
C’est dans ce genre de situation que chaque détail du match revient en tête. Cette passe en retrait perdue, le timing mal ajusté sur un centre, etc… ![]()
Place aux festivités malgré tout !
Nga whakautu mo nga kaipānui
@celiavalencia Très cruel ![]()
@Rhino Quand tu es l’outsider, il faut être parfait pour faire tomber l’ogre en face ![]()
@Julian-m Calme-toi, ça va bien se passer ![]()
@alexgavi Ils ne vont pas beaucoup dormir ce soir ![]()
Les Néo-Zélandais formèrent une haie d’honneur lorsque les Tahitiens avancèrent pour recevoir leur médaille d’argent. Le geste était élégant, respectueux. Teanuanua garda la sienne autour du cou, malgré le poids qu’elle représentait. D’autres l’enlevèrent presque aussitôt, encore meurtris par cette défaite arrachée à la dernière seconde.
Ils assistèrent ensuite au sacre adverse. Les maillots blancs se dressèrent sur la plus haute marche, et leur hymne s’éleva, puissant, porté par des voix pleines de fierté. Teanuanua fixa la scène sans détourner les yeux. La tristesse était là, profonde, mais digne.
À la sortie du protocole, un journaliste de la télévision polynésienne l’arrêta pour une interview. Même dans la défaite, l’exposition faisait partie du métier.
La voix encore chargée d’émotion, il déclara: « Je me suis éveillé au football avec la victoire de l’équipe de France en 2018. Et j’ai un rêve: jouer un Mondial avec ce maillot Polynésien. Avec l’élargissement de la Coupe du monde, ce rêve devient possible pour des gars comme nous, qui venons de Tahiti, Mangareva, Moorea, Bora-Bora, Raiatea ou Manihi.. On va grandir. On ira chercher ce Mondial. Les Jeux du Pacifique ne sont qu’une étape. On voulait gagner pour Alessio… Je m’excuse auprès de lui. À la place, on ira en Coupe du monde en son honneur et on montrera aux milliards de personnes qui regardent cette compétition que la Polynésie Française est une terre de foot. »
Il ne mesurait pas encore la portée de ses mots.
Le lendemain, toute la Polynésie ne parlait que de ça. Dans les îles, dans les quartiers, sur les terrains poussiéreux, une idée circulait: « et pourquoi pas? » Pourquoi Tahiti ne pourrait-elle pas rêver plus grand?
Pendant ce temps, le contraste était saisissant. Le soir même, Manava célébrait son titre, médaille d’or autour du cou, sourire éclatant. Elle rayonnait là où lui digérait encore la défaite.
Le lendemain, tous les médaillés, dont Teanuanua, défilèrent lors de la cérémonie de clôture. Les visages étaient partagés entre fierté et frustration, mais une chose était certaine: ces Jeux avaient changé quelque chose.
Puis vint le moment du départ.
À l’aéroport, leurs chemins se séparèrent déjà. Teanuanua partait pour Wellington, Manava pour Auckland.
Bientôt, ce serait l’Australie pour lui, les États-Unis pour elle.
La distance commençait.
Revenu chez lui, Teanuanua préparait son départ pour l’Australie. Ses anciens coéquipiers étaient tous rentrés en vacances dans leur pays d’origine, et l’appartement sonnait creux. Les jours passaient, rythmés par les cartons, les démarches administratives et les derniers appels.
Un soir, il alla sur cette petite plage en bord de route. Sa plage! Il s’assit dans le sable, face à l’autre rive, et laissa son regard se perdre à l’horizon. Ici, il avait tout partagé à l’océan: ses progrès, ses doutes, ses joies. En parlant à l’océan, il avait l’impression de parler à son père, qui faisait désormais partie de cette immensité bleue.
Puis Tita traversa ses pensées.
Les souvenirs remontèrent sans prévenir. Il sentit ses yeux se remplir de larmes. Au fond de lui, elle lui manquait. Et il ignorait même où elle se trouvait désormais. Il allait avoir un enfant… un enfant qu’il ne connaîtrait pas. Cette idée le frappa plus violemment que d’habitude.
Paradoxalement, à cet instant précis, il aurait voulu Manava à ses côtés, être écouté, être rassuré. Mais comment lui confier une douleur liée à une autre femme? Comment mettre des mots sur cette faille sans tout fragiliser?
Il se releva lentement, quitta la plage, puis se retourna une dernière fois.
La page était tournée, définitivement.
Deux jours plus tard, il rejoignit Wellington pour prendre un vol vers Papeete. Il passerait quelques jours auprès de Tevava et Moeata. Il avait vendu sa voiture; il en rachèterait une en Australie. Nouvelle ville, nouveau championnat, nouvelle vie.
À Papeete, il profita pleinement du temps en famille. Oro et Moerani rejoignirent tout le monde: c’étaient les vacances de Noël. Toute la tribu devait s’envoler pour la France, chez Heiura. Elle avait désormais un petit ami, ce qui énervait Teanuanua qui voyait encore sa sœur comme un être pur, et, celui étant sans souci financier, le petit ami en question avait offert les billets d’avion à toute la famille.
Manava faisait partie du voyage. Elle passerait quelques jours avec la famille Tehahe avant de rejoindre son frère à Glasgow, puis de s’envoler vers les États-Unis pour préparer les Jeux de Los Angeles.
Tevava, lui, était surexcité car il allait réaliser son rêve de toujours: voir la Tour Eiffel. Il n’arrêtait pas de répéter: « je n’étais jamais sorti de mon île et après Tahiti, je m’envole vers Paris. A 81 ans, bordel de merde! » Cela fit bondir de surprise Moerani car son père avait toujours été si poli. Cela fit rire tout le monde de voir la petite querelle entre père et fille à cause de ce gros mot.
Quand tout le monde embarqua, l’ambiance était légère, joyeuse. Entre les rires, les valises trop lourdes et les projets à venir, personne ne parlait des séparations imminentes. Pour quelques jours encore, il n’y aurait que la famille, la fête et l’insouciance. Après cela, chacun reprendrait sa route.
Il a raison de voir grand le gamin. On veut le voir au Mondial ![]()
pourquoi pas le mondial
bonne vacances à la petite famille
L’idée du mondial est tout à fait possible maintenant oui !
Par contre il va falloir qu’il se décide le bonhomme : Tita lui manque et il veut que Manava soit là pour combler ce manque ? Il a pas un problème le bipolaire là ? ![]()
Il y a bien un moment où Tita réapparaitra ![]()
Mais bien-sûr ![]()
