruire une Ă©quipe. Je note aussi que j’ai perdu quasiment tous mes TE, les receveurs rapprochĂ©s qui jouent dans la ligne offensive, ainsi que mes meilleurs CB. On perd aussi notre meilleur WR

La transition va ĂȘtre difficile et je dĂ©cide de checker la liste des joueurs qui nous rejoindront.

Pas rassurant du tout. Onze 3 Ă©toiles, dix 2 Ă©toiles
 Parmi eux, un joueur qui nous vient d’Oregon State car il voulait du temps de jeu. On rĂ©cupĂšre deux TE intĂ©ressants, mais on a clairement baissĂ© d’un cran quand on voit la classe de recrutement de l’annĂ©e 2020. D’ailleurs ESPN nous classe hors du top 100 des meilleurs recrutements. Il va falloir rĂ©ussir Ă  les faire progresser, et de mon cĂŽtĂ©, je me promets de m’investir plus dans le recrutement, car c’est par lĂ  que tout passe. Sans un bon recrutement, il est compliquĂ© de mener un programme Ă  bon port.

Une saison tristounette oĂč l’attaque n’a jamais trouvĂ© son rythme, malgrĂ© une dĂ©fense qui s’est pas trop mal dĂ©brouillĂ©e. La difficultĂ© va surtout ĂȘtre de mener cette classe de freshman qui est loin de me satisfaire, mais malheureusement pas mal des cibles qui m’intĂ©ressaient ont prĂ©fĂ©rĂ© rejoindre des programmes plus prestigieux et performants.

Je commence à penser que ce sera pas aussi simple que prévu


6 J'aimes

Difficile cette premiĂšre saison mais au moins, tu peux que monter en puissance!

A voir avec la saison Ă  construire mais visiblement, il va falloir travailler dur pour progresser

Je découvre un sport que je regarde quelques fois mais que je ne comprends pas bien niveau recrutement et gestion.

Je m’attendais Ă  plus de joueur de l’état parmi les recrues.

En tout cas ça donne envie de faire une partie en NCAA soccer. Et de ptet commander ce jeu lol

RĂ©ponses aux lecteurs

@BlackRabbit85: on va espérer que ça montera en puissance ouais xD
@Capitaine_Hastings: pour le recrutement, chaque universitĂ©s peut offrir des bourses d’études aux joueurs de lycĂ©e qui les intĂ©ressent. C’est ensuite les lycĂ©ens qui choisissent leur destination. En tous cas heureux de voir que ça te donne envie pour un truc du mĂȘme genre: ce serait gĂ©nial en soccer ouais.
@Segmann: pas beaucoup de joueurs lycĂ©ens intĂ©ressants au Nouveau-Mexique et les meilleurs partent pour les prestigieuses universitĂ©s du Texas ou de l’Arizona.
@

Las_Cruces

Une aprÚs-midi de février 2021, dans les montagnes autour de Las Cruces, New Mexico.

J’avais besoin de prendre l’air, avant que la nuit tombe. On venait de passer toute la journĂ©e dans les bureaux Ă  prĂ©parer la saison Ă  venir et l’optimisme n’était pas Ă  la fĂȘte. Je venais de passer une saison absolument horrible et il fallait que je me change les idĂ©es.

Quelques mois auparavant j’avais dĂ» composer avec un effectif qui avait clairement perdu en valeur Ă  l’intersaison


(J’ai paumĂ© le screen de la composition de l’attaque
)

Clairement, beaucoup de jeunes joueurs dans l’effectif pour cette saison et de joueurs qui ne sont pas du tout confirmĂ©s. Il y avait quelques points de satisfaction comme au niveau de la ligne dĂ©fensive ou chez les linebackers extĂ©rieurs, mais Ă  chaque fois le mĂȘme constat: les titulaires sont OK, mais derriĂšre
 Vraiment aucune profondeur et dans un sport aussi exigeant que le football amĂ©ricain c’est compliquĂ© d’exister toute une saison. Les blessures et la fatigue arrivent rapidement et je ne voulais pas dĂ©truire des jeunes gens Ă  trop les pousser sur le terrain. Il y a une vie aprĂšs le foot.
En attaque, toujours le mĂȘme dĂ©bat sur le QB1, mĂȘme si Buckley tire de plus en plus les ficelles du jeu pour moi. Mais autour, il n’avait pas forcĂ©ment les joueurs pour faire avancer l’attaque


