Les titres ne se gagnent pas toujours dans la douleur.
Parfois, ils se prennent dâassaut.
Ce 1er Mai, Ă Yverdon, le FC Vaduz nâa pas attendu le verdict des quatre derniĂšres journĂ©es. Il a forcĂ© la porte, balayĂ© les doutes. Il a pris la Challenge League Ă la gorge.
En aoĂ»t, lâhistoire semblait Ă©crite autrement.
Yverdon, fraĂźchement relĂ©guĂ© de Super League, Ă©tait lâarchi favori Ă la remontĂ©e. Budget supĂ©rieur. Effectif calibrĂ©. ExpĂ©rience du haut niveau.
Vaduz ? Un outsider crédible. Un candidat aux barrages, tout au plus.
Mais lâhistoire nâest jamais Ă©crite dâavance.
Prendre le taureau par les cornes.
DÚs la 4e minute, le ton fut donné.
Sur une rĂ©cupĂ©ration haute, Giovanni de Donno dĂ©borda cĂŽtĂ© droit, fixa son latĂ©ral et dĂ©posa un centre tendu au premier poteau. Mario Greco surgit. DĂ©viation subtile du bout du pied. Petit filet. Silence dans les tribunes. (0-1, 4â)
Greco.
Lâattaquant prĂȘtĂ© en janvier pour pallier lâinefficacitĂ© dâAkinola.
Trois buts en quatorze matchs avant cette rencontre.
Beaucoup de doutes. Peu de certitudes.
Mais les soirs de titre choisissent leurs héros.
Ă la 19e minute, Stephan Seiler, lâhomme Ă tout faire, celui qui respire le jeu offensif de Vaduz, perça cĂŽtĂ© gauche. Crochet intĂ©rieur. Centre en retrait. Greco, encore lui, ajusta du droit. (0-2, 19â)
Yverdon tenta de répondre. Possession légÚrement supérieure. Quelques frappes lointaines. Mais chaque projection de Vaduz était une menace.
Juste avant la pause, Seiler sâĂ©chappa encore sur son aile. Cette fois, son centre trouva Luca Mack au second poteau. ContrĂŽle, frappe croisĂ©e. Le break Ă©tait fait. (0-3, 42â)
Dans les travées, on comprenait déjà .
Vaduz ne relĂąche pas lâĂ©treinte.
Au retour des vestiaires, le favori dâaoĂ»t nâavait plus que son orgueil.
Mais Vaduz ne relĂącha rien.
Seiler, encore lui, fixa deux dĂ©fenseurs avant de glisser un ballon dans le dos de la dĂ©fense. Greco sâengouffra, croisa sa frappe. TriplĂ©. (0-4, 63â)
Le Stade Municipal venait dâassister Ă la naissance dâun homme du match notĂ© 9,9.
Un attaquant critiqué devenu symbole.
La suite fut presque cruelle.
Sur un coup franc mal repoussĂ©, Nicklas Lang â le roc de la dĂ©fense â servit Giovanni de Donno, qui ajusta le gardien dâun tir Ă ras de terre. (0-5, 70â)
Puis Mischa Beeli, le latĂ©ral droit, sâoffrit son moment. Centre trop puissant venant de la gauche, SECOND POTEAU P⊠Pardon je mâemballe. Beeli reprend ce centre trop fort venu de la gauche au second poteau pour clĂŽturer le match de tennis (0-6, 88â).
Yverdon sauva lâhonneur dans le temps additionnel par Sorgic (1-6, 90+2â).
Mais le verdict était déjà tombé.
Vaduz a renversé la hiérarchie.