:storygreen: :s5: 🇸🇮 :ilirija: From Hell to Heaven

Réponses aux lecteurs

@HellToHeaven

@toopil pourvu que ça dure.

@VertPourToujours il doute depuis son arrivée au club :pasrire:

@CaptainAmericka il voit l’envers du décor aussi.

@alexgavi c’est exactement ça.

- Les limites du projet -

À l’approche du mercato d’hiver, Bram Van der Meulen commença à poser les premiers dossiers sur la table avec cette prudence devenue presque une seconde nature à La Louvière. Le club devait anticiper, décider vite, mais surtout décider sans argent. Plusieurs joueurs arrivaient en fin de contrat : Philippe Ramaekers, Nathan, Andrea Grandolfo, Guy Dosso, Nyasha Mazazura, Ralf de Graaf, ainsi que quelques jeunes encore en marge du groupe professionnel. Pour Marvin , la ligne était assez claire. Il ne demandait pas de prolonger tout le monde par confort ou par sentimentalité, mais il estimait que certains profils devaient rester. Philippe, Nathan, Guy, Nyasha et Ralf représentaient à ses yeux une base fiable, des joueurs de rotation capables d’encaisser la longueur d’une saison et de maintenir un niveau d’exigence au quotidien.

Bram n’était pas aussi convaincu. Le directeur sportif regardait l’effectif avec une froideur comptable, mais aussi avec l’ambition nouvelle d’un club qui flirtait avec le haut du classement. Pour lui, plusieurs de ces joueurs avaient rendu service, parfois beaucoup, mais n’avaient peut-être plus le niveau pour accompagner la RAAL vers le haut de tableau de Challenger Pro League, encore moins pour préparer une éventuelle projection vers le bas de tableau de Jupiler Pro League. Marvin entendit l’argument, mais il le reçut mal. Il savait mieux que personne que la RAAL ne pouvait pas remplacer dix joueurs tous les six mois en espérant garder une âme, un vestiaire et une cohérence sportive. À force de vouloir monter le niveau sur le papier, le club risquait aussi de casser ce qui fonctionnait encore sur le terrain.

Le ton monta progressivement. Rien de spectaculaire, aucune phrase jetée pour blesser, mais cette tension sèche des discussions où chacun avait raison depuis son propre angle. Bram rappela qu’il disposait de peu de marge de manœuvre, même après un mercato estival qui n’avait pourtant coûté que 15 000 €. Marvin répondit que cette contrainte rendait justement les prolongations encore plus importantes, parce qu’un joueur connu, fiable et déjà intégré coûtait parfois moins cher qu’un pari à reconstruire. La conversation se termina sans vraie rupture, mais avec un silence plus lourd qu’au début. La RAAL gagnait des matchs, occupait les hauteurs du classement, donnait l’impression d’avancer. En coulisses, pourtant, le vieux problème demeurait : Marvin voulait bâtir une équipe, Bram devait protéger un budget, et entre les deux, le projet louviérois continuait de marcher sur une ligne trop fine.

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