Et cela c’est vĂ©rifiĂ© au cours de la saison


Calendrier

Une saison horrible.
On commence avec une lourde défaite contre nos rivaux de New Mexico. Ensuite deux défaites contre Oregon et Iowa, qui sont des programmes beaucoup plus forts que nous. Nous étions leurs sparring-partner dans leur début de saison. Mais on se reprend enfin avec un super match contre Washington State, un véritable exploit!
Je pensais pouvoir surfer sur cet exploit alors que le calendrier s’allĂ©geait un peu , mais on est retombĂ© dans nos travers contre South Carolina et San Diego State. Heureusement, Liberty Ă©tait dans une plus mauvaise saison que nous et on renoue avec la victoire.
Ce sera notre derniĂšre de la saison: on craque contre UTEP, puis Fresno, Tulsa, USC et South Florida ne nous laissent aucune chance de victoires.

Une saison qui se termine Ă  un triste bilan de 2-10. Les fans commencent Ă  Ă©mettre des doutes et le vestiaire a Ă©tĂ© trĂšs compliquĂ© Ă  gĂ©rer, beaucoup de joueurs Ă©tant frustrĂ©s par la tournure qu’à pris la saison
 De plus, on a jouĂ© les deux tiers de notre saison Ă  l’extĂ©rieur cette annĂ©e, ce qui n’arrange pas forcĂ©ment


Mais nous ne sommes pas la pire Ă©quipe des indĂ©pendants puisqu’Army et Liberty terminent sur un bilan de 1-11. UMass est avec nous dans la mĂ©diocritĂ© tandis que BYU est proche du top 25. Notre Dame rĂ©alise une saison parfaite au moment oĂč elle entre dans les play-offs avec le rang de numĂ©ro un du pays.

D’ailleurs, le programme de South Bend, dans l’Indiana, va survoler le CFP. Victoire contre Penn State puis contre Alabama (qui bat Oklahoma State dans un match incroyable), avec une vraie domination dans les 4Ăšmes quart-temps. Le Fighting Irish rĂ©alise une saison parfaite.

Top 25 I

Top 25 II

Bien entendu, ils terminent Ă  la premiĂšre place de l’AP 25. Oklahoma qui Ă©tait tenant du titre, descend Ă  la 17Ăšme place, aprĂšs un dĂ©but de saison complĂštement ratĂ©.
A noter que BYU termine dans le top 25 aprÚs sa victoire en bowl: il y a vraiment un monde chez les indépendants


Un coup d’oeil sur les stats de l’équipe Ă  la fin de la saison pour apercevoir qu’on a Ă©tĂ© bons nulle part. Notre QB1 Buckley termine avec 5 pauvres touchdown Ă  la passe. La seule satisfaction a Ă©tĂ© Alicea qui a fait une saison de bonne facture dans le marasme actuel.

Il a ensuite été venu le temps des départs de nos joueurs seniors.

Une belle classe de joueurs qui nous quittent, malgrĂ© cette mauvaise saison. C’est vraiment ce qui me fait stressĂ© Ă  propos de ma troisiĂšme saison. On a perdu nos meilleurs joueurs au cours des deux premiĂšres saisons et il va falloir composer avec un effectif qui manque de qualitĂ© Ă  mon goĂ»t.

De plus, un de nos joueurs quittent le programme, mĂ©content d’avoir Ă©tĂ© redshirt lors de sa premiĂšre saison parmi nous.

Au vu de la perte de talents qu’on subit, il a fallu ĂȘtre plus agressif auprĂšs des joueurs lycĂ©ens, en essayant de leur vendre le projet le mieux possible. Et ce n’est pas facile quand on termine la saison dans les fonds de la ligue.


EnormĂ©ment de joueurs qui arrivent pour la saison prochaine. Mais honnĂȘtement la cuvĂ©e 2021 est trĂšs faible. Douze joueurs 3 Ă©toiles, dix joueurs 2 Ă©toiles et deux joueurs 1 Ă©toile. On a pas non plus Ă©tĂ© bons sur le recrutement local puisque seul un joueur du Nouveau-Mexique nous rejoint, les autres prĂ©fĂ©rant partir pour les Lobos de New Mexico ou bien des universitĂ©s du Texas, Nevada ou Arizona.

VoilĂ  pour cette deuxiĂšme saison. Alors que je coure dans les magnifiques montagnes, je commence Ă  douter de ma place ici. Il va falloir rĂ©former dans les grandes largeurs ce programme pour qu’il puisse enfin sortir de cette position de souffre-douleurs de la ligue.

6 J'aimes

Mmmmh ca annonce rien de bon, ca sent une S3 encore en tant que punching ball des plus gros