Réponses aux lecteurs
@celiavalencia bon retour ![]()
@toopil
on a connu des récits plus glorieux c’est certain.
Marvin avait retrouvé Turin sans vraiment savoir s’il venait y chercher du repos ou des réponses. Il possédait toujours cette villa sur les hauteurs de la ville, héritage tranquille de ses grandes années à la Juventus, un endroit où les souvenirs semblaient vivre dans les murs sans jamais faire trop de bruit. Depuis son départ de La Louvière, il était sans contrat. Quelques mois plus tôt, son nom circulait encore avec une certaine curiosité, porté par ses bonnes périodes en Belgique et cette image d’ancien grand joueur devenu entraîneur courageux. Mais le football oubliait vite. Trop vite parfois.
José Soares le rejoignit en fin d’après-midi, dans le jardin, avec cette franchise qui avait toujours fait partie de leur relation. Le marché était compliqué. Les clubs ne se bousculaient pas. Son profil intriguait encore, mais il ne rassurait pas assez. Marvin avait connu un échec, une montée, un maintien difficile, des contextes instables, mais il n’avait pas encore cette ligne claire qui permettait aux directions de dire : voilà un entraîneur évident. Il écouta sans vraiment réagir, le regard posé sur Turin, ville de ses triomphes passés et de ses contradictions présentes. Il avait été une légende ici. Désormais, il attendait simplement qu’un téléphone sonne.
La lassitude finit par prendre le dessus. Marvin annonça à José qu’il allait partir quinze jours avec ses amis de longue date, loin des rumeurs, des appels manqués et des scénarios qui n’aboutissaient jamais. Il avait besoin de couper, de rire sans parler football, de retrouver un peu d’air avant de replonger dans l’incertitude. Mais il ne voulait fermer aucune porte. Pas maintenant. Pas après tout ce qu’il avait déjà encaissé.
« Tiens-moi au courant à la moindre approche » lui dit-il simplement. « Peu importe le pays, peu importe le niveau. Je veux juste un vrai challenge ».
José hocha la tête. Il savait que Marvin était désabusé, mais pas éteint. Le marché pouvait bien l’ignorer quelques semaines de plus ; quelque part, un club finirait peut-être par chercher exactement ce qu’il était devenu : un entraîneur encore cabossé, encore imparfait, mais incapable d’abandonner l’idée de se construire une seconde carrière.